Archive for mai, 2010

LES « MOUTONS NOIRS » DE 2005 ONT FAIT DES PETITS…

29 mai: cela fait cinq ans qu’une majorité de Françaises et de Français a rejeté le projet de Traité constitutionnel européen,à l’issue d’un débat démocratique exceptionnel.Jacques Chirac avait alors cru pouvoir prédire que ce choix allait faire de ces rebelles à l’Europe libérale les « moutons noirs » de l’Europe.Cinq ans plus tard,ce qui apparaitrait plutôt,c’est que ces moutons noirs ont fait des petits…Cette Europe-là ne passe plus.Ses défauts essentiels,que nous dénoncions hier,sautent aux yeux aujourd’hui-malheureusement au travers de douloureuses épreuves imposées au plus grand nombre.

Prenons la question fondamentale de l’hyper-dépendance aux marchés financiers,symbolisée par une Banque centrale européenne (BCE)conçue pour les séduire au détriment du développement social.Aujourd’hui,chacun peut voir où conduit l’irresponsabilité d’un système européen qui interdit toute « entrave » à la libre circulation des capitaux et refuse tout financement du développement social qui court-circuiterait ces marchés.Le Commissaire européen Michel Barnier reconnait lui-même que le marché des « produits dérivés »-ces produits financiers sophistiqués qui sont au coeur de la financiarisation débridée du capitalisme mondialisé – représente une force de frappe colossale,à savoir 600 000 milliards de dollars,soit près de 20 fois…l’équivalent du PIB (ensemble des richesses produites en une année) de l’Union européenne et des Etats-Unis réunis! Or,précise-t-il, »80% (de ces produits financiers)échappent à tout contrôle »! C’est bien pourquoi nous demandons que la BCE,par création monétaire,finance à des conditions favorables une partie des dépenses publiques de développement social des Etats membres,réduisant d’autant le pouvoir exorbitant et dangereux des marchés financiers.

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27 mai 2010 at 8:49 Laisser un commentaire

Schuman, réveille-toi : ils sont devenus fous !

Les dirigeants européens entretiennent un véritable culte autour du souvenir de Robert Schuman, auteur du fameux appel du 9 mai 1950 présenté comme l’acte fondateur de la construction européenne. Parmi les valeurs alors mises en avant, citons « la reconnaissance de l’autre », « la coopération », « la solidarité plutôt que l’égoïsme », « l’union plutôt que la division ».

Je ne ressens, pour ma part, nulle nostalgie pour ce temps-là. Cela étant, quel fossé s’est-il creusé, tout particulièrement ces vingt dernières années – depuis « l’achèvement du marché unique » et le traité de Maastricht – entre l’idée que des millions de gens s’étaient faite de l’Europe et la réalité de son évolution ! À cet égard, l’étape en cours risque de porter le coup de grâce à l’idée européenne dans l’esprit de bon nombre de citoyens de l’« Union ». Schuman, réveille-toi : ils sont devenus fous !

« Jamais le marché unique n’a été aussi peu populaire (…). Il existe une vraie contestation », notait récemment M. Mario Monti, ancien commissaire européen. Moyennant quoi, il prône… « un marché unique plus fort, avec plus de concurrence » ! Mais suggère de « consulter » et « d’expliquer ».

Expliquer ? Le dernier Conseil européen nous a expliqué pourquoi toute l’Union européenne allait entrer dans une nouvelle ère : celle de l’hyper-austérité durable, dont la Grèce semble servir de laboratoire. Angela Merkel, elle, avait expliqué pourquoi il fallait exclure les pays les plus fragiles de la zone euro ! M. Barroso a expliqué pourquoi il voulait pouvoir évaluer le budget de chaque État avant le Parlement national concerné. Le président du groupe libéral du Parlement européen, Guy Verhofstadt, vient d’expliquer que la Commission européenne et la Banque centrale européenne auraient dû pouvoir « imposer un plan draconien d’assainissement » à temps. Et de préciser, en champion de la démocratie européenne : « Certains articles du traité de Lisbonne permettent d’éviter les discussions sur le sexe des anges. »

Devant tant de cynisme et d’arrogance, la tentation est forte d’enterrer l’idée européenne avec les gérants actuels de cette « Union » disqualifiée. Cela reviendrait à leur laisser tout le terrain. Ne leur faisons pas ce cadeau ! Bien au contraire, c’est au nom d’une tout autre ambition européenne que nous nous faisons les porte-parole de la résistance des peuples et que nous prenons appui sur les multiples faits qui délégitiment les structures européennes actuelles et ceux qui les dirigent. La gauche européenne a un défi historique à relever : dans cette crise qui s’approfondit sous nos yeux, elle doit faire preuve de créativité politique et se montrer capable de porter des idées neuves à la hauteur des enjeux.

Dans quelles directions convient-il de réfléchir et d’agir ensemble pour réorienter fondamentalement la construction européenne ? Parmi les pistes en discussion, – et pour simplifier –, j’en vois trois essentielles. D’abord, il faut chercher à libérer l’Europe de sa dépendance absolue des marchés financiers. L’expérience montre que c’est vital. Cela pose la question clé de la transformation profonde de la Banque centrale européenne. Elle doit financer directement les États à des conditions favorables dès lors qu’il s’agit de sécuriser l’emploi ; d’élever le niveau de formation, de développer les nouvelles technologies – bref, de créer les conditions d’une croissance saine. Il faudrait parallèlement chercher des alliés pour agir dans le même esprit en faveur d’une monnaie commune mondiale.

Ensuite, il faut tendre à instituer de vrais rapports de coopération entre États membres, à l’opposé des pratiques actuelles de dumping social, de la concurrence à tout va et de la guerre économique. La stratégie de la classe dirigeante allemande est, de ce point de vue, un antimodèle.

Enfin, il y a la question des pouvoirs. Il faut arracher des droits et des pouvoirs nouveaux pour les salariés et les citoyens, impliquer les peuples européens, garantir la souveraineté populaire, faire respecter la dignité de chacune et de chacun. Il n’y a pas de solution clé en main. L’Europe est un combat.

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22 mai 2010 at 6:34 Laisser un commentaire

BON ANNIVERSAIRE ROBERT CHAMBEIRON !

À 21 ans, il entrait au cabinet de Pierre Cot, alors ministre de l’Air du gouvernement du Front populaire. C’est là qu’il fit la connaissance de Jean Moulin qui, aux heures sombres de la guerre, de l’occupation nazie et de la collaboration, fera appel à lui pour le seconder dans son œuvre majeure : la création puis la direction du Conseil national de la Résistance (CNR). Secrétaire général adjoint du CNR, aux côtés de Pierre Meunier, jusqu’à la Libération, Robert Chambeiron est, aujourd’hui, l’un des trop rares acteurs de la Résistance à pouvoir faire vivre cette expérience exceptionnelle. Ce 22 mai, il fête ses… 95 ans, en pleine forme. Bon anniversaire, cher Robert ! Ce bref hommage public sera mon petit cadeau.

J’ai eu le bonheur et la fierté de faire sa connaissance lors des premières élections européennes, puis de le côtoyer au Parlement de Strasbourg pendant 10 ans. Bien que très impliqué dans ses nouvelles tâches, avec l’ardeur du néophyte, mon auguste collègue m’offrit de temps en temps le privilège d’une observation ou d’une anecdote puisée dans son inépuisable réserve de souvenirs. J’en ai fait mon miel et je lui en suis, aujourd’hui encore, reconnaissant.

Qu’en ai-je retenu qui mérite toujours d’être connu et médité ? D’abord les évocations du patient et complexe travail d’unification des forces de la Résistance. Pour que le CNR soit légitime et puisse s’exprimer et agir au nom de l’ensemble du peuple résistant, l’union était vitale. Pour garder le moindre espoir de finir par l’emporter sur des ennemis aussi puissants et impitoyables, il fallait savoir bannir toute étroitesse. On imagine que ce n’était pas toujours chose aisée dans une situation marquée par la trahison de nombre de notables en 1940. Il fallait y voir de près tout en se souvenant que « sous la grêle, fou qui fait le délicat ».

Une autre caractéristique du combat de cette période ne laisse pas de nous impressionner : c’est l’indicible courage dont ont su faire preuve tant d’anonymes dans l’accomplissement de gestes apparemment anodins, dès lors qu’ils avaient une vue claire de la cause pour laquelle ils ou elles s’engageaient. Ainsi, le « simple » fait de mettre à disposition son logement pour permettre au CNR, à son bureau ou à ses trois principaux dirigeants de se réunir était un acte héroïque qui n’a cessé de se renouveler au fil des semaines, puisque les réunions n’avaient jamais lieu deux fois dans le même local. Pourtant, chacun mesurait la réalité du danger, puisque Jean Moulin fut lui-même arrêté moins d’un mois après sa désignation comme président du CNR !

Enfin, quoi de plus saisissant que le contenu social et progressiste du programme d’unité nationale du CNR, issu de quatre mois d’échanges multiples et finalement adopté à l’unanimité ! Mis en œuvre à la Libération, il permit, en l’espace de deux ans – en fait, jusqu’à l’éviction des ministres communistes et les débuts de la guerre froide –, d’engager une véritable rénovation du pays : réforme de la fonction publique, Sécurité sociale, nationalisation des grands établissements du crédit, des compagnies d’assurance, du gaz et de l’électricité, lois sociales sur les prestations familiales, l’assurance vieillesse, le salaire minimum vital, les conventions collectives…

Il est vrai que les forces du capital de l’époque – ces grands patrons auxquels le général de Gaulle lança à la Libération : « Je n’en ai pas vu beaucoup d’entre vous à Londres ! » – étaient délégitimées, tandis que « seule en tant que classe la classe ouvrière est restée fidèle à la France profanée » (François Mauriac). Dans un contexte naturellement tout autre, il y a, aujourd’hui encore, plutôt matière à réflexion… Merci à Robert Chambeiron et à tous ses semblables.

22 mai 2010 at 6:16 1 commentaire

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