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LA FRATERNITÉ EXISTE : JE L’AI RENCONTRÉE !

Si vous voulez mesurer les attentes du « peuple de gauche », allez à la Fête de l’Humanité ! Le dernière édition de ce rendez-vous mythique de la Rentrée a été, de ce point de vue, un excellent baromètre . Si tous les goûts se sont, comme toujours, retrouvés dans la Fête -débats politiques, événements culturels et littéraires, concerts, plaisirs de la table…-, un trait commun a, une fois de plus et même plus nettement encore que d’habitude, uni ce public incomparable : l’envie de fraternité !

Ce fut, naturellement, d’autant plus perceptible au « village du monde » que celui-ci regroupa les représentants des forces de résistance des cinq continents, en butte à une contre-offensive d’une brutalité sans nom des tenants d’un ordre rétrograde et obscurantiste, prêts à tout pour prendre leur revanche sur les avancées progressistes ou les espoirs de paix du dernier quart de siècle. A cet égard, quoi de plus parlant que la chaleur de l’accueil réservé à la jeune Palestinienne Ahed Tamimi, dont le courage spontané face à l’armée d’occupation avait soulevé l’enthousiasme sur toute la planète ! Ou bien l’émotion suscitée par l’évocation de militants très proches, qui subissent la prison et dont le sort doit devenir notre affaire à tous et à toutes : Sélahattin Demirtas, l’emblématique leader du HDP de Turquie; Marwan Barghouti, figure très respectée du mouvement palestinien ; Salah Amouri, notre ami franco-palestinien incarcéré depuis plus d’un an sans jugement..! Ou encore le tonnerre d’applaudissements qui ponctua toutes les interventions fustigeant les attitudes indignes et criminelles des dirigeants européens s’abaissant à refouler les migrants comme s’il s’agissait de sous-hommes !

Mais le même message d’humanité -ce « mot qui fait vivre » et qui orne si bien la couverture du journal communiste- parcourait, plus généralement, toutes les allées de la Fête. Un seul exemple : nous ne sommes pas prêts d’oublier le sentiment de fierté devant l’accomplissement, enfin, d’une exigence exprimée depuis plus de soixante ans par plusieurs générations de militants et de militantes anti-colonialistes, avec la reconnaissance officielle du crime d’Etat commis contre le jeune mathématicien communiste Maurice Audin, mort sous la torture pour sa solidarité avec le peuple algérien contre les colonialistes français. Dans une période où renaissent à travers toute l’Europe -à commencer par notre propre pays- les poisons nationalistes, cette victoire historique fut appréciée comme il se doit en République !

Cette évocation serait incomplète si n’était mentionnée l’impressionnante kyrielle de débats, sur les thèmes les plus divers, qui s’échelonnèrent sur trois jours et dont le fil rouge ramenait toujours peu ou prou aux mêmes valeurs : la justice pour les humains, l’esprit de responsabilité pour le climat et les ressources de la planète et une paix juste et durable dans toutes les régions du monde. D’ailleurs, s’agissant de ce dernier enjeu, veuillez noter : partout en France, samedi 22 septembre, dans le cadre de la Journée Internationale pour la Paix, « Marchons pour la Paix » !

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20 septembre 2018 at 7:19 Laisser un commentaire

CRITIQUER NETANYAHOU ? PLUS QU’UN DROIT, UN DEVOIR !

Il y a quelques jours, la presse faisait état d’un rapport confidentiel adressé au Conseil européen par l’ensemble des chefs de mission diplomatique des pays de l’UE à Jérusalem-Est et à Ramallah . Dressant un véritable réquisitoire contre « la politique israélienne déjà ancienne de marginalisation économique, politique et sociale des Palestiniens à Jérusalem », ce document rappelait fort justement que « la question du futur statut de la ville est au coeur du processus de paix au Moyen-Orient (et qu’) aussi longtemps que cette question ne sera pas résolue, il sera impossible d’espérer une paix durable fondée sur la solution à deux Etats ». Or, soulignaient les diplomates européens, les gouvernements israéliens conduisent, depuis 1967, à Jérusalem, une politique de « déportation silencieuse » en révoquant par milliers les permis d’habitants palestiniens afin d’y garantir une « majorité juive substantielle » et exercent depuis une quinzaine d’années « une répression constante sur l’organisation d’une vie politique palestinienne à Jérusalem-Est ». Les chefs de mission diplomatique préconisaient en conséquence un certain nombre d’initiatives européennes, parmi lesquelles des mesures plus efficaces pour distinguer « les produits des colonies » des produits israéliens, et, plus généralement, les territoires occupés du territoire israélien internationalement reconnu. Ils appelaient aussi les gouvernements européens à soutenir les « défenseurs des droits de l’homme à Jérusalem-Est » -dont ils saluaient « la non-violence et un fort sens de la solidarité »- et à sanctionner les « colons violents » désirant se rendre dans un pays de l’UE. Merci à nos diplomates pour leur rigueur et leur esprit de responsabilité !

Question : sont-ils, pour avoir rédigé ce rapport, tout comme les directeurs d’un certain nombre de journaux de gauche ou de droite, pour avoir consacré une large place à ce texte initialement confidentiel, qualifiables d’antisémites ? Absurde ! Critiquer la politique du gouvernement israélien -sur la base des résolutions des Nations Unies !- est un droit fondamental dont l’exercice n’a évidemment rien à voir avec le grave délit que représente le racisme, anti-juif en l’occurrence ! Assimiler l’un à l’autre relève d’une manipulation outrageante ! C’est pourtant ce type de procès en sorcellerie que subit depuis de longues années le fondateur de l’Institut de Relations Internationales et Stratégiques (IRIS), Pascal Boniface. Le livre qu’il vient de consacrer à l’évocation de ce harcèlement hallucinant laisse pantois : de la diffamation destinée à porter atteinte à l’honneur de sa personne à la tentative de « couler » le centre de recherches qu’il dirige, et de l’insulte publique jusqu’à la menace de mort anonyme, Pascal Boniface paie au prix fort son positionnement courageux sur le conflit du Proche-Orient (1).

J’ai dit que la critique de la politique de Netanyahou relevait d’un droit fondamental. En réalité, plus qu’un droit, c’est un devoir ! Un devoir auquel les dirigeants européens se sont délibérément soustraits alors même que leurs propres diplomates les alertent en fait annuellement depuis 2005 (!) sur la stratégie de torpillage de toute perspective de création d’un Etat palestinien. Ne les imitons pas. Réagissons ! C’est le sens de notre solidarité avec Pascal Boniface aujourd’hui.

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(1) voir : Pascal Boniface « antisémite »! (Max Milo Editions) Préface de Michel Wieviorka.

15 février 2018 at 12:49 Laisser un commentaire

BÉTHLÉEM EMMURÉE : SA MAIRE PARLE !

Véra Baboun, Palestinienne chrétienne, première femme élue maire de Béthléem, en 2012, viendra à Strasbourg,  le 27 janvier prochain, à l’invitation d’une association interculturelle ( chrétiens, juifs, musulmans, boudhistes, hindouistes ) : les « Sacrées Journées ». Elle présentera son livre au titre évocateur : « Ma ville emmurée » (1). Son récit autobiographique constitue à l’encontre  de l’occupation, de la colonisation et tout particulièrement du mur d’annexion un acte d’accusation d’autant plus marquant qu’il émane d’une femme étrangère à tout extrémisme, à tout fondamentalisme, et qui parle de personnes juives israéliennes de son entourage -telle son enseignante à l’Université hébraïque- avec beaucoup de respect et de tendresse.

Sa narration est un condensé impressionnant de toutes les souffrances qu’endurent les Palestiniens : le traumatisme historique de la « Nakba »( la « catastrophe » de 1948 ) « en raison de l’expulsion et de la fuite de centaines de milliers de Palestiniens »; le souvenir douloureux de l’enfant qu’elle était et de sa famille, en 1967, quand « les occupants lui ont tout pris »; les espoirs déçus après les Accords d’Oslo, en 1993, censés aboutir au règlement de « la question des frontières, des réfugiés, des colonies, de l’eau, du statut de Jérusalem… ». Aujourd’hui, c’est la rupture du lien sacré entre la Cisjordanie et Jérusalem-Est ; les humiliations aux « check points »; l’arbitraire total présidant à l’octroi des droits  ( exceptionnels ) de passage de l’autre côté de « la muraille de béton de huit mètres de haut »; les confiscations de terres pour l’édification des colonies, pour la construction de routes de contournement interdites aux Palestiniens, et pour l’érection du mur; les interventions brutales et sanglantes des soldats israéliens contre des jeunes révoltés par l’oppression; les arrestations de manifestants non armés; les destructions de biens sur simple présomption de complicité; sans parler des privations d’eau organisées, du chômage endémique et de la pauvreté de masse, faute d’activités économiques un tant soit peu normales. « L’emmurement est l’une des pratiques les plus radicales qu’une communauté humaine puisse endurer », souligne Vera Baboun.

Mais, pour elle, à l’image de son peuple, « Baisser les bras, c’était couler ». Face aux épreuves, elle s’engage : pour l’émancipation des femmes palestiniennes, pour l’éducation des jeunes, pour les droits fondamentaux de son peuple. « Que fait le monde ? » s’interrogeait-elle, en 2003, dès l’apparition des premiers blocs de béton, des miradors, des projecteurs du futur mur de 773 km isolant 13% du territoire de la Cisjordanie ! « Pourquoi les laisse-t-on construire ça ? » Et de relater la naïveté ou l’inconscience de tel représentant de l’Union européenne s’indignant récemment de l’absence des mères au chevet de leur enfant en train de mourir du cancer dans un hôpital spécialisé de Jérusalem ! La raison en est malheureusement simple : elles sont jeunes et habitent Gaza , aussi les autorités israéliennes leur ont-elles refusé le permis de passer !

En refermant ce livre poignant de vérité et de dignité, quiconque a du coeur se demande ce qu’il ou elle peut faire pour contribuer à faire avancer cette cause impérissable. Les priorités ne manquent pas : la reconnaissance de l’Etat palestinien par la France et l’Europe; l’arrêt de toute importation de produits des colonies; la libération de Marwan Barghouti et de tous les prisonniers politiques, parmi lesquels notre concitoyen Salah Hamouri…Merci et bienvenue en France, Vera Baboun !

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(1) Bayard Editions, 2016.
(« Sacrées Journées » organise notamment un festival international de musique sacrée d’une conception sans équivalent en France, en réunissant conjointement, pour chaque concert, trois ensembles de culture différente. Prochaine édition : 1-4/2/2018)

25 janvier 2018 at 11:40 Laisser un commentaire

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