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MOINS DE GUERRES, PLUS DE DIPLOMATIE !

Cette semaine a débuté avec l’ouverture du débat annuel de l’Assemblée Générale des Nations-Unies et va s’achever avec, partout en France, le samedi 23 septembre, les « Marches pour la paix » à l’appel de 130 organisations ! (1) C’est l’occasion de nous arrêter sur quelques « dossiers » internationaux brûlants du moment. La gestion de la crise américano-nord-coréenne en tout premier lieu. Faute de pouvoir bombarder les sites nucléaires de Pyongyang du fait des risques incalculables qu’une telle aventure ferait peser sur la Corée du Sud, le Président des Etats-Unis s’était juré d’user du chantage à la famine de la population du Nord au moyen d’un blocus total des livraisons de pétrole indispensables  à l’activité économique, même élémentaire, de ce pays. Or, celui qui se rêve toujours en shérif de la planète a dû se résoudre à ce qu’il déteste par-dessus tout : négocier un compromis , en l’occurrence avec deux autres « membres permanents » du Conseil de Sécurité : Pékin et Moscou -tous deux partisans d’une désescalade et d’une relance du dialogue. Mieux, alors que les dirigeants européens -France et Grande-Bretagne en tête- avaient d’abord soutenu Washington, les interventions des Présidents chinois et russe auprès de Paris ont permis d’isoler les jusqu’au boutistes : la Déclaration commune Poutine-Macron, tout en condamnant fermement les provocations du dictateur nord-coréen, appelle ainsi à des « négociations directes », présentées comme le moyen « exclusif » de résoudre la situation.

Ce ne sera pas le seul sujet à l’ordre du jour  de ce rendez-vous diplomatique universel sans équivalent qu’est l’Assemblée Générale de l’ONU !  193 nations, souvent représentées au plus haut niveau -le Président français s’y est rendu avec six ministres !- y échangent sur les affaires du monde. De quel côté pencheront les résultats de ces pourparlers officiels ou informels ? Cela dépendra en grande partie du climat politique que les peuples, les « opinions publiques »,  auront réussi à susciter sur chaque enjeu concerné. Exemple-type d’un grand sujet diplomatique sur lequel la position française a sensiblement évolué sous l’effet de l’isolement international qu’avait entraîné son attitude antérieure : l’accord du 14 juillet 2015 sur le nucléaire iranien. Paris fut longtemps , au grand soulagement du gouvernement d’Israël ou de la pétro-monarchie d’Arabie saoudite, qui rêvent tous deux depuis toujours d’en découdre avec Téhéran, l’obstacle principal à la conclusion positive des négociations. Aujourd’hui, la France se range parmi les pays qui tentent d’empêcher l’irresponsable locataire de la Maison Blanche de torpiller le bon compromis de 2015. Autre grand accord international qui fait l’objet de discussions destinées à le sauver coûte que coûte des velléités de détricotage -pas exclusivement américaines- : l’accord de Paris sur le climat. Dans cette affaire aussi, la mise en oeuvre effective des engagements pris ne sera pas sans rapport avec l’ampleur de la mobilisation des peuples dans la lutte contre les dérèglements climatiques . Quant au terrible conflit syrien, il sera nécessairement à l’ordre du jour des entretiens onusiens, notamment pour arracher un soutien international aux négociations d’Astana ( Kazakhstan ), pilotées par la Russie, la Turquie et l’Iran, seul espoir à ce jour d’une désescalade susceptible d’ouvrir un jour la voie à une solution politique à cette tragédie. C’est avec tout cela -et bien d’autres questions encore- à l’esprit que je marcherai pour la paix, samedi prochain.

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(1) Parmi lesquelles le PCF, Ensemble!, EELV, la CGT, la FSU, l’Union syndicale Solidaire, Femmes Solidaires, le MJCF, la JOC, la Ligue des Droits de l’Homme, le MRAP, et, naturellement le Mouvement de la Paix, avec le soutien de l’Action Catholique Ouvrière et du CCFD.

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21 septembre 2017 at 2:50 Laisser un commentaire

CHYPRE : DES PAS EN AVANT…SUR UN LONG CHEMIN.

wurtz-l-humanite-dimancheLa reprise des négociations sur la réunification de Chypre, à Genève, la semaine dernière, a relancé l’espoir d’une solution à un problème vieux de plus de 42 ans. Le médiateur de l’ONU chargé de ce dossier y a vu « un moment historique » . Comment, en effet, ne pas se réjouir de voir se rencontrer, aux côtés des représentants des deux principales communautés de ce pays -les Chypriotes grecs et les Chypriotes turcs- , les ministres des Affaires étrangères des trois Etats officiellement « garants » de la sécurité de l’île ( La Grèce, la Turquie et la Grande-Bretagne ) ; le Secrétaire général des Nations-Unies; le Président de la Commission européenne et la responsable de la diplomatie de l’UE ? Mieux : pour la première fois, les deux parties ont accepté d’échanger des cartes de l’île représentant leur vision respective du tracé des deux composantes du futur Etat de Chypre réunifié ! Qui plus est : bien qu’elles soient, pour l’instant, confidentielles, on croit savoir que les deux propositions sont relativement proches ( un peu moins de 30% du territoire seraient administrés par la communauté chypriote-turque ). Ce pas en avant est de bon augure, même si, souvent, le diable est dans les détails…

Des avancées sont également à noter -sans que l’on puisse encore parler d’accord- sur d’autres points très litigieux. C’est le cas du droit des réfugiés des deux communautés à recouvrer leurs propriétés d’origine. Est également sur la table la question du mode de gouvernement du futur Etat : ce sera une Fédération dont la Présidence et la vice-présidence pourraient être alternativement exercées par chacune des deux principales composantes de la population. Reste à déterminer la représentation la plus équitable de chaque communauté dans les rouages de cet Etat. Enfin -là encore, pour la première fois- un débat a été lancé sur la question cruciale des garanties de sécurité du futur Etat réunifié. C’est là l’une des questions les plus délicates. C’est vrai pour les Chypriotes eux-mêmes : aux yeux des uns, la Turquie constitue le principal danger ; du point de vue des autres, Ankara est synonyme de protecteur de dernier ressort. La même contradiction oppose les Etats censés être les « garants » de la sécurité de l’île depuis son indépendance en 1960 : la Grèce de Tsipras estime que Chypre doit être un Etat souverain et considère comme anachronique la notion de « garant » ; pour Erdogan, au contraire, « la Turquie comme garant (doit) rester là pour toujours ». Or, si personne n’imagine voir les 30 à 40 000 soldats turcs occupant le nord de l’île depuis 1974 quitter d’un coup le pays, leur retrait progressif est une exigence évidente pour la communauté chypriote-grecque.

C’est dire si le chemin sera encore long vers une solution globale du problème chypriote. Cela étant, pour qui a suivi les efforts déployés -en particulier pendant la présidence du ( communiste ) Demetris Christofias ( 2008-2013 )- pour créer les conditions d’une dynamique de confiance réciproque et d’avancées concrètes, il est clair que l’on vient d’en recueillir quelques fruits et de franchir un palier. L’optimisme mesuré qui en résulte est notamment dû à la volonté constructive du nouveau leader de la communauté chypriote turque, Mustafa Akinci, qui, élu pour relancer les négociations, a repris à son compte l’essentiel des acquis des pourparlers de l’ère Christofias , comme point de départ de nouvelles discussions. Le véritable obstacle à une avancée décisive n’est pas à Chypre-même, mais au sommet de l’Etat de la puissance occupante. Ce qui place tant l’Union européenne -dont la République de Chypre est membre- que la « Communauté internationale » devant leurs responsabilités.

19 janvier 2017 at 12:03 Laisser un commentaire

2016 : UNE ANNÉE QUI VA COMPTER POUR L’EUROPE !

wurtz-l-humanite-dimancheL’ année qui débute interpelle fortement le « peuple de gauche » dans toute l’Europe ! Nombre de défis vont s’exacerber dans les prochains mois . Petit rappel de l’état des lieux.

A tout seigneur tout honneur : commençons par la bonne surprise que nous ont réservée les forces démocratiques du Portugal et de l’Espagne ! Dans le premier cas, une chance existe que l’alliance inattendue entre le Parti socialiste, le Parti communiste et le Bloc de gauche enraye la logique « austéritaire » dont ce pays était l’un des laboratoires européens. Dans le second, l’irruption de Podémos dans le paysage politique est la preuve que le coup de force européen contre la Grèce n’a pas tué la volonté de changement dans les pays voisins. L’Europe du sud fait renaître l’espoir !

Il n’en va pas de même de l’autre défi majeur de la prochaine période : celui de l’accueil des réfugiés, chassés de leur pays par la misère, l’oppression et les ravages de la guerre. Tandis qu’un peu partout, les frontières se referment et des murs s’érigent ( Adieu Schengen ?) les dirigeants européens recherchent le salut dans le marché indigne passé avec le dictateur turc et massacreur du peuple kurde : argent et caution politique contre rétention des réfugiés ! De dures batailles en perspective !

Par ailleurs, la question de l’euro et de son utilisation restera au cœur du débat européen. La Banque centrale européenne (BCE) a beau créer de toutes pièces 60 milliards d’euros par mois (!) et prêter ces sommes colossales aux banques quasi gratuitement ( à…0,05% ! ), cela ne relance ni l’économie ni l’emploi, mais nourrit au contraire les opérations financières. Même des observateurs peu axés sur la critique des politiques européennes sont conduits à le reconnaître : « Les liquidités injectées par la BCE alimentent la hausse des Bourses et des marchés financiers » (1) Et pour cause : l’idéologie libérale qui guide l’euro depuis sa création s’oppose radicalement à ce que l’argent crée par la BCE aille aux Etats pour les libérer des pressions des marchés de capitaux et que ses taux quasi-nuls soient strictement réservés à des investissements créateurs d’emplois de qualité et de richesses utiles à la société -en particulier des services publics. Faire de ce type de transformation un objectif de luttes populaires massives : voilà qui ouvrirait des perspectives !

Mais il y a encore nombre d’autres questions d’envergure qui vont se poser avec force et qui appellent des débats de fond et des interventions citoyennes. Ainsi : gare aux concessions de Bruxelles à l’ultra-conservateur Cameron pour tenter de retenir les Britanniques dans l’UE ! Attention à la dérive à la fois sécuritaire et militariste en cours en Europe -France en tête- au nom de la « guerre au terrorisme »! Quelles suites vont-elles être réservées à la COP 21pour concrétiser les ambitions affichées à Paris ? N’oublions pas le TAFTA , dont les négociations entrent dans une phase cruciale . Et que dire de ce cri d’alarme pas banal : plusieurs Commissaires européens évoquent depuis peu le risque de « désintégration » de l’UE (2) ! De fait, la libre circulation des personnes est remise en cause; les pays d’Europe centrale et orientale se replient sur eux-mêmes; les courants d’extrême droite progressent partout…Quelles leçons tirer de cette crise existentielle de l’actuel modèle européen ? Quant aux relations de l’UE avec ses voisins, outre le pacte diabolique passé avec l’actuel pouvoir turc, la prolongation des sanctions économiques contre la Russie , sans régler aucun problème, bride les indispensables coopérations politiques avec ce partenaire incontournable. Or, fin juin prochain se redécidera la politique des dites sanctions. 2016 : une année qui va compter !

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(1) Le Monde (3/12/2015)
(2) Federica Mogherini, Günther Öttinger ainsi que l’ex-Commissaire Michel Barnier. Le Président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker a tenu des propos semblables.

7 janvier 2016 at 10:07 Laisser un commentaire

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