AU POETE DE LA FRANCE REBELLE

20 mars 2010 at 10:38 Laisser un commentaire

J’étais en train de réfléchir à ma chronique de la semaine.  Je comptais proposer de l’intituler: « Nous sommes tous des Grecs! » – tant l’orage qui s’abat sur ce peuple cher doit non seulement nous émouvoir, mais nous alerter sur le gros temps que porte la nuée au-dessus de nos propres têtes.  C’est alors qu’en allumant la radio à l’heure des infos, j’entendis en guise de titre, la chaude voix de Jean Ferrat.  Je compris aussitôt que le poète de « ma France, la belle, la rebelle » venait de nous quitter… 

         Tristesse: le mot est bien trop faible et trop banal pour décrire ce que ressent en ce moment quiconque a été nourri, au fil des étapes de son propre engagement, par ses accents de générosité et son insatiable goût du combat pour « un monde où l’on n’est pas toujours du côté du plus fort ».  Instantanément nous reviennent des passages chantés avec une telle sincérité et une telle justesse qu’ils sont gravés dans notre mémoire comme autant de marqueurs de l’identité humaniste qu’il incarnait à merveille: « On vit l’Espagne rouge de sang crier dans un monde immobile »; « Marin, ne tire pas sur un autre marin »; « Ils voulaient simplement ne plus vivre à genoux »; « Ah, Monsieur D’Ormesson, vous osiez affirmer qu’un air de liberté flottait sur Saigon! », et aussi « Camarades, que venez-vous faire ici? », à Prague… 

         A mesurer l’intensité de l’émotion suscitée par la disparition de cet éveilleur de consciences, qui « ne chantait pas pour passer le temps » mais pour exprimer une saine révolte contre l’injustice et l’oppression et s’engager, au milieu des humbles, au service de l’émancipation humaine, on ne peut qu’être conforté dans l’idée que cette éthique, si étrangère au culte du « gagneur » dont on nous abreuve, – de même que le choix d’une vie pleine de pudeur et de retenue si opposé à l’exacerbation des ego qui peuplent notre univers – continuent de répondre à une attente profonde en France et au-delà.  C’est le magnifique message d’espoir que nous lègue Jean Ferrat. 

« Cet air de liberté au-delà des frontières

Aux peuples étrangers qui donnaient le vertige

         Et dont vous usurpez aujourd’hui le prestige

         Elle répond toujours du nom de Robespierre

         Ma France »

Publicités

Entry filed under: Actualité, Culture, Europe, Francis Wurtz, Franciswurtz.net, HD, Humanité Dimanche, Jean Ferrat. Tags: .

« TRIBUNAL RUSSELL » : JUSTICE POUR LA PALESTINE ! EUROPE: LE CRUEL REVELATEUR GREC!

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Trackback this post  |  Subscribe to the comments via RSS Feed


Entrer votre adresse e-mail pour vous inscrire à ce blog et recevoir les notifications des nouveaux articles par courriel.

Rejoignez 5 170 autres abonnés

Chronique européenne dans l’Humanité Dimanche

Intervention au Parlement européen (vidéo)

GUE/NGL : vidéo

mars 2010
L M M J V S D
« Nov   Avr »
1234567
891011121314
15161718192021
22232425262728
293031  

Commentaires récents

Robert Loiseau sur NON , LA CAMPAGNE DE 2005 N…
Sylvie sur D’ISRAEL À LA TURQUIE :…
de ANDRADE sur LES TROIS PREMIÈRES LEÇONS DU…
Gabriel Legros-Colla… sur FACE À L’ EFFET TRUMP,…
Gabriel Legros-Colla… sur WOLFGANG SCHÄUBLE, «…

Catégories

Pages

Pages


%d blogueurs aiment cette page :