Posts filed under ‘Afrique du Sud’

« LA FRANCE DOIT CHANGER DE POLITIQUE INTERNATIONALE »

wurtz-l-humanite-dimanche« La mondialisation, on peut en faire une bonne ou une mauvaise (…) La réponse de la gauche à la mondialisation libérale, ce n’est pas de prêcher la démondialisation, c’est de changer de politique internationale ». Les arguments de Bertrand Badie, éminent spécialiste des relations internationales, sont percutants et convaincants. Il l’a prouvé une fois encore samedi dernier en clôturant une passionnante journée de débats qu’il avait co-organisée -une « première »- avec une structure d’échanges créée par le Parti communiste français et dirigée par Michel Laurent, le LEM (1).

La thèse avancée a la force de l’évidence: le monde a changé. D’abord, il n’est plus limité géographiquement comme du temps des colonies ou divisé comme durant la guerre froide. Il faut donc se situer par rapport à l’humanité et à la planète toutes entières. Ensuite, malgré les rapports de force impitoyables qui s’y exercent, il existe un niveau d’interdépendance sans précédent : aucun État, même le plus puissant, ne peut plus ignorer totalement les autres ni leur imposer toutes ses volontés. Au point que le Président Obama se demande si le leadership américain à encore un sens. Cette interdépendance offre une chance : ce que l’un gagne n’est plus nécessairement le résultat d’une perte pour l’autre. Par exemple, la Chine n’a rien à gagner à l’effondrement des États-Unis ou de l’Europe, et vice-versa !

Dans ce monde, les enjeux de sécurité ont changé. « Les États-Unis n’ont pas gagné une seule guerre depuis 1945…à l’exception de celle menée contre Grenade et sa poignée de soldats ! » souligne l’universitaire progressiste. Plus généralement, pas une intervention politico-militaire n’a réussi -y compris « en Libye, en République Centrafricaine ou même au Mali », précise Badie à propos des initiatives françaises. L’instrument militaire n’est plus adapté. « Ce n’est pas l’OTAN qui résoudra les frustrations des sunnites provoquées par la guerre civile en Irak et qui sont à l’origine du soutien populaire à Daech ! » Et si aucun des conflits existants au moment de la chute du Mur n’a été réglé depuis lors -Palestine, RDC, Somalie, Yémen,Érythrée, Soudan, Afghanistan…- c’est « parce qu’on n’a pas progressé en matière de gestion des biens communs de l’humanité. » Les violences qui « préparent les volcans de demain », ce sont avant tout les terribles inégalités qui sévissent dans le monde. Y compris entre les États . Il faut affronter ces problèmes et, pour y parvenir, dépasser « la diplomatie de la tasse de thé », c’est à dire les discussions entre amis et entre semblables. Refuser de négocier avec tous ceux que nous n’aimons pas nous conduit dans l’impasse.

Il est donc temps que les citoyens se mêlent de ces enjeux et deviennent des acteurs de la mondialisation . Et il est crucial de définir les axes d’une nouvelle politique internationale de la France. Bertrand Badie en verse quatre principaux au débat de la gauche. La solidarité : elle n’est pas caritative; elle est utile à celui qui l’exerce car elle consolide sa propre sécurité. Le multilatéralisme : il faut s’ouvrir à tous , aux Chinois, aux Russes, aux pays arabes, et y compris aux acteurs non étatiques. L’ « intersocialité »: c’est à dire les échanges entre les sociétés et pas seulement entre les États. L’ « altérité »: autrement dit la reconnaissance de l’autre dans sa différence. « La négation de l’altérité est à la base de la violence internationale de demain. À l’inverse, le respect, c’est la la plus belle des libertés, celle qu’on offre à l’autre ». Merci, Bertrand Badie !

——–
(1) Rencontre publique sur le thème : »Une réponse de gauche à la mondialisation », avec la participation (outre Bertrand Badie et Michel Laurent) de Leila Shahid, ambassadrice de Palestine auprès de l’Union européenne; Natassa Théodoradopoulou, représentante de Syrisa au Parti de la Gauche Européenne; Liêm Hoang-Ngoc, économiste, ancien parlementaire européen et animateur du collectif des « socialistes affligés »; Jean-Pierre Dubois, Président d’honneur de la Ligue des droits de l’homme; Dominique Vidal, journaliste; Noël Mamère, député; Geneviève Garrigos, présidente d’Amnesty International-France; Adem Uzum, dirigeant politique kurde; Francis Wurtz, député honoraire du Parlement Européen. Six heures de débats animées par Anne Sabourin, représentante du PCF au PGE et Dominique Bari, journaliste. (Sénat, 31/1/2015)

Publicités

5 février 2015 at 10:17 Laisser un commentaire

EUROPE-AFRIQUE: QUEL « PARTENARIAT » ?

wurtz-l-humanite-dimanche La semaine dernière s’est tenu à Bruxelles le quatrième « Sommet Union européenne-Afrique ». On en a peu parlé. Pourtant, il a réuni pendant deux jours près de 80 dirigeants des deux continents et son enjeu était rien moins que l’avenir de la relation entre deux communautés humaines -l’une comptant 28 pays et 500 millions d’habitants; l’autre 54 nations et plus d’un milliard de personnes ! Un beau défi stratégique ! Mais, hélas, un de plus que l’UE actuelle s’avère incapable de relever et qui appelle une refondation de la construction européenne.

Depuis plusieurs années, des voix s’élèvent en Europe pour inviter de façon pressante États et entreprises non à prendre leur part à la promotion d’un développement humain durable et conjoint de ces deux grandes régions du monde liées par l’histoire et la culture, mais à profiter de « l’Eldorado » que représenterait l’émergence d’une minorité « solvable » en Afrique, sans se soucier particulièrement du contexte plus que problématique de cette divine surprise. « En 2040, sur le milliard et demie d’habitants que comptera l’Afrique subsaharienne, il y aura 240 millions d’urbains au revenu moyen équivalent à 20 dollars par jour, soit un marché annuel de plus de 1700 milliards de dollars » salivait déjà en 2010 le directeur général d’une filiale de…l’Agence française de développement -moins prolixe sur le sort des 1 milliard 260 millions d’hommes , de femmes et d’enfants restants ! (1) Dans la même veine, le cabinet McKinsey prédisait l’an dernier à l’adresse des « investisseurs » une hausse de 300 milliards du chiffre d’affaires du secteur de la consommation en Afrique d’ici 2020 , précisant même que l’Afrique offrait « le second taux de retour sur investissement » au monde.(2) Jusqu’à un diplomate comme Hubert Védrine qui en est venu , plus récemment, à s’extasier devant les « potentialités impressionnantes » que recèlerait l’apparition de ces fameuses « classes moyennes africaines », voire celle des « 40 Africains les plus riches (qui) ont une fortune cumulée de 70 milliards de dollars » ! (3) Bien sûr qu’il ne s’agit de négliger ni le commerce ni les investissements, mais la relation Europe-Afrique mérite mieux qu’une course aux bonnes affaires.

C’est pourtant cet esprit mercantile qui a marqué le Sommet de Bruxelles. »Il ne sera pas dit que l’Europe se fait damer le pion par la Chine et les autres pays émergents qui courtisent l’Afrique » résume l’Agence Europe. De fait, hormis l’envoi prochain de 800 soldats en République Centrafricaine , c’est surtout la finalisation des « Accords de partenariat économique » (APE) qui a motivé les dirigeants européens. Autrement dit, la mise en place de zones de libre-échange entre l’UE et chaque sous-région d’Afrique subsaharienne (Ouest, Centre,Est) -un projet dominateur auquel nos « partenaires » africains résistent depuis 2002, tant ils redoutent , pour leur économie, le choc du pot de fer contre le pot de terre et , pour leurs finances, la perte substantielle de droits de douane. Désormais, ils se voient,en cas de refus prolongé des APE, menacés de perdre le bénéfice d’accords préférentiels acquis de longue date. Quant au traitement des migrants « illégaux », après la terrible tragédie de Lampedusa, rien de nouveau sous le soleil: renforcement de la gestion des frontières, retour, réadmission.

De quoi conforter dans leur frustration tous ceux qui soupçonnaient l’Union européenne de chercher avant tout à « sécuriser ses marchés en Afrique, et notamment l’accès aux matières premières et aux ressources extractives » et appelaient de leurs vœux un « aggiornamento de l’approche européenne du partenariat avec l’Afrique, tenant compte des préoccupations majeures de transformation économique et sociale du continent » et visant à établir un « partenariat égalitaire » entre l’Union africaine et l’Union européenne.(4) Amis africains, nous vous entendons! Voilà encore une dimension du projet européen du Front de gauche comme du Parti de la Gauche européenne à faire vivre résolument!

——-
(1) « Le consommateur africain, nouvel Eldorado » ( Le Figaro – 10/9/2010)
(2) « L’Afrique,nouvel Eldorado des investisseurs » (Le Monde – 1/1/2013)
(3) « L’Afrique peut devenir le nouvel Eldorado de la France » (Nouvel Observateur » – 3/12/2013)
(4) « Un regard critique sur le partenariat Afrique-Europe »(IAG :Think tank reconnu par l’Union africaine et le Programme des Nations-Unies pour le Développement ).

10 avril 2014 at 5:21 1 commentaire

INOUBLIABLES MOMENTS AVEC MANDELA

Les circonstances de ma vie militante et de mon activité parlementaire m’ont offert le privilège de cotoyer à cinq reprises Nelson Mandela dans les mois qui ont suivi sa libération,en 1990. Chacun de ces moments a gravé dans ma mémoire, comme, j’imagine, dans celle de tous les présents, outre le souvenir d’une joie immense et d’une intense émotion, un message politique et éthique d’autant plus fort qu’il émanait d’un homme qui venait de payer la fidélité à ses convictions de 27 années de bagne!fw 407

Ce 7 juin 1990, massés dans le hall du « 2, place du Colonel Fabien », nous avions bien du mal à retenir nos larmes en voyant entrer, rayonnant, ce personnage mythique, d’une prestance impressionnante, et ouvrir tout grands ses bras en criant « Marchais! » avant d’enlacer chaleureusement le dirigeant communiste comme s’il s’agissait des retrouvailles de deux vieux amis, alors que c’était leur première rencontre. Quelques moments plus tard, le héros du combat pour la dignité du peuple sud-africain nous expliquera, dans la petite salle du « BP » (Bureau politique, à l’époque), qu’il avait eu connaissance, en prison, de l’extraordinaire campagne des communistes français pour sa libération et pour l’attribution du Prix Nobel de la Paix à sa personne et à la cause qu’elle incarne: une campagne qui , de fait, contribua de façon décisive à faire d’un quasi inconnu en France,au milieu des années 80, le symbole du combattant de la liberté aux yeux du plus grand nombre, à la fin de la décennie. Exprimer sa gratitude à ses « camarades français » pour cette marque exceptionnelle de solidarité était le but premier de sa visite dans la Maison du PCF. Mais ce n’était pas la seule.

Avec ses mots simples, son style sobre et son autorité naturelle, il développa sa vision d’une Afrique du sud libre et réunie, d’où seraient bannies pour toutes et pour tous l’oppression, l’humiliation et les discriminations. Nulle trace d’amertume ni d’esprit de revanche dans ses propos. La liberté comme la dignité de chaque personne ne se divisant pas, l’heure n’était pas aux règlements de compte, mais à la construction d’une nation de tous les Sud-Africains. Nous buvions ses paroles,subjugués par l’enthousiasme, l’humanisme et la confiance en l’avenir de notre prestigieux visiteur.

Pour autant, rappela ce lutteur intrépide qui refusa, toute sa vie durant, de transiger sur l’essentiel, la réconciliation suppose, au préalable, l’éradication de l’apartheid dans toutes ses dimensions -ce qui (bien des commentateurs actuels ont tendance à l’oublier et à présenter une version angélique de cette transition) était loin d’être réalisé en cet été 1990 : ce n’est que quatre ans (et de rudes combats) plus tard qu’auront lieu les premières élections libres en Afrique du sud! Aussi Nelson Mandela nous appela-t-il à poursuivre notre mobilisation pour contribuer à rendre effectivement possible la « paix durable et juste » auquel son peuple aspire. Message reçu cinq sur cinq!

Cet appel, il le réitèrera de façon véhémente une semaine plus tard,au Parlement européen. Il ne mâcha pas ses mots pour rappeler les sombres réalités du régime raciste devant des élus en partie conquis, en partie gênés. Il n’y a pas si longtemps, il s’en trouvait plus d’un , parmi eux, à trouver des excuses au pouvoir raciste. Quant au boycott économique et politique de cet Etat hors-la-loi, il n’avait que trop duré aux yeux de certains! Aussi, lorsque Mandela appela les Etats européens à maintenir les sanctions et à éviter tout rapprochement avec le gouvernement de Pretoria jusqu’à l’abolition totale de l’apartheid, émergea tout le spectre politique des députés européens .

.Je me souviens être intervenu au nom de mon groupe dans le débat qui s’ensuivit pour soutenir cette demande et d’avoir provoqué quelques remous dans la salle. La gauche , dans toutes ses composantes, était unie derrière Mandela. La droite « classique », par la voix de Simone Veil, apporta, certes, son soutien au leader de l’ ANC -signe des temps- mais demanda que les gouvernements de l’Union européenne …fasse aussi un geste en direction du pouvoir en place, en préparant un calendrier de suppression progressive des sanctions. Un trublion, alors célèbre, Panella, exigea au nom des « radicaux » italiens (gauchistes dans la forme, conformistes sur le fond)…la levée immédiate des sanctions. Quant à l’extrême droite, elle éructa grossièrement, ne pouvant manifestement pas supporter l’effet-Mandela sur l’auditoire. Finalement, le Parlement européen se prononça très majoritairement dans le sens souhaité par Mandela. Une belle journée!

La chose fut moins évidente au niveau des Etats membres. Il faut se souvenir de la honteuse complicité dont bien des pays occidentaux -France comprise- s’étaient rendus coupables, des années durant, avec ce régime criminel -qui important massivement du charbon, qui exportant sans vergogne des armes…-avant de devoir se résoudre tardivement aux sanctions exigées de longue date par la Résistance populaire elle-même,par la voix de l’ANC. Le fer de lance de ce business raciste était Margaret Thatcher. Aussi, lors de son premier voyage en Grande-Bretagne en homme libre, Nelson Mandela ignora-t-il superbement la « Dame de fer », au grand dam des conservateurs nostalgiques du bon vieux temps de la suprématie « blanche », qui fustigèrent cet « affront » fait à leur Première Ministre par un « terroriste noir »…Celle-ci dût néanmoins se résoudre à recevoir au 10, Downing street, quelques semaines plus tard, celui dont elle pressentait sans doute le futur rôle incontournable sur la scène tant nationale que mondiale. Impitoyable mais réaliste, elle fit, début juillet (après la France et après le Parlement européen) contre mauvaise fortune bon coeur…

A l’opposé, le Londres progressiste accueillit ce jour-là avec chaleur les plus ardents militants antiracistes de toute l’Europe. Mon groupe ayant été notoirement engagé dans le combat anti apartheid , je me retrouvais au milieu de tous ces amis connus et inconnus avec une collaboratrice du groupe -devenue depuis sa Secrétaire générale- , Maria D’Alimonte, avec qui j’avais été reçu, cinq ans auparavant, par la direction de l’ANC au grand complet, en exil et sous haute protection, à Lusaka, en Zambie.  Avec ces émouvants souvenirs à l’esprit, nous avons explosé de joie lorsqu’apparut, donnant la main à Winnie, alors son épouse, la légende vivante qu’était Nelson Mandela. L’Histoire avançait sous nos yeux! Je me rappelle notre profonde admiration pour cet homme qui, au milieu de cette multitude de « fans », conservait une sérénité rassurante et une simplicité désarmante. L’authenticité en toutes circonstances est au coeur du charisme de Nelson Mandela.

Mais c’est tout naturellement dans son pays que « Madiba » (« l’Ancien ») a reçu l’accueil le plus émouvant. J’ai eu la chance de vivre quelques uns de ces instants magiques à une double occasion, à Johannesburg. Une fois lors d’une grande initiative de solidarité internationale sous l’égide de l’ANC, une autre dans le cadre du congrès du Parti communiste d’Afrique du Sud, alors fraichement légalisé. Le sage retrouvait son peuple. Il a pu mesurer la profondeur de l’affection , du respect et de la confiance que lui vouaient ses concitoyens. Cette qualité des relations avec son peuple, acquise tout au long d’une vie entièrement consacrée à la libération de celui-ci, il l’a mise, à l’heure de la victoire, au service de la construction d’une « société dans laquelle tous les Sud-Africains, blancs ou noirs, puissent marcher la tête haute ». Rien n’était moins évident, avant son irruption spectaculaire sur la scène politique officielle de son pays, qu’une sortie de l’apartheid sans une effusion de sang à la mesure des souffrances endurées par le peuple , de générations en générations. Ce pari , en 1990,n’est pas gagné d’avance! Mandela s’attelle à cette tâche dans chaque phrase de ses discours. Et l’alchimie se produit sous nos yeux. Entouré des dirigeants les plus prestigieux de l’héroïque parti communiste sud-africain à peine sorti de la clandestinité -le seul parti à compter alors dans ses rangs des blancs et des noirs jusqu’au plus haut niveau (et dont le Secrétaire général, Chris Hani, sera assassiné peu de temps après), Mandela galvanise les militants, qui l’interrompent en entamant une extraordinaire séquence de chants et de danses improvisés. Nelson Mandela, décontracté dans sa liquette à fleurs, esquisse à son tour quelques pas de danse au rythme imposé par les congressistes. La communion est totale. En reprenant la parole, il insistera sur une autre idée qui lui fut chère: la fierté de voir sortir son pays de l’isolement et de s’ouvrir en grand aux autres peuples du monde. L’hommage universel rendu aujourd’hui à Mandela, à son oeuvre et à son projet est le meilleur signe que,de ce point de vue aussi, sa mission est accomplie.

Certes,l’Afrique du Sud , même libérée de l’apartheid, a connu et connait de graves problèmes. Les affrontements de classe ont tendance à se substituer à l’ancienne ségrégation raciale. Pire: ce sont souvent les mêmes qui subissent tour à tour cette double oppression. Ce sont les couches déshéritées dans le passé qui subissent le plus le chômage et la pauvreté . Le successeur de Mandela, Le Président M’Beki a , dans le contexte international que l’on sait, choisi la voie libérale là où une transformation structurelle de l’économie et des rapports sociaux était nécessaire. On connait aussi les conséquences dramatiques de son long retard à s’attaquer aux ravages du sida. Plus récemment, celui qui lui a succédé, le Président Zuma, a à son passif la terrible et inacceptable répression des mineurs en grève . Tous ces manquements essentiels à l’espoir suscité par l’ère Mandela ont eu pour conséquences une perte de confiance du peuple et de profondes divisions dans l’ANC.  Si un cap historique a été franchi avec succès, le combat pour la libération humaine continue et ne s’arrêtera jamais. Et, une fois de plus,  il se révèle plus contradictoire qu’attendu. Cela ne banalise en rien les acquis irréversibles conquis de haute lutte. En revanche, c’est une confirmation sans équivalent de cette vérité démocratique essentielle: jamais, nulle part, la perspective n’est à rechercher du côté d’un homme providentiel. Mandela haïssait l’idolâtrie et mettait en garde contre l’illusion du « sauveur ». Il a,en permanence, appelé ses concitoyens à s’impliquer dans la construction progressive d’une « société dont toute l’humanité (soit) fière ».  C’est en ce sens que son héritage est impérissable et nous concerne tous.

4 juillet 2013 at 9:42 Laisser un commentaire


Entrer votre adresse e-mail pour vous inscrire à ce blog et recevoir les notifications des nouveaux articles par courriel.

Rejoignez 5 171 autres abonnés

Chronique européenne dans l’Humanité Dimanche

Intervention au Parlement européen (vidéo)

GUE/NGL : vidéo

septembre 2017
L M M J V S D
« Août    
 123
45678910
11121314151617
18192021222324
252627282930  

Catégories

Pages

Pages