TRUMP,  « PREMIÈRE MENACE MONDIALE »

24 avril 2026 at 3:46 Laisser un commentaire

Prendre toute la mesure de la dangerosité de Donald Trump et du trumpisme en général est devenu un enjeu politique de première importance. Ivre de puissance, dopé par le « succès » militaire et l’impact politique de l’enlèvement du Président du Venezuela, flatté par la complaisance que lui manifestent nombre de dirigeants occidentaux, encouragé à la fuite en avant par son allié israélien, le locataire  de la Maison-Blanche s’est pris à son propre piège en déclenchant au Moyen-Orient une guerre aux ramifications mondiales dont il cherche désespérément à se défaire, tout en s’enferrant à force d’arrogance et d’inconséquence.

Cette irresponsabilité chronique de Trump n’a pas empêché la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen -véritable baromètre des tendances réactionnaires en gestation en Europe- de tirer de l’expérience de ces derniers mois la conviction très trumpiste que « la crédibilité » de l’Europe « en tant qu’acteur géopolitique » exigeait de jeter par-dessus bord « toutes ces tentatives bien intentionnées de consensus et de compromis » (en d’autres termes, le droit international et la diplomatie ) au profit d’une « politique étrangère plus réaliste et axée sur les intérêts » ! Manifestement fascinée par la méthode Trump dite de « la paix par la force », elle veut en outre qu’au nom de la « recherche de la paix dans le monde d’aujourd’hui, l’Europe (soit) capable de projeter sa puissance » et qu’ « en Afrique ou au Moyen-Orient, nos investissements signifient que nous disposons de moyens de pression et d’influence » ! (1)

Heureusement, l’allégeance au dangereux autocrate américain, ou l’imitation de son modèle passe de plus en plus mal auprès des opinions publiques européennes . Victor Orban, le petit Trump hongrois, en sait quelque chose…« Trump et les Etats-Unis sont la première menace mondiale, avant la Russie, avant la Chine ! » :  ce constat récent du journaliste franco-américain Gallagher Fenwick, sur LCI, illustre l’évolution spectaculaire de l’analyse de nombre d’observateurs du désordre mondial. Aucun de ces analystes n’est pourtant suspect de la moindre indulgence pour l’agression russe contre l’Ukraine. C’est bien l’expérience sidérante de la politique du Président nord-américain qui fait prendre conscience des risques majeurs qu’il fait courir à l’humanité. Quant à la Chine, il est désormais courant de la voir qualifiée de principal « pôle de stabilité », sinon de « rationalité », dans un monde dangereusement déstabilisé par les foucades, aux conséquences potentiellement ravageuses, du chef de la première puissance mondiale. C’est dire si toute forme de faiblesse face à la soif inextinguible de domination de Washington, à plus forte raison tout type de soumission à Trump, est à combattre activement . 

La même accélération de la prise de conscience de la dangerosité du trumpisme en action est observable en ce qui concerne Benjamin Netanyahu, y compris de la part de personnalités connues pour leur profond attachement à Israël. La mise en échec de la loi Yadan, qui consacrait l’amalgame entre antisémitisme et critique de la politique d’Israël, est, de ce point de vue, un signe encourageant.

Ne laissons pas se banaliser la « trumpisation » du monde, sous toutes ses formes ! L’Histoire ne nous a pas toujours dit où commençait la « première menace mondiale », mais elle nous a appris où elle pouvait finir. 

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(1) Discours aux ambassadeurs européens dans le monde (9mars 2026)

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LA DIPLOMATIE , PAS LA GUERRE !

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