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VIVE LE 8 MARS!
A la veille du 8 mars, je souhaite consacrer ma 200ème chronique au combat pour l’égalité hommes-femmes en Europe. Cela me donne l’occasion de revenir sur une belle initiative à laquelle j’ai eu la chance de pouvoir prendre part, le mois dernier, au cœur de l’Europe centrale à Sisak, en Croatie. Il s’agissait d’un séminaire consacré aux droits des femmes en Europe, co-organisé par le « Réseau d’élus et d’autorités locales progressistes d’Europe » (REALPE) – dont font notamment partie les élus locaux et régionaux du PCF et de partis progressistes d’une quinzaine de pays du continent, membres ou proches du groupe de la Gauche unitaire européenne (GUE-NGL) au Parlement européen -; par l' »Initiative féministe européenne » (IFE), un réseau de femmes progressistes qui rayonne sur toute l’Europe et réalise un travail remarquable que j’ai eu l’occasion d’évoquer; et enfin par une ONG croate de démocratie locale (ADL).
Se sont ainsi retrouvées, deux jours durant, pour confronter leurs expériences et joindre leurs efforts, des femmes de Croatie, de Macédoine, de Chypre, du @Portugal, d’Autriche, d’Allemagne, de Belgique et de France. Ont également tenu à participer à ces échanges passionnants deus représentantes du pays hôte: la responsable aux questions féminines auprès du gouvernement croate ainsi que la médiatrice nationale spécialement chargée du suivi de l’application des droits des femmes. Les débats ont essentiellement tourné autour de trois thèmes: les femmes sur le marché du travail; la santé génésique – contraception, IVG, éducation sexuelle… -; la participation des femmes à la vie politique, du niveau local à l’échelon national.
Informées de l’imminence d’un vote au Parlement européen sur un rapport préparé par la « Commission des Droits de la femme et de l’Egalité des genres » – que préside depuis les dernières élections une membre de longue date de notre groupe GUE-NGL, notre amie suédoise Eva-Britt Svensson – les participantes à la rencontre de Sisak ont lancé un appel aux groupes parlementaires européens pour les inviter à soutenir les idées essentielles du texte, excellent, préparé par la Commission des Droits de la femme (Rapport Tarabella).
Un premier axe de ce rapport consistait à analyser l’impact de la crise actuelle sur les femmes. Rappelons à ce propos que le temps partiel touche, en proportion, quatre fois plus les femmes que les hommes. Les femmes sont également souvent majoritaires dans les services publics qui risquent de pâtir lourdement des politiques d’austérité à l’œuvre ou annoncées. Sans oublier le cas des femmes les plus exposées: femmes handicapées, mères isolées; retraitées touchant des pensions de misère du fait de l’interruption de leur activité professionnelle; conjoints aidants dans l’artisanat, le commerce, l’agriculture, la pêche et les petites entreprises familiales; migrantes; femmes appartenant à des minorités…
Un deuxième intérêt du rapport en question était une série de critiques pertinentes envers les politiques menées, tant pas les institutions européennes que par certains Etats membres vis à vis des femmes. Ainsi montrait-la face cachée du taux d’emploi (près de 60%) des femmes dans l’Union européenne. Cela « n’a pas entrainé une amélioration des conditions d’emploi des femmes » y était-il noté. « Celles-ci sont toujours victimes d’une ségrégation professionnelle et sectorielle ». Autre exemple: la Commission européenne n’a toujours pas répondu à la demande du Parlement d’une proposition législative révisée sur l’application du principe d’égalité de rémunération entre les hommes et les femmes. Le rapport rappelait aussi que ces questions étaient « quasiment absentes de la stratégie de Lisbonne. ».
Troisième richesse du rapport de la « Commission pour l’Egalité des genres »: l’établissement d’une sorte de feuille de route du Parlement européen en matière de lutte pour les droits des femmes. Il mettait un accent particulier sur les objectifs de la « promotion de la conciliation entre vie professionnelle, familiale et privée »; du « partage égal des responsabilités professionnelles et familiales »; du besoin de mesures concrètes contre les discriminations de genre. Il insistait également sur les « actions visant à améliorer l’accès des femmes aux services de santé sexuelle et reproductive. » Il appelait enfin à des objectifs contraignants « favorisant une présence équilibrée des femmes et des hommes aux postes de responsabilité dans les entreprises, l’administration et les organes politiques. ».
Eh bien, quelle ne fut pas, quelques jours après ce passionnant débat de Sisak et l’interpellation des parlementaires européens pour qu’ils soutiennent le rapport de la Commission des Droits de la femme, la joie d’apprendre que ce rapport, a été, pour l’essentiel, adopté en séance plénière du Parlement européen – le 9 février dernier -, offrant de solides points d’appui au combat pour cette grande cause démocratique. Vive le 8 mars!
Chronique pour l’H.D
28/02/2010
Quand la vérité sort de la bouche d’une ministre…
Il ne me semble pas superflu de revenir brièvement sur le discours que notre ministre aux Affaires européennes, Madame Catherine Colonna, a tenu devant tous les ambassadeurs réunis, comme chaque année, dans les derniers jours du mois d’août pour un tour d’horizon de la situation. Le message délivré aux représentants de la France dans le monde comportait, en effet, quelques accents de vérité, malheureusement en contradiction totale avec la politique suivie par le gouvernement De Villepin -comme l’illustre en ce moment même l’affaire de la privatisation de GDF et de la fusion avec Suez. Qu’on en juge:
« Pour dire d’emblée les choses, a souligné Madame Colonna, (…) l’état de l’Union (européenne) me semble préoccupant ». Elle est atteinte d’une sorte de « fatigue généralisée, qui n’augure rien de bon de sa capacité future à répondre aux attentes des peuples, si nous ne trouvons pas rapidement les moyens de lui donner une nouvelle impulsion ». Dans le même esprit, la ministre a évoqué « l’épuisement du modèle habituel » et la « nécessité du passage à des temps nouveaux ». Rappelant « le choc des référendums négatifs », elle a estimé que l’Union européenne « peine à tirer les conséquences de ce qui s’est passé et ne parvient pas facilement à réorienter son action », et même qu’«un sursaut beaucoup plus fondamental est nécessaire ». Diable! Madame Colonna veut-elle prendre ma place comme chroniqueuse « alter-européenne » dans l’Humanité Dimanche? On attend en tout cas avec impatience le début du début d’une action gouvernementale en rupture avec les orientations libérales de l’actuelle construction européenne…
Malgré cette contradiction évidente entre le discours et sa concrétisation, il n’est pas indifférent de retrouver dans la bouche de nos adversaires politiques eux-mêmes un tel « diagnostic (…) que nous sommes nombreux -reconnaît la ministre-, ici comme dans l’Union, à partager sans toujours le dire ». Madame Colonna et ses pairs tirent à l’évidence de toutes autres conclusions que nous-mêmes de ce constat. Cela étant, le constat est là, et il conforte indiscutablement nos appels répétés à changer l’Europe. Après tout, si on partage le sentiment de la « nécessité du passage à des temps nouveaux », l’attitude la plus logique n’est-elle pas de commencer par dire NON à un traité constitutionnel visant à pérenniser des temps anciens?
Un autre élément de l’actualité européenne mérite lui aussi de ne pas être banalisé: c’est la rapidité foudroyante avec laquelle dégringole de son piédestal le champion toutes catégories du libéralisme pur sucre et de la soumission servile au « leadership » américain, Tony Blair! Et dire que cela fait à peine un an qu’il paradait avec arrogance au Parlement européen, sous les vivats de ses nombreux admirateurs de gauche et de droite, fascinés qu’ils étaient par le brio du grand timonier de la « modernisation du modèle social », comme par la « vision planétaire » du « seul dirigeant européen capable d’influencer le Président Bush »! Retour sur terre… Quand la séduction ne résiste plus aux faits, le choc peut être brutal.
Dernier exemple de « bouger » intéressant, même si une hirondelle ne fait pas le printemps: en l’espace de quelques jours, en cette rentrée, plusieurs réseaux de militants syndicaux et d’intellectuels d’Europe centrale, notamment de Hongrie et de Pologne, ont pris contact avec notre groupe de la « gauche unitaire européenne » (GUE-NGL) au Parlement européen, en vue d’établir entre nous un partenariat pour la réflexion et l’action sur les grands enjeux européens. Voilà encore pour nous tous une belle opportunité à saisir pour élargir le champ du dialogue et de l’intervention politique et contribuer à faire émerger cette « autre Europe » qui se cherche d’un bout à l’autre du continent




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