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APRÈS « TINTIN EN AMÉRIQUE », VOICI « JUPITER EN EUROPE » !

« L’Union européenne fait de Macron sa nouvelle étoile » titrait le très macronphile magazine « Challenges » dans son dernier numéro. De fait, rendant compte du Conseil européen des 22 et 23 juin, la presse allemande évoque avec déférence un « Macron Effekt ». La Chancelière n’a-t-elle pas elle-même donné le ton en saluant « la créativité et les nouveaux talents qui viennent de France »? En accueillant ce « progressiste » invétéré , qui fustige… « l’Europe ultralibérale  » et refuse de « continuer à faire l’Europe dans des bureaux », le Président du Conseil européen, le conservateur polonais Donald Tusk, a littéralement…fondu d’admiration et celui de la Commission, Jean-Claude Juncker, était aux anges ! Jusqu’à la référence des références de la presse britannique, l’hebdomadaire « The Economist « , qui n’exclut pas de voir dans le jeune prodige parisien « le sauveur de l’Europe ». Rien de moins. On connaissait les aventures de Tintin en Amérique; voici l’épopée de Jupiter en Europe . Et modeste, avec ça : « Pas question de s’approprier les avancées mûries avant lui sur la scène européenne » souligne le quotidien libéral « Les Echos », en louant « la modération » et « l’humilité » du nouvel homme providentiel. D’ailleurs, celui-ci convient , dans une longue interview à sept grands journaux européens qu’ « il serait présomptueux de dire dès à présent que la France exerce un nouveau leadership européen ». Que demande le peuple !

On aimerait bien pouvoir se réjouir d’un tel engouement de nos voisins et partenaires pour le représentant de notre pays. Hélas, on y regardant de plus près, on revient vite sur Terre. L’idylle Merkel-Macron ? Elle repose avant tout sur la conviction de la première de disposer avec le second d’un allié plus solide que son pâle prédécesseur : comme elle, il veut rationner les dépenses publiques, « moderniser » le droit du travail et discipliner davantage encore la zone euro. Elle et toute l’actuelle équipe dirigeante de l’UE se retrouvent également dans « L’Europe qui protège », telle que la conçoit Emmanuel Macron . A savoir avant tout « une vraie politique de défense et de sécurité commune », bref une militarisation de l’UE -voulue depuis longtemps par le Président de la Commission et à laquelle la droite allemande s’est ralliée , notamment depuis les rodomontades de Donald Trump sur le « partage du fardeau » de la défense de l’Europe. Pas vraiment de quoi se sentir rassurés… »L’Europe qui protège », ce sont également , aux yeux du Président français -et à présent également de la Chancelière allemande comme, à plus forte raison de tous les autres gouvernements dd l’UE- « des moyens pour protéger les frontières extérieures » de l’UE, car  » il faut être plus efficace face aux grandes migrations » . Quant au constat de la nouvelle étoile de l’Europe, selon lequel la mise en concurrence des travailleurs et la délocalisation d’entreprises au sein de l’UE relèvent d’ « un système (qui) ne marche pas droit », il serait de nature à inquiéter Angela Merkel et ses pairs s’il était accompagné -au-delà de la simple révision de la directive sur le « détachement », en discussion depuis des mois- d’une exigence de remise en cause des nombreuses dispositions des traités européens qui légitiment ces pratiques : mais, là-dessus, silence. (1) A ce stade, l’Olympe a accouché d’une souris.

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BOULEVERSÉ PAR LE DÉCÈS BRUTAL DE JEAN-PIERRE KAHANE, QUI ME PARLAIT ENCORE , UNE SEMAINE AUPARAVANT, AVEC SON HUMANITÉ LÉGENDAIRE , DU DEVOIR « D’AIDER LES JEUNES À DEVENIR UNE FORCE POUR S’EN SORTIR », JE VEUX RENDRE UN HOMMAGE FRATERNEL A CET « HOMME DES LUMIÈRES » QUE JE SUIS FIER D’AVOIR EU POUR AMI ET POUR CAMARADE DE PARTI.

 

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(1) Toutes les citations dans ce paragraphe sont tirées de l’interview d’Emmanuel Macron à 7 grands journaux européens (22/6/2017)

29 juin 2017 at 9:56 Laisser un commentaire

POUR L’UE, LA PRIORITÉ, AUJOURD’HUI, C’EST…LA DÉFENSE !

Tandis que notre attention était concentrée sur les enjeux des élections législatives -en particulier les menaces du gouvernement Macron-Philippe sur le code du travail et la protection sociale- la Commission européenne annonçait, le 7 juin dernier, un « plan d’action » sans précédent destiné à ouvrir la voie à une  » Europe de la défense « . Elle juge ses propositions tellement prioritaires qu’elle demande aux Chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE de les mettre à l’ordre du jour de leur tout prochain Sommet, le 22 juin prochain.

Il s’agirait, en premier lieu, de décider la création d’un  » Fonds européen de la défense  » .(FED). Celui-ci doit servir à favoriser des coopérations entre plusieurs Etats européens -condition absolue pour bénéficier de ses subventions- en matière de recherche dans les technologies militaires : électronique; métamatériaux; logiciels cryptés; robotique… Son volume passerait de 29 millions d’euros dès cette année à 90 millions en 2020, puis 500 millions par an au-delà. Par ailleurs, ce FED cofinancerait l’achat en commun par plusieurs Etats membres d’ équipements militaires, tels que des hélicoptères « en grande quantité pour réduire le coût », précise la Commission, ou encore des investissements en commun dans la technologie des drones : 5 milliards d’euros par an seraient mobilisés pour ce type d’opération. Ce projet vise ainsi à rompre avec une doctrine aussi ancienne que la construction européenne elle-même, qui veut que le budget européen soit exclusivement à visée civile. Des prêts de la Banque européenne d’investissement iraient également aux entreprises des  » chaînes d’approvisionnement de la défense « . Enfin, la Commission se dit décidée à renforcer « les conditions propices à un marché de la défense ouvert et compétitif en Europe »…

Plus généralement, les Chefs d’Etat et de gouvernement seront invités à fixer leur niveau d’ambition pour cette  » Europe de la défense  » que Bruxelles brûle de bâtir : soit ils optent pour le statu quo ( l’UE se limiterait, comme aujourd’hui, à des interventions militaires de « gestion de crises » à l’extérieur de son territoire ); soit ils envisagent des missions de combat « de haute intensité » à nos frontières ou ailleurs ; soit enfin ils décident de s’orienter vers une armée européenne « capable de conduire des opérations de pointe contre les groupes terroristes (…), des missions navales en milieu hostile ou des plans de cyberguerre ». Précision -mais qui en douterait :  » Il n’est pas question de remplacer l’OTAN  » , indique en passant Federica Mogherini, responsable de la politique extérieure et de sécurité de l’UE.

Pourquoi ce branle-bas de combat maintenant ? Est-ce ainsi que nous comptons empêcher les attentats ? Régler la crise ukrainienne ? Certains y verraient-ils le moyen de « sécuriser nos frontières » menacées par l’afflux de « migrants illégaux » ? Ou alors, serait-ce le seul « grand dessein »qu’on ait  trouvé pour redonner au projet européen une raison d’être ? Les Français auront-ils leur mot à dire sur des choix aussi structurants ? La future Assemblée nationale en débattra-t-elle seulement ? Un sujet de plus à garder à l’esprit en choisissant nos parlementaires , dimanche prochain.

15 juin 2017 at 12:52 Laisser un commentaire

CE QUE LES PRÉSIDENTIELLES ONT CHANGÉ SUR L’EUROPE

La bataille d’idées sur les enjeux européens en général et l’euro en particulier ne sera plus tout à fait la même après ces élections présidentielles qu’avant cette campagne.

D’abord, les thèses présentant la sortie de l’euro ou de l’UE comme une solution possible, voire souhaitable, aux problèmes de notre société ont désormais du plomb dans l’aile. « L’Europe, on la change »…mais pas question de la quitter, aux yeux d’une majorité -de plus en plus large- de Français (1). C’est là un acquis des débats de tous ces derniers mois. Les défenseurs du retour au Franc en ont pris acte en battant en retraite. Et ce ne sont pas les élucubrations de Madame Le Pen sur le sujet lors du débat télévisé du second tour qui auront apporté à ces thèses la crédibilité qui leur fait défaut aux yeux du plus grand nombre. L’approfondissement des réflexions sur une stratégie réaliste et efficace de transformation sociale et démocratique de l’actuelle Union européenne n’en devient que plus crucial.

Or, à l’opposé de cette aspiration, le nouveau Président français est aussi néolibéral dans ses orientations européennes que dans sa politique nationale . Ne s’est-il pas engagé à gagner la confiance d’Angela Merkel en respectant scrupuleusement ses deux obsessions : la discipline budgétaire et les « réformes structurelles » ? Si on lui laissait le champ libre, il irait encore plus loin que son prédécesseur : en témoigne son idée d’aller vers une zone euro de type fédéral , comprenant, en particulier, la création d’un poste de « ministre européen des finances » . Cette forme de tutelle renvoie à un projet hyper-dangereux du pire membre de l’équipe de la Chancelière, Wolfgang Schäuble : le nouveau grand argentier de la zone euro disposerait, en effet, d’un droit de veto sur les décisions budgétaires des parlements nationaux qui dévieraient de la « ligne » austéritaire ! Rudes batailles en perspective ! Cet état de fait va rendre plus vital que jamais le rassemblement des progressistes favorables à une inversion du cours de l’actuelle construction européenne.

Dernier changement généré par ces présidentielles sur le terrain de l’Europe -et non des moindres : Emmanuel Macron a appris des échecs de François Hollande, comme de ceux de Nicolas Sarkozy avant lui, dans leur tentative laborieuse d’adopter une posture de « réformateurs » de l’Europe. Il sait, quant à lui, jouer de sa « modernité » pour affiner sa communication ! Il se dit « sans complaisance » vis-à-vis de Bruxelles et conscient de ce que « près de la moitié de ce pays est en colère contre l’idée européenne ». Il prévient que « si rien ne bouge, il n’y aura plus de zone euro dans dix ans ». Il préconise « une nouvelle Union européenne, qui protège nos citoyens et règlemente la mondialisation ». Il se paye même le luxe de reprendre à son compte (en l’adaptant…) une proposition-phare des communistes depuis 2012 : l’organisation « de sortes d’Etats généraux » permettant aux citoyens d’exprimer leurs attentes en matière d’Europe ! On le voit : il va falloir aiguiser sérieusement le débat pour aider nos concitoyens à démêler le vrai du faux, à mettre le doigt sur les contradictions , à pousser dans le sens des avancées souhaitables comme des ruptures nécessaires -bref, à s’investir en connaissance de cause dans ce débat central pour notre avenir à tous. Un défi motivant !

JE VEUX ICI RENDRE HOMMAGE A NOTRE AMI JACQUES LE DAUPHIN, INFATIGABLE MILITANT DE LA PAIX, DEVENU UN EXPERT ECOUTÉ ET RESPECTÉ SUR LES ENJEUX DE SÉCURITÉ COLLECTIVE, QUI VIENT DE NOUS QUITTER.

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(1) Début mars 2017 (sondage Elabe), 72% des personnes interrogées se sont déclarées opposées à la sortie de l’euro -tout en étant 37% à estimer que l’UE actuelle présente plus d’inconvénients que d’avantages ! : Changer l’Europe, oui ! La quitter, non !

11 mai 2017 at 9:47 Laisser un commentaire

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