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POUR L’UE, LA PRIORITÉ, AUJOURD’HUI, C’EST…LA DÉFENSE !
Tandis que notre attention était concentrée sur les enjeux des élections législatives -en particulier les menaces du gouvernement Macron-Philippe sur le code du travail et la protection sociale- la Commission européenne annonçait, le 7 juin dernier, un « plan d’action » sans précédent destiné à ouvrir la voie à une » Europe de la défense « . Elle juge ses propositions tellement prioritaires qu’elle demande aux Chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE de les mettre à l’ordre du jour de leur tout prochain Sommet, le 22 juin prochain.
Il s’agirait, en premier lieu, de décider la création d’un » Fonds européen de la défense » .(FED). Celui-ci doit servir à favoriser des coopérations entre plusieurs Etats européens -condition absolue pour bénéficier de ses subventions- en matière de recherche dans les technologies militaires : électronique; métamatériaux; logiciels cryptés; robotique… Son volume passerait de 29 millions d’euros dès cette année à 90 millions en 2020, puis 500 millions par an au-delà. Par ailleurs, ce FED cofinancerait l’achat en commun par plusieurs Etats membres d’ équipements militaires, tels que des hélicoptères « en grande quantité pour réduire le coût », précise la Commission, ou encore des investissements en commun dans la technologie des drones : 5 milliards d’euros par an seraient mobilisés pour ce type d’opération. Ce projet vise ainsi à rompre avec une doctrine aussi ancienne que la construction européenne elle-même, qui veut que le budget européen soit exclusivement à visée civile. Des prêts de la Banque européenne d’investissement iraient également aux entreprises des » chaînes d’approvisionnement de la défense « . Enfin, la Commission se dit décidée à renforcer « les conditions propices à un marché de la défense ouvert et compétitif en Europe »…
Plus généralement, les Chefs d’Etat et de gouvernement seront invités à fixer leur niveau d’ambition pour cette » Europe de la défense » que Bruxelles brûle de bâtir : soit ils optent pour le statu quo ( l’UE se limiterait, comme aujourd’hui, à des interventions militaires de « gestion de crises » à l’extérieur de son territoire ); soit ils envisagent des missions de combat « de haute intensité » à nos frontières ou ailleurs ; soit enfin ils décident de s’orienter vers une armée européenne « capable de conduire des opérations de pointe contre les groupes terroristes (…), des missions navales en milieu hostile ou des plans de cyberguerre ». Précision -mais qui en douterait : » Il n’est pas question de remplacer l’OTAN » , indique en passant Federica Mogherini, responsable de la politique extérieure et de sécurité de l’UE.
Pourquoi ce branle-bas de combat maintenant ? Est-ce ainsi que nous comptons empêcher les attentats ? Régler la crise ukrainienne ? Certains y verraient-ils le moyen de « sécuriser nos frontières » menacées par l’afflux de « migrants illégaux » ? Ou alors, serait-ce le seul « grand dessein »qu’on ait trouvé pour redonner au projet européen une raison d’être ? Les Français auront-ils leur mot à dire sur des choix aussi structurants ? La future Assemblée nationale en débattra-t-elle seulement ? Un sujet de plus à garder à l’esprit en choisissant nos parlementaires , dimanche prochain.
PENDANT LES ÉLECTIONS, LE COMBAT POUR LA PAIX CONTINUE
Le 25 mai dernier, à Bruxelles, en même temps que se tenait le « sommet » de l’OTAN, plusieurs dizaines d’organisations de lutte pour la paix -regroupées dans le collectif « Stop NATO 2017 »- se sont retrouvées à quelques encablures de là, au cours d’une journée d’échanges consacrés aux périls à conjurer et aux perspectives à ouvrir en matière de sécurité internationale. Le Parti communiste français , ainsi que « Die Linke » (gauche allemande) ont activement pris part à ces travaux, malgré leur campagne électorale respective, et il faut s’en réjouir ! (1) Parmi les nombreux enjeux abordés à cette conférence, arrêtons-nous sur trois d’entre eux : l’augmentation substantielle des dépenses militaires décidée par les 28 Chefs d’Etat ou de gouvernement des pays membres de l’OTAN sur l’injonction de Donald Trump ; la question de l’avenir des armes nucléaires ; enfin, l’appel à une grande Conférence sur la sécurité et la coopération en Europe -une sorte de « Conférence d’Helsinki » 2.
D’abord, les dépenses d’armement. À Bruxelles, il aura suffi au fantasque Président des Etats-Unis que de 90 petites minutes (repas compris et poignées de mains viriles incluses) pour obtenir sans coup férir de ses « alliés » tout ce qu’il voulait. D’un côté, l’engagement de l’OTAN dans la guerre contre le terrorisme (ce qui, dans la conception de Trump, risque non de réduire mais d’amplifier le phénomène qu’elle est censée combattre). De l’autre, la décision de porter dans chaque pays, le plus rapidement possible, le budget de la Défense à 2% du « produit intérieur brut » (PIB), soit, pour la France, à 44,5 milliards d’euros (+ 10 à 12 milliards par rapport au budget actuel ! ) C’est l’équivalent de deux fois le budget de l’enseignement supérieur et de la recherche ! Peut-on laisser passer une telle mesure sans réagir ? Il appartient à la gauche de rouvrir le débat sur les conditions d’une sécurité durable -a contrario des objectifs de l’OTAN- et de traduire ces sommes folles en nombre de lits d’hôpital , de salles de classes, de bourses scolaires, de bibliothèques, de stages de formations , de programmes de recherches…en plus ou en moins ! Un thème d’actualité, puisque ce sont les futurs député.e.s qui voteront le budget de la nation.
Concernant les armes nucléaires, n’est-ce pas , là encore, l’honneur et même le devoir de la gauche de reprendre l’initiative sur cet enjeu de civilisation ? Les rapports d’experts sur les conséquences dévastatrices que pourrait avoir une utilisation d’…1% des stocks actuels de ces armes monstrueuses vous glacent le sang ! Or, les budgets des armes nucléaires dans le monde sont appelés à doubler dans les 10 prochaines années ! Quoi de plus vital que de travailler à une dynamique de désarmement en vue de l’abolition des armes nucléaires ?
Enfin, quitte à nous répéter, il est plus que temps de liquider définitivement l’héritage de la « guerre froide » en ouvrant le chantier d’un traité de sécurité et de coopération associant tous les pays du continent, à commencer par les Etats de l’UE et la Russie. C’est cette négociation que nous appelons un « Helsinki » 2 , en référence au succès diplomatique historique de 1975. Sans attendre que nos Chefs d’Etat s’y résolvent, n’y aurait-il pas tout à gagner à lancer le mouvement au niveau de nos sociétés civiles, mouvements de paix, syndicats, intellectuels, créateurs, humanistes de toutes sensibilités ? La lutte pour la paix est, aujourd’hui comme hier, l’enjeu vital par excellence. La campagne des élections législatives n’en sera que plus digne en lui réservant la place qui lui revient.
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(1) Le PCF était représenté par Lydia Samarbakhsh, responsable du département international; Catherine Margaté; Michel Billout ; Laurent Perea et Francis Wurtz.
L’APPEL DES DÉPUTÉS PALESTINIENS ET KURDES EMPRISONNÉS
Alors que nous nous apprêtons à voter et à faire voter pour les femmes et les hommes que nous jugeons les plus dignes de nous représenter dans la future Assemblée Nationale, il y a , en Israël et en Turquie, des députés bénéficiant d’un large soutien de leur peuple qui sont en prison . Les uns et les autres ont adressé à leurs collègues parlementaires du monde entier -et, plus généralement, à tous les démocrates- un vibrant appel à la solidarité . Rappelons qu’il y a actuellement 6500 prisonniers politiques palestiniens en Israël et presqu’autant de démocrates kurdes détenus en Turquie ! Nous ne les oublions pas .
Le premier de ces appels émane de Marwan Barghouthi, figure de premier plan du mouvement palestinien. Cela fait un mois déjà (!) ce 17 mai qu’à son initiative, plus de mille prisonniers observent une grève de la faim pour arracher des conditions de détention moins inhumaines. Face à cette action courageuse intitulée « Liberté et Dignité », le gouvernement Nétanyahou a choisi la politique du pire. « Nous entrons dans une période extrêmement critique » vient de déclarer le président du Club des prisonniers. Juste avant d’être placé en isolement absolu, celui que les autorités israéliennes savent être aujourd’hui le leader le plus populaire dans toutes les couches de la société palestinienne, avait réussi à faire connaître cette interpellation publique de tous les parlementaires du monde sensibles aux « droits humains fondamentaux tels qu’ils sont garantis par le droit international ». Alors que la santé de tous ces grévistes de la faim se détériore de jour en jour, retour sur ce poignant témoignage : « Je fus le premier parlementaire à être arrêté, en 2002. Depuis, Israël a arrêté 70 parlementaires -plus de la moitié du Conseil législatif, le Parlement palestinien- et 13 d’entre eux restent détenus à ce jour (…) Le sort infligé aux parlementaires palestiniens reflète le sort du peuple qu’ils représentent (…) Aux yeux d’Israël, nous sommes tous coupables et l’accusation non déclarée, c’est notre désir de liberté, notre soif de liberté, notre sacrifice pour la liberté (…) J’en appelle à vous (…) Je vous demande de soutenir la liberté et la dignité du peuple palestinien afin que la paix puisse prévaloir. »




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