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LE COÛT EXORBITANT DE LA GUERRE DE TRUMP POUR LE MONDE
« A tous ceux (…) qui pensent que je suis pressé de mettre fin à la guerre avec l’Iran, sachez que je suis sûrement la personne la moins sous pression (..) J’ai tout le temps du monde » : avec cette fanfaronnade, Donald Trump a affiché son indifférence totale pour le coût humain, économico-financier et écologique exorbitant de sa guerre pour le monde.
Indifférence au calvaire imposé au peuple iranien, tout d’abord. Celui-ci est placé depuis plus d’un mois entre l’enclume d’un régime sans pitié pour les récalcitrants et le marteau d’une traumatisante pluie de bombes destructrices et meurtrières, puis des lourds effets sociaux et sanitaires du blocage des ports iraniens par l’armada américaine. Sans oublier l’horreur et l’humiliation qu’a représenté pour toute une nation, riche de 3000 ans d’Histoire, le fait d’entendre le Président de la première puissance du monde proférer des menaces aussi obscènes que de « ramener (l’Iran) à l’âge de pierre » ou de faire en sorte que , « probablement », « une civilisation entière va disparaître ce soir pour ne plus jamais renaître » !
Parmi les victimes « collatérales » de cette guerre figurent, ensuite, tous les peuples qui subissent, sous une forme ou une autre, les retombées de la fermeture, par les Iraniens, du détroit d’Ormuz -conséquence directe et parfaitement prévisible de l’agression militaire américano-israélienne du 28 février. Parmi ces victimes, il y a, certes, les voisins immédiats : les monarchies du Golfe persique, alliées à Washington. Bien plus dramatiques sont les implications de cette fermeture pour la sécurité alimentaire mondiale, du fait de la dislocation des chaînes d’approvisionnement, notamment en intrants agricoles. Selon le Programme alimentaire mondial (PAM, ONU), « 45 millions de personnes supplémentaires sont exposées à une insécurité alimentaire aiguë » ! Et c’est, une fois de plus, l’Afrique, grosse importatrice d’engrais de Moyen-Orient, qui se retrouve au centre de de la crise. La guerre déclenchée par les Etats-Unis et Israël est, en outre, comme on le sait, responsable du « choc d’approvisionnement pétrolier le plus important et le plus grave de l’histoire » (Agence internationale de l’énergie) et de ses sévères contrecoups économiques et sociaux, appelés à se prolonger bien au-delà du conflit lui-même.
Enfin, on aurait grand tort de sous-estimer les conséquences environnementales et sanitaires durables de cette guerre : « Les frappes visant des installations pétrolières, les incendies industriels et les atteintes aux infrastructures énergétiques ont provoqué d’importantes pollutions atmosphériques et hydriques, exposant les populations a des risques sanitaires immédiats et à long terme » souligne très pertinemment la co-directrice de l’Observatoire de la santé mondiale de l’IRIS (1). On n’évoquera pas, à ce stade, les bouleversements politiques et stratégiques considérables consécutifs à cette guerre -répétons-le : provoquée unilatéralement par Donald Trump sur insistance de Benjamin Netanyahu, en dépit de toutes les mises en gardes répétées depuis plusieurs décennies contre cette aventure irresponsable et criminelle. À toute la Communauté internationale d’en tirer les conclusions.
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(1) « La guerre en Iran : un conflit aux conséquences environnementales et et sanitaires durables » par Anne Sénéquier, chercheuse à l’Institut de Recherches Internationales et Stratégiques (IRIS, 13/3/2026)




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