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BÉTHLÉEM EMMURÉE : SA MAIRE PARLE !

Véra Baboun, Palestinienne chrétienne, première femme élue maire de Béthléem, en 2012, viendra à Strasbourg,  le 27 janvier prochain, à l’invitation d’une association interculturelle ( chrétiens, juifs, musulmans, boudhistes, hindouistes ) : les « Sacrées Journées ». Elle présentera son livre au titre évocateur : « Ma ville emmurée » (1). Son récit autobiographique constitue à l’encontre  de l’occupation, de la colonisation et tout particulièrement du mur d’annexion un acte d’accusation d’autant plus marquant qu’il émane d’une femme étrangère à tout extrémisme, à tout fondamentalisme, et qui parle de personnes juives israéliennes de son entourage -telle son enseignante à l’Université hébraïque- avec beaucoup de respect et de tendresse.

Sa narration est un condensé impressionnant de toutes les souffrances qu’endurent les Palestiniens : le traumatisme historique de la « Nakba »( la « catastrophe » de 1948 ) « en raison de l’expulsion et de la fuite de centaines de milliers de Palestiniens »; le souvenir douloureux de l’enfant qu’elle était et de sa famille, en 1967, quand « les occupants lui ont tout pris »; les espoirs déçus après les Accords d’Oslo, en 1993, censés aboutir au règlement de « la question des frontières, des réfugiés, des colonies, de l’eau, du statut de Jérusalem… ». Aujourd’hui, c’est la rupture du lien sacré entre la Cisjordanie et Jérusalem-Est ; les humiliations aux « check points »; l’arbitraire total présidant à l’octroi des droits  ( exceptionnels ) de passage de l’autre côté de « la muraille de béton de huit mètres de haut »; les confiscations de terres pour l’édification des colonies, pour la construction de routes de contournement interdites aux Palestiniens, et pour l’érection du mur; les interventions brutales et sanglantes des soldats israéliens contre des jeunes révoltés par l’oppression; les arrestations de manifestants non armés; les destructions de biens sur simple présomption de complicité; sans parler des privations d’eau organisées, du chômage endémique et de la pauvreté de masse, faute d’activités économiques un tant soit peu normales. « L’emmurement est l’une des pratiques les plus radicales qu’une communauté humaine puisse endurer », souligne Vera Baboun.

Mais, pour elle, à l’image de son peuple, « Baisser les bras, c’était couler ». Face aux épreuves, elle s’engage : pour l’émancipation des femmes palestiniennes, pour l’éducation des jeunes, pour les droits fondamentaux de son peuple. « Que fait le monde ? » s’interrogeait-elle, en 2003, dès l’apparition des premiers blocs de béton, des miradors, des projecteurs du futur mur de 773 km isolant 13% du territoire de la Cisjordanie ! « Pourquoi les laisse-t-on construire ça ? » Et de relater la naïveté ou l’inconscience de tel représentant de l’Union européenne s’indignant récemment de l’absence des mères au chevet de leur enfant en train de mourir du cancer dans un hôpital spécialisé de Jérusalem ! La raison en est malheureusement simple : elles sont jeunes et habitent Gaza , aussi les autorités israéliennes leur ont-elles refusé le permis de passer !

En refermant ce livre poignant de vérité et de dignité, quiconque a du coeur se demande ce qu’il ou elle peut faire pour contribuer à faire avancer cette cause impérissable. Les priorités ne manquent pas : la reconnaissance de l’Etat palestinien par la France et l’Europe; l’arrêt de toute importation de produits des colonies; la libération de Marwan Barghouti et de tous les prisonniers politiques, parmi lesquels notre concitoyen Salah Hamouri…Merci et bienvenue en France, Vera Baboun !

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(1) Bayard Editions, 2016.
(« Sacrées Journées » organise notamment un festival international de musique sacrée d’une conception sans équivalent en France, en réunissant conjointement, pour chaque concert, trois ensembles de culture différente. Prochaine édition : 1-4/2/2018)

25 janvier 2018 at 11:40 Laisser un commentaire

GUERRE OU PAIX : 3 GRAVES MENACES A SUIVRE EN 2018

Le monde hérite en 2018 de nombreuses zones de conflits ou susceptibles de s’embraser suite à l’irresponsabilité effarante de « dirigeants » de premier plan, au premier rang desquels figure  le chef de la « puissance indispensable », Donald Trump. Trois graves menaces du point de vue de la sécurité internationale sont à suivre tout particulièrement : dans la péninsule coréenne ; en Palestine; en Ukraine .

En Corée, un espoir de détente s’est levé à l’occasion du Nouvel An, quand le leader nord-coréen a, à la surprise générale, proposé de rencontrer son homologue du Sud « pour discuter de la participation » de Pyongyang aux Jeux Olympiques qui se dérouleront à Séoul en février prochain et , plus généralement, de « l’amélioration des relations inter-coréennes ». Le « téléphone rouge » entre les deux capitales va d’ailleurs rouvrir. Le Président sud-coréen a aussitôt saisi la balle au bond en proposant de tenir ces pourparlers dès le 9 janvier et en priant Washington de suspendre les méga-manoeuvres militaires prévues sous peu -comme chaque année !- dans la péninsule . « On verra, on verra » a répondu Trump, envisageant au mieux de décaler de quelques semaines cette gigantesque provocation et non  d’y renoncer comme l’y invitent depuis longtemps Pékin et Moscou ! Arrivera-t-on à empêcher la Maison Blanche de gâcher cette chance de relancer le dialogue dans la poudrière coréenne ? On aimerait entendre la France et l’Europe s’exprimer fortement sur cet enjeu crucial…

Au Proche-Orient, non content d’avoir, le mois dernier, scandaleusement encouragé les pires ultras en Israël en leur accordant sa caution sur l’annexion de Jérusalem, le pyromane de Washington vient de menacer de suspendre la contribution américaine -369 millions de dollars par an !- à l’Agence des Nations-Unies en charge des réfugiés palestiniens (l’UNRWA) si l’Autorité palestinienne… « refuse de négocier le traité de paix qui se fait attendre depuis trop longtemps avec Israël » ! La concrétisation de cette incroyable menace risquerait de pousser à bout ces 5,2 millions de Palestiniens les plus fragilisés, qui vivent, de génération en génération, depuis 1948, dans 59 camps répartis en Cisjordanie, à Gaza, à Jérusalem-Est, mais aussi dans les autres pays de la région. Rappelons que c’est pour suppléer au refus d’Israël d’assumer ses responsabilités de puissance occupante qu’a été créée l’UNRWA, afin d’assurer les services sociaux, la santé, l’éducation et l’aide humanitaire indispensable aux  Palestiniens chassés de leur terre. Voudrait-il provoquer l’explosion du désespoir que l’inqualifiable personnage américain ne s’y prendrait pas autrement. Là encore, l’inertie de Paris et de Bruxelles est consternante.

En Ukraine enfin, on notait avec un peu d’espoir un léger bouger, le 27 décembre dernier, lorsqu’a fini par aboutir le très attendu échange massif de prisonniers, sans précédent, entre Kiev et le Donbass. Il s’agissait enfin d’un début de mise en oeuvre d’un point des accords de paix de Minsk. C’était compter sans l’incommensurable irresponsabilité de Washington qui annonça quasiment au même moment son intention de fournir des armes létales lourdes -lance-roquettes; missiles antichars…- au pouvoir ukrainien, au risque de déclencher une nouvelle escalade meurtrière dans la région. Ce à quoi Emmanuel Macron et Angela Merkel ont réagi en se contentant de rappeler, sans autre considération, « leur attachement à la mise en oeuvre intégrale des Accords de Minsk »… Voilà pourquoi il est si important que l’enjeu de la guerre ou de la paix devienne ou redevienne une grande question populaire.

11 janvier 2018 at 4:31 Laisser un commentaire

DROITS DES MIGRANTS : LA FRANCE EST HORS LA LOI !

En ce qui concerne les droits des migrants en France, 2018 commence comme a fini 2017 : Emmanuel Macron et son ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, peaufinent leur arsenal de mesures durcissant de plus en plus leur politique migratoire, au point de risquer la condamnation de la France -une de plus !- par la Cour européenne des Droits de l’Homme. La honte ! Rappel de quelques données utiles à qui entend contribuer à faire de ce combat de civilisation l’une des priorités politiques de l’année qui s’ouvre.

2017 : Non contentes de détruire délibérément les effets des migrants des camps de fortune (tentes, couvertures…) , voire de les priver d’eau et de toilettes , ou bien de les refouler avant même qu’ils ne puissent déposer une demande d’asile, ou encore d’instaurer de fait un « délit de solidarité » à l’encontre des bénévoles portant secours à des réfugiés « illégaux »,  les autorités ont multiplié, courant décembre, les « circulaires » ministérielles et les instructions aux Préfets destinées à accélérer à tout prix les expulsions . Le dernier de ces textes prévoit l’envoi d’ « équipes mobiles » d’agents dans les centres d’hébergement d’urgence pour y organiser le tri des résidents afin d’en expulser les personnes sans papiers . Un comble lorsqu’on sait que l’accueil dans ces centres repose précisément sur le principe de l’inconditionnalité ! Le seul résultat à attendre d’un tel dispositif serait que les personnes sans papiers, se sentant menacées dans ces lieux, se résolvent à reconstituer des campements sauvages…

2018 : Les Fêtes passées, l’offensive reprend de plus belle. Certes, le 11 janvier prochain, le gouvernement organise une réunion de « concertation » . C’est qu’il se voit contraint de tenter d’enrayer l’impressionnante mobilisation du mouvement associatif au grand complet  contre les régressions programmées. Il ne s’attendait pas davantage aux effets sur de larges secteurs de l’opinion publique des vives critiques formulées par le Défenseur des Droits, Jacques Toubon, à l’encontre des violations des droits fondamentaux des migrants que représentent les mesures décidées ou en préparation. Il se voit enfin obligé de répondre au malaise qui s’exprime au sein-même de l’actuelle majorité contre cette dérive indigne. Cela étant, le projet de loi « Immigration et asile » si redouté n’est nullement remis en question. Attendu au premier trimestre de cette année, il prévoit notamment le doublement de la durée de rétention des étrangers en attente d’expulsion; l’accélération des « reconductions », en particulier des « migrants économiques »; la réduction des possibilités pour les déboutés du droit d’asile de déposer un recours; et même le refus de l’asile aux demandeurs pouvant être « réadmis dans un pays tiers sûr ». On aura une idée de ce que l’exécutif entend par « pays sûr » en se souvenant que le Président de la République envisageait l’été dernier d’installer des « hotspots » (centres d’examen des demandes d’asile)…en Libye, un pays si « sûr » qu’on y a découvert récemment des marchés aux esclaves ! Inconcevable !

Telle est la situation en ce début 2018. Une action à poursuivre et un débat à relancer en cette année marquée par le 65 ème anniversaire de l’entrée en vigueur de la Convention européenne des Droits de l’Homme, dont notre pays est signataire.

4 janvier 2018 at 2:25 Laisser un commentaire

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