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« LETTRE À UN AMI DE GAZA » : UN CRI SALUTAIRE

On ne peut que se réjouir de telles initiatives dans le contexte actuel : le Théâtre de la Ville, à deux pas du Palais de l’Elysée, a invité le réalisateur israélien Amos Gitaï (Kadosh, À l’ouest du Jourdain…) à présenter à Paris sa « Lettre à un ami de Gaza ». Tandis que, désormais épaulé par le sinistre locataire de la Maison-Blanche, Nétanyahou fait de son acharnement contre le peuple de Gaza un argument électoral, sans susciter de la part de nos dirigeants un quelconque sursaut, ce spectacle, atypique à tous égards, est un cri poétique, une interpellation artistique, salutaires.

Pendant que défilent, en toile de fond, les images du « mur » si emblématique du blocus imposé aux Gazaouis, ou celles d’un hélicoptère militaire survolant un territoire palestinien dévasté par les chars israéliens, ou encore celles de jeunes résistants palestiniens se défendant avec une fronde contre les fusils des occupants,  des comédiens lisent en Hébreu et en Arabe des textes poignants (surtitrés en Français).

En particulier, cette injonction à la solidarité et au respect des autres, du plus grand poète palestinien, Mahmoud Darwish :

« Quand tu prépares ton petit-déjeuner,
pense aux autres.
(N’oublie pas le grain aux colombes.)

Quand tu mènes tes guerres, pense aux autres.
(N’oublie pas ceux qui réclament la paix.)

Quand tu règles la facture d’eau, pense aux autres.
(Qui tètent les nuages.)

Quand tu rentres à la maison, ta maison,
pense aux autres.
(N’oublie pas le peuple des tentes.)

Quand tu comptes les étoiles pour dormir,
pense aux autres.
(Certains n’ont pas le loisir de rêver) »…

Ou bien cet extrait d’un roman de l’écrivain israélien S.Yizahr qui relate et fustige l’expulsion des habitants d’un village arabe par l’armée israélienne à l’époque de la « Nakba », en 1948. Les ordres des militaires y claquent comme des fouets : « Brûlez ! Dynamitez! Capturez ! Embarquez ! Expulsez ! »

Ou encore cette épreuve de vérité venant de la « génération d’après »,  imaginée par la courageuse journaliste israélienne, Amira Hass, fille de deux communistes rescapés des camps de la mort : « Comment avez-vous pu détruire des villages -demandera leur fille ? »; « Je n’ai fait que suivre les ordres »; « comme si tout était normal… »

Pour ce grand moment de dignité humaine et de réveil des consciences, merci à Amos Gitaï, qui signe là une belle œuvre, et à Emmanuel Demarcy-Mota, le directeur du Théâtre de la Ville, à l’origine de cette initiative plus que bienvenue .

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12 septembre 2019 at 1:54 Laisser un commentaire

PALESTINE: L’UE FACE À UNE RESPONSABILITÉ HISTORIQUE

Quoi de plus « parlant » sur la situation au bord de l’explosion en Palestine que le silence poignant et la colère rentrée des dizaines de jeunes secouristes en veste du « Croissant rouge » venus rendre un dernier hommage à leur camarade tombé sous les balles d’un soldat israélien en venant soigner un blessé dans le camp de réfugiés de Dheisheh , près de Béthléem (où l’armée d’occupation n’a, en principe, aucun droit de pénétrer) ! On en apprend plus sur la Palestine durant une visite de cinq jours sur le terrain avec l’AJPF (1) qu’à travers tous les reportages sur le sujet dans les grands médias français et européens . Comme nous l’a dit un couple de touristes devant le mausolée du Président Arafat : « On est venu pour comprendre. On a vu et on a compris… » A plus forte raison lorsqu’on a la possibilité d’échanger avec les réfugiés de quelques uns des 59 camps où vivent les plus pauvres d’entre eux , de génération en génération depuis 1948…

Évoquant la situation à Gaza, bien pire encore que celle de Cisjordanie, l’un de nos interlocuteurs fit ce constat terrifiant : « À 12 ans, un enfant y a déjà vécu trois guerres : les enfants grandissent ici dans la violence et le ressentiment. » Aussi les enfants bénéficient-ils de la part des familles en Palestine d’une attention toute particulière : « Pourriez-vous demander aux responsables de l’UNRWA (2) , que vous allez rencontrer, si les écoles ouvriront encore leurs portes à partir de 2020 ? » nous interrogea avec une angoisse clairement perceptible le responsable d’un camp. C’est que cet organisme des Nations-Unies, entièrement dédié aux cinq millions de réfugiés palestiniens, traverse une crise financière sans précédent depuis sa création en 1949 , suite à la décision de Donald Trump de faire passer la contribution financière des Etats-Unis à cet Office de 360 millions à…60 millions de dollars par an ! Le « chef du monde libre » brandit en outre la menace de pousser à une révision du statut de réfugié pour ne faire bénéficier de l’aide internationale que les 50 000 survivants directs de l’exil forcé de 1948 tout en refusant toute idée de « droit au retour » ou de compensation financière de l’Etat responsable de l’interminable exil forcé de tous leurs descendants ! Tous attendent de l’UE qu’elle prenne le contre-pied de Washington et qu’elle renforce son aide humanitaire aux réfugiés -ce qui est loin d’être gagné.

Et comme si toutes ces souffrances et ces humiliations quotidiennes ne suffisaient pas, voilà que monte dans les milieux dirigeants européens eux-mêmes l’idée irresponsable selon laquelle, face à la multiplication des obstacles à l’existence d’un État palestinien -prolifération des colonies, crise économique dans les territoires occupés , divisions entre Palestiniens- , la question d’un renoncement progressif des États européens à cet objectif stratégique se posait ! Notre mobilisation s’impose plus que jamais!
———
(1) L’Association pour la promotion des jumelages entre des villes françaises et des camps palestiniens (fondée par le regretté Fernand Tuil) vient d’organiser un séjour de découverte et de coopération pour une quarantaine d’élues et d’élus à Jérusalem et en Cisjordanie (28/3-2/4).
(2) Office des Nations-Unies pour le secours et les travaux pour les réfugiés au Proche-Orient

11 avril 2019 at 9:43 Laisser un commentaire

LA FRATERNITÉ EXISTE : JE L’AI RENCONTRÉE !

Si vous voulez mesurer les attentes du « peuple de gauche », allez à la Fête de l’Humanité ! Le dernière édition de ce rendez-vous mythique de la Rentrée a été, de ce point de vue, un excellent baromètre . Si tous les goûts se sont, comme toujours, retrouvés dans la Fête -débats politiques, événements culturels et littéraires, concerts, plaisirs de la table…-, un trait commun a, une fois de plus et même plus nettement encore que d’habitude, uni ce public incomparable : l’envie de fraternité !

Ce fut, naturellement, d’autant plus perceptible au « village du monde » que celui-ci regroupa les représentants des forces de résistance des cinq continents, en butte à une contre-offensive d’une brutalité sans nom des tenants d’un ordre rétrograde et obscurantiste, prêts à tout pour prendre leur revanche sur les avancées progressistes ou les espoirs de paix du dernier quart de siècle. A cet égard, quoi de plus parlant que la chaleur de l’accueil réservé à la jeune Palestinienne Ahed Tamimi, dont le courage spontané face à l’armée d’occupation avait soulevé l’enthousiasme sur toute la planète ! Ou bien l’émotion suscitée par l’évocation de militants très proches, qui subissent la prison et dont le sort doit devenir notre affaire à tous et à toutes : Sélahattin Demirtas, l’emblématique leader du HDP de Turquie; Marwan Barghouti, figure très respectée du mouvement palestinien ; Salah Amouri, notre ami franco-palestinien incarcéré depuis plus d’un an sans jugement..! Ou encore le tonnerre d’applaudissements qui ponctua toutes les interventions fustigeant les attitudes indignes et criminelles des dirigeants européens s’abaissant à refouler les migrants comme s’il s’agissait de sous-hommes !

Mais le même message d’humanité -ce « mot qui fait vivre » et qui orne si bien la couverture du journal communiste- parcourait, plus généralement, toutes les allées de la Fête. Un seul exemple : nous ne sommes pas prêts d’oublier le sentiment de fierté devant l’accomplissement, enfin, d’une exigence exprimée depuis plus de soixante ans par plusieurs générations de militants et de militantes anti-colonialistes, avec la reconnaissance officielle du crime d’Etat commis contre le jeune mathématicien communiste Maurice Audin, mort sous la torture pour sa solidarité avec le peuple algérien contre les colonialistes français. Dans une période où renaissent à travers toute l’Europe -à commencer par notre propre pays- les poisons nationalistes, cette victoire historique fut appréciée comme il se doit en République !

Cette évocation serait incomplète si n’était mentionnée l’impressionnante kyrielle de débats, sur les thèmes les plus divers, qui s’échelonnèrent sur trois jours et dont le fil rouge ramenait toujours peu ou prou aux mêmes valeurs : la justice pour les humains, l’esprit de responsabilité pour le climat et les ressources de la planète et une paix juste et durable dans toutes les régions du monde. D’ailleurs, s’agissant de ce dernier enjeu, veuillez noter : partout en France, samedi 22 septembre, dans le cadre de la Journée Internationale pour la Paix, « Marchons pour la Paix » !

20 septembre 2018 at 7:19 Laisser un commentaire

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