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UN « SEMESTRE ALLEMAND » À SUIVRE DE PRÈS !

Pour la première fois depuis 2007 -autant dire une autre époque- l’Allemagne va prendre, le 1er Juillet prochain, la présidence de l’Union européenne pour une durée de six mois. Depuis 2009, le Conseil européen dispose d’un Président ou d’une Présidente permanent.e (Actuellement, l’ancien Premier Ministre belge, Charles Michel), ce qui relativise le rôle des présidences tournantes de chaque État membre : qui sait, par exemple, que l’UE est présidée depuis le 1er Janvier dernier par la Croatie ? Il en va tout différemment quand c’est un pays comme l’Allemagne qui prend les rênes des « 27 » . C’est que, dans l’UE, tous les Etats membres sont égaux, mais certains le sont plus que d’autres…La première puissance européenne va même étendre son influence sur les deux semestres suivants, dont la présidence sera assurée par la Slovénie puis le Portugal : ce « trio » dominé par l’Allemagne coopérera, en fait, étroitement jusqu’à la fin 2021. C’est une première raison de suivre avec une particulière attention les débats qui auront lieu et les décisions qui seront prises durant cette période. Mais c’est surtout l’accumulation d’enjeux, plus lourds les uns que les autres, durant les mois qui viennent, qui appelle, plus que jamais, de notre part une vigilance de tous les instants. 

Récapitulons quelques points prévisibles de l’agenda européen d’ici la fin de l’année : les implications financières, économiques, sociales et politiques du « Fonds de relance » de 750 milliards d’euros qui dépendront des décisions des Etats membres et du Parlement de Strasbourg ; la finalisation des négociations sur le « Brexit » -dont dépendra notamment l’implantation (ou non) , à nos portes, d’un champion du « dumping » social, fiscal ou/et environnemental-; l’adoption du budget européen pluriannuel 2021-2027, susceptible de se traduire (ou non) par une diminution sensible des aides aux agriculteurs et aux pays et régions défavorisés ; le respect (ou non) des engagements pris en matière de lutte contre le dérèglement climatique, que la pandémie a relégué au second plan depuis mars dernier ; le contenu concret de la « priorité au numérique » annoncée, en termes d’emplois, de qualifications, de services publics, de taxation des multinationales, de réduction de la dépendance aux géants américains du Web…; l’évolution du projet de « défense (dite) européenne », qui se traduit jusqu’ici -outre l’allégeance à l’OTAN- par une gabegie indécente d’achats d’armements (dont pour plus de 100 milliards d’euros à l’industrie aéronautique…d’outre-Atlantique) ; ou, plus généralement, les choix stratégiques  qu’appellent de la part de l’UE les aventures irresponsables du clown triste de la Maison-Blanche , qu’il s’agisse de la ruineuse guerre économique lancée tous azimuts ou des tensions internationales meurtrières, alimentées en particulier au Moyen-Orient.
Quelle attitude adoptera la France sur chacun de ces points, et bien d’autres ? Le débat politique national doit impérativement se saisir de cette question.

25 juin 2020 at 3:37 Laisser un commentaire

ÉVÉNEMENT À MADRID : DES COMMUNISTES AU GOUVERNEMENT !

Quand on connaît la droite espagnole, réactionnaire au point d’être truffée de nostalgiques du franquisme, on mesure le choc que produit sur l’opposition au gouvernement du socialiste Pedro Sanchez l’arrivée -pour la première fois depuis 1936- de ministres communistes aux côtés de ceux de Podemos ! Paradoxalement, l’hystérie anticommuniste des amis de l’ancienne majorité a ravivé l’intérêt des classes populaires pour le PCE, force motrice de «Izquierda Unida » mais moins visible que la coalition de la « Gauche Unie », car ne présentant pas de candidats comme tel aux élections. Dans un pays où l’extrême-droite, longtemps inexistante, s’est hissée en l’espace d’un an à la troisième place sur l’échiquier politique en se nourrissant de l’injustice sociale, l’enjeu de cette expérience historique est crucial : montrer par des améliorations significatives de la vie quotidienne du plus grand nombre qu’il y a un espoir à gauche !

Cela passera notamment -me confie notre amie Maïté Mola, Vice-Présidente du Parti de la Gauche européenne (PGE)- par des mesures très concrètes, comme l’indexation des pensions de retraite sur le coût de la vie; la hausse progressive du salaire minimum (objectif: 1200 €); l’augmentation de l’impôt sur les sociétés et les revenus supérieurs à 130 000 € par an; l’interdiction des licenciements pour cause de maladie; la réglementation des loyers; la marche vers l’égalité, en particulier salariale,  entre les hommes et les femmes et l’action contre la violence faite aux femmes ;  l’abrogation des lois scélérates héritées de la droite, en matière de droit du travail comme sur le plan des libertés (loi Mordaza de sinistre mémoire) . Il s’agit encore d’adopter une loi sur la transition énergétique et la défense du climat . Quant au conflit politique catalan, il sera abordé par le dialogue et la négociation  et non plus la répression.

Partant du principe que la démocratie citoyenne ne s’arrêtait pas au soir d’une élection, un comité de suivi (et de contrôle) de l’action de ce nouveau gouvernement s’est mis en place. Les représentants syndicaux y côtoient ceux des grands mouvements sociaux (défense des locataires menacés d’expulsion; défense des consommateurs; des retraités…)  comme celles des associations féministes.

Outre Alberto Garzon, le Coordinateur d’Izquierda Unida, au ministère de la Consommation et Yolanda Diaz, au ministère du Travail, une communiste a été choisie par la ministre (Podemos) pour l’égalité entre les hommes et les femmes, comme responsable de la communication de son ministère . Quant au ministre des Universités, il est membre de « Los Communes de Cataluña », une formation-partenaire des communistes espagnols. Sur le plan politique, cette expérience pourrait conduire à renforcer encore l’espace commun d’ « Unidos Podemos » qui réunit « Izquierda Unida » et Podemos. A suivre .

Toda nuestra solidaridad, queridos amigos y camarades !

T

23 janvier 2020 at 1:18 Laisser un commentaire

ÉTÉ 2019 : TROIS SOURCES D’ESPOIR DANS UN MONDE CRUEL

Les nouvelles affligeantes en provenance de toutes les régions du monde se succèdent à un rythme tel que l’on peine à distinguer les rares événements internationaux porteurs d’espoir. Il y en a pourtant de significatifs, qui appellent toute notre attention, tant ils pourraient annoncer, à terme, de changements prometteurs. Arrêtons-nous, à titre d’exemples, sur trois d’entre eux que la période estivale risque d’avoir quelque peu effacé de notre mémoire.

Le premier remonte à la fin du mois de juin : c’est la victoire triomphale d’Ekrem Imamoglu, opposant progressiste au pouvoir d’Erdogan, à Istanbul ! Difficile à qui ne suit pas la situation politique en Turquie de mesurer l’ampleur du séisme politique que représente ce basculement dans le fief du tyran ! « Qui tient Istanbul tient la Turquie » aimait à souligner jusqu’alors l’ancien maire de la légendaire mégapole devenu Président  du pays. Que ce bastion réputé imprenable du maître d’Ankara soit tombé est le signe qu’enfin le sol commence à se dérober sous les pas du dictateur. Certes, ce populiste roué usera de toute sa ruse maléfique pour reprendre l’initiative. Mais une brèche décisive est ouverte. Notons à ce propos que l’appel explicite du leader charismatique du parti progressiste « pro-kurde » HDP, notre ami Selahattin Demirtas, depuis la prison d’Edirne, à voter pour le candidat du CHP (social-démocrate) fut vraisemblablement une contribution déterminante à cette victoire.

Un deuxième événement de cette période constitue à la fois un magnifique succès populaire et un exemple pour tout un continent (et au-delà…) : l’aboutissement de huit mois de mobilisation pacifique du peuple soudanais au renversement du sinistre régime d’Omar el-Béchir -qui a sévi pendant plus de trente ans- puis à la conclusion d’un accord, début août, entre « l’Alliance pour la liberté et le changement » et les officiers du « Conseil militaire de transition ». Certes, ce compromis repose sur un rapport de force fragile entre deux « partenaires » aux cultures politiques opposées. Durant les quelque trois années qui doivent servir à préparer des élections générales, civils et militaires devront réussir à coopérer. Mais le simple fait que, là encore, l’impossible se soit réalisé grâce à la puissance du mouvement populaire, et sous les regards de l’Union africaine et de la communauté internationale, constitue une source d’espoir pour le Soudan et bien au-delà.

Le dernier espoir reste en pointillés, mais les chances de le voir se concrétiser sont réelles : il s’agit du bouger en gestation du côté des relations Russie-Ukraine et Russie-Europe. L’élection (à 74% !) , à Kiev, d’un Président, Volodymyr Zelensky, se déclarant décidé -à l’opposé de son caricatural prédécesseur, invraisemblable « chouchou » de l’UE- à ouvrir des discussions avec son homologue russe pour mettre fin au conflit dans le Donbass , puis le clair soutien à ce projet que le parti du nouveau dirigeant a obtenu lors des élections législatives du 21 juillet dernier (42%) sont des événements encourageants (d’ailleurs salués par le Premier Ministre russe) . Les velléités de certains dirigeants européens, notamment Emmanuel Macron, de se départir enfin, non sans mal, de leur posture aussi arrogante qu’inefficace vis-à-vis de Moscou vont dans le même sens. Puisse un dialogue constructif reprendre entre l’UE et son incontournable voisin européen ! Bien sûr, « discuter n’est pas légitimer » (H. Védrine). Mais la diplomatie vaut mieux que l’hystérie. Trois espoirs à concrétiser !

29 août 2019 at 10:36 Laisser un commentaire

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