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600 PALESTINIENS DU MONDE ENTIER RÉUNIS A RAMALLAH

Ils sont venus des pays de tout le Proche-Orient, du Golfe persique, du Maghreb, des Etats-Unis, d’Amérique latine ou d’Europe : plus de 600 représentants de communautés palestiniennes des territoires occupés et de la nombreuse diaspora (2/3 des 12 millions de Palestiniens officiellement recensés) se sont retrouvés du 30 avril au 2 mai derniers, à Ramallah, près de Jérusalem. Ensemble, ils composent le Conseil National Palestinien (CNP) , sorte de Parlement de l’Organisation de Libération de la Palestine , qui tenait sa première session ordinaire depuis…22 ans ! Outre le nécessaire renouvellement des instances dirigeantes du mouvement, l’évolution dramatique de la situation sur le terrain justifiaient amplement cette convocation.

Une grande partie du discours-fleuve d’ouverture du Président Mahmoud Abbas retraçait l’histoire de la Palestine , non sans quelques digressions surprenantes, confuses et choquantes (1). Mais l’essentiel était ailleurs. D’abord dans l’évocation des relations avec le Hamas (qui a boycotté la réunion) , très tendues, le mouvement islamiste majoritaire à Gaza refusant le contrôle de l’Autorité palestinienne, en particulier sur le plan de la sécurité du territoire. Ensuite dans la réaffirmation de l’attachement à la « solution à deux Etats » (israélien et palestinien), sur la base des résolutions des Nations-Unies : frontières d’avant les annexions de 1967, avec Jérusalem-Est comme capitale de l’Etat palestinien.

L’autre intérêt de cette impressionnante réunion était la présence massive d’invités du monde entier (plus de 1500) dont certains ont pu s’adresser à toute l’assemblée . Parmi eux, les représentants de la Ligue des Etats arabes, de la Chine et de la Russie qui ont tous délivré un message de solidarité très clair aux Palestiniens -ce qui, dans le contexte de la désastreuse initiative de Donald Trump sur Jérusalem, est loin d’être négligeable. Remarquable aussi, le chaleureux et combatif témoignage du Président du troisième groupe politique …de la Knesset, le Parlement israélien ! En effet, depuis 2015, l’accord conclu entre le Hadash (alliance de gauche dominée par le Parti communiste israélien) et le « Mouvement arabe pour le renouveau » a , paradoxalement, assuré aux forces progressistes un poids inédit dans l’un des plus réactionnaires parlements israéliens depuis la création du pays. Enfin, plusieurs Européens se sont également relayés à la tribune, dont un dirigeant du Sinn Fein irlandais, une parlementaire de Syrisa de Grèce ainsi que votre serviteur , représentant le Secrétaire national du Parti communiste français, Pierre Laurent.

Quelles attentes vis-à-vis de l’Union européenne se dégagent-elles principalement des nombreuses rencontres occasionnées par cet important rendez-vous palestinien ? Dans le moment présent, elles peuvent se résumer ainsi : la reconnaissance immédiate de l’Etat palestinien (même si l’unanimité des « 28 » ne peut être acquise, comme l’UE a su le faire dans le cas de la reconnaissance du Kosovo malgré l’opposition de plusieurs Etats membres); la reconnaissance explicite de Jérusalem-Est comme capitale de cet Etat; enfin sinon surtout la fin de l’impunité des dirigeants israéliens. L’UE n’a accepté ni l’annexion du Koweit par l’Irak ni celle de la Crimée par la Russie : elle ne peut consentir à l’annexion de Jérusalem par Israël !

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(1) Ainsi du passage sur « l’origine de la haine des juifs » à situer dans « leur fonction dans la société » comme « l’usure, la banque etc » , qui occasionna en outre une confusion de l’orateur entre Joseph Staline et … Karl Marx.

10 Mai 2018 at 10:42 Laisser un commentaire

A QUOI SERVENT NOS PARLEMENTAIRES EUROPÉENS ?

Cela se joua à 24 voix seulement, sur 704 votants ! 24 voix qui ont permis aux dirigeants européens d’ouvrir la voie à la libéralisation intégrale des chemins de fer dans l’Union européenne ! Revenons un instant sur ce vote très éclairant du Parlement européen , le 14 décembre 2016. Les députés étaient appelés à adopter la directive organisant l’ouverture à la concurrence du « marché des services nationaux de transport de voyageurs par chemin de fer ». Une fois n’est pas coutume : face à l’intégrisme libéral de la Commission en matière de transports, notre groupe de la « gauche unitaire européenne » (GUE) avait, cette fois, de nombreux alliés , tant socialistes que verts, unis sur un amendement de rejet pur et simple de la directive. Or, peu s’en fallut que nous arrachions ensemble ce succès d’envergure : 330 députés se prononcèrent pour le rejet ; 354 contre ; 20 s’abstenant ! Une poignée de voix de plus, et la directive était bloquée ! Comme c’est sur ce texte européen que le gouvernement Macron-Philippe se fonde aujourd’hui pour justifier son entreprise de casse du service public de la SNCF, cela vaut la peine d’y revenir. (1)

Cette directive n’était pas la première à s’attaquer au service public des transports. L’acharnement de l’exécutif bruxellois sur ce dossier durait déjà depuis 15 ans. Étape par étape, on avait libéralisé le fret, puis le transport international de voyageurs, avant de s’attaquer au noyau dur du secteur : les transports intérieurs, des trains régionaux aux TGV. Et tout cela, sans jamais accepter de procéder à une évaluation des conséquences d’une « réforme » avant de lancer la suivante. Quand se manifestaient des pressions suffisamment fortes contre cette fuite en avant libérale, les commissaires successifs lâchaient un peu de lest, avant de reprendre l’initiative quand les rapports de force leur redevenaient plus favorables. Trop souvent, ces reculs partiels ou ces manœuvres dilatoires suffisaient à la Commission pour obtenir le soutien du groupe socialiste.

Quels enseignements tirer de cette expérience ? Le premier est que l’ idée reçue : « Le Parlement européen n’a aucun pouvoir ! » est fausse. Certes, l’ assemblée de Strasbourg a des prérogatives limitées , voire nulles, dans certains domaines, comme la politique étrangère et de défense, ou encore la fiscalité , qui sont considérés comme des « domaines réservés » des Etats membres. Plus généralement, un quarteron d’Etats puissants -et tout particulièrement l’Allemagne, en tant que « principale créancière de l’Europe »- s’est arrogé de plus en plus de pouvoir depuis la crise financière de 2008-2010. Il demeure qu’en ce qui concerne l’adoption des lois européennes ( les fameuses « directives » telles que celle dont il est question ici ) , rien ne peut être décidé contre la volonté de la majorité des parlementaires européens. Pour entrer en vigueur, ces directives doivent, en effet, être adoptées à la fois -et dans les mêmes termes- par le Conseil (les représentants des gouvernements de l’UE) et…une majorité de députés européens ! Une autre leçon à retenir est que le combat pour changer la politique européenne ne peut se résumer à un « coup » de temps en temps, mais doit se mener dans la durée et en relation permanente avec les citoyens , les syndicats, les associations, les élus nationaux et locaux. Enfin, cette expérience est à méditer d’ici aux prochaines élections européennes tant du point de vue de l’intérêt à aller voter que de celui de choisir sa liste en pleine connaissance de cause.

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(1) Voir blog de Patrick Le Hyarick, 14/12/2016

1 mars 2018 at 10:11 Laisser un commentaire

CONTRE LA GUERRE : STOP ERDOGAN !

La première chose à rappeler à propos de l’offensive militaire turque contre la région de Syrie tenue par les Kurdes, c’est qu’il s’agit d’une « violation flagrante des principes du droit international » et d’un « acte d’agression pour lequel Erdogan et d’autres fonctionnaires de l’Etat (turc) devraient être tenus pénalement responsables » (1)

Circonstance aggravante: elle n’est pas le résultat d’une crise conjoncturelle, mais s’inscrit dans un projet stratégique affirmé du Président turc : empêcher à tout prix, dans cette région kurde du nord de la Syrie, la jonction de l’enclave d’Afrin (500 000 civils dont un grand nombre de réfugiés d’autres régions syriennes) avec les deux autres districts peuplés majoritairement de Kurdes, Kobané et Qamishli. L’émergence d’une entité autonome gérée par les Kurdes du Parti PYD, proche du PKK , à proximité de la Turquie, est le cauchemar d’Erdogan.

Ces combattants -que les Etats-Unis eux-mêmes considèrent être le meilleur rempart contre les « djihadistes » de Daesh, au point de vouloir les intégrer dans une force de 30 000 hommes chargés d’empêcher le retour de « l’Etat islamique »-, le dictateur d’Ankara n’y voit qu’une « armée de terroristes » qu’il s’est juré de « tuer dans l’œuf ».

En outre, tout opposant à cette guerre en Turquie-même subira le même sort : « Nous écraserons quiconque se dressera contre nous dans cette lutte nationale » avait prévenu Erdogan ! De fait, nombre de « traitres à la patrie » sont arrêtés, tandis que des « recommandations » sont transmises à la presse pour qu’elle livre à l’opinion un « journalisme patriotique »…Un vent de folie ultra-nationaliste et militariste souffle sur tout le pays.

Mais le maître d’Ankara ne limite pas ses menaces à ses compatriotes : « Si la France ou un autre pays porte l’affaire devant le Conseil de sécurité de l’ONU, la Turquie considèrera qu’elle prend parti pour une organisation terroriste et agira en conséquence », a-t-il froidement asséné à l’adresse de la communauté internationale, pourtant, à ce jour, fort mesurée dans ses critiques.

Ajoutons que cette aventure sanglante , non seulement perturbe la poursuite des combats anti-Daesh en Syrie -les Kurdes défendant désormais prioritairement leur propre territoire contre l’armée turque et ses supplétifs-, mais risque de compromettre les tentatives de négociations (dites d’Astana) en vue d’une transition politique entre Damas, les rebelles et les puissances engagées dans la tragédie syrienne. « Des zones de désescalade redeviennent des zones de conflits. Donc, naturellement, cela pose un problème au processus d’Astana » affirme le Général Trinquand, ancien chef de mission militaire de la délégation française à l’ONU.

Un dernier rappel s’impose: la France et l’Allemagne comptent parmi les pourvoyeurs d’armes du sinistre promoteur de l’opération « rameau d’olivier » ! Comme l’a souligné , non sans courage, un quotidien turc : pour les Occidentaux, « Les armes et l’argent sont prioritaires. Si l’on rappelle des principes politiques du bout des lèvres, c’est uniquement pour sauver les apparences ». (2) Assez d’hypocrisie ! Stop Erdogan !

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(1) Déclaration de l’Association internationale des juristes démocrates.
(2) Hürriyet Daily News 8/1/2018

2 février 2018 at 1:25 Laisser un commentaire

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