Posts filed under ‘Trump’

10 BONNES NOUVELLES DANS UN MONDE CALAMITEUX…(I)

Un peu d’oxygène ne nous fera pas de mal ! L’actualité internationale nous réserve quotidiennement tant d’exemples de cynisme et de cruauté que nous courrons le risque de nous lasser d’agir pour un monde meilleur. Un retour en arrière sur diverses sources d’espoir qui ont discrètement jalonné cet été s’avère dès lors salutaire.

Une première série d’événements heureux a eu trait à la victoire de la paix sur la guerre, à la prime à la négociation plutôt qu’à la confrontation, à la primauté du droit sur la force.

Ainsi, début juillet, l’Ethiopie et l’Erythrée ont mis fin à vingt ans d’état de guerre -un conflit atroce et ruineux dont les racines remontaient aux années 60 et qui passait pour insoluble. Au point que la réconciliation de ces deux voisins de la Corne de l’Afrique a été comparée au rapprochement des deux Corées ! C’est au nouveau Premier Ministre éthiopien, Abiy Ahmed, et à son choix de la « main tendue » et du compromis qu’on doit cette avancée inespérée.

Un autre succès diplomatique, attribué quant à lui à Vladimir Poutine, vient de mettre fin à un conflit de souveraineté vieux de 27 ans (depuis la dissolution de l’Union soviétique) : les cinq pays riverains de la Mer Caspienne -Russie, Iran, Kazakhstan, Turkménistan et Azerbaïdjan- ont signé un accord qualifié d’ « historique » sur le statut de cet espace stratégique, notamment riche en hydrocarbures et en ressources halieutiques. Cette convention ouvre la voie à de vastes coopérations dans la plus grande mer fermée du monde où sera désormais interdite toute présence militaire étrangère aux cinq Etats riverains.

Enfin, comment ne pas retenir, parmi les contre-tendances positives face à la désastreuse guerre commerciale déclarée au monde entier par Donald Trump, le Sommet des « BRICS » (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) à Johannesburg, fin juillet ! Sous l’effet de l’arrogance et de l’irresponsabilité paroxystiques du Président américain, les cinq plus grands pays « émergents » ont manifestement resserré les rangs ( Pékin et New Delhi ont ainsi aplani leurs différends ) et « politisé » leurs coopérations : « Nous devons être résolus à rejeter l’unilatéralisme » a exhorté le Président chinois, Xi Jinping, à l’heure de l’ « America first »! « Nous sommes tous d’accord au sein des BRICS qu’il faut, dans ce contexte global, renforcer notre partenariat » a précisé, de son côté, le Ministre sud-africain du commerce. Un défi autant qu’une opportunité pour une Union européenne en mal de stratégie alternative au prisme transatlantique aujourd’hui en pleine décomposition…

Outre ces décisions d’envergure internationale , d’autres faits encourageants intervenus ces dernières semaines méritent d’être relevés. Certains marquent un évident progrès des libertés et de la dignité humaine; d’autres une revigorante réaction à l’injustice et à l’oppression; d’autres enfin, même encore limités, sont autant de motifs d’encouragement à développer nos actions. Vous les rappelez-vous ? Nous en traiterons dans notre prochaine chronique.

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23 août 2018 at 6:35 1 commentaire

« DEAL » JUNCKER-TRUMP : UN TRIPLE SCANDALE !

An coeur de l’été et en pleine « affaire Benalla », le « deal » très trumpien conclu entre le Président de la Commission européenne et le locataire de la Maison blanche, le 25 juillet dernier, n’a pas suffisamment retenu l’attention en France. Il représente pourtant un triple scandale.
D’abord en raison des objectifs conjoints consignés dans le communiqué commun et rappelés comme autant d’engagements réciproques par le Président américain à l’issue de la rencontre. Il est question de « Zéro subvention » sur de nombreux biens industriels -ce qui peut viser le financement public de secteurs chargés de « services d’intérêt économique général » (les services publics) !-  et de « Zéro barrière non tarifaire », autrement dit de la disparition de toute forme de règlementation du commerce extérieur telle que les licences ou les quotas destinée à maîtriser un tant soit peu les échanges ! Quelles normes environnementales, sanitaires, phytosanitaires , techniques, sont-elles censées faire partie de ces « barrières » à supprimer ? Veut-on ressusciter, en l’aggravant, feu le traité de libre-échange transatlantique, un TAFTA-bis en pire ? !

Ensuite, cet accord pose un grave problème de démocratie. La Commission se veut la « gardienne des traités européens ». Or, ceux-ci  n’autorisent nullement le Président de la Commission à prendre ce type d’initiative unilatérale sans disposer d’un mandat explicite du Conseil -c’est-à-dire des représentants des 28 gouvernements- (article 207 du traité sur le fonctionnement de l’UE).  Sans doute encouragé par Angela Merkel à obtenir par tous les moyens de Donald Trump qu’il renonce à taxer les importations de voitures européennes -dont 60 % sont allemandes-, M. Juncker s’est accordé des pouvoirs qu’il n’a pas. Ce n’est pas acceptable !
Enfin, en s’inscrivant servilement dans la ligne du « America first » de Trump, le « compromis » signé par le Président de la Commission constitue un fiasco stratégique pour l’Union européenne. Les exemples de cette soumission sont légion. Ainsi, l’UE avait-elle fixé un préalable à tout accord futur : Washington devait d’abord annuler la hausse punitive des droits de douane sur l’acier et l’aluminium européens. « Nous n’allons pas à ces négociations avec un pistolet braqué sur la poitrine » avait fièrement annoncé le ministre allemand des Affaires étrangères, Heiko Maas. Résultat : Juncker a finalement accepté que ces sanctions ne soient levées qu’en cas de succès des négociations à venir. Autre exemple : il aura suffi que le Président des Etats-Unis élève la voix contre les achats jugés excessifs de gaz russe plutôt qu’américain pour que Juncker s’engage, aux dires de Trump, à ce que l’UE achète « massivement » du gaz (deux fois plus cher) aux producteurs d’outre-Atlantique ! Pire : Trump était en grande difficulté auprès de ses électeurs influents du Midwest, dont les grandes exploitations agricoles étaient directement touchées par les mesures de rétorsion de la Chine à la guerre commerciale déclenchée par le leader de l’Occident. Juncker lui sauve la mise -sur le dos des Chinois- en promettant que l’UE importera plus de soja des Etats-Unis…Trump : 1; UE : zéro ! Ces compromissions honteuses doivent être dénoncées et mises en échec .

2 août 2018 at 4:18 Laisser un commentaire

FACE À TRUMP, LES EUROPÉENS AU PIED DU MUR

Le 8 mai dernier, Donald Trump annonçait le retrait des Etats-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien conclu en 2015 sous l’égide de l’ONU et la relance des sanctions. Le même jour, les trois pays de l’Union européenne signataires de l’accord -la France, l’Allemagne et la Grande-Bretagne- ont pris, au plus haut niveau, l’engagement que leurs « gouvernements restent déterminés à assurer la mise en œuvre du JCPOA (l’accord en question), et travailleront à cet effet avec les autres parties qui resteront engagées dans ce cadre collectif (autrement dit la Chine et la Russie, et naturellement l’Iran) , y compris en assurant le maintien des bénéfices économiques liés à l’accord au profit de l’économie et de la population iraniennes ». On ne peut que se réjouir de cette prise de position, si on a à l’esprit la « relation spéciale » unissant notoirement Londres et Washington, ainsi que « l’étroite association » traditionnellement revendiquée par la famille politique d’Angela Merkel « entre l’Europe et les Etats-Unis d’Amérique », sans oublier, côté français, les récentes embrassades d’Emmanuel Macron et de son « ami », le Président américain, et leur volonté commune alors exprimée…de « travailler sur un nouvel accord avec l’Iran » !

Les voici donc tous trois au pied du mur. Désormais, leur devoir n’est plus de tenter d’amadouer Trump -ce qui ne fait que souligner aux yeux du chantre de l’ « America first » la faiblesse de son interlocuteur- mais de prouver concrètement leur bonne foi aux dirigeants et au peuple iraniens. « Si l’Europe et l’Iran parviennent à travailler ensemble , (l’accord) peut encore être sauvegardé et le pire évité » souligne Robert Malley, ancien membre du Conseil national de sécurité sous Bill Clinton puis conseiller de Barack Obama, reconnu comme un expert de premier plan des enjeux du Moyen-Orient.

Pour tenir parole, il faudra que l’UE sache affronter la prétention inouïe de la Maison Blanche de sanctionner toute entreprise de quelque pays que ce soit qui -conformément à l’accord agréé par le Conseil de sécurité !- coopérera avec l’Iran. L’Union européenne aura-t-elle la volonté politique suffisante pour refuser de se soumettre à cette pratique hyper-dominatrice dite de « l’exterritorialité » (introduite en lien avec le blocus contre Cuba en 1996) , qui a déjà fait de nombreuses victimes dans le passé ? Elle s’est souvent insurgée verbalement contre ces mesures iniques. Le moment est venu de les contrer dans les faits : il existe du reste un règlement européen, adopté en 1996 et mis à jour en 2015, portant « protection contre les effets de l’application extraterritoriale d’une législation adoptée par un pays tiers, ainsi que des actions fondées sur elle ou en découlant » (1). Mais le problème posé par l’unilatéralisme forcené de Trump va très au-delà des confrontations économiques : de sa décision de retirer les Etats-Unis de l’Accord de Paris sur le climat à celle de détricoter les mesures de régulation financière mises en place après le cataclysme de 2007-2008 jusqu’à sa conception du « leadership américain » qui « met en péril la paix du monde comme jamais depuis la Seconde guerre mondiale » (Bertrand Badie), ce personnage est dangereux . Les dernières déclarations des « ténors » européens, telle Angela Merkel proclamant que « l’Europe doit prendre son destin en main » (2) indiquent-elles une amorce de révision déchirante de la relation transatlantique héritée de la guerre froide ? On voudrait le croire, mais il est malheureusement permis d’en douter. C’est en tout cas le moment d’ouvrir en grand le débat sur cet enjeu historique.

———
(1) Voir EUR-Lex. Document 52015PC0048 (COM/2015/048 final)
(2) Lors de la remise du « Prix Charlemagne » à Emmanuel Macron (10/5/2018)

17 mai 2018 at 4:39 Laisser un commentaire

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