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UNE REPONSE DE GAUCHE A LA MONDIALISATION

wurtz-l-humanite-dimancheLe samedi 31 Janvier prochain se tiendra, à Paris, au Sénat, une rencontre publique ouverte à tous sur le thème : « Une réponse de gauche à la mondialisation » (1). C’est là une initiative particulièrement bienvenue dans le double contexte politique de ce début d’année. D’abord, le drame de Charlie hebdo, la réaction extraordinaire que celui-ci a suscitée en France et très au-delà, ainsi que les lourdes questions qu’il fait émerger sur l' »ordre » mondial actuel. Ensuite, la nouvelle donne qui est susceptible de résulter des élections grecques du 25 Janvier pour l’avenir de la construction européenne.

Certes, la rencontre publique du 31 Janvier était prévue bien avant ces événements. Divers acteurs progressistes de la politique internationale ont, à titre personnel, contribué de longue date à la maturation de ce projet . Ses initiateurs sont Michel Laurent, animateur du « LEM », un lieu de rencontres et de confrontation d’idées sur la société et la marche du monde créé il y a cinq ans par le parti communiste français, et Bertrand Badie, éminent -et passionnant- spécialiste des relations internationales qui a formé plusieurs générations de diplomates.  Tous deux visent à lancer, à gauche, le débat sur ce qu’il faut changer dans la politique européenne et étrangère de la France et dans la vision du monde dans laquelle ses dirigeants inscrivent leur action (ou leur inaction). Les développements les plus récents de l’actualité française, européenne et internationale ne rendent cette démarche que plus pertinente.

Ainsi, que de leçons à tirer des mobilisations populaires réellement historiques du 11 Janvier dernier et de leurs suites ! Elles ont révélé les fantastiques potentialités citoyennes que recèle toujours ce peuple et qui sont dramatiquement stérilisées ou contrariées dans le cadre politique, fataliste sinon désespérant, actuel ! Elles ont également (re)donné à voir les ressorts positifs d’une certaine conception -républicaine et pas du tout nationaliste- de la nation. Elles ont rappelé une nouvelle fois combien ce type d’engagement collectif libère la réflexion politique au sens le plus noble du terme : l’extrême droite a été condamnée à bouder , la droite sarkozyste à ramer, les dirigeants européens à faire contre mauvaise fortune bon cœur …En quelques jours, des valeurs héritées des « Lumières » ont conquis ou reconquis une foule de gens, au point que …le « Traité sur la tolérance », de Voltaire, s’arrache depuis dix jours dans les librairies ! À l’inverse, cette période a, dans le même temps, confirmé  la profondeur du malaise qui traverse notre société à force d’exclusion, d’humiliation, de stigmatisation, comme elle a mis en évidence les graves blessures qui enveniment la relation entre l’ « Occident » et le monde arabo-musulman. Tous ces enjeux seront au cœur des débats du 31 Janvier. L’accent sera mis, par-delà le constat et l’analyse de ces réalités, sur la recherche de solutions progressistes à ce qui est devenu une crise de civilisation.

La journée se divisera en deux grandes parties : la première – « Nouvelle Europe »- sera introduite par la représentante de Syrisa au Parti de la Gauche Européenne, notre amie Natasa Theodorakopoulou ; la seconde -« Nouveau Monde »- par l’Ambassadrice de Palestine auprès de l’Union européenne, notre chère Leila Shahid ! Ces deux invitées spéciales s’ajouteront au groupe de personnalités qui sont à l’origine de toute cette démarche (2). Beaux débats en perspective : nous en avons tous besoin !
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(1) Sénat (Salle Monnerville) Palais du Luxembourg – 15, rue de Vaugirard Paris 6ème. ( De 9h30 à 17h.) Réservation obligatoire ( et toute information utile ) à : lem@pcf.fr (Une invitation -nécessaire pour entrer au Sénat- vous sera envoyée par courriel) 
(2) Parmi elles -outre Michel Laurent et Bertrand Badie- Alain Gresh, journaliste; Geneviève Garrigos, présidente d’Amnesty International France; Dominique Vidal, journaliste; Anne Sabourin, membre du bureau du PGE;  Noël Mamère, député; Jean-Pierre Dubois, ancien président de la Ligue des Droits de l’Homme; et votre serviteur ; participeront au débat, ainsi que Marisa Matias, députée européenne du Portugal, et Eliane Assassi, présidente du groupe CRC au Sénat.

 

22 janvier 2015 at 8:21 Laisser un commentaire

L’EUROPE FACE AU DEFI GREC

wurtz-l-humanite-dimancheLe 25 janvier prochain, les Grecs voteront. La perspective d’une victoire de Syrisa provoque un véritable branle-bas de combat dans les milieux dirigeants européens. Le président de la Commission de Bruxelles, Jean-Claude Juncker, et son associé français, Pierre Moscovici, ainsi que le lugubre ministre allemand des finances, Wolfgang Schaüble, avaient ouvert le ban en multipliant « conseils » et menaces pour tenter d’impressionner les citoyens de ce pays martyr, dans l’espoir de les dissuader de porter au pouvoir une force décidée à tenir tête à la « troïka » (1). A présent, c’est Angela Merkel en personne qui entonne l’air favori de son électorat le plus réactionnaire en agitant le bâton d’une expulsion de la Grèce de la zone euro si son futur gouvernement refusait de payer la « dette » -un fardeau , en vérité, largement illégitime et devenu irrécouvrable du fait même des purges drastiques qui ont étouffé l’économie et déstabilisé la société. C’est dire combien ce scrutin concerne tous les Européens qui aspirent à de vraies ruptures avec l’obsession « austéritaire » et les pratiques autoritaires de l’ « Europe » actuelle!

La -désormais probable- accession de notre ami Alexis Tsipras aux plus hautes responsabilités à Athènes et donc jusqu’au Conseil européen créerait une situation radicalement nouvelle. Le souffle nouveau que susciterait, selon toute vraisemblance, cette brèche dans le système européen aujourd’hui verrouillé ouvrirait un peu partout aux forces de progrès une perspective enthousiasmante. Dans le même temps, il serait irresponsable d’ignorer la complexité de la situation du fait du rapport des forces. C’est donc le moment ou jamais de pousser la réflexion sur les changements à promouvoir et de confronter les idées sur les initiatives à prendre pour en créer les conditions. La solidarité, cela se construit !

C’est dans ce contexte que va se tenir, le samedi 17 janvier prochain -à huit jours du vote grec- une série de débats réunissant des invités de marque (d’origine et de sensibilité diverses, mais à l’expérience reconnue), des animateurs clairement à gauche, et le public (qui aura la parole) (2). Outre la situation propre à la Grèce avec la funeste « troïka », les thèmes qui y seront abordés sont ceux qui font débat dans notre pays comme ailleurs : l’euro; l’emploi et la politique industrielle; la « libre circulation des personnes » dans sa double dimension -positive, avec le rapprochement des peuples, et négative, avec la mise en concurrence des travailleurs, comme les fameux « travailleurs détachés ». La désastreuse politique migratoire de l’Union européenne sera également à l’ordre du jour.

En outre, l’enjeu politique fondamental de la période -« Quelle réponse au séisme politique européen : « assouplissements »? , « réformes »? , « reconstruction »?- fera l’objet d’une confrontation d’idées cruciale. Enfin, les enjeux internationaux seront traités sous trois angles: l’ Europe et la crise ukrainienne; son action face au réchauffement climatique; et le « Grand marché transatlantique ».

Si les animateurs et les animatrices de ces débats sont toutes et tous liés à la Fondation Gabriel Péri (Marine Roussillon, Dominique Bari, Daniel Cirera et votre serviteur), les invités seront clairement pluralistes! Ainsi se succèderont des responsables syndicaux bien connus (Denis Durand, de la Banque de France; Marie-Claude Caillebaud,de la Fédération nationale des mines et de l’énergie CGT; Francine Blanche, de la Direction confédérale de la CGT) ; la représentante de Syrisa au Parti de la Gauche Européenne, Natasa Theodoracopoulou; le directeur de l’Institut Jacques Delors, Yves Bertoncini; une journaliste grecque, rédactrice en chef de la revue Alètheia, Vicky Skoumbi; un Ambassadeur de France et ancien Secrétaire général du Quai d’Orsay, Loïc Hennekine; un membre du GIEC (Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat) et membre de l’Académie des Sciences, Hervé Le Treut; le directeur de la Fondation Madariaga- Collège d’Europe, de Bruxelles, Pierre Defraigne.
C’est ce qui s’appelle bien commencer une année 2015 aux si lourds défis européens. Rendez-vousle 17 janvier !

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(1) Voir « Les hontes de l’Europe à affronter en 2015 » – Humanité Dimanche du 23/12/2014
(2) « Europe: une crise existentielle. Et maintenant ? »Ce colloque, sous l’égide de la Fondation Gabriel Péri, se déroulera à l’Université de Paris 8-St Denis (Métro : Saint-Denis Université) le 17/1/2015 , de 9h30 à 17h30 et sera ouvert à tous. Pour s’inscrire : fondation@gabrielperi.fr

9 janvier 2015 at 7:54 Laisser un commentaire

« DERNIERE CHANCE » POUR LE PROJET EUROPEEN ?

wurtz-l-humanite-dimanche« Cette Commission sera celle de la dernière chance » a lancé Jean-Claude Juncker, le successeur (depuis le 1er novembre dernier) de l’ultra-libéral et médiocre Barroso à la tête de l’exécutif européen. Jamais encore un dirigeant européen n’avait reconnu aussi crûment la profondeur de la crise dans laquelle s’enfonce la construction européenne. C’est dire si la maison brûle ! Pour tenter de conjurer cette menace existentielle, M. Juncker pointe trois exigences à satisfaire coûte que coûte durant les cinq années de son mandat: viser un « triple A social » afin de « rapprocher les citoyens de l’Europe »; « réduire spectaculairement le chômage »; redonner une perspective aux jeunes » (1). Banco!

Le problème est que cette feuille de route suppose de rompre avec des règles de fond du traité de Lisbonne et M. Juncker s’est jusqu’ici mis en travers de la route de celles et de ceux qui, au nom d’une « autre Europe », se sont engagés dans cette voie. Il lui arrive de faire des diagnostics avisés, mais c’est pour s’aligner aussitôt, sans état d’âme, sur le modèle dominant. « Il n’y a pas de plan B »…

Nous sommes quelques uns à nous rappeler, à cet égard, les propos décoiffants de l’ex-Premier Ministre luxembourgeois (alors Président en exercice du Conseil européen) en 2005, deux jours avant le référendum français sur le projet de traité constitutionnel européen. C’est un morceau d’anthologie qui mérite d’être rappelé alors que son auteur est appelé à gérer la « dernière chance » de l’Union européenne.

« La perspective du référendum a déclenché en France un débat vertueux dont la qualité impressionne »-écrivit alors M. Juncker, avant de poursuivre: « L’Europe a cessé d’être l’affaire des seules « élites ». Le peuple français investit les lieux du débat, fait savoir que c’est de lui qu’émane tout pouvoir, que c’est lui qui décide et qu’il n’est pas près -au-delà du 29 mai- de se dessaisir du sujet qui désormais le passionne (…) Une fois de plus, le peuple français donne un exemple à suivre; une fois de plus, il prouve sa maturité démocratique. Il ne faut pas s’en plaindre. » (2) Vous avez bien lu: « débat vertueux dont la qualité impressionne »; « c’est le peuple qui décide »; « un exemple à suivre »; « maturité démocratique » !

Or, que décida ce peuple démocratiquement mûr à l’issue de ce débat vertueux et exemplaire ? Qu’il ne voulait pas de l’Europe libérale, autoritaire et bureaucratique institutionnalisée par le traité soumis à son vote. Exprimant tout haut ce à quoi la plupart des Européennes et des Européens aspiraient en silence, il se prononçait pour une « Europe sociale » et démocratique dans laquelle il puisse se reconnaitre et s’investir. Moyennant quoi, on lui imposa la copie conforme de ce qu’il venait de rejeter, rebaptisée Traité de Lisbonne. Avec la bénédiction publique de Monsieur Juncker. Cet incroyable mépris pour l’expression démocratique et l’arrogance avec laquelle des aspirations largement partagées en Europe furent tout simplement ignorées sans autre forme de procès : voilà le genre de pratiques qui a conduit l’ Union européenne à l’heure de la « dernière chance ».

Les responsables de cet immense gâchis et de l’inexorable montée de toutes les formes de désillusion, de ressentiment, voire de désespoir qu’ils ont nourries, particulièrement durant ces dernières années, sont à présent au pied du mur: au point où en est la construction européenne, l’homéopathie ne sauvera plus le malade; seule une chirurgie lourde peut espérer faire renaitre l’espoir. Pour cela, mieux vaut ne pas compter sur ces « élites » naguère montrées du doigt par M. Juncker. Rouvrons plutôt un « débat vertueux » parmi les citoyens.

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(1) JC Juncker: Discours d’investiture de la nouvelle Commission devant le Parlement européen (22/10/2014)
(2) JC Juncker ( Le Figaro- 27/5/2005)

6 novembre 2014 at 7:38 Laisser un commentaire

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