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CLIMAT : 7 ENJEUX-CLÉS A SUIVRE DE PRÈS !

La 23ème Conférence des Nations-Unies sur les changements climatiques termine ses travaux à Bonn (Allemagne) ce 17 novembre. L’objectif était de faire le point des mesures déjà prises et de celles qu’il reste à prendre de toute urgence pour espérer tenir les engagements de la « COP 21 », l’Accord de Paris de 2015. Où en sommes-nous à cet égard ? L’on peut  s’en faire une idée à partir d’un rapide coup de projecteur sur 7 enjeux-clés mis en lumière dans la dernière période.

Tout d’abord, le cri d’alarme de l’ONU : à moins d’un changement de braquet dans la réduction des émissions de CO2 de la part des grands pollueurs en retard sur leurs engagements (USA, Union européenne, Japon, Canada…), il ne sera bientôt plus possible d’atteindre l’objectif de limitation à 2 degrés, en moyenne, du réchauffement climatique. Un ultime sursis à mettre à profit pour agir !

C’est le moment choisi par Donald Trump pour annoncer le retrait des Etats-Unis de l’Accord de Paris. Heureusement, de grands Etats américains comme la Californie, de grandes villes et même de grandes entreprises des USA ont annoncé le maintien voire l’accroissement de leurs efforts.
L’Union européenne, troisième émettrice de CO2, manque elle-même d’ambition en la matière : 40% de baisse des émissions de gaz à effet de serre en 2030 (par rapport à 1990). Il faudrait une diminution de 50% ou plus pour respecter l’Accord de Paris. Or, à ce stade, même l’objectif de 40% est compromis. L’Autriche, la Belgique, le Luxembourg et l’Irlande sont particulièrement en faute. Il est temps de placer leurs dirigeants devant leurs responsabilités.
Le « marché du carbone » instauré il y a plus de dix ans dans l’UE pour inciter l’industrie à  réduire ses émissions a prouvé son inefficacité : les entreprises concernées reçoivent des sortes de « permis à polluer » dans certaines limites (correspondant en principe à l’objectif de réduction des émissions de CO2). Si elles restent en deçà de ces limites, elles peuvent vendre leurs quotas à des entreprises qui les dépassent. Cette « régulation » n’a pas fonctionné. A revoir !
Le cas de l’Allemagne est à relever : avec la Pologne, elle concentre la moitié des émissions provenant des 300 centrales à charbon d’Europe. Sans la fermeture à court terme des 20 centrales les plus polluantes outre-Rhin, Berlin ne pourra pas respecter ses engagements vis à vis de l’Accord de Paris. Une expérience qui a dû peser dans la décision annoncée par Nicolas Hulot de reporter la fermeture de centrales nucléaires en France.
On n’entend guère parler d’un engagement majeur de l’Accord de Paris : celui des pays les plus industrialisés (premiers responsables du réchauffement climatique) de verser 100 milliards de dollars par an d’ici 2020 aux pays en développement (premières victimes de ce phénomène) pour contribuer à leurs dépenses indispensables pour se protéger et s’adapter. Un débat à relancer !
La Banque mondiale estime (en plus de cette « aide ») que « des milliers de milliards de dollars » (!) d’investissements liés au climat sont nécessaires dans les pays du sud d’ici 2030. Les secteurs concernés sont l’agriculture et l’agroalimentaire; l’adduction d’eau et l’assainissement; le bâtiment; les transports urbains; les énergies renouvelables. Un immense chantier de coopérations à suivre !
La bataille du climat : en enjeu de civilisation !
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En apprenant sa disparition, j’ai revu Jack Ralite, comme un poisson dans l’eau, au milieu de la plus extraordinaire manifestation culturelle et démocratique qu’il m’ait été donné de connaître : « Chile crea » à Santiago, en juillet 1988, où des intellectuels et des artistes par milliers s’étaient donné rendez-vous pour crier avec leurs mots un puissant NO à Pinochet !

16 novembre 2017 at 4:47 Laisser un commentaire

DES IMAGES ÉMOUVANTES DE « L’AUTRE AMÉRIQUE » !

Si vous êtes saturés des vociférations obscènes de Donald Trump, allez voir, toutes affaires cessantes, le dernier chef d’œuvre du cinéaste américain Frederick Wiseman : « Ex Libris. La Bibliothèque publique de New-York ». La coïncidence de la sortie de ce film émouvant et revigorant avec le premier anniversaire de l’élection du plus stupide et du plus dangereux président des Etats-Unis est une chance : elle nous évite de tomber dans l’anti-américanisme primaire en nous rappelant quelques uns des ressorts les plus attachants de la société de ce grand pays. Il s’agit, en effet, avec ce documentaire de trois heures et quart sur la vie grouillante et incroyablement riche qui se déroule dans la grande « Bibliothèque de New-York », d’un concentré d’humanité, de promotion de la culture et des connaissances, et d’engagement progressiste tous azimuts qui fait du bien !

Première surprise : l’emblématique bâtiment des quartiers chics de Manhattan n’est que le navire amiral d’un ensemble de 92 sites qui parsèment les quartiers les plus divers de la ville, de Brooklyn à Harlem ou de Staten Island au Bronx. Et surtout, ces « bibliothèques » se défendent vigoureusement d’être de simples « centres de stockage de livres ». Elles apparaissent plutôt comme des lieux voués à une infinie diversité d’activités sociales ouvertes à toutes et à tous : la lecture et toutes les formes d’accès aux savoirs et à la culture, bien sûr, mais aussi les formations (gratuites) à l’informatique et aux nouvelles technologies ; les activités d’éveil et le soutien scolaire pour les enfants; l’aide à la recherche d’emploi; l’assistance aux personnes âgées; aux personnes handicapées, non voyantes ou malentendantes ; aux personnes sans abri; aux personnes immigrées…Pour répondre à leurs attentes ou les accompagner dans leurs recherches, les personnels et les bénévoles -dont les compétences, la disponibilité, l’empathie impressionnent- ont manifestement à cœur de compenser les manques criants de services publics dans cette immense cité aux inégalités effarantes. D’ailleurs, cette institution atypique n’est financée que partiellement par des fonds publics (de la Ville) : 40% de son budget proviennent de philanthropes ou de sponsors privés, avec toute la fragilité qui s’en suit pour la pérennité de ses activités.

Pour l’heure (le documentaire a été tourné en 2015) , il semble souffler sur ces lieux de vie -notamment dans les antennes locales plus éloignées- un esprit clairement progressiste. Si le Conseil d’Administration de l’institution apparaît huppé et figé, les thèmes des conférences (depuis « l’esclavagisme et le soulèvement contre la traite des noirs » à « la raison et la science contre le fondamentalisme » jusqu’à « la contradiction capital-travail chez Karl Marx » !) ou encore le type d’expressions qui dominent les échanges entre les usagers et les personnels (« émancipation »; « droits civiques »; « pour un New-York sans exclusion »…) ne laisse guère de doute : à cette Amérique-là va toute notre solidarité !

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Evoquant les « philanthropes » qui comblent les lacunes de l’Etat en participant au financement des activités culturelles et sociales de la Bibliothèque de New-York, je pense au grand mécène turc, Osman Kavala -bête noire d’Erdogan, notamment pour ses initiatives en faveur du dialogue avec le peuple kurde ou la minorité arménienne- emprisonné à son tour depuis le 18 octobre dernier ! Lui aussi mérite notre respect et toute notre solidarité.

9 novembre 2017 at 10:25 Laisser un commentaire

MOINS DE GUERRES, PLUS DE DIPLOMATIE !

Cette semaine a débuté avec l’ouverture du débat annuel de l’Assemblée Générale des Nations-Unies et va s’achever avec, partout en France, le samedi 23 septembre, les « Marches pour la paix » à l’appel de 130 organisations ! (1) C’est l’occasion de nous arrêter sur quelques « dossiers » internationaux brûlants du moment. La gestion de la crise américano-nord-coréenne en tout premier lieu. Faute de pouvoir bombarder les sites nucléaires de Pyongyang du fait des risques incalculables qu’une telle aventure ferait peser sur la Corée du Sud, le Président des Etats-Unis s’était juré d’user du chantage à la famine de la population du Nord au moyen d’un blocus total des livraisons de pétrole indispensables  à l’activité économique, même élémentaire, de ce pays. Or, celui qui se rêve toujours en shérif de la planète a dû se résoudre à ce qu’il déteste par-dessus tout : négocier un compromis , en l’occurrence avec deux autres « membres permanents » du Conseil de Sécurité : Pékin et Moscou -tous deux partisans d’une désescalade et d’une relance du dialogue. Mieux, alors que les dirigeants européens -France et Grande-Bretagne en tête- avaient d’abord soutenu Washington, les interventions des Présidents chinois et russe auprès de Paris ont permis d’isoler les jusqu’au boutistes : la Déclaration commune Poutine-Macron, tout en condamnant fermement les provocations du dictateur nord-coréen, appelle ainsi à des « négociations directes », présentées comme le moyen « exclusif » de résoudre la situation.

Ce ne sera pas le seul sujet à l’ordre du jour  de ce rendez-vous diplomatique universel sans équivalent qu’est l’Assemblée Générale de l’ONU !  193 nations, souvent représentées au plus haut niveau -le Président français s’y est rendu avec six ministres !- y échangent sur les affaires du monde. De quel côté pencheront les résultats de ces pourparlers officiels ou informels ? Cela dépendra en grande partie du climat politique que les peuples, les « opinions publiques »,  auront réussi à susciter sur chaque enjeu concerné. Exemple-type d’un grand sujet diplomatique sur lequel la position française a sensiblement évolué sous l’effet de l’isolement international qu’avait entraîné son attitude antérieure : l’accord du 14 juillet 2015 sur le nucléaire iranien. Paris fut longtemps , au grand soulagement du gouvernement d’Israël ou de la pétro-monarchie d’Arabie saoudite, qui rêvent tous deux depuis toujours d’en découdre avec Téhéran, l’obstacle principal à la conclusion positive des négociations. Aujourd’hui, la France se range parmi les pays qui tentent d’empêcher l’irresponsable locataire de la Maison Blanche de torpiller le bon compromis de 2015. Autre grand accord international qui fait l’objet de discussions destinées à le sauver coûte que coûte des velléités de détricotage -pas exclusivement américaines- : l’accord de Paris sur le climat. Dans cette affaire aussi, la mise en oeuvre effective des engagements pris ne sera pas sans rapport avec l’ampleur de la mobilisation des peuples dans la lutte contre les dérèglements climatiques . Quant au terrible conflit syrien, il sera nécessairement à l’ordre du jour des entretiens onusiens, notamment pour arracher un soutien international aux négociations d’Astana ( Kazakhstan ), pilotées par la Russie, la Turquie et l’Iran, seul espoir à ce jour d’une désescalade susceptible d’ouvrir un jour la voie à une solution politique à cette tragédie. C’est avec tout cela -et bien d’autres questions encore- à l’esprit que je marcherai pour la paix, samedi prochain.

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(1) Parmi lesquelles le PCF, Ensemble!, EELV, la CGT, la FSU, l’Union syndicale Solidaire, Femmes Solidaires, le MJCF, la JOC, la Ligue des Droits de l’Homme, le MRAP, et, naturellement le Mouvement de la Paix, avec le soutien de l’Action Catholique Ouvrière et du CCFD.

21 septembre 2017 at 2:50 Laisser un commentaire

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