Posts filed under ‘Erdogan’

EUROPE : RIEN NE REMPLACE UN VRAI DÉBAT CITOYEN !

« Faut-il modifier les traités pour pouvoir changer les règles européennes? »; « La Banque Centrale Européenne (BCE) ne pourrait-elle pas, grâce à la « planche à billets », contribuer à régler le problème de la dette? »; « Face au chantage financier des dirigeants européens pour faire plier la Grèce, la gauche n’a pas été capable de se mobiliser pour changer les rapports de force ! »; « Le règlement du problème de la dette passe aussi par la lutte sur le terrain de la fiscalité ! »; « Les rapports de force nécessaires pour transformer l’Europe doivent être créés à grande échelle : cela pose la question des liens à développer avec les forces progressistes européennes »; « La concurrence folle organisée entre les peuples européens existe dès aujourd’hui, avec les travailleurs détachés et la concurrence fiscale : qu’est ce qui changerait avec la sortie de l’UE à cet égard? »; « On ne peut pas attendre que tous les Etats membres soient d’accord pour faire de l’Europe une force de paix à l’Est du continent ou au Proche-Orient : je ne vois pas comment on pourra éviter une « Europe à plusieurs vitesses » ! » ; « L’impasse principale, c’est l’Allemagne : elle profite des conditions très favorables que lui offre la zone euro; acceptera-t-elle qu’on change l’Europe ? »…

Voilà quelques unes des questions abordées lors d’un débat parmi d’autres , dans une ville parmi d’autres, par des citoyen.ne.s parmi d’autres : en l’occurence les participants à la soirée organisée le 6 avril dernier à Manosque , dans les Alpes de Haute-Provence, par le parti communiste français. Deux jours auparavant, le débat télévisé entre les onze candidats à l’élection présidentielle avait également abordé les enjeux européens…Sur ce point, entre ces deux moments de démocratie, franchement, « il n’y avait pas photo » !
Certes, des réflexions justes avaient été faites dans cette émission par Jean-Luc Mélenchon (exemple : « le travailleur détaché, ce n’est pas la personne qui est en cause, ce n’est pas sa nationalité qui compte ») et par Benoît Hamon (comme : « Il manque un point à ce débat : que se passe-t-il si nous sortons de l’Europe ? »), mais les problèmes européens se prêtent décidément mal au système des répliques à la mode anglo-saxonne, en 90 secondes, imposé par les médias ! Rien ne remplacera jamais, en la matière, les échanges vivants, sérieux, et approfondis avec des citoyens !

L’exemple du débat de Manosque l’a, une nouvelle fois, illustré : intéresser les Français aux affaires européennes, c’est possible ! Susciter une confrontation d’idées sur le fond , sans invectives ni caricatures , c’est possible ! Donner envie de s’investir dans un projet européen novateur et constructif, c’est possible ! A condition de faire appel à l’intelligence et à la réflexion de nos interlocuteurs , en bannissant résolument les slogans simplistes censés plaire à l’auditoire. En proposant aussi des repères simples permettant la convergence des sensibilités progressistes. C’est le cas de la question sociale et écologique (ainsi que des leviers permettant d’orienter les moyens financiers dans cette nouvelle direction, en particulier un changement radical des missions de la BCE). C’est également le cas de la question démocratique : chaque peuple doit pouvoir participer au choix des projets à faire vivre en commun avec ses partenaires européens , puis à l’élaboration des grandes orientations  correspondant à ces choix. Enfin, une Europe nouvelle doit se montrer solidaire avec les autres peuples du monde en usant de son poids pour agir avec le plus d’alliés possibles pour faire émerger des règles plus justes et plus pacifiques dans les relations internationales. Ce débat ne sera pas clot le 7 mai prochain !

13 avril 2017 at 8:28 Laisser un commentaire

LES VICTIMES D’ERDOGAN ATTENDENT « PLUS DE SOLIDARITÉ » !

wurtz-l-humanite-dimanche

Ce 16 février 2017, au Palais de Justice de Dijarbakir, « capitale » de la région kurde de Turquie, la police est partout. C’est qu’on s’apprête à y juger une dangereuse « terroriste », Çaglar Demirel, co-présidente du groupe HDP (6 millions de voix, 3ème force politique du pays) au Parlement d’Ankara. Elle fut arrêtée en plein vote du budget, le 4 novembredernier, comme le furent 28 autres députés de son groupe, parmi lesquels les deux co-présidents du parti, Selahattin Demirtas et Figen Yuksekdag .

Une fois dans la salle d’audience, première surprise : l’accusée est absente. Elle s’exprimera par visioconférence depuis sa prison située à 1000 km de sa circonscription -histoire, sans doute, d’exercer encore un plus de pression sur le moral de la députée et de ses proches. La femme qui apparaît à l’écran n’est pourtant nullement abattue. Elle sourit, salue chaleureusement le public venu la soutenir, avant de se livrer à un véritable procès du procès qui lui est intenté . »En arrêtant en même temps de nombreux députés de mon groupe sous des accusations différentes, vous confirmez qu’il s’agit d’une décision politique » lance-t-elle en démontant un à un les « crimes » qui lui sont reprochés. Très offensive, elle énumère ensuite les véritables raisons de l’acharnement d’Erdogan contre ce parti démocratique et rassembleur: « Mon parti défend toutes les minorités, la diversité culturelle, les droits fondamentaux. Grâce à lui, c’est la première fois qu’il y a autant de femmes au Parlement ! Nous sommes accusés pour notre combat pour l’égalité ! »

Tel fut l’un des moments forts d’un périple qui, de Dijarbakir à Istambul, a permis, une semaine durant, à une délégation internationale -à laquelle j’ai eu l’honneur d’être associé- d’aller à la rencontre de nombreux acteurs et actrices de l’opposition au régime dictatorial d’Ankara : responsables politiques et syndicaux; associations de droits de l’homme; juristes; universitaires; journalistes… Cette initiative de la « Commission civique UE-Turquie » nous a également conduits à nous rendre à la prison « de haute sécurité » d’Edirne où est détenu Selahattin Demirtas -devenu la « bête noire » d’Erdogan depuis que le co-leader du HDP l’a privé (lors du scrutin législatif du 7 juin 2015) de la majorité parlementaire nécessaire pour accomplir son rêve de devenir néo-sultan tout-puissant de Turquie ! Empêché d’y parvenir par la voie électorale, le maître d’Ankara s’est engagé depuis lors dans l’impasse de la force, au mépris de toutes les règles, y compris la Constitution turque.

Les chiffres illustrant la répression récente -et toujours en cours- au nom de la lutte contre « le terrorisme » sont affolants. Et pourtant, ils ne permettent pas de mesurer l’étendue monstrueuse des massacres; des arrestations; des limogeages; des déplacements forcés; de la privation de tout revenu touchant les innombrables licenciés pour raison politique : l’opposition est totalement muselée, une « épée de Damoclès » planant au-dessus de quiconque s’aventure à contester le pouvoir. C’est dans ce contexte dramatique que doit se tenir, le 16 avril prochain, le référendum-plébiscite destiné à octroyer les pleins pouvoirs à Erdogan… On comprendra pourquoi ce qu’attendent de nous les forces démocratiques, tant kurdes que turques, ce soit autre chose que l’expression pusillanime et hypocrite des « inquiétudes » ou des « préoccupations » des dirigeants européens : ils ont un besoin vital d’une véritable et conséquente campagne de solidarité !

23 février 2017 at 12:49 Laisser un commentaire

HONTEUSE INERTIE DE L’UE FACE AU COUP DE FORCE D’ERDOGAN !

wurtz-l-humanite-dimancheDepuis le calamiteux accord de mars dernier entre Angela Merkel et Recep Tayyp Erdogan, les dirigeants européens sont plus paralysés que jamais face aux dérives dictatoriales, nationalistes et criminelles du maître d’Ankara. Faute de se montrer capables d’accueillir sur leur vaste territoire une ( petite ) partie des réfugiés fuyant la guerre et la misère  ( rappelons qu’un million de demandeurs d’asile représente…0,2% de la population de l’Union européenne ! ), les Etats de l’UE sont  tétanisés par la peur de voir le maître-chanteur du Bosphore relacher ces « intrus » à la moindre incartade de leur part à son égard. Dès lors, le tyran mégalomane a beau s’employer à liquider méthodiquement les fondements de la démocratie en Turquie : ils adoptent un honteux « profil bas », se contentant jusqu’ici de se déclarer « extrêmement inquiète » ( Moghérini, en charge des affaires étrangères pour les 28″ ) ; « alarmée » ( Merkel ) ; ou « vivement préoccupé » ( Ayrault ) , sans autre initiative commune voire internationale à la hauteur du coup de force en cours.

Avant même la tentative de coup d’Etat du 15 juillet, ce potentat néo-ottoman avait pourtant déjà ordonné les massacres de civils kurdes à Cizre et organisé de véritables pogroms contre ce peuple martyr : silence assourdissant en Occident ! Et ce malgré les preuves accablantes de ce forfait, fournies par des ONG, publiées et même déposées au Haut-Commissariat des Nations Unies aux Droits de l’Homme ! L’honneur fut sauvé par les manifestations de solidarité des forces progressistes dans toute l’Europe et par des parlementaires allemands ( de Die Linke ) qui ont déposé plainte pour crimes de guerre devant le parquet fédéral de leur pays.

Un mois après le putsch raté, la même complaisance coupable s’est manifestée en Europe lorsqu’Erdogan entreprit de « nettoyer » -comme il le déclara- le nord de la Syrie des forces kurdes du PYD , dont la courageuse et efficace offensive contre Daech contrecarrait sa volonté d’empêcher à tout prix l’émergence d’une entité kurde à la frontière de la Turquie. Depuis l’été , l’inertie des gouvernements européens s’est poursuivie tandis que le putsch raté fournissait à l’aspirant-sultan un prétexte en or pour engager l’éradication de toute opposition en Turquie même, et singulièrement de celle qui fait obstacle à la réalisation de son obsession hégémoniste : conquérir une majorité suffisante au parlement pour changer la Constitution et instituer un régime ultra-présidentiel lui conférant les pleins-pouvoirs. Cette suprématie, le parti HDP et son remarquable leader Selahattin Demirtas l’ont empêché de la conquérir par les urnes en 2015, en le privant pour la toute première fois de majorité absolue et en faisant, à l’inverse, émerger une nouvelle et prometteuse force progressiste. Ce qu’il n’a pu conquérir par les élections, Erdogan se l’est accordé par la force en instaurant l’état d’urgence. On connaît la suite : arrestations massives d’élus notamment du HDP, de journalistes, de syndicalistes, d’intellectuels, de magistrats; purge systématique des opposants dans l’administration ; réécriture réactionnaire de l’Histoire; annonce du rétablissement de la peine de mort…Et , comme un point d’orgue, incarcération de la figure emblématique du renouveau démocratique : Selahattin Demirtas ! La Turquie bascule vers une dictature obscurantiste où tout devient possible. L’heure n’est plus à l’expression de son « inquiétude » mais à l’action politique pour sauver la démocratie.

10 novembre 2016 at 8:04 Laisser un commentaire

Articles précédents


Entrer votre adresse e-mail pour vous inscrire à ce blog et recevoir les notifications des nouveaux articles par courriel.

Rejoignez 5 171 autres abonnés

Chronique européenne dans l’Humanité Dimanche

Intervention au Parlement européen (vidéo)

GUE/NGL : vidéo

avril 2017
L M M J V S D
« Mar    
 12
3456789
10111213141516
17181920212223
24252627282930

Commentaires récents

de ANDRADE sur LES TROIS PREMIÈRES LEÇONS DU…
Gabriel Legros-Colla… sur FACE À L’ EFFET TRUMP,…
Gabriel Legros-Colla… sur WOLFGANG SCHÄUBLE, «…
de ANDRADE sur PALESTINE : L’EUROPE AU…
de ANDRADE sur « SAUVER L’EU…

Catégories

Pages

Pages