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LES LENDEMAINS CONFUS DES ÉLECTIONS ALLEMANDES

Des négociations surréalistes sont engagées entre partis allemands en vue de constituer un gouvernement à l’issue des élections législatives. Comme en 2017, ces laborieuses tractations font réapparaître au grand jour une crise de la démocratie que l’autorité de la Chancelière auprès d’une majorité de ses concitoyens a conduit, depuis le dernier scrutin, à sous estimer.
 En vérité, la confusion est totale. Alors qu’Angela Merkel continue de jouir d’une popularité enviable, son parti, la CDU, en recul d’élection en élection , vient d’enregistrer le pire score de son histoire.
À l’inverse, « à gauche », le SPD se redresse spectaculairement…mais celui qui incarne ce succès électoral -Olaf Scholz, numéro 2 du gouvernement sortant et chantre de l’austérité- a mené toute sa campagne en héritier, sinon en sosie, d’Angela Merkel, dont il n’a cessé de louer la « réussite ».
En outre, CDU comme SPD envisagent, pour recueillir la majorité requise au Parlement, de s’allier à deux formations minoritaires : les Verts et les Libéraux (FDP), lesquels ont déjà entrepris les discussions pour définir leurs « lignes rouges » communes face à l’un ou à l’autre des deux candidats à la Chancellerie. 
Problème : si les Verts se veulent les champions de la défense du climat, les Libéraux en sont les cancres, pour sauvegarder le « dynamisme économique »du pays ; quand les premiers plaident pour un vaste programme d’investissements publics, les seconds s’y opposent au nom de la sacro-sainte « réduction des dépenses »; la promesse des uns de faire payer plus aux grandes fortunes percute frontalement l’obsession des autres de réduire les impôts des plus riches…L’improbable « compromis » issu de cet imbroglio devra ensuite être négocié avec l’un des deux ex-piliers du système politique allemand, décidément bien fatigué. Le résultat final est attendu, au mieux, pour Noël…
Circonstance aggravante : cette médiocre « classe politique » semble rassurée de constater que l’extrême-droite de l’AfD a , globalement, perdu quelques plumes par rapport à 2017 (où elle avait prospéré sur l’effet « migrants » de 2015). Dangereuse quiétude : la mouvance brune « en recul »vient tout de même de faire entrer 83 députés au Bundestag et confirme, hélas, son influence dans les Länder de l’Est, jusqu’à arriver en tête de tous les partis en Saxe ! 
Dans ce contexte, on regrettera d’autant plus la contre-performance de nos amis de Die Linke, notamment victimes du « vote utile » pour en finir avec la domination de la droite…
Souhaitons au plus vite, face aux épreuves à venir, un sursaut des forces de progrès : la démocratie allemande en a bien besoin.

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Je souhaite témoigner ma profonde amitié à Patrick Lehyaric au moment où il décide de quitter la direction de « l’Humanité » qui lui doit tant ! Merci pour ces 21 années de ténacité et de créativité couronnées de succès.

8 octobre 2021 at 10:49 Laisser un commentaire

UN « SEMESTRE ALLEMAND » À SUIVRE DE PRÈS !

Pour la première fois depuis 2007 -autant dire une autre époque- l’Allemagne va prendre, le 1er Juillet prochain, la présidence de l’Union européenne pour une durée de six mois. Depuis 2009, le Conseil européen dispose d’un Président ou d’une Présidente permanent.e (Actuellement, l’ancien Premier Ministre belge, Charles Michel), ce qui relativise le rôle des présidences tournantes de chaque État membre : qui sait, par exemple, que l’UE est présidée depuis le 1er Janvier dernier par la Croatie ? Il en va tout différemment quand c’est un pays comme l’Allemagne qui prend les rênes des « 27 » . C’est que, dans l’UE, tous les Etats membres sont égaux, mais certains le sont plus que d’autres…La première puissance européenne va même étendre son influence sur les deux semestres suivants, dont la présidence sera assurée par la Slovénie puis le Portugal : ce « trio » dominé par l’Allemagne coopérera, en fait, étroitement jusqu’à la fin 2021. C’est une première raison de suivre avec une particulière attention les débats qui auront lieu et les décisions qui seront prises durant cette période. Mais c’est surtout l’accumulation d’enjeux, plus lourds les uns que les autres, durant les mois qui viennent, qui appelle, plus que jamais, de notre part une vigilance de tous les instants. 

Récapitulons quelques points prévisibles de l’agenda européen d’ici la fin de l’année : les implications financières, économiques, sociales et politiques du « Fonds de relance » de 750 milliards d’euros qui dépendront des décisions des Etats membres et du Parlement de Strasbourg ; la finalisation des négociations sur le « Brexit » -dont dépendra notamment l’implantation (ou non) , à nos portes, d’un champion du « dumping » social, fiscal ou/et environnemental-; l’adoption du budget européen pluriannuel 2021-2027, susceptible de se traduire (ou non) par une diminution sensible des aides aux agriculteurs et aux pays et régions défavorisés ; le respect (ou non) des engagements pris en matière de lutte contre le dérèglement climatique, que la pandémie a relégué au second plan depuis mars dernier ; le contenu concret de la « priorité au numérique » annoncée, en termes d’emplois, de qualifications, de services publics, de taxation des multinationales, de réduction de la dépendance aux géants américains du Web…; l’évolution du projet de « défense (dite) européenne », qui se traduit jusqu’ici -outre l’allégeance à l’OTAN- par une gabegie indécente d’achats d’armements (dont pour plus de 100 milliards d’euros à l’industrie aéronautique…d’outre-Atlantique) ; ou, plus généralement, les choix stratégiques  qu’appellent de la part de l’UE les aventures irresponsables du clown triste de la Maison-Blanche , qu’il s’agisse de la ruineuse guerre économique lancée tous azimuts ou des tensions internationales meurtrières, alimentées en particulier au Moyen-Orient.
Quelle attitude adoptera la France sur chacun de ces points, et bien d’autres ? Le débat politique national doit impérativement se saisir de cette question.

25 juin 2020 at 3:37 Laisser un commentaire

RESTER DIGNE OU SE FAIRE ÉLIRE : FAUT-IL CHOISIR ?

Il y a des concomitances d’événements qui ont beau n’avoir aucun rapport entre eux : elles nous frappent et nous forcent à réfléchir. C’est le cas, à quelques jours d’intervalle, de la victoire électorale de la Cheffe des sociaux-démocrates au Danemark et…de l’assassinat d’un dirigeant chrétien-démocrate en Allemagne. C’est que la première doit son succès à sa ligne très dure contre les migrants tandis que le second vient de perdre la vie en raison de son engagement résolu en faveur de l’accueil des réfugiés. Résumé.

Depuis près de 20 ans, le pays de la « Petite Sirène » est, exceptée une courte parenthèse, dirigé par une coalition entre Libéraux et Extreme-droite. Le partenaire européen de Le Pen ( le « Parti populaire danois ») a beau être toujours resté minoritaire, c’est lui qui a donné le « LA » à la politique du gouvernement en matière d’immigration. Ainsi, en 2018, le gouvernement annonça-t-il par avance qu’il n’accorderait aucun droit d’asile durant l’année. En 2019, une nouvelle loi visa même les réfugiés déjà installés dans le pays, appelés à être « renvoyés chez eux » dès que possible…Or, aux élections générales qui viennent de se tenir au Danemark, le 4 juin dernier, si la droite au pouvoir améliorait encore ses positions, son allié xénophobe, lui, enregistrait son pire score depuis 1998. Dès lors, la fuite en avant anti-migrants allait-elle être enrayée ? Pas du tout. C’est que le parti social-démocrate a soutenu sans vergogne cette dérive réactionnaire -fermeture des frontières, placement des migrants en détention, saisie des bijoux et des biens des réfugiés…- quitte à perdre sur sa gauche les voix ainsi gagnées sur l’extrême-droite ! Au total, le parti social-démocrate recule, mais en affaiblissant l’allié de la droite, il s’est ouvert la voie vers le pouvoir…Désormais, annonce la probable future Cheffe du gouvernement -minoritaire- de Copenhague, Mette Frederiksen, elle compte sur l’appui de la gauche (la vraie) pour sa politique sociale et écologique, et sur la droite pour sa politique migratoire ! Ben voyons !

Rester digne ou se faire élire : faut-il choisir ? Espérons que l’on n’en arrive pas là et que cette lâcheté finisse par être sévèrement sanctionnée dans les urnes ! En tout cas, comment ne pas être saisi par cette malheureuse coïncidence : deux jours auparavant, en Allemagne, pays dont le « Ministre de l’Intérieur, des Travaux publics et la Patrie (sic) », l’ultra Seehofer, dirigeant de l’aile bavaroise de la CDU (la CSU), considère que « la question migratoire est la mère de tous les problèmes du pays », un tout autre responsable chrétien-démocrate, ancien député du Land de Hesse, devenu Président (CDU) du gouvernement local de Kassel, Walter Lübcke, régulièrement menacé de mort pour ses prises de position favorables à l’accueil des réfugiés, a été tué par balle par des inconnus. Un assassinat aussitôt salué par ceux qui vouaient à ce « catholique fier de ses valeurs » une haine féroce depuis 2015. Jusqu’où va-t-on laisser dériver la manipulation éhontée de la « crise migratoire » avant de se résoudre à l’indispensable sursaut !

13 juin 2019 at 8:49 Laisser un commentaire

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