Archive for janvier, 2018

A « GRANDE COALITION » GRANDE DÉSILLUSION !


Les grands axes d’un programme de gouvernement CDU-CSU-SPD sur lesquels viennent -une nouvelle fois- de s’accorder la droite et les sociaux-démocrates allemands ont donné lieu aux traditionnelles auto-congratulations des dirigeants de Berlin et aux soupirs de soulagement de leurs alliés européens. Un résultat « formidable » s’est enthousiasmé Martin Schulz, le leader social-démocrate; « Un nouveau départ pour l’Europe » a, plus sobrement, salué la Chancelière Angela Merkel. « Je suis complètement satisfait » a surenchéri Jean-Claude Juncker, le Président de la Commission européenne; tandis que, pour le porte-parole du gouvernement français, l’accord susceptible de rouvrir la voie à une « grande coalition » outre-Rhin est « bon pour l’Allemagne, bon pour la France et surtout bon pour l’Europe ». Fermez le ban !

Tout le monde n’est, apparemment, pas de cet avis… Nos amis de la « Linke », ainsi que des syndicats de la DGB , notamment. Mais aussi près de quatre adhérents du SPD sur dix ( d’après un sondage du « Spiegel ») jugent négativement l’accord , soit sensiblement la même proportion que celle des membres qui l’approuvent. Or, l’ouverture des négociations proprement dites est subordonnée au vote favorable du congrès du SPD, le 21 janvier prochain, et le programme de gouvernement définitif sera soumis directement aux adhérents du parti. La messe n’est donc pas dite ! C’est que toutes les précédentes expériences de ce type de compromission s’est payée électoralement au plus fort. En outre, aucun des grands objectifs sociaux avancés par les sociaux-démocrates durant la campagne électorale n’a pu être imposée aux conservateurs : ni la revalorisation du « SMIC » (8,84 €  brut de l’heure); ni la taxation des hauts revenus, ni la réforme de l’assurance-maladie, jugée indispensable par l’aile gauche du SPD et les jeunes socialistes (JUSOS), dont certains ont fustigé un accord « honteux ».

La compensation obtenue par Schulz en échange de tous ces renoncements est plutôt modeste : le point placé en tête de l’accord est…l’Europe ! Un geste symbolique qui a, semble-t-il, eu l’heur de satisfaire l’ancien président du Parlement de Strasbourg. Mais en quoi consiste au juste cette apparente priorité européenne , aussitôt saluée par Emmanuel Macron ? Le texte prévoit -sans plus de détails- de « renforcer » et de « réformer » la zone euro, ainsi que de doter celle-ci d’un « budget d’investissement ». Voilà un flou très macronien qui laisse une bonne  place à l’imagination …et aux désillusions. Faut-il s’attendre à voir un futur gouvernement Merkel IV opter pour cette « Union de transferts » -autrement dit une Europe solidaire entre pays riches et pauvres- que les cabinets Merkel I, II, et III ont toujours rejeté avec pertes et fracas ? Clairement, non ! Peut-on, pour le moins, espérer de cette future équipe qu’elle abandonne son obsession des pressions à la baisse des dépenses publiques des gouvernements de la zone euro ! Pas davantage. A quelles priorités serait, par ailleurs, destiné l’éventuel « budget d’investissement »? A la défense européenne ? À la sécurisation des frontières pour stopper les migrants ? A aider les multinationales dans la course à la « compétitivité » sur le marché mondial ? Ou, à l’opposé, à la réduction des inégalités sociales et territoriales et à la promotion des capacités humaines ? Le climat politique de cette coalition ne laisse, hélas, planer que peu de suspense à cet égard.

Non, la perspective européenne nouvelle à construire ne prend décidément pas sa source dans la « grande coalition ». Un vrai dialogue avec le « peuple de gauche » allemand est, en revanche, plus que jamais, le bienvenu !

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19 janvier 2018 at 7:41 Laisser un commentaire

GUERRE OU PAIX : 3 GRAVES MENACES A SUIVRE EN 2018

Le monde hérite en 2018 de nombreuses zones de conflits ou susceptibles de s’embraser suite à l’irresponsabilité effarante de « dirigeants » de premier plan, au premier rang desquels figure  le chef de la « puissance indispensable », Donald Trump. Trois graves menaces du point de vue de la sécurité internationale sont à suivre tout particulièrement : dans la péninsule coréenne ; en Palestine; en Ukraine .

En Corée, un espoir de détente s’est levé à l’occasion du Nouvel An, quand le leader nord-coréen a, à la surprise générale, proposé de rencontrer son homologue du Sud « pour discuter de la participation » de Pyongyang aux Jeux Olympiques qui se dérouleront à Séoul en février prochain et , plus généralement, de « l’amélioration des relations inter-coréennes ». Le « téléphone rouge » entre les deux capitales va d’ailleurs rouvrir. Le Président sud-coréen a aussitôt saisi la balle au bond en proposant de tenir ces pourparlers dès le 9 janvier et en priant Washington de suspendre les méga-manoeuvres militaires prévues sous peu -comme chaque année !- dans la péninsule . « On verra, on verra » a répondu Trump, envisageant au mieux de décaler de quelques semaines cette gigantesque provocation et non  d’y renoncer comme l’y invitent depuis longtemps Pékin et Moscou ! Arrivera-t-on à empêcher la Maison Blanche de gâcher cette chance de relancer le dialogue dans la poudrière coréenne ? On aimerait entendre la France et l’Europe s’exprimer fortement sur cet enjeu crucial…

Au Proche-Orient, non content d’avoir, le mois dernier, scandaleusement encouragé les pires ultras en Israël en leur accordant sa caution sur l’annexion de Jérusalem, le pyromane de Washington vient de menacer de suspendre la contribution américaine -369 millions de dollars par an !- à l’Agence des Nations-Unies en charge des réfugiés palestiniens (l’UNRWA) si l’Autorité palestinienne… « refuse de négocier le traité de paix qui se fait attendre depuis trop longtemps avec Israël » ! La concrétisation de cette incroyable menace risquerait de pousser à bout ces 5,2 millions de Palestiniens les plus fragilisés, qui vivent, de génération en génération, depuis 1948, dans 59 camps répartis en Cisjordanie, à Gaza, à Jérusalem-Est, mais aussi dans les autres pays de la région. Rappelons que c’est pour suppléer au refus d’Israël d’assumer ses responsabilités de puissance occupante qu’a été créée l’UNRWA, afin d’assurer les services sociaux, la santé, l’éducation et l’aide humanitaire indispensable aux  Palestiniens chassés de leur terre. Voudrait-il provoquer l’explosion du désespoir que l’inqualifiable personnage américain ne s’y prendrait pas autrement. Là encore, l’inertie de Paris et de Bruxelles est consternante.

En Ukraine enfin, on notait avec un peu d’espoir un léger bouger, le 27 décembre dernier, lorsqu’a fini par aboutir le très attendu échange massif de prisonniers, sans précédent, entre Kiev et le Donbass. Il s’agissait enfin d’un début de mise en oeuvre d’un point des accords de paix de Minsk. C’était compter sans l’incommensurable irresponsabilité de Washington qui annonça quasiment au même moment son intention de fournir des armes létales lourdes -lance-roquettes; missiles antichars…- au pouvoir ukrainien, au risque de déclencher une nouvelle escalade meurtrière dans la région. Ce à quoi Emmanuel Macron et Angela Merkel ont réagi en se contentant de rappeler, sans autre considération, « leur attachement à la mise en oeuvre intégrale des Accords de Minsk »… Voilà pourquoi il est si important que l’enjeu de la guerre ou de la paix devienne ou redevienne une grande question populaire.

11 janvier 2018 at 4:31 Laisser un commentaire

DROITS DES MIGRANTS : LA FRANCE EST HORS LA LOI !

En ce qui concerne les droits des migrants en France, 2018 commence comme a fini 2017 : Emmanuel Macron et son ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, peaufinent leur arsenal de mesures durcissant de plus en plus leur politique migratoire, au point de risquer la condamnation de la France -une de plus !- par la Cour européenne des Droits de l’Homme. La honte ! Rappel de quelques données utiles à qui entend contribuer à faire de ce combat de civilisation l’une des priorités politiques de l’année qui s’ouvre.

2017 : Non contentes de détruire délibérément les effets des migrants des camps de fortune (tentes, couvertures…) , voire de les priver d’eau et de toilettes , ou bien de les refouler avant même qu’ils ne puissent déposer une demande d’asile, ou encore d’instaurer de fait un « délit de solidarité » à l’encontre des bénévoles portant secours à des réfugiés « illégaux »,  les autorités ont multiplié, courant décembre, les « circulaires » ministérielles et les instructions aux Préfets destinées à accélérer à tout prix les expulsions . Le dernier de ces textes prévoit l’envoi d’ « équipes mobiles » d’agents dans les centres d’hébergement d’urgence pour y organiser le tri des résidents afin d’en expulser les personnes sans papiers . Un comble lorsqu’on sait que l’accueil dans ces centres repose précisément sur le principe de l’inconditionnalité ! Le seul résultat à attendre d’un tel dispositif serait que les personnes sans papiers, se sentant menacées dans ces lieux, se résolvent à reconstituer des campements sauvages…

2018 : Les Fêtes passées, l’offensive reprend de plus belle. Certes, le 11 janvier prochain, le gouvernement organise une réunion de « concertation » . C’est qu’il se voit contraint de tenter d’enrayer l’impressionnante mobilisation du mouvement associatif au grand complet  contre les régressions programmées. Il ne s’attendait pas davantage aux effets sur de larges secteurs de l’opinion publique des vives critiques formulées par le Défenseur des Droits, Jacques Toubon, à l’encontre des violations des droits fondamentaux des migrants que représentent les mesures décidées ou en préparation. Il se voit enfin obligé de répondre au malaise qui s’exprime au sein-même de l’actuelle majorité contre cette dérive indigne. Cela étant, le projet de loi « Immigration et asile » si redouté n’est nullement remis en question. Attendu au premier trimestre de cette année, il prévoit notamment le doublement de la durée de rétention des étrangers en attente d’expulsion; l’accélération des « reconductions », en particulier des « migrants économiques »; la réduction des possibilités pour les déboutés du droit d’asile de déposer un recours; et même le refus de l’asile aux demandeurs pouvant être « réadmis dans un pays tiers sûr ». On aura une idée de ce que l’exécutif entend par « pays sûr » en se souvenant que le Président de la République envisageait l’été dernier d’installer des « hotspots » (centres d’examen des demandes d’asile)…en Libye, un pays si « sûr » qu’on y a découvert récemment des marchés aux esclaves ! Inconcevable !

Telle est la situation en ce début 2018. Une action à poursuivre et un débat à relancer en cette année marquée par le 65 ème anniversaire de l’entrée en vigueur de la Convention européenne des Droits de l’Homme, dont notre pays est signataire.

4 janvier 2018 at 2:25 Laisser un commentaire


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