Posts filed under ‘Poutine’

GUERRE OU PAIX : 3 GRAVES MENACES A SUIVRE EN 2018

Le monde hérite en 2018 de nombreuses zones de conflits ou susceptibles de s’embraser suite à l’irresponsabilité effarante de « dirigeants » de premier plan, au premier rang desquels figure  le chef de la « puissance indispensable », Donald Trump. Trois graves menaces du point de vue de la sécurité internationale sont à suivre tout particulièrement : dans la péninsule coréenne ; en Palestine; en Ukraine .

En Corée, un espoir de détente s’est levé à l’occasion du Nouvel An, quand le leader nord-coréen a, à la surprise générale, proposé de rencontrer son homologue du Sud « pour discuter de la participation » de Pyongyang aux Jeux Olympiques qui se dérouleront à Séoul en février prochain et , plus généralement, de « l’amélioration des relations inter-coréennes ». Le « téléphone rouge » entre les deux capitales va d’ailleurs rouvrir. Le Président sud-coréen a aussitôt saisi la balle au bond en proposant de tenir ces pourparlers dès le 9 janvier et en priant Washington de suspendre les méga-manoeuvres militaires prévues sous peu -comme chaque année !- dans la péninsule . « On verra, on verra » a répondu Trump, envisageant au mieux de décaler de quelques semaines cette gigantesque provocation et non  d’y renoncer comme l’y invitent depuis longtemps Pékin et Moscou ! Arrivera-t-on à empêcher la Maison Blanche de gâcher cette chance de relancer le dialogue dans la poudrière coréenne ? On aimerait entendre la France et l’Europe s’exprimer fortement sur cet enjeu crucial…

Au Proche-Orient, non content d’avoir, le mois dernier, scandaleusement encouragé les pires ultras en Israël en leur accordant sa caution sur l’annexion de Jérusalem, le pyromane de Washington vient de menacer de suspendre la contribution américaine -369 millions de dollars par an !- à l’Agence des Nations-Unies en charge des réfugiés palestiniens (l’UNRWA) si l’Autorité palestinienne… « refuse de négocier le traité de paix qui se fait attendre depuis trop longtemps avec Israël » ! La concrétisation de cette incroyable menace risquerait de pousser à bout ces 5,2 millions de Palestiniens les plus fragilisés, qui vivent, de génération en génération, depuis 1948, dans 59 camps répartis en Cisjordanie, à Gaza, à Jérusalem-Est, mais aussi dans les autres pays de la région. Rappelons que c’est pour suppléer au refus d’Israël d’assumer ses responsabilités de puissance occupante qu’a été créée l’UNRWA, afin d’assurer les services sociaux, la santé, l’éducation et l’aide humanitaire indispensable aux  Palestiniens chassés de leur terre. Voudrait-il provoquer l’explosion du désespoir que l’inqualifiable personnage américain ne s’y prendrait pas autrement. Là encore, l’inertie de Paris et de Bruxelles est consternante.

En Ukraine enfin, on notait avec un peu d’espoir un léger bouger, le 27 décembre dernier, lorsqu’a fini par aboutir le très attendu échange massif de prisonniers, sans précédent, entre Kiev et le Donbass. Il s’agissait enfin d’un début de mise en oeuvre d’un point des accords de paix de Minsk. C’était compter sans l’incommensurable irresponsabilité de Washington qui annonça quasiment au même moment son intention de fournir des armes létales lourdes -lance-roquettes; missiles antichars…- au pouvoir ukrainien, au risque de déclencher une nouvelle escalade meurtrière dans la région. Ce à quoi Emmanuel Macron et Angela Merkel ont réagi en se contentant de rappeler, sans autre considération, « leur attachement à la mise en oeuvre intégrale des Accords de Minsk »… Voilà pourquoi il est si important que l’enjeu de la guerre ou de la paix devienne ou redevienne une grande question populaire.

Publicités

11 janvier 2018 at 4:31 Laisser un commentaire

MOINS DE GUERRES, PLUS DE DIPLOMATIE !

Cette semaine a débuté avec l’ouverture du débat annuel de l’Assemblée Générale des Nations-Unies et va s’achever avec, partout en France, le samedi 23 septembre, les « Marches pour la paix » à l’appel de 130 organisations ! (1) C’est l’occasion de nous arrêter sur quelques « dossiers » internationaux brûlants du moment. La gestion de la crise américano-nord-coréenne en tout premier lieu. Faute de pouvoir bombarder les sites nucléaires de Pyongyang du fait des risques incalculables qu’une telle aventure ferait peser sur la Corée du Sud, le Président des Etats-Unis s’était juré d’user du chantage à la famine de la population du Nord au moyen d’un blocus total des livraisons de pétrole indispensables  à l’activité économique, même élémentaire, de ce pays. Or, celui qui se rêve toujours en shérif de la planète a dû se résoudre à ce qu’il déteste par-dessus tout : négocier un compromis , en l’occurrence avec deux autres « membres permanents » du Conseil de Sécurité : Pékin et Moscou -tous deux partisans d’une désescalade et d’une relance du dialogue. Mieux, alors que les dirigeants européens -France et Grande-Bretagne en tête- avaient d’abord soutenu Washington, les interventions des Présidents chinois et russe auprès de Paris ont permis d’isoler les jusqu’au boutistes : la Déclaration commune Poutine-Macron, tout en condamnant fermement les provocations du dictateur nord-coréen, appelle ainsi à des « négociations directes », présentées comme le moyen « exclusif » de résoudre la situation.

Ce ne sera pas le seul sujet à l’ordre du jour  de ce rendez-vous diplomatique universel sans équivalent qu’est l’Assemblée Générale de l’ONU !  193 nations, souvent représentées au plus haut niveau -le Président français s’y est rendu avec six ministres !- y échangent sur les affaires du monde. De quel côté pencheront les résultats de ces pourparlers officiels ou informels ? Cela dépendra en grande partie du climat politique que les peuples, les « opinions publiques »,  auront réussi à susciter sur chaque enjeu concerné. Exemple-type d’un grand sujet diplomatique sur lequel la position française a sensiblement évolué sous l’effet de l’isolement international qu’avait entraîné son attitude antérieure : l’accord du 14 juillet 2015 sur le nucléaire iranien. Paris fut longtemps , au grand soulagement du gouvernement d’Israël ou de la pétro-monarchie d’Arabie saoudite, qui rêvent tous deux depuis toujours d’en découdre avec Téhéran, l’obstacle principal à la conclusion positive des négociations. Aujourd’hui, la France se range parmi les pays qui tentent d’empêcher l’irresponsable locataire de la Maison Blanche de torpiller le bon compromis de 2015. Autre grand accord international qui fait l’objet de discussions destinées à le sauver coûte que coûte des velléités de détricotage -pas exclusivement américaines- : l’accord de Paris sur le climat. Dans cette affaire aussi, la mise en oeuvre effective des engagements pris ne sera pas sans rapport avec l’ampleur de la mobilisation des peuples dans la lutte contre les dérèglements climatiques . Quant au terrible conflit syrien, il sera nécessairement à l’ordre du jour des entretiens onusiens, notamment pour arracher un soutien international aux négociations d’Astana ( Kazakhstan ), pilotées par la Russie, la Turquie et l’Iran, seul espoir à ce jour d’une désescalade susceptible d’ouvrir un jour la voie à une solution politique à cette tragédie. C’est avec tout cela -et bien d’autres questions encore- à l’esprit que je marcherai pour la paix, samedi prochain.

——-
(1) Parmi lesquelles le PCF, Ensemble!, EELV, la CGT, la FSU, l’Union syndicale Solidaire, Femmes Solidaires, le MJCF, la JOC, la Ligue des Droits de l’Homme, le MRAP, et, naturellement le Mouvement de la Paix, avec le soutien de l’Action Catholique Ouvrière et du CCFD.

21 septembre 2017 at 2:50 Laisser un commentaire

LA RUSSIE, CENT ANS APRÈS « OCTOBRE ».

 

A l’occasion du Centenaire de la Révolution d’Octobre, j’ai eu l’honneur d’être convié par « l’Humanité » à participer comme « conférencier » à un voyage de lecteurs du journal en Russie. Aujourd’hui comme hier, un séjour dans ce grand pays ne laisse pas indifférent. Parmi les impressions que je retiens de ce regard bref et limité mais intense, je voudrais m’arrêter sur celle qui m’a d’autant plus frappé que nous nous trouvions à la veille d’une commémoration inévitablement complexe, alors qu’une génération entière de Russes n’a pas connu l’Union soviétique : en perte de repères, le pays se cherche, comme en témoignent de nombreux et éloquents paradoxes.

Ainsi, une forme passablement sauvage de capitalisme règne sur le pays, avec son cortège d’inégalités criantes et de rapports sociaux impitoyables : le témoignage poignant d’une militante d’une association d’aide aux personnes sans abri fut, à cet égard, particulièrement édifiant. Pourtant, aucun dirigeant n’a jusqu’ici osé s’en prendre à des symboles synonymes d’idéaux aux antipodes du système actuel : le mausolée de Lénine est toujours sur la place Rouge à Moscou et le croiseur « Aurore » à nouveau amarré (après restauration) à la rive droite de la Néva , face au Palais d’hiver, à Saint Pétersbourg. Le premier est gardé par des soldats chargés d’imposer aux visiteurs, toujours nombreux, le respect dû à la plus grande figure de la Révolution. Sur le second, un ancien marin du célèbre bâtiment de combat montre fièrement « le canon d’où est parti le coup à blanc qui a changé le cours de l’Histoire de notre pays ».

Un contraste de même nature a frappé les participants à un tour de ville de la « Venise du Nord » : une jeune guide formée aux nouvelles normes touristiques se montrait intarissable sur la dynastie des Romanov, tandis qu’à ses côtés, le chauffeur du car avait tapissé sa cabine de souvenirs de l’Union soviétique. Un lapsus de la jeune prosélyte de la Sainte Russie, rebaptisant involontairement la place de l’Insurrection « place de la Résurrection », compléta le tableau…Ce type de choc des repères fut trop fréquent pour être fortuit. Certains Russes semblent guettés par la nostalgie de l’Empire -tel cet admirateur des « exploits de nos ancêtres » durant la Première guerre mondiale à laquelle les Bolcheviks mirent fin en 1917-; d’autres paraissent se réfugier dans leur identité orthodoxe. Quant aux communistes, s’ils conviennent que tout retour en arrière est irréaliste -telle cette élue de Saint Pétersbourg soulignant qu’ « on ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve »-, ils peinent pour le moment à ouvrir une perspective nouvelle.

Pour autant, des exemples de saines révoltes contre l’ inhumanité de l’ultra-libéralisme ambiant ainsi que de sursauts de solidarité émergeant de la société nous ont été rapportés, qui traduisent d’évidentes attentes de changements. L’histoire tout à la fois glorieuse et dramatique de ce peuple (notre séjour coïncidait également avec l’anniversaire du début du terrible siège de Leningrad -8 septembre 1941-27 janvier 1944; 620 000 morts- ); les souvenirs traumatisants de la terreur stalinienne qui se transmettent de génération en génération; les frustrations de la période brejnévienne (dont beaucoup semblent en même temps regretter la stabilité et la sécurité de l’existence…) ; l’expérience brutale et humiliante de la décennie Eltsine; le populisme de Poutine sont autant d’obstacles qui ne facilitent pas le mûrissement d’une nouvelle et nécessaire révolution de notre temps. Mais, ici comme ailleurs, l’avenir n’est pas écrit. Ce peuple complexe mais attachant mérite -et souhaite- l’attention et l’amitié du nôtre. Merci à « l’Humanité » de nous avoir permis de le vivre en direct.

15 septembre 2017 at 6:15 Laisser un commentaire

Articles précédents


Entrer votre adresse e-mail pour vous inscrire à ce blog et recevoir les notifications des nouveaux articles par courriel.

Rejoignez 5 196 autres abonnés

Chronique européenne dans l’Humanité Dimanche

Intervention au Parlement européen (vidéo)

GUE/NGL : vidéo

mai 2018
L M M J V S D
« Avr    
 123456
78910111213
14151617181920
21222324252627
28293031  

Catégories

Pages

Pages