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CUBA : 66 ANS D’ OBSESSION IMPÉRIALE DE WASHINGTON
« Tous les moyens possibles et imaginables doivent être utilisés rapidement pour affaiblir la vie économique à Cuba (…) afin de semer la faim, le désespoir et forcer le renversement du gouvernement » ! Nous sommes en avril 1960, au tout début de la révolution cubaine. On ne parle encore à La Havane ni de socialisme ni de communisme; il n’y a encore aucun lien entre le nouveau régime et l’Union soviétique. Fidel Castro prône d’ailleurs une « troisième voie ». A Washington pourtant, l’administration Eisenhower ne peut accepter pareil symbole de conquête de la souveraineté à 150 km de la Floride, ni pareil « mauvais exemple » pour d’autres peuples d’Amérique latine. C’est alors que paraît à Washington le « Mémorandum Mallory » (du nom du Secrétaire d’Etat adjoint aux Affaires interaméricaines) d’où est tirée la citation ci-dessus…Comme on le voit, l’obsession impériale de « prendre Cuba » (dixit Donald Trump), fût-ce en recourant aux moyens les plus odieux, plonge ses racines dans des décennies d’histoire.
1961 : tentative d’invasion militaire de la baie des Cochons par des exilés cubains soutenus par les Etats-Unis. 1962 : mise en place de l’embargo économique, commercial et financier par les Etats-Unis contre Cuba à la suite de nationalisations de compagnies américaines (Exxon Mobil, Texaco, Hilton, AT&T…). 1992 (après la chute de l’URSS, principal partenaire commercial de l’île) : lois Toricelli (destinées à « semer le désordre dans l’île » selon « The Baltimore Sun », 30/8/1994), puis 1996 : loi Helms-Burton étendant l’embargo au monde entier en sanctionnant tout pays contrevenant aux exigences de Washington. A partir de 2000, on assiste à quelques assouplissements du blocus, notamment sous la présidence Obama (2009-2017), la tendance se retournant avec Donald Trump, furieux de la résilience de Cuba, du soutien massif recueilli chaque année par l’île caribéenne à l’ONU, sans parler de l’appel de nombreux pays au personnel médical cubain, y compris, face au Covid, des États occidentaux comme l’Italie en 2019 (notamment en Lombardie) et la France en 2020 (en particulier dans les Antilles).
Dopé par le « succès » de l’enlèvement du Président du Vénézuela, principal partenaire commercial de Cuba , le prédateur de la Maison-Blanche saisira l’occasion tant attendue d’asphyxier l’île rebelle. Au nom …de la « menace exceptionnelle » que ferait peser Cuba sur la sécurité nationale des Etats-Unis (?!), il privera l’île et ses 9 millions de citoyennes et de citoyens, grâce au blocus énergétique et aux menaces de sanctions visant tout pays qui le contournerait, d’une grande partie de ses sources de revenus : tourisme, industrie du tabac, agriculture, extraction du nickel…La première victime de cette agression barbare est naturellement le peuple lui-même : la vie quotidienne est rendue plus éprouvante que jamais du fait des sévères restrictions, les écoles et les universités tournent au ralenti, le système de santé -salué par l’Organisation mondiale de la santé, tant pour sa qualité qui assure aux Cubaines et aux Cubains une espérance de vie supérieure à celle des États-Unis, que pour la solidarité témoignée par La Havane, notamment à l’Afrique- est durement touché par les pénuries de médicaments et de matériels médicaux et soumis à la crise énergétique générée par le blocus américain.
Cet acharnement, aujourd’hui proche du paroxysme, fait de la défense de Cuba une cause emblématique pour quiconque est, tout simplement, attaché-e au droit international et à la dignité humaine. C’est à elles, à eux, que nous nous adressons aujourd’hui.




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