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PARIS-BERLIN CÔTÉ COUR ET CÔTÉ JARDIN

wurtz-l-humanite-dimanche Petit retour sur les récentes festivités du Cinquantenaire du traité de l’Elysée censées consacrer la permanence de l’amitié franco-allemande au plus haut niveau des deux États.fw

Côté jardin, il faut bien dire que les cérémonies de Berlin avaient de l’allure: 1000 parlementaires et de nombreux invités, dont 200 jeunes, des deux pays, réunis au Bundestag;  le Président de la République et la Chancelière célébrant de conserve leur attachement à la paix, à l’entente et à la coopération durables en Europe; le Chef de l’Etat fédéral déclamant les beaux vers du « Göttingen » de Barbara avant le bouquet final sous la forme d’un grand concert symphonique conclu par l’ « Ode à la joie » de Beethoven, pour célébrer en musique « les valeurs qui unissent les nations européennes ».

Malheureusement, le lustre de cette prestigieuse manifestation cachait mal le côté cour, décidément moins reluisant, de cette célébration. Ainsi, dès avant la cérémonie du Parlement allemand, les deux gouvernements avaient-ils rendu public le texte d’une Déclaration commune qui ne forçait pas sur le lyrisme! Les deux alliés y « invitent les représentants des employeurs et ceux des salariés à créer un groupe de travail franco-allemand qui proposera des initiatives conjointes…dans le domaine de la compétitivité ainsi que du modèle social dans nos deux pays. « La veille, dans un long entretien accordé au « Figaro », l’ancien Chancelier Gerhard Schroeder avait, en quelque sorte, décrypté par avance cette recommandation en déclarant tout de go: « L’Allemagne attend que la France fasse les devoirs que nous avions accomplis en 2003 », et même qu’elle « procède à un rattapage ». Rappelons que le détricotage de pans entiers d’acquis sociaux auquel s’était livré, il y a dix ans, le dirigeant social-libéral vaut à l’Allemagne d’afficher aujourd’hui un taux-record de précarité et de pauvreté, y compris parmi les travailleurs ayant un  » emploi « :  7,5 millions d’entre-eux gagnent en moyenne quelque 290 € par mois pour un « mini-job » à temps partiel et se préparent à une retraite de misère!

Gageons que le « peuple de gauche », des deux côtés du Rhin, a une autre vision de l’amitié franco-allemande que celle du père des « lois Hartz », qui avaient d’ailleurs valu à son parti d’être chassé du pouvoir. On peut imaginer que nombre de sympathisants socialistes français accueillent avec circonspection sinon inquiétude le satisfecit accordé par Schroeder au gouvernement Hollande-Ayrault au sujet du « processus de réformes qui semble enfin engagé » de ce côté-ci du Rhin.

Intéressant, à cet égard, est le récit publié, le jour des festivités berlinoises, par le quotidien allemand « Die Welt ». Son correspondant à Paris, Sascha Lenhartz,y relate une conversation avec son voisin français. Il lui vante sa conception des rapports entre syndicats et patronat, fondés selon lui sur « la confiance » et « l’intérêt commun ». « Ça,c’est de l’utopie! » rétorqua son interlocuteur parisien. Ce réalisme et ce bon sens font, du reste, leur chemin en Allemagne également. C’est précisément cette convergence qu’il s’agit de nourrir de nos expériences respectives.

Voilà pourquoi l’heure est à l’élaboration d’un nouveau « partenariat franco-allemand » dans une optique de gauche. C’est ce qu’ont décidé, en marge des cérémonies officielles du Bundestag, les dirigeants du Front de Gauche et ceux de « Die Linke ». Avec ,comme première initiative commune,…l’analyse des Lois Hartz,afin de contribuer à prévenir tout risque de contagion! Dans cet esprit, vive l’amitié franco-allemande!

31 janvier 2013 at 8:39 Laisser un commentaire

L’autre événement majeur de Katyn

Ce n’est pas manquer de respect à la mémoire de l’ancien président polonais et des 95 autres victimes de la tragique catastrophe aérienne de Smolensk que de revenir aujourd’hui sur quelques vérités que la plus légitime des émotions ne doit pas faire oublier.

Et d’abord, pourquoi avoir organisé cette cérémonie à Katyn le 10 avril alors qu’un hommage extraordinaire venait d’être rendu dans ce même lieu, trois jours plus tôt, aux 22 000 officiers polonais massacrés par la police secrète de Staline en 1940 ? C’est que Lech Kaczynski avait en horreur non seulement les deux protagonistes de l’initiative historique du 7 avril – le premier ministre russe et son homologue polonais –, mais la conception même de leur acte hautement symbolique : « Régler les blessures du passé » et normaliser les relations entre les deux pays en tournant spectaculairement la page d’un énorme mensonge d’État – côté russe – et d’un profond traumatisme national – côté polonais. L’intégrisme réactionnaire de l’ancien président s’accommodait mieux du souvenir des douleurs passées que de l’espoir d’un avenir plus serein et trouvait plus d’attrait à un immuable « ennemi héréditaire » qu’à une réconciliation inattendue. Voilà pourquoi il projetait une contre-cérémonie, quitte à désavouer de fait le chef de son propre gouvernement. Lire la suite

22 avril 2010 at 2:31 1 commentaire


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