Fondation Gabriel Péri
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AGRICULTURE PAYSANNE OU AGRO-BUSINESS ?
Le colloque organisé samedi dernier à Paris par la Fondation Gabriel Péri (« Europe : une crise existentielle. Et maintenant ? ») a tenu ses promesses. (1) Les intervenants étaient brillants et les thèmes abordés passionnants. Chacun d’eux mériterait amplement qu’on y revienne. Commençons aujourd’hui par l’un d’entre eux : « Que serait une bonne Politique Agricole Commune (PAC) ? » La question mérite d’être posée au moment où celle en vigueur se libéralise sous nos yeux ! Avons-nous tous pleinement mesuré la signification et la portée de la suppression des quotas laitiers le 1er avril dernier? « La filière laitière française basculera dans un univers de concurrence rimant avec volatilité, mondialisation, industrialisation, économies d’échelle et prises de risque (…) La révolution qui s’annonce fera des gagnants mais aussi incontestablement des perdants. » avertissent les libéraux eux-mêmes (2) Encore la fin des quotas n’est-elle qu’un pas de plus sur la longue voie de la dérégulation de ce secteur emblématique. À cet égard, il est clairement apparu au cours des débats du week-end dernier évoqués plus haut combien le type d’agriculture choisi -agriculture paysanne ou agro-business- constitue le marqueur d’un modèle de société.
Pour l’un des intervenants, le journaliste-expert Gérard Lepuill, toujours concret et pédagogue, une bonne PAC doit « nourrir la population sans manger dans l’assiette des autres (exemple: le poisson); rémunérer correctement le travail des paysans et réduire les émissions de gaz à effet de serre ». Il faut, souligne-t-il, maintenir des droits de douane -à l’opposé d’une tendance poussée à l’extrême par le projet de « grand marché transatlantique »- si l’on veut encourager de bonnes pratiques agricoles telles que la rotation des cultures , la réintroduction de l’élevage là où règne le tout-céréales, ainsi que la relance de l’agroforesterie -l’arbre , en plus de contribuer le cas échéant à l’alimentation , étant un « puits de carbone »(réservoir naturel absorbant le CO2). Dans le même esprit, le redéveloppement de ceintures vertes est, selon lui, souhaitable autour des grandes villes comme en Ile de France. « Une production laitière de qualité et au faible bilan carbone suppose de donner aux vaches de l’herbe et du foin et non du maïs pauvre en protéines et du soja importé des États-Unis ». Et de citer en exemple le mode de fabrication du Comté, au cahier des charges très strict garantissant la qualité du lait et du fromage, seul moyen de justifier un prix rémunérateur dans le grand vent de la concurrence que va provoquer la suppression des quotas laitiers.
Même son de cloche de la part d’Aurélie Trouvé, parlant comme agroéconomiste. Elle aussi fustige la disparition de cet instrument de régulation et met en garde contre ses conséquences. La production de lait va se concentrer là où elle revient moins cher au risque de désertifier par exemple les zones de montagne. Elle aussi plaide pour les circuits courts, la restauration des droits de douane et le rejet du grand marché transatlantique « qui serait catastrophique, notamment pour la viande bovine ». Elle en appelle en outre avec passion au développement du bio. Très critique à l’encontre d’une PAC conçue pour favoriser le capital foncier et non le petit producteur, elle sait aussi reconnaître des mérites à la Commission lorsque Bruxelles se montre plus soucieuse de l’environnement que les États membres. Au final, on retiendra une conviction partagée: les enjeux agricoles appellent un débat de civilisation !
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(1) voir HD No 21643 : « N’oublions pas les dossiers chauds de l’Europe ».
(2) Les Échos (31/3/2015)
PEUT-ON CHANGER DE CAP À GAUCHE AVEC L’ « EUROPE »?
Au lendemain du séisme politique des élections départementales, la question se pose comme jamais : que faire pour rendre possible la construction d’une alternative à gauche ? Comment réussir l’indispensable rassemblement des forces réellement intéressées à la transformation de la société ? Parmi les obstacles à surmonter, arrêtons-nous sur un seul d’entre eux : le sentiment qu’avec « l’Europe », aucun changement de cap n’est possible. Déjà du temps de François Mitterrand, on nous assénait qu’il fallait -pour reprendre l’impérissable formule du conseiller économique de l’Elysée au moment du « tournant libéral » de 1983- « choisir entre la gauche et l’Europe » ! Quiconque estime qu’ à l’heure de la mondialisation, une construction commune avec nos voisins est souhaitable sinon indispensable devrait renoncer à ses aspirations sociales et à la liberté de chaque peuple de choisir son destin ! On n’imagine pas pire piège pour le rassemblement du « peuple de gauche ». Faire sauter ce verrou est aujourd’hui vital pour espérer réussir à libérer du découragement sinon du désespoir les innombrables citoyennes et citoyens qui ont, cette fois encore, manqué à l’appel, y compris du Front de gauche. Pour y parvenir, notre message ne doit souffrir d’aucune ambiguïté : pas question d’en rabattre sur l’exigence de progrès social et d’émancipation démocratique au nom de l’Europe ! Et j’ajoute : pas question non plus de laisser monopoliser (et dénaturer) l’idée européenne par les forces libérales ou social-libérales !
C’est dans ce contexte que se tiendra les 30 et 31 mai prochains, 10 ans après la victoire du NON de gauche au traité constitutionnel, Place de la République, à Paris, le premier Forum Européen des Alternatives, à l’initiative du Parti de la Gauche Européenne. Nous y serons !
Colloque Europe, une crise existentielle. Et maintenant ?
INVITATION
Colloque Europe, une crise existentielle. Et maintenant ?
Samedi 11 avril 2015
De 9h00 à 17h15
Maison de l’Europe
35, rue des Francs-Bourgeois, 75004 Paris
M° Saint-Paul (ligne 1) ou Rambuteau (ligne 11)
Entrée sur inscription. Pour s’inscrire, cliquer sur le lien inscription
Programme
09h00 – 09h15 : Allocutions d’ouverture
- Catherine Lalumière, Présidente de la Maison de l’Europe, ancienne ministre
Francis Wurtz, Député européen honoraire, Président du Conseil de l’Institut d’Études Européennes de l’Université Paris 8
09h15 – 11h15 : TABLE RONDE 1 – L’EUROPE APRÈS LA VICTOIRE DE SYRIZA
Une expérience sans précédent
Témoignages de :
- Giorgos Karatsioubanis, membre du département de politique européenne de Syriza ;
- Rosa Moussaoui, journaliste àL’Humanité, envoyée spéciale en Grèce
Débat : L’Europe après la victoire de Syriza
Intervenant :
- Yves Bertoncini, Directeur de l’Institut Jacques Delors
Animé par :
- Francis Wurtz, Député européen honoraire, Président du Conseil de l’Institut d’Études Européennes de l’Université Paris 8 ;
- Daniel Cirera, Secrétaire général du Conseil scientifique de la Fondation Gabriel Péri
11h15 – 11h30 : Pause
11h30 – 13h00 : TABLE RONDE 2 – REPENSER LES POLITIQUES EUROPÉENNES
Animateur : Michel Maso, Directeur de la fondation Gabriel Péri
Pour une politique industrielle européenne. Le cas de l’énergie
Intervenante : Marie-Claire Cailletaud, Responsable de la politique énergétique de la Fédération nationale des mines et de l’énergie-CGT
Que serait une bonne politique agricole commune ?
Intervenant(e)s :
- Gérard Le Puill, journaliste à La Terre et l’Humanité, auteur deProduire mieux pour manger tous d’ici 2050 et bien après, Éditions Pascal Galodé, juin 2013.
- Aurélie Trouvé, agro-économiste, auteur de Le business est dans le pré, les dérives de l’agro-industrie, Éditions Fayard, février 2015.
Débat
13h00 – 14h30 : Déjeuner
14h30 – 16h00 : TABLE RONDE 3 – L’EUROPE ET LE MONDE
Animatrice : Dominique Bari,journaliste, chargée de mission à la Fondation Gabriel Péri
La « politique européenne de voisinage » à l’épreuve de la crise ukrainienne
Intervenant : Loïc Hennekinne,Ambassadeur de France, Ancien Secrétaire Général du Quai d’Orsay
Réchauffement climatique : l’Europe au rendez-vous de la conférence mondiale sur le climat Paris 2015
Intervenant : Jean Poitou, climatologue et Secrétaire de « Sauvons le climat », auteur de Le Climat : la Terre et les Hommes, EDP Sciences, 2015.
Le projet européen est-il compatible avec un « Grand Marché Transatlantique » ?
Intervenant : Pierre Defraigne,Directeur de la Fondation Madariaga-Collège d’Europe (Bruxelles)
Débat
17h00 : Conclusions
- Michel Maso, Directeur de la Fondation Gabriel Péri
Mél : fondation@gabrielperi.fr




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