Posts filed under ‘Francis Wurtz’

PALESTINE: L’UE FACE À UNE RESPONSABILITÉ HISTORIQUE

Quoi de plus « parlant » sur la situation au bord de l’explosion en Palestine que le silence poignant et la colère rentrée des dizaines de jeunes secouristes en veste du « Croissant rouge » venus rendre un dernier hommage à leur camarade tombé sous les balles d’un soldat israélien en venant soigner un blessé dans le camp de réfugiés de Dheisheh , près de Béthléem (où l’armée d’occupation n’a, en principe, aucun droit de pénétrer) ! On en apprend plus sur la Palestine durant une visite de cinq jours sur le terrain avec l’AJPF (1) qu’à travers tous les reportages sur le sujet dans les grands médias français et européens . Comme nous l’a dit un couple de touristes devant le mausolée du Président Arafat : « On est venu pour comprendre. On a vu et on a compris… » A plus forte raison lorsqu’on a la possibilité d’échanger avec les réfugiés de quelques uns des 59 camps où vivent les plus pauvres d’entre eux , de génération en génération depuis 1948…

Évoquant la situation à Gaza, bien pire encore que celle de Cisjordanie, l’un de nos interlocuteurs fit ce constat terrifiant : « À 12 ans, un enfant y a déjà vécu trois guerres : les enfants grandissent ici dans la violence et le ressentiment. » Aussi les enfants bénéficient-ils de la part des familles en Palestine d’une attention toute particulière : « Pourriez-vous demander aux responsables de l’UNRWA (2) , que vous allez rencontrer, si les écoles ouvriront encore leurs portes à partir de 2020 ? » nous interrogea avec une angoisse clairement perceptible le responsable d’un camp. C’est que cet organisme des Nations-Unies, entièrement dédié aux cinq millions de réfugiés palestiniens, traverse une crise financière sans précédent depuis sa création en 1949 , suite à la décision de Donald Trump de faire passer la contribution financière des Etats-Unis à cet Office de 360 millions à…60 millions de dollars par an ! Le « chef du monde libre » brandit en outre la menace de pousser à une révision du statut de réfugié pour ne faire bénéficier de l’aide internationale que les 50 000 survivants directs de l’exil forcé de 1948 tout en refusant toute idée de « droit au retour » ou de compensation financière de l’Etat responsable de l’interminable exil forcé de tous leurs descendants ! Tous attendent de l’UE qu’elle prenne le contre-pied de Washington et qu’elle renforce son aide humanitaire aux réfugiés -ce qui est loin d’être gagné.

Et comme si toutes ces souffrances et ces humiliations quotidiennes ne suffisaient pas, voilà que monte dans les milieux dirigeants européens eux-mêmes l’idée irresponsable selon laquelle, face à la multiplication des obstacles à l’existence d’un État palestinien -prolifération des colonies, crise économique dans les territoires occupés , divisions entre Palestiniens- , la question d’un renoncement progressif des États européens à cet objectif stratégique se posait ! Notre mobilisation s’impose plus que jamais!
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(1) L’Association pour la promotion des jumelages entre des villes françaises et des camps palestiniens (fondée par le regretté Fernand Tuil) vient d’organiser un séjour de découverte et de coopération pour une quarantaine d’élues et d’élus à Jérusalem et en Cisjordanie (28/3-2/4).
(2) Office des Nations-Unies pour le secours et les travaux pour les réfugiés au Proche-Orient

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11 avril 2019 at 9:43 Laisser un commentaire

LE TRAITÉ BUDGÉTAIRE CONTRAIRE AU DROIT EUROPÉEN ?

Quand l’expérience donne spectaculairement raison à notre groupe de la « Gauche unitaire européenne » (GUE) au Parlement européen ! Retour sur l’avalanche de décisions des Etats membres de l’UE visant -sous la pression d’Angela Merkel avec la complicité de Nicolas Sarkozy- , en 2011 et 2012, à instituer les politiques d’austérité en règle permanente et étroitement contrôlée.

Première salve de « réformes » : adoption en 2011 (par les gouvernements et la majorité du Parlement européen) de six règlements et directives renforçant la surveillance du budget et des politiques économiques de chaque État membre.

Deuxième stade : en 2012, deux règlements supplémentaires viennent encore noircir le tableau . Et, là encore, les gouvernements s’alignent et la majorité des députés européens acceptent sans coup férir.

Troisième étape : la Chancelière allemande en veut toujours plus. Soutenue par Nicolas Sarkozy , elle demande à ses pairs d’adopter , en 2012, un traité renforçant encore la « discipline budgétaire ». Notamment par l’inscription dans chaque Constitution (ou , du moins, dans une loi supérieure aux lois ordinaires) une « règle d’or » : à savoir l’engagement à aller vers un déficit « structurel » inférieur ou égal à 0,5% du PIB (l’ensemble des richesses produites). Une clause du traité prévoit, en outre, de rendre plus difficile aux Etats récalcitrants de s’opposer aux injonctions qui les visent. Pour mémoire, il s’agit du fameux « traité budgétaire » que le candidat Hollande s’était engagé à « renégocier » s’il était élu…On connaît la suite.

Aussitôt, le groupe GUE -où siègent les élus et élues présentés par le PCF- est vent debout contre tout cet arsenal austéritaire et autoritaire. Il décide alors de se battre sur tous les fronts pour tenter de briser cette logique diabolique, y compris sur le plan juridique. Il demanda immédiatement une contre-expertise sur la légalité du traité budgétaire au regard du droit européen à un spécialiste de la Faculté des sciences juridiques de Brême, le Professeur Fischer-Lescano. Celui-ci prouve par A + B devant la presse, au Parlement européen, que, dans leur obsession à vouloir corseter les pays membres pour imposer partout les règles d’austérité, les principaux dirigeants européens ont violé leur propre droit ! Sur le moment, cela ne fait guère de bruit : pensez donc, un « petit » groupe de communistes qui prétend faire la leçon aux Chefs d’Etat et à la Commission ! D’ailleurs, pensaient certains, ce traité ayant été conclu entre gouvernements en dehors des institutions de l’UE, il n’avait pas besoin de respecter le droit européen . Ils ignoraient manifestement que , faute d’être passé par les institutions européennes au plus tard cinq ans après son entrée en vigueur (donc le 1er janvier 2018) , il était caduc ! Patatras : la vérité éclata lorsque la commission des affaires économiques et monétaires du Parlement européen refusa en novembre dernier de transférer ce traité en droit européen pour cause de non-conformité ! (1) Comme les députés du groupe GUE l’avaient affirmé dès 2012.

Tout est donc bloqué : le traité budgétaire n’a plus d’existence légale ! C’est sans précédent. Certes, tous les autres règlements et directives restent, hélas, valides: le combat contre l’austérité et les « réformes » libérales ne doit donc surtout pas faiblir ! Mais voilà une preuve de plus de l’état de crise profonde dans lequel s’enfonce cette Europe libérale. Un encouragement de plus à reprendre le drapeau d’un projet européen démocratique, coopératif et solidaire.

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(1)Patrick Le Hyaric : « le traité budgétaire peut être annulé » Humanité (5/12/2018)

6 avril 2019 at 9:22 Laisser un commentaire

MACRON SE RÊVE EN CHEF DE GUERRE EUROPÉEN !

Il faut « une vraie armée européenne » avait lancé Emmanuel Macron le 6 novembre dernier -une annonce reprise mot à mot, quelques jours plus tard, par Angela Merkel . Derrière cette formule-choc, manifestement destinée à frapper l’opinion, que préparent concrètement le Président français et ses partenaires au nom de « l’autonomie stratégique » des États de l’UE ? Autonomie d’ailleurs toute relative, puisque, précise la Commission européenne, c’est « en étroite collaboration avec (nos) partenaires, à commencer par l’OTAN » qu’ont été prises les mesures suivantes : d’abord, un « Fonds européen de la défense » a été créé en 2017 pour « stimuler la recherche commune » en matière technologique et industrielle de défense et développer des projets militaires communs. Il sera doté de…13 milliards d’euros (!) entre 2021 et 2027 . Ensuite, à l’initiative de Paris et de Berlin, 25 des 27 Etats membres ont créé entre eux une structure permanente de coopération très étroite -et sans précédent- en matière de défense . Enfin, il a été prévu de mettre en place des infrastructures  facilitant les « déplacements rapides de troupes en cas de crise ». Sont, par ailleurs, sur les rails, deux programmes militaires franco-allemands : celui du « char du futur » et celui du « système de combat aérien du futur ». (Seul problème : l’Allemagne a décidé un embargo sur les ventes d’armes à l’Arabie saoudite à cause de la guerre au Yémen : ce qui bloque le florissant commerce de la honte entre Paris et Riyad du fait de la présence de composants allemands dans les armements français ! )

Par ailleurs, le Président de la République est à l’origine de « l’Initiative européenne d’intervention » fondée sur « un socle d’États européens ayant démontré leur volonté politique et leur capacité militaire d’assumer un engagement en opérations » , à savoir, outre la France et l’Allemagne : la Belgique, le Danemark, l’Espagne, l’Estonie, la Finlande, les Pays-Bas, le Portugal et …le Royaume-Uni, malgré le « Brexit ». On comprend pourquoi Emmanuel Macron a évoqué au début de ce mois ce qu’il considère comme « nos obligations indispensables » à inscrire dans un « traité de défense et de sécurité » pour l’UE : en particulier, « l’augmentation des dépenses militaires » !
C’est dans ce contexte que  j’ai pu assister il y a quelques jours à une présentation de la vision de la « défense européenne » d’un homme de confiance du Chef de l’Etat en la matière : Louis Gautier (1). Son point de départ ? « Il faut faire l’Europe en fonction de ce qu’est le monde, selon le principe : qui tient qui ? » Son ambition : « En 2019-2020, réaliser toutes les mesures prévues » (voir plus haut), puis « Aller au-delà » en « affirmant nos intérêts stratégiques ». Notamment par rapport à la Russie -dont « le rétablissement nous inquiète »-, la Chine, le terrorisme, la « base industrielle » (les armements). Quand on lui demande pourquoi l’UE n’a donné aucune suite à la proposition de l’ex-Président russe Medvedev, en 2008, de signer avec les « 28 » un « traité paneuropéen de sécurité », il bredouille. Il est plus que temps de rouvrir le débat sur les conditions d’une sécurité collective du continent !
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(1) Ancien Secrétaire général de la défense et de la sécurité nationale, chargé par l’Elysée d’une mission sur la défense européenne.

21 mars 2019 at 9:56 Laisser un commentaire

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