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OÙ VA S’ARRÊTER L’OBSESSION ANTI-MIGRANTS DE L’UE ?

D’ici un mois, la Commission européenne doit présenter son projet de « cadre financier pluriannuel 2021-2027 ». Il s’agit d’un exercice hautement politique qui a lieu tous les sept ans. Il consiste à proposer de grandes priorités de l’Union européenne pour la période considérée, avec les enveloppes budgétaires qui y correspondent. À la fin, ce n’est pas la Commission qui décide, mais les gouvernements -à l’unanimité- après approbation du Parlement européen -à la majorité absolue, soit 376 voix sur les 751 élus. Cette planification des dépenses porte sur plus de 1000 milliards d’euros : c’est dire l’importance des débats qui précèdent ces votes !

Aussi n’est-il pas superflu de s’intéresser aux « communications » de la Commission à ce sujet, même si, à ce stade, il ne s’agit que d’hypothèses. Plongeons-nous, dans cet esprit, dans un récent texte de l’exécutif européen pompeusement intitulé : « Un cadre financier pluriannuel nouveau et moderne pour une Union européenne qui met en œuvre ses priorités avec efficience au-delà de 2020 » (1). La première de ces « priorités » a de quoi surprendre quiconque ne mesure pas l’obsession anti-migrants des dirigeants européens. Elle ne consiste, en effet, on s’en doute, ni en un renforcement de la dimension sociale des politiques européennes ni en une meilleure contribution à la transition écologique dans l’UE. Non, l’urgence européenne No 1 est de « Favoriser une meilleure gestion des frontières extérieures de l’UE » ! Ses auteurs échafaudent plusieurs scénarios correspondant aux différents degrés d’intégration européenne entre lesquels les Chefs d’Etat et de gouvernement auront à choisir dans ce domaine : soit le « corps européen de garde-frontières et de garde-côtes » (constitué en 2016) reste ce qu’il est -un complément aux mesures nationales des États concernés- ; soit cette responsabilité européenne est renforcée tout en laissant aux États membres l’essentiel des tâches en la matière; soit enfin, l’UE se verra confier la totalité de cette prérogative. Dans cette dernière hypothèse, « Un système de gestion des frontières totalement intégré nécessiterait 100 000 agents et la mise en place, au niveau de l’UE, d’un parc d’équipements substantiel (…) Le budget requis s’élèverait à près de 150 milliards d’euros sur une période de sept ans » !

D’ores et déjà, se félicitait la Commission dès l’an dernier, l’Agence européenne de garde-frontières « représente la plus grande mise en commun de ressources des États membres jamais réalisée » et constitue « l’illustration pratique de la volonté des États membres de (…) faire preuve de solidarité au nom de l’intérêt commun » (2). De quel « intérêt commun » s’agit-il pour bénéficier de cet exceptionnel élan de « solidarité » dont les Etats de l’UE sont, hélas, habituellement, si peu friands ? Le Commissaire pour les migrations nous l’explique non sans fierté, tant il est sûr d’aller dans le sens voulu par les États membres : les nouvelles « réserves d’intervention rapide de garde-frontières et d’équipements (visent à) améliorer le mécanisme de retour des migrants en situation irrégulière -un élément central de notre agenda européen en matière de migrations »(3). Illusion affligeante de « l’Europe-forteresse »!

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(1) COM(2018) 98 final (14/2/2018)
(2) Communiqué de presse de la Commission (25/1/2017)
(3) Idem

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5 avril 2018 at 3:29 Laisser un commentaire

CONTRE LA GUERRE : STOP ERDOGAN !

La première chose à rappeler à propos de l’offensive militaire turque contre la région de Syrie tenue par les Kurdes, c’est qu’il s’agit d’une « violation flagrante des principes du droit international » et d’un « acte d’agression pour lequel Erdogan et d’autres fonctionnaires de l’Etat (turc) devraient être tenus pénalement responsables » (1)

Circonstance aggravante: elle n’est pas le résultat d’une crise conjoncturelle, mais s’inscrit dans un projet stratégique affirmé du Président turc : empêcher à tout prix, dans cette région kurde du nord de la Syrie, la jonction de l’enclave d’Afrin (500 000 civils dont un grand nombre de réfugiés d’autres régions syriennes) avec les deux autres districts peuplés majoritairement de Kurdes, Kobané et Qamishli. L’émergence d’une entité autonome gérée par les Kurdes du Parti PYD, proche du PKK , à proximité de la Turquie, est le cauchemar d’Erdogan.

Ces combattants -que les Etats-Unis eux-mêmes considèrent être le meilleur rempart contre les « djihadistes » de Daesh, au point de vouloir les intégrer dans une force de 30 000 hommes chargés d’empêcher le retour de « l’Etat islamique »-, le dictateur d’Ankara n’y voit qu’une « armée de terroristes » qu’il s’est juré de « tuer dans l’œuf ».

En outre, tout opposant à cette guerre en Turquie-même subira le même sort : « Nous écraserons quiconque se dressera contre nous dans cette lutte nationale » avait prévenu Erdogan ! De fait, nombre de « traitres à la patrie » sont arrêtés, tandis que des « recommandations » sont transmises à la presse pour qu’elle livre à l’opinion un « journalisme patriotique »…Un vent de folie ultra-nationaliste et militariste souffle sur tout le pays.

Mais le maître d’Ankara ne limite pas ses menaces à ses compatriotes : « Si la France ou un autre pays porte l’affaire devant le Conseil de sécurité de l’ONU, la Turquie considèrera qu’elle prend parti pour une organisation terroriste et agira en conséquence », a-t-il froidement asséné à l’adresse de la communauté internationale, pourtant, à ce jour, fort mesurée dans ses critiques.

Ajoutons que cette aventure sanglante , non seulement perturbe la poursuite des combats anti-Daesh en Syrie -les Kurdes défendant désormais prioritairement leur propre territoire contre l’armée turque et ses supplétifs-, mais risque de compromettre les tentatives de négociations (dites d’Astana) en vue d’une transition politique entre Damas, les rebelles et les puissances engagées dans la tragédie syrienne. « Des zones de désescalade redeviennent des zones de conflits. Donc, naturellement, cela pose un problème au processus d’Astana » affirme le Général Trinquand, ancien chef de mission militaire de la délégation française à l’ONU.

Un dernier rappel s’impose: la France et l’Allemagne comptent parmi les pourvoyeurs d’armes du sinistre promoteur de l’opération « rameau d’olivier » ! Comme l’a souligné , non sans courage, un quotidien turc : pour les Occidentaux, « Les armes et l’argent sont prioritaires. Si l’on rappelle des principes politiques du bout des lèvres, c’est uniquement pour sauver les apparences ». (2) Assez d’hypocrisie ! Stop Erdogan !

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(1) Déclaration de l’Association internationale des juristes démocrates.
(2) Hürriyet Daily News 8/1/2018

2 février 2018 at 1:25 Laisser un commentaire

GUERRE OU PAIX : 3 GRAVES MENACES A SUIVRE EN 2018

Le monde hérite en 2018 de nombreuses zones de conflits ou susceptibles de s’embraser suite à l’irresponsabilité effarante de « dirigeants » de premier plan, au premier rang desquels figure  le chef de la « puissance indispensable », Donald Trump. Trois graves menaces du point de vue de la sécurité internationale sont à suivre tout particulièrement : dans la péninsule coréenne ; en Palestine; en Ukraine .

En Corée, un espoir de détente s’est levé à l’occasion du Nouvel An, quand le leader nord-coréen a, à la surprise générale, proposé de rencontrer son homologue du Sud « pour discuter de la participation » de Pyongyang aux Jeux Olympiques qui se dérouleront à Séoul en février prochain et , plus généralement, de « l’amélioration des relations inter-coréennes ». Le « téléphone rouge » entre les deux capitales va d’ailleurs rouvrir. Le Président sud-coréen a aussitôt saisi la balle au bond en proposant de tenir ces pourparlers dès le 9 janvier et en priant Washington de suspendre les méga-manoeuvres militaires prévues sous peu -comme chaque année !- dans la péninsule . « On verra, on verra » a répondu Trump, envisageant au mieux de décaler de quelques semaines cette gigantesque provocation et non  d’y renoncer comme l’y invitent depuis longtemps Pékin et Moscou ! Arrivera-t-on à empêcher la Maison Blanche de gâcher cette chance de relancer le dialogue dans la poudrière coréenne ? On aimerait entendre la France et l’Europe s’exprimer fortement sur cet enjeu crucial…

Au Proche-Orient, non content d’avoir, le mois dernier, scandaleusement encouragé les pires ultras en Israël en leur accordant sa caution sur l’annexion de Jérusalem, le pyromane de Washington vient de menacer de suspendre la contribution américaine -369 millions de dollars par an !- à l’Agence des Nations-Unies en charge des réfugiés palestiniens (l’UNRWA) si l’Autorité palestinienne… « refuse de négocier le traité de paix qui se fait attendre depuis trop longtemps avec Israël » ! La concrétisation de cette incroyable menace risquerait de pousser à bout ces 5,2 millions de Palestiniens les plus fragilisés, qui vivent, de génération en génération, depuis 1948, dans 59 camps répartis en Cisjordanie, à Gaza, à Jérusalem-Est, mais aussi dans les autres pays de la région. Rappelons que c’est pour suppléer au refus d’Israël d’assumer ses responsabilités de puissance occupante qu’a été créée l’UNRWA, afin d’assurer les services sociaux, la santé, l’éducation et l’aide humanitaire indispensable aux  Palestiniens chassés de leur terre. Voudrait-il provoquer l’explosion du désespoir que l’inqualifiable personnage américain ne s’y prendrait pas autrement. Là encore, l’inertie de Paris et de Bruxelles est consternante.

En Ukraine enfin, on notait avec un peu d’espoir un léger bouger, le 27 décembre dernier, lorsqu’a fini par aboutir le très attendu échange massif de prisonniers, sans précédent, entre Kiev et le Donbass. Il s’agissait enfin d’un début de mise en oeuvre d’un point des accords de paix de Minsk. C’était compter sans l’incommensurable irresponsabilité de Washington qui annonça quasiment au même moment son intention de fournir des armes létales lourdes -lance-roquettes; missiles antichars…- au pouvoir ukrainien, au risque de déclencher une nouvelle escalade meurtrière dans la région. Ce à quoi Emmanuel Macron et Angela Merkel ont réagi en se contentant de rappeler, sans autre considération, « leur attachement à la mise en oeuvre intégrale des Accords de Minsk »… Voilà pourquoi il est si important que l’enjeu de la guerre ou de la paix devienne ou redevienne une grande question populaire.

11 janvier 2018 at 4:31 Laisser un commentaire

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