Posts filed under ‘Francis Wurtz’

PEUT-ON CHANGER DE CAP À GAUCHE AVEC L’ « EUROPE »?

wurtz-l-humanite-dimancheAu lendemain du séisme politique des élections départementales, la question se pose comme jamais : que faire pour rendre possible la construction d’une alternative à gauche ? Comment réussir l’indispensable rassemblement des forces réellement intéressées à la transformation de la société ? Parmi les obstacles à surmonter, arrêtons-nous sur un seul d’entre eux : le sentiment qu’avec « l’Europe », aucun changement de cap n’est possible. Déjà du temps de François Mitterrand, on nous assénait qu’il fallait -pour reprendre l’impérissable formule du conseiller économique de l’Elysée au moment du « tournant libéral » de 1983- « choisir entre la gauche et l’Europe » ! Quiconque estime qu’ à l’heure de la mondialisation, une construction commune avec nos voisins est souhaitable sinon indispensable devrait renoncer à ses aspirations sociales et à la liberté de chaque peuple de choisir son destin ! On n’imagine pas pire piège pour le rassemblement du « peuple de gauche ». Faire sauter ce verrou est aujourd’hui vital pour espérer réussir à libérer du découragement sinon du désespoir les innombrables citoyennes et citoyens qui ont, cette fois encore, manqué à l’appel, y compris du Front de gauche. Pour y parvenir, notre message ne doit souffrir d’aucune ambiguïté : pas question d’en rabattre sur l’exigence de progrès social et d’émancipation démocratique au nom de l’Europe ! Et j’ajoute : pas question non plus de laisser monopoliser (et dénaturer) l’idée européenne par les forces libérales ou social-libérales !

 » Vœu pieux !  » rétorqueront certains : les traités européens sont ultra-libéraux et ce sont eux qui fixent les règles. Oublions cela ! Les traités ne s’imposent que tant qu’il existe un consensus sur le fait qu’il faut s’y plier. Si nous arrivons à créer un nouveau rapport des forces, les textes d’hier cesseront d’être sacrés et il sera toujours temps de les changer. Que signifie à nos yeux « créer un nouveau rapport des forces »? Cela veut dire s’efforcer de rassembler en France , autour de quelques exigences fondamentales largement partagées , toutes les forces disponibles dans une optique progressiste. Et cet effort doit , dans le même temps, veiller à favoriser les convergences les plus larges possibles avec ces objectifs de changement dans d’autres pays européens. Ce point est crucial : on ne changera pas l’Europe tous seuls. Mais surtout, de telles convergences européennes se dessinent sous nos yeux . Ainsi, il y a aujourd’hui une majorité d’Européens et d’Européennes qui rejettent l’austérité ( Le puissant courant de sympathie pour le peuple grec en témoigne !) . De même, un courant d’opinion croissant en Europe appelle de ses vœux une autre utilisation de l’argent ( On n’a jamais autant parlé de la Banque Centrale Européenne , de son pouvoir de création monétaire et de l’exigence d’en changer les missions pour que ses crédits aillent au développement social au lieu d’encourager les opérations financières ). Et combien de voix s’élèvent en Europe ces dernières années pour réclamer un saut démocratique et le respect de la souveraineté populaire ! ( L’ éclosion de mouvements citoyens en sont une expression.)

C’est dans ce contexte que se tiendra les 30 et 31 mai prochains, 10 ans après la victoire du NON de gauche au traité constitutionnel, Place de la République, à Paris, le premier Forum Européen des Alternatives, à l’initiative du Parti de la Gauche Européenne. Nous y serons !

9 avril 2015 at 6:27 Laisser un commentaire

Colloque Europe, une crise existentielle. Et maintenant ?

INVITATION

Colloque Europe, une crise existentielle. Et maintenant ?

Samedi 11 avril 2015
De 9h00 à 17h15

Maison de l’Europe
35, rue des Francs-Bourgeois, 75004 Paris
M° Saint-Paul (ligne 1) ou Rambuteau (ligne 11)

Entrée sur inscription. Pour s’inscrire, cliquer sur le lien inscription

Programme

09h00 – 09h15 : Allocutions d’ouverture

  • Catherine Lalumière, Présidente de la Maison de l’Europe, ancienne ministre

           Francis Wurtz, Député européen honoraire, Président du Conseil de l’Institut d’Études Européennes de l’Université Paris 8

09h15 – 11h15 : TABLE RONDE 1 – L’EUROPE APRÈS LA VICTOIRE DE SYRIZA

Une expérience sans précédent

Témoignages de :

  • Giorgos Karatsioubanis, membre du département de politique européenne de Syriza ;
  • Rosa Moussaoui, journaliste àL’Humanité, envoyée spéciale en Grèce

Débat : L’Europe après la victoire de Syriza

Intervenant :

  • Yves Bertoncini, Directeur de l’Institut Jacques Delors

Animé par : 

  • Francis Wurtz, Député européen honoraire, Président du Conseil de l’Institut d’Études Européennes de l’Université Paris 8 ;
  • Daniel Cirera, Secrétaire général du Conseil scientifique de la Fondation Gabriel Péri

11h15 – 11h30 :    Pause

11h30 – 13h00 : TABLE RONDE 2 – REPENSER LES POLITIQUES EUROPÉENNES

Animateur : Michel Maso, Directeur de la fondation Gabriel Péri

Pour une politique industrielle européenne. Le cas de l’énergie

Intervenante : Marie-Claire Cailletaud, Responsable de la politique énergétique de la Fédération nationale des mines et de l’énergie-CGT

Que serait une bonne politique agricole commune ?

Intervenant(e)s :

  • Gérard Le Puill, journaliste à La Terre et l’Humanité, auteur deProduire mieux pour manger tous d’ici 2050 et bien après, Éditions Pascal Galodé, juin 2013.
  • Aurélie Trouvé, agro-économiste, auteur de Le business est dans le préles dérives de l’agro-industrie, Éditions Fayard, février 2015.

Débat

13h00 – 14h30 :    Déjeuner

14h30 – 16h00 :   TABLE RONDE 3 – L’EUROPE ET LE MONDE

Animatrice : Dominique Bari,journaliste, chargée de mission à la Fondation Gabriel Péri

La « politique européenne de voisinage » à l’épreuve de la crise ukrainienne

Intervenant : Loïc Hennekinne,Ambassadeur de France, Ancien Secrétaire Général du Quai d’Orsay

Réchauffement climatique : l’Europe au rendez-vous de la conférence mondiale sur le climat Paris 2015

Intervenant : Jean Poitou, climatologue et Secrétaire de « Sauvons le climat », auteur de Le Climat : la Terre et les Hommes, EDP Sciences, 2015.

Le projet européen est-il compatible avec un « Grand Marché Transatlantique » ?

Intervenant : Pierre Defraigne,Directeur de la Fondation Madariaga-Collège d’Europe (Bruxelles)

Débat

17h00 : Conclusions

  • Michel Maso, Directeur de la Fondation Gabriel Péri


Fondation Gabriel Péri 

14 rue Scandicci – 93500 Pantin – France
www.gabrielperi.fr

Mél : fondation@gabrielperi.fr


8 avril 2015 at 7:50 Laisser un commentaire

LES NOSTALGIQUES DE LA POLITIQUE DE LA CANONNIÈRE

wurtz-l-humanite-dimancheAinsi donc, Jean-Claude Juncker, le Président de la Commission européenne, appelle-t-il  à la création -sans remettre en cause le rôle de l’OTAN- d’une « armée européenne » capable de faire face aux « nouvelles menaces » aux frontières de l’Union européenne et de défendre les « valeurs » de l’UE !  (1) Un vif soutien a aussitôt été apporté à ce ballon-sonde par la ministre allemande de la défense, ce qui laisse à penser que cette sortie délibérément provocatrice était concertée entre Bruxelles et Berlin pour relancer le débat sur la militarisation de l’Union européenne.

Il s’agit là d’une vieille obsession de certains cercles dirigeants européens, qui a connu plusieurs étapes au cours des dernières années. Annoncée dans le traité de Maastricht (1992), la « Politique de sécurité et de défense commune »  a pris forme au début du Millénaire : des structures dédiées à la gestion militaire des crises sont alors créées; un accord de partenariat stratégique est signé avec l’OTAN; des opérations militaires mobilisant des troupes de divers pays européens sont menées, notamment en Afrique ; une « Agence européenne de défense » , destinée à stimuler le développement des capacités militaires des États membres est mise sur pied; d’ ambitieux engagements chiffrés sont pris par les États sur leur contribution à cette force européenne; une « Stratégie européenne de sécurité » est adoptée.

Pourtant, pour les plus zélés des militaristes européens, le compte n’y est pas . Ainsi, dès 2003, Javier Solana, ancien Secrétaire général de l’OTAN devenu responsable de la diplomatie et de la défense de l’UE, pointe-t-il les lacunes de cette défense : « Ces faiblesses ne sont plus acceptables face aux défis du monde moderne » tonne-t-il en appelant les Européens à dépasser « la crise de l’Irak qui a perturbé les relations à l’intérieur de l’Europe ( allusion au refus de la France et de l’Allemagne de suivre George W Bush dans la guerre –  FW) et entre les États-Unis et l’Europe » (2)

Les jusqu’au boutistes de la politique de la canonnière tireront, à partir de 2004, un avantage substantiel de l’élargissement de l’UE aux pays d’Europe centrale et orientale : la Pologne , en particulier, s’avère ,en effet, par russophobie exacerbée, la championne de la militarisation de l’Europe. Problème : une contradiction de taille a fait irruption dans le débat sur les choix budgétaires:  la crise de la zone euro et la chasse aux « déficits excessifs » ont calmé les ardeurs de maints gouvernements en matière de dépenses militaires . Mis à part la Pologne , l’Estonie, et (à peu de choses près) la France, aucun pays de l’UE ne consacre aujourd’hui à ce budget les 2% du PIB ( richesses produites ) réputés nécessaires ( selon l’OTAN ).

C’est dans ce contexte  -et en vue d’un sommet européen consacré à la défense en juin prochain- que le Président de la Commission de Bruxelles tente, avec d’autres, de mobiliser les partisans d’un renforcement de cette politique. Le dramatique conflit ukrainien lui fournit évidemment un argument de poids pour tenter d’enflammer les esprits sur une prétendue nécessité pour l’Union européenne de se doter d’une « crédibilité » militaire -comme s’il y avait une quelconque solution militaire à cette crise profonde des relations Est-Ouest !- Mais JC Juncker n’est pas seul à relancer cette dangereuse croisade . Pour « rassurer les pays baltes », Washington  va envoyer 3000 soldats près de la frontière russe; l’OTAN va créer six « centres de commandement » en Europe de l’Est ainsi qu’une force d’intervention rapide de 5000 hommes ; des manœuvres militaires occidentales ont débuté en Mer Noire… C’est que « l’Europe est menacée dans son cœur, par Moscou et par l’EI (État islamique) » nous prévient un chroniqueur , il est vrai peu réputé pour son sens de la nuance. (3) « Européens, réveillez-vous ! » lance de son côté un spécialiste en relations internationales qu’on a connu plus perspicace. L’Europe , insiste-t-il, doit redevenir une  « puissance dure » pour « défendre nos valeurs et nos modèles » (4) Un autre expert des enjeux internationaux a, quant à lui, une solution toute trouvée : « Il est grand temps d’inverser la vapeur : diminuer nos dépenses sociales et augmenter nos dépenses militaires. » (5)  Jaurès , reviens, ils sont (re)devenus fous !

———–
(1) Entretien dans « Welt am Sonntag » (8/3/2015)
(2) « Vision for Europe Award » (25/11/2003)

(3) Arnaud Parmentier (« Le Monde » 12/3/2015)
(4) Dominique Moïsi, professeur au King´s Collège de Londres (« Les Échos » 23/2/2015)
(5)  Renaud Girard (« Le Figaro » 24/2/2015 )

19 mars 2015 at 7:11 Laisser un commentaire

Older Posts Newer Posts


Entrer votre adresse e-mail pour vous inscrire à ce blog et recevoir les notifications des nouveaux articles par courriel.

Rejoignez les 5 297 autres abonnés

Chronique européenne dans l’Humanité Dimanche

Intervention au Parlement européen (vidéo)

GUE/NGL : vidéo

avril 2026
L M M J V S D
 12345
6789101112
13141516171819
20212223242526
27282930  

Archives

Catégories

Pages

Pages