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RESTER DIGNE OU SE FAIRE ÉLIRE : FAUT-IL CHOISIR ?

Il y a des concomitances d’événements qui ont beau n’avoir aucun rapport entre eux : elles nous frappent et nous forcent à réfléchir. C’est le cas, à quelques jours d’intervalle, de la victoire électorale de la Cheffe des sociaux-démocrates au Danemark et…de l’assassinat d’un dirigeant chrétien-démocrate en Allemagne. C’est que la première doit son succès à sa ligne très dure contre les migrants tandis que le second vient de perdre la vie en raison de son engagement résolu en faveur de l’accueil des réfugiés. Résumé.

Depuis près de 20 ans, le pays de la « Petite Sirène » est, exceptée une courte parenthèse, dirigé par une coalition entre Libéraux et Extreme-droite. Le partenaire européen de Le Pen ( le « Parti populaire danois ») a beau être toujours resté minoritaire, c’est lui qui a donné le « LA » à la politique du gouvernement en matière d’immigration. Ainsi, en 2018, le gouvernement annonça-t-il par avance qu’il n’accorderait aucun droit d’asile durant l’année. En 2019, une nouvelle loi visa même les réfugiés déjà installés dans le pays, appelés à être « renvoyés chez eux » dès que possible…Or, aux élections générales qui viennent de se tenir au Danemark, le 4 juin dernier, si la droite au pouvoir améliorait encore ses positions, son allié xénophobe, lui, enregistrait son pire score depuis 1998. Dès lors, la fuite en avant anti-migrants allait-elle être enrayée ? Pas du tout. C’est que le parti social-démocrate a soutenu sans vergogne cette dérive réactionnaire -fermeture des frontières, placement des migrants en détention, saisie des bijoux et des biens des réfugiés…- quitte à perdre sur sa gauche les voix ainsi gagnées sur l’extrême-droite ! Au total, le parti social-démocrate recule, mais en affaiblissant l’allié de la droite, il s’est ouvert la voie vers le pouvoir…Désormais, annonce la probable future Cheffe du gouvernement -minoritaire- de Copenhague, Mette Frederiksen, elle compte sur l’appui de la gauche (la vraie) pour sa politique sociale et écologique, et sur la droite pour sa politique migratoire ! Ben voyons !

Rester digne ou se faire élire : faut-il choisir ? Espérons que l’on n’en arrive pas là et que cette lâcheté finisse par être sévèrement sanctionnée dans les urnes ! En tout cas, comment ne pas être saisi par cette malheureuse coïncidence : deux jours auparavant, en Allemagne, pays dont le « Ministre de l’Intérieur, des Travaux publics et la Patrie (sic) », l’ultra Seehofer, dirigeant de l’aile bavaroise de la CDU (la CSU), considère que « la question migratoire est la mère de tous les problèmes du pays », un tout autre responsable chrétien-démocrate, ancien député du Land de Hesse, devenu Président (CDU) du gouvernement local de Kassel, Walter Lübcke, régulièrement menacé de mort pour ses prises de position favorables à l’accueil des réfugiés, a été tué par balle par des inconnus. Un assassinat aussitôt salué par ceux qui vouaient à ce « catholique fier de ses valeurs » une haine féroce depuis 2015. Jusqu’où va-t-on laisser dériver la manipulation éhontée de la « crise migratoire » avant de se résoudre à l’indispensable sursaut !

13 juin 2019 at 8:49 Laisser un commentaire

« BREXIT » : UN IMMENSE GÂCHIS.

  Il n’est décidément pas simple de rompre brutalement près d’un demi-siècle d’interdépendances, même pour la pays le moins intégré dans l’Union européenne et dont les dirigeants se proclamaient, non sans arrogance, représentants de la « nation globale » qui n’a pas besoin de partenaires européens pour triompher dans la mondialisation libérale. Il leur aura d’abord fallu neuf mois de tergiversations pour confirmer officiellement leur volonté de sortir de l’UE, puis huit autres mois de volte-face durant les négociations avec l’UE , accompagnées d’une demande… de deux ans de « période transitoire » supplémentaires pour faciliter, à partir de fin mars prochain, la mise en oeuvre concrète du Brexit. Puis patatras. Tout ça pour ça. Et en prime, le spectacle affligeant de ces tristes députés conservateurs qui s’affrontent et ne semblent d’accord que sur un point : empêcher le leader travailliste, Jérémy Corbyn, d’accéder au pouvoir. Quitte à faire prendre au peuple et au pays les risques d’une sortie sans accord.
Les risques ? Quels risques ? C’est l’angoissante inconnue. Notamment pour les classes populaires. Si les sombres prévisions d’un rapport gouvernemental se réalisaient , il se produirait une chute de 9,3 % du PIB (indicateur officiel de la production de richesses) en 15 ans ! (1) Même pessimisme de la part de la Banque d’Angleterre, qui prévoit -en cas de « no deal »- « la pire récession depuis la seconde guerre mondiale, une baisse de la Livre Sterling d’un quart de sa valeur en un an, une hausse du chômage et des taux d’intérêt ainsi qu’une émigration nette » (2) D’autres études évoquent un risque de pénurie de médicaments -dont la Grande-Bretagne importe 37 millions de boîtes par an de l’UE. D’autres encore nourrissent même des inquiétudes pour la sécurité alimentaire des Britanniques : « Depuis 50 ans, notre système alimentaire est intégré à celui des autres États membres. La Grande-Bretagne ne se nourrit pas toute seule: elle importe 30% de sa nourriture directement de pays de l’Union européenne et 11% de pays tiers ayant négocié des traités de commerce alimentaire avec l’UE. Quitter l’Union européenne signifie donc perturber 50 ans de négociations, qui ont pourtant globalement amélioré la qualité de l’offre. » note un expert .(3)
Mais, par définition, l’interdépendance est réciproque . Par exemple : si les frontières sont réinstallées entre l’UE et son voisin , « deux minutes de contrôle douanier par véhicule, c’est 27 km de bouchons du côté anglais, à Douvres…et autant à Calais » entend-on dans le Nord : c’est ce que semble avoir tardivement découvert l’ex-ministre…du Brexit, Dominic Raab, qui a reconnu avoir été surpris par l’importance de Calais-Douvres pour le commerce britannique ! Autre cas emblématique à cet égard : «  Les pêcheurs britanniques exportent 70 % de leurs prises vers l’UE » et risqueraient donc de pâtir des futures barrières, mais , inversement, les pêcheurs européens trouvent 60 % de leurs prises…dans les eaux britanniques qui vont, en principe, leur être bientôt interdites ! Au-delà des préjudices économiques , il faudra veiller à ne pas laisser la vague xénophobe qui monte outre-Manche depuis le vote de juin 2016 et la campagne nauséabonde des promoteurs du Brexit, affaiblir nos relations humaines ! Une chose est sure : pour les deux côtés, le Brexit est un pari « perdant-perdant ». Un immense gâchis.
———
(1) Les Echos (28/11/2018)
(2) idem
(3) « Feeding Britain : Food Security after Brexit ». Tim Lang (La Tribune , 24/12/2018)

24 janvier 2019 at 3:52 Laisser un commentaire

LES « MARCHÉS », ARBITRES DU BRAS DE FER ROME-BRUXELLES

La Commission européenne est en train d’offrir aux démagogues d’extrême-droite au pouvoir en Italie le cadeau royal qu’ils espéraient. En exigeant une réduction des dépenses inscrites au budget prévu par Rome pour 2019, et en menaçant de rejeter celui-ci si le gouvernement persistait dans ses projets, l’exécutif bruxellois jette littéralement des millions de citoyens transalpins dans les bras de la coalition politique la plus dangereuse de l’histoire italienne depuis la défaite de Mussolini. Et pour cause : non seulement il s’agit d’une flagrante remise en cause de la souveraineté populaire -l’adoption du budget étant la prérogative centrale de tout parlement national-, mais, en prime, les coupes demandées conduiraient, de fait, à annuler les deux mesures sociales phares du programme -trompeur- de Salvini et Di Maio : le retour à la retraite à 62 ans au lieu de 65, et, plus tard, l’établissement d’un « revenu de citoyenneté » (une aide accordée aux plus défavorisés sous condition d’acceptation des emplois proposés). Grâce à cette opération de « Com » offerte par Bruxelles à Rome, d’autres mesures du gouvernement italien resteront, elles, dans l’ombre, telles l’amnistie fiscale, l’instauration d’une « flat tax » – impôt au même taux pour les riches que pour les pauvres-, les privatisations…Bravo la Commission !

La démonstration est faite, une fois de plus, que cette intrusion des instances européennes dans des décisions qui ne peuvent relever que des autorités élues de chaque pays, est inacceptable et doit être abrogée. Rappelons à ce propos que ce processus pervers -appelé « semestre européen »- a été introduit en 2010 par les Etats membres (sur insistance d’Angela Merkel) et approuvé par une majorité de parlementaires européens ! Ce sont eux qui ont chargé la Commission de jouer au notaire tatillon vis-à-vis des politiques budgétaire et économique de chaque gouvernement ! Certes, si une majorité d’Etats s’oppose à ces mesures de la Commission, celles-ci sont annulées, mais ils se gardent bien d’entraver l’action de cette vigie de l’orthodoxie libérale pour une raison simple : c’est leur politique ! La preuve : lorsque, au dernier Conseil européen du 18 octobre, la Commission a interrogé les Chefs d’Etat et de gouvernement sur la conduite à tenir envers l’Italie, ceux-ci ont botté en touche, arguant qu’il fallait s’en « remettre au jugement de la Commission »…

Tous comptent en réalité sur les « forces du marché » pour discipliner les récalcitrants. De fait, les taux d’intérêts italiens appliqués aux emprunts de l’Etat sur dix ans ont déjà grimpé à 3,6% , soit environ quatre fois plus que les taux français et sept fois plus que les taux allemands ! Pour espérer sortir au plus vite de ce type de situation -dans quelque pays que ce soit- il est grand temps de faire grandir le débat de fond sur les transformations à opérer dans les missions de la Banque centrale européenne, à la fois pour ne plus dépendre totalement des « marchés » pour financer l’économie et les politiques publiques, et pour conditionner les futurs prêts à un usage favorable à l’emploi, aux services publics, au développement social, à la transition écologique et à la solidarité.

25 octobre 2018 at 9:00 Laisser un commentaire

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