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PENDANT LES ÉLECTIONS, LE COMBAT POUR LA PAIX CONTINUE

Le 25 mai dernier, à Bruxelles, en même temps que se tenait le « sommet » de l’OTAN, plusieurs dizaines d’organisations de lutte pour la paix -regroupées dans le collectif « Stop NATO 2017 »- se sont retrouvées à quelques encablures de là, au cours d’une journée d’échanges consacrés aux périls à conjurer et aux perspectives à ouvrir en matière de sécurité internationale. Le Parti communiste français , ainsi que « Die Linke » (gauche allemande) ont activement pris part à ces travaux, malgré leur campagne électorale respective, et il faut s’en réjouir ! (1) Parmi les nombreux enjeux abordés à cette conférence, arrêtons-nous sur trois d’entre eux : l’augmentation substantielle des dépenses militaires décidée par les 28 Chefs d’Etat ou de gouvernement des pays membres de l’OTAN sur l’injonction de Donald Trump ; la question de l’avenir des armes nucléaires ; enfin, l’appel à une grande Conférence sur la sécurité et la coopération en Europe -une sorte de « Conférence d’Helsinki » 2.

D’abord, les dépenses d’armement. À Bruxelles, il aura suffi au fantasque Président des Etats-Unis que de 90 petites minutes (repas compris et poignées de mains viriles incluses) pour obtenir sans coup férir de ses « alliés » tout ce qu’il voulait. D’un côté, l’engagement de l’OTAN dans la guerre contre le terrorisme (ce qui, dans la conception de Trump, risque non de réduire mais d’amplifier le phénomène qu’elle est censée combattre). De l’autre, la décision de porter dans chaque pays, le plus rapidement possible, le budget de la Défense à 2% du « produit intérieur brut » (PIB), soit, pour la France, à 44,5 milliards d’euros (+ 10 à 12 milliards par rapport au budget actuel ! ) C’est l’équivalent de deux fois le budget de l’enseignement supérieur et de la recherche ! Peut-on laisser passer une telle mesure sans réagir ? Il appartient à la gauche de rouvrir le débat sur les conditions d’une sécurité durable -a contrario des objectifs de l’OTAN- et de traduire ces sommes folles en nombre de lits d’hôpital , de salles de classes, de bourses scolaires, de bibliothèques, de stages de formations , de programmes de recherches…en plus ou en moins ! Un thème d’actualité, puisque ce sont les futurs député.e.s qui voteront le budget de la nation.

Concernant les armes nucléaires, n’est-ce pas , là encore, l’honneur et même le devoir de la gauche de reprendre l’initiative sur cet enjeu de civilisation ? Les rapports d’experts sur les conséquences dévastatrices que pourrait avoir une utilisation d’…1% des stocks actuels de ces armes monstrueuses vous glacent le sang ! Or, les budgets des armes nucléaires dans le monde sont appelés à doubler dans les 10 prochaines années ! Quoi de plus vital que de travailler à une dynamique de désarmement en vue de l’abolition des armes nucléaires ?

Enfin, quitte à nous répéter, il est plus que temps de liquider définitivement l’héritage de la « guerre froide » en ouvrant le chantier d’un traité de sécurité et de coopération associant tous les pays du continent, à commencer par les Etats de l’UE et la Russie. C’est cette négociation que nous appelons un « Helsinki » 2 , en référence au succès diplomatique historique de 1975. Sans attendre que nos Chefs d’Etat s’y résolvent, n’y aurait-il pas tout à gagner à lancer le mouvement au niveau de nos sociétés civiles, mouvements de paix, syndicats, intellectuels, créateurs, humanistes de toutes sensibilités ? La lutte pour la paix est, aujourd’hui comme hier, l’enjeu vital par excellence. La campagne des élections législatives n’en sera que plus digne en lui réservant la place qui lui revient.

———
(1) Le PCF était représenté par Lydia Samarbakhsh, responsable du département international; Catherine Margaté; Michel Billout ; Laurent Perea et Francis Wurtz.

1 juin 2017 at 11:03 Laisser un commentaire

L’APPEL DES DÉPUTÉS PALESTINIENS ET KURDES EMPRISONNÉS

Alors que nous nous apprêtons à voter et à faire voter pour les femmes et les hommes que nous jugeons les plus dignes de nous représenter dans la future Assemblée Nationale, il y a , en Israël et en Turquie, des députés bénéficiant d’un large soutien de leur peuple qui sont en prison . Les uns et les autres ont adressé à leurs collègues parlementaires du monde entier -et, plus généralement, à tous les démocrates- un vibrant appel à la solidarité . Rappelons qu’il y a actuellement  6500 prisonniers politiques palestiniens en Israël et presqu’autant de démocrates kurdes détenus en Turquie ! Nous ne les oublions pas .

Le premier de ces appels émane de Marwan Barghouthi, figure de premier plan du mouvement palestinien. Cela fait un mois déjà  (!) ce 17 mai qu’à son initiative, plus de mille prisonniers observent une grève de la faim pour arracher des conditions de détention moins inhumaines. Face à cette action courageuse intitulée « Liberté et Dignité », le gouvernement Nétanyahou a choisi la politique du pire. « Nous entrons dans une période extrêmement critique » vient de déclarer le président du Club des prisonniers. Juste avant d’être placé en isolement absolu, celui que les autorités israéliennes savent être aujourd’hui le leader le plus populaire dans toutes les couches de la société palestinienne, avait réussi à faire connaître cette interpellation publique de tous les parlementaires du monde sensibles aux « droits humains fondamentaux tels qu’ils sont garantis par le droit international ». Alors que la santé de tous ces grévistes de la faim se détériore de jour en jour, retour sur ce poignant témoignage : « Je fus le premier parlementaire à être arrêté, en 2002. Depuis, Israël a arrêté 70 parlementaires -plus de la moitié du Conseil législatif, le Parlement palestinien- et 13 d’entre eux restent détenus à ce jour (…) Le sort infligé aux parlementaires palestiniens reflète le sort du peuple qu’ils représentent (…) Aux yeux d’Israël, nous sommes tous coupables et l’accusation non déclarée, c’est notre désir de liberté, notre soif de liberté, notre sacrifice pour la liberté (…) J’en appelle à vous (…) Je vous demande de soutenir la liberté et la dignité du peuple palestinien afin que la paix puisse prévaloir. »

Presqu’au même moment, un autre appel nous parvenait, de parlementaires de Turquie cette fois . Il est lancé par le HDP , le grand parti progressiste , devenu la troisième force politique du pays en 2015 et soumis, depuis lors, à une répression féroce du régime Erdogan. Rassemblés face à la Cour des Droits de l’Homme, à Strasbourg, un groupe de député.e.s et de proches du HDP, s’est, là aussi, adressé, ce 16 mai, aux élus et aux forces démocratiques, notamment d’Europe, pour demander leur soutien. Il est à noter que là encore, les premiers visés par le pouvoir sont celles et ceux qui bénéficient de la confiance la plus large de leur peuple . Comme on le sait, neuf députés de ce parti sont détenus, parmi lesquels ses deux premiers dirigeants : Selahattin Demirtas et Figen Yüksekdag . 27 présidents de district, 85 présidents de province , près de 750 autres responsables et plusieurs milliers de militants ou proches du HDP partagent leur sort ! C’est l’honneur de la gauche d’entendre ces messages et de se montrer à la hauteur du courage admirable de celles et de ceux qui nous les ont adressés. Ce sont des êtres humains. Ils n’ont ni voulu ni cherché à être des héros, mais comme l’avait noté , dans sa grande sagesse, Nelson Mandela : « Le courage n’est pas l’absence de peur, mais la capacité de la vaincre ».

18 mai 2017 at 9:28 Laisser un commentaire

LES VICTIMES D’ERDOGAN ATTENDENT « PLUS DE SOLIDARITÉ » !

wurtz-l-humanite-dimanche

Ce 16 février 2017, au Palais de Justice de Dijarbakir, « capitale » de la région kurde de Turquie, la police est partout. C’est qu’on s’apprête à y juger une dangereuse « terroriste », Çaglar Demirel, co-présidente du groupe HDP (6 millions de voix, 3ème force politique du pays) au Parlement d’Ankara. Elle fut arrêtée en plein vote du budget, le 4 novembredernier, comme le furent 28 autres députés de son groupe, parmi lesquels les deux co-présidents du parti, Selahattin Demirtas et Figen Yuksekdag .

Une fois dans la salle d’audience, première surprise : l’accusée est absente. Elle s’exprimera par visioconférence depuis sa prison située à 1000 km de sa circonscription -histoire, sans doute, d’exercer encore un plus de pression sur le moral de la députée et de ses proches. La femme qui apparaît à l’écran n’est pourtant nullement abattue. Elle sourit, salue chaleureusement le public venu la soutenir, avant de se livrer à un véritable procès du procès qui lui est intenté . »En arrêtant en même temps de nombreux députés de mon groupe sous des accusations différentes, vous confirmez qu’il s’agit d’une décision politique » lance-t-elle en démontant un à un les « crimes » qui lui sont reprochés. Très offensive, elle énumère ensuite les véritables raisons de l’acharnement d’Erdogan contre ce parti démocratique et rassembleur: « Mon parti défend toutes les minorités, la diversité culturelle, les droits fondamentaux. Grâce à lui, c’est la première fois qu’il y a autant de femmes au Parlement ! Nous sommes accusés pour notre combat pour l’égalité ! »

Tel fut l’un des moments forts d’un périple qui, de Dijarbakir à Istambul, a permis, une semaine durant, à une délégation internationale -à laquelle j’ai eu l’honneur d’être associé- d’aller à la rencontre de nombreux acteurs et actrices de l’opposition au régime dictatorial d’Ankara : responsables politiques et syndicaux; associations de droits de l’homme; juristes; universitaires; journalistes… Cette initiative de la « Commission civique UE-Turquie » nous a également conduits à nous rendre à la prison « de haute sécurité » d’Edirne où est détenu Selahattin Demirtas -devenu la « bête noire » d’Erdogan depuis que le co-leader du HDP l’a privé (lors du scrutin législatif du 7 juin 2015) de la majorité parlementaire nécessaire pour accomplir son rêve de devenir néo-sultan tout-puissant de Turquie ! Empêché d’y parvenir par la voie électorale, le maître d’Ankara s’est engagé depuis lors dans l’impasse de la force, au mépris de toutes les règles, y compris la Constitution turque.

Les chiffres illustrant la répression récente -et toujours en cours- au nom de la lutte contre « le terrorisme » sont affolants. Et pourtant, ils ne permettent pas de mesurer l’étendue monstrueuse des massacres; des arrestations; des limogeages; des déplacements forcés; de la privation de tout revenu touchant les innombrables licenciés pour raison politique : l’opposition est totalement muselée, une « épée de Damoclès » planant au-dessus de quiconque s’aventure à contester le pouvoir. C’est dans ce contexte dramatique que doit se tenir, le 16 avril prochain, le référendum-plébiscite destiné à octroyer les pleins pouvoirs à Erdogan… On comprendra pourquoi ce qu’attendent de nous les forces démocratiques, tant kurdes que turques, ce soit autre chose que l’expression pusillanime et hypocrite des « inquiétudes » ou des « préoccupations » des dirigeants européens : ils ont un besoin vital d’une véritable et conséquente campagne de solidarité !

23 février 2017 at 12:49 Laisser un commentaire

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