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MOBILISATION POUR LA PAIX : L’EXEMPLE CHYPRIOTE.

A l’appel du Mouvement de la paix chypriote , des milliers de personnes -dont une proportion exceptionnelle de jeunes- ont pris part, dimanche dernier, à une impressionnante marche sur le territoire-même de l’une des deux bases militaires qu’entretient la Grande-Bretagne au coeur de la Méditerranée orientale. C’est de là que sont récemment partis les avions qui ont bombardé la Syrie… De nombreux invités étrangers se sont joints à la population chypriote, tant grecque que turque. Face à l’engrenage diabolique des tensions, des menaces et des guerres qui déstabilise toute la région, 160 personnalités du monde de la culture de l’île avaient également apporté leur soutien à l’initiative.

Il faut dire que les habitants de ce lointain pays de l’Union européenne sont directement confrontés à toutes les tragédies qui minent le Proche-Orient. Toujours en partie occupée par l’armée turque, toujours fragilisée par deux bases militaires de l’un des principaux Etats membres de l’OTAN, l’île de Chypre est, en outre, voisine de la Syrie dévastée, du Liban déstabilisé , de la Palestine martyrisée par son occupant et colonisateur israélien ! Aussi, quand des Chypriotes sonnent l’alerte , il faut les écouter. Que cette belle mobilisation populaire serve d’exemple pour manifester partout, sous toutes les formes pacifiques possibles, la volonté que soient proscrits les politiques de force, la guerre ou le chantage à la guerre et que soit mis un terme à l’impunité des dirigeants qui en usent et en abusent. Les conditions existent, nationalement et internationalement, pour une expression forte d’une telle exigence.

Très instructif à cet égard est ce récent sondage réalisé par l’IFOP pour l’Union des Etudiants Juifs de France à l’occasion du 70 ème anniversaire de la création de l’Etat d’Israël : 71% des personnes interrogées considèrent les dirigeants de cet Etat « responsables de la situation des Palestiniens, voire comme une menace pour la stabilité régionale » ! (1) En l’occurrence , les Etats eux-mêmes sont conduits , dans leur immense majorité, à exprimer leur condamnation de la politique d’occupation et de colonisation des territoires palestiniens par l’armée israélienne. Un seul exemple -mais nous en servons-nous assez pour légitimer nos appels à agir pour le respect du droit international ?- celui de la resolution des Nations-unis, du 19 décembre 2017. Adoptée par 176 Etats contre 7 (USA, Canada, Israël, Iles Marshall, Etats fédérés de Micronésie, Nauru et Palaos…) et 4 abstentions (Cameroun, Honduras, Togo, Tonga), elle réaffirme le droit du peuple palestinien à la création d’un Etat indépendant et « exhorte tous les Etats (…) des Nations-Unis à continuer d’apporter soutien et aide au peuple palestinien en vue de la réalisation rapide de son droit à l’autodétermination » ! Il en va de même pour le Conseil de sécurité lorsque, très exceptionnellement -comme ce fut le cas le 23/12/2016, à le fin du second mandat de Barack Obama- les Etats-Unis ne bloquent pas, par leur veto, l’expression de la justice et du droit ! La défense de la paix peut et doit redevenir l’objet de mobilisations d’envergure : merci à nos amis chypriotes de nous l’avoir rappelé !

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(1) IFOP 14/5/2018

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14 juin 2018 at 10:48 Laisser un commentaire

ITALIE : CHRONIQUE D’UN DÉSASTRE ANNONCÉ !

Longtemps profondément « européiste »,  l’opinion italienne a basculé lors de la crise de la zone euro et de sa gestion calamiteuse , tant par la « classe politique » de la péninsule que par l’UE.

2010: les « marchés » ciblent les pays les plus endettés en augmentant de plus en plus le coût des emprunts des Etats. La grèce est leur première victime, vite suivie par l’Irlande et le Portugal. L’Italie prend les devants: le très réactionnaire Berlusconi -flanqué de son allié d’extrême-droite, la Ligue du Nord- décide un premier plan d’austérité (25 milliards d’euros d’économies) pour rassurer les « investisseurs » .

2011 (Juillet) : l’Italie est attaquée à son tour. Berlusconi et ses alliés font adopter un deuxième plan d’austérité (48 milliards d’économies) censé éponger les déficits d’ici 2014. Cette purge suscite un tollé dans le pays…sans convaincre les « marchés »: les taux d’intérêt grimpent.

-2011 (5 août) : paniqués, Jean-Claude Trichet , encore président de la Banque centrale européenne (BCE) , et Mario Draghi, son successeur désigné, adressent au Chef du gouvernement italien une lettre en forme d’ultimatum d’une arrogance inouïe. Afin de « restaurer la confiance des investisseurs », ils exigent « des mesures immédiates et courageuses » (à prendre par décrets ) telles que : « la libéralisation des services publics locaux » et des « privatisations à grande échelle »; une « baisse des salaires » des fonctionnaires ; une « réforme des conventions collectives » permettant d’ « adapter les salaires et les conditions de travail »; un « passage en revue en profondeur des règles concernant embauches et licenciements »; un  « durcissement de la législation fiscale » et une réforme de l’administration publique pour la rendre plus « favorable aux entreprises » (« business friendly ») ! Berlusconi (et sa coalition) s’exécutent aussitôt en accélérant l’application des mesures déjà décidées et en en rajoutant une double couche : 20 milliards d’euros  d’économies supplémentaires en 2012 et 25 autres en 2013. Rien n’y fait : les taux d’intérêt continuent de monter, la consommation et les investissements de baisser. La récession s’installe. Berlusconi est poussé vers la sortie et remplacé en novembre 2011 par…un ex-commissaire européen, Mario Monti, qui poursuit aussitôt la fuite en avant austéritaire, avant d’être balayé à son tour aux élections de 2013, marquées par le succès de la rhétorique (alors de gauche) du mouvement « 5 étoiles » . L’année suivante, c’est Matteo Renzi qui devient le nouvel « Homme providentiel » : son parti  de « centre-gauche » recueille 40% aux élections…européennes, avant que cette nouvelle illusion ne se dissipe à son tour, laissant la place au désarroi. La « Ligue » comme les « 5 étoiles » changeront de leader et feront alliance. On connait la suite (provisoire).

De quoi faire réfléchir à une légitime « obsession » du PCF : rassembler en France et dans l’UE les forces prêtes à faire appel à l’intelligence des citoyens dans le combat décisif pour changer l’ « Europe » et notamment  les missions de la BCE, afin d’en finir avec la dictature des « marchés » et d’imposer le respect de la souveraineté des peuples, ce droit imprescriptible de choisir son destin.

7 juin 2018 at 10:29 Laisser un commentaire

UE-TURQUIE : LE SILENCE, PRIX DU PACTE AVEC LE DIABLE

Le 24 juin prochain auront lieu des élections présidentielles ainsi que legislatives anticipées en Turquie, les troisièmes en trois ans ! Ainsi en a décidé le dictateur mégalomane Erdogan. Celles de juin 2015 avait provoqué un retentissant coup de tonnerre : le HDP, parti progressiste alors dirigé par Sélahattin Demirtas , qui avait mené une campagne très novatrice, fondée non seulement sur la défense des droits du peuple kurde, mais sur ceux de toutes les minorités, sur l’égalité des genres et sur les valeurs démocratiques en général, obtint 80 élus et empêcha le Chef de l’Etat d’accomplir son rêve de domination absolue en le privant -une première !- de la majorité absolue nécessaire pour changer la Constitution et octroyer les pleins pouvoirs au Président.

Fou-furieux de cet échec, Erdogan convoque alors de nouvelles élections pour le 1er novembre de la même année. La vague de répression contre les Kurdes et les forces de progrès commence aussitôt. Sous couvert de « lutte contre le terrorisme » (le PKK), il organise un déluge de feu sur les villes kurdes . Des arrestations de masse sont opérées. Après avoir, plusieurs mois durant, chauffé à blanc le nationalisme turc en sa faveur, le maître d’Ankara arrache cette fois la majorité absolue. Quelques mois plus tard, la tentative de coup d’Etat de juillet 2016 lui offrira le prétexte rêvé pour se lancer dans de gigantesques purges muselant toute forme d’expression hostile à ses pleins-pouvoirs. Demirtas -pourtant bête noire des généraux putschistes- est emprisonné en même temps que la co-présidente du HDP et de nombreux élus et militants de ce parti . L’état d’urgence est indéfiniment prolongé. En mars 2018, l’armée turque envahit le nord de la Syrie et livre la ville kurde d’Afrin aux djihadistes et aux pillards.

C’est dans ce contexte d’hystérie répressive  et de guerre anti-kurdes qu’est prévu un troisième scrutin ! Une nouvelle loi électorale, très controversée car elle facilitera d’éventuelles fraudes de la part des autorités, est promulguée un mois avant l’annonce des nouvelles élections. Erdogan sent qu’il a besoin d’asseoir sa dictature et veut faire une démonstration de force.

L’Union européenne, si prompte à sanctionner la Russie, assiste en spectatrice à l’écrasement des libertés en Turquie  comme à l’agression militaire contre les Kurdes de Syrie, hier salués pour leur engagement exemplaire de courage et d’efficacité contre Daech. Elle laisse même, sans réagir, Erdogan faire campagne sur le thème de « l’objectif stratégique » que représenterait à ses yeux l’adhésion à l’UE ! Certes, le rapport annuel sur la Turquie publié par la Commission européenne dans le cadre de ces négociations (évidemment au point mort) , rappelle la répression en cours, mais ses réactions restent fort mesurées et purement verbales. C’est que le marché honteux conclu entre l’UE et Erdogan début 2016 de rétention des réfugiés (contre six milliards d’euros) offre à Erdogan le statut confortable de maître-chanteur. Le silence de l’UE est le prix du pacte avec le diable.

31 mai 2018 at 2:33 Laisser un commentaire

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