IMPÉRIALISME 

8 janvier 2026 at 1:10 Laisser un commentaire

Lorsque la Maison Blanche publia, le 5 décembre dernier, sa « stratégie de sécurité nationale », les dirigeants européens n’en ont retenu que le passage -effectivement grave et menaçant-  sur « l’effacement civilisationnel » de notre continent, véhiculant une vision clairement raciste et annonçant un soutien explicite aux « partis patriotes » de l’extrême-droite européenne. Cela n’avait pas empêché la médiocre et très réactionnaire cheffe de la diplomatie européenne -l’ancienne Première ministre d’Estonie, Kaja Kallas- de souligner que les Etats-Unis restaient « le plus grand allié » de l’Union européenne, ajoutant même que « certaines (de ses) critiques (étaient) fondées » !

Une lecture élargie de ce texte de 33 pages aurait fait apparaître un autre volet des priorités de Trump : « restaurer la suprématie américaine » en Amérique latine, conformément à la « doctrine Monroe » -du nom d’un Président des Etats-Unis…du début du 19ème siècle- autrement dit considérer cette région comme la chasse gardée de Washington ! Le coup de force ahurissant contre le Venezuela en est une (première ?)  illustration. Après « la paix par la force » qui justifia notamment le soutien de Trump aux crimes de Netanyahu à Gaza, voilà « le changement de régime par la force » au Vénézuela, quitte à prendre le risque d’un bain de sang. Dans les deux cas, les Etats-Unis prétendent même « diriger » le pays à la place de son peuple, en attendant « quelqu’un qui pense comme nous » ! Cela porte un nom : l’impérialisme. 

Le président américain couvre (à peine) ses objectifs économiques -l’exploitation des immenses réserves pétrolières du Venezuela-  de prétextes plus présentables (en l’occurrence, celui du pseudo-combat contre le trafic de drogue). À ces cibles directement lucratives s’ajoute une visée stratégique majeure : affirmer son hégémonie en tentant de briser quiconque y résiste. À commencer par Cuba, dont est originaire la famille du Secrétaire d’Etat (ministre des Affaires étrangères) Marco Rubio, ultra parmi les ultras, mais aussi la Colombie, le Mexique, voire le Brésil dont la résistance à l’arrogance trumpiste est jugée intolérable à Washington.

Que, face à une telle prétention à faire plier tous les récalcitrants à l’ordre états-unien, l’Union européenne se contente d’appeler « à la retenue » et Macron justifie de facto  le putsch de Trump est non seulement ignoble mais irresponsable. Après les menaces directes sur le Groenland (lié au Danemark, donc à l’Europe), après les tentatives d’intimidation des magistrats français ayant condamné en première instance Marine Le Pen, après l’interdiction de séjour aux Etats-Unis faite à l’ex Commissaire européen Thierry Breton, coupable d’avoir fait adopter des lois régulant la tech, jugées gênantes pour les géants américains du numérique, que faut-il de plus aux flagorneurs de Trump de ce côté-ci de l’Atlantique pour comprendre qu’à se coucher devant le suzerain américain, l’Europe risque fort d’être la prochaine victime de l’hubris du locataire de la Maison Blanche ! Rappelons leur que leur nouvelle égérie vénézuélienne, Machado, a dédié son prix Nobel à Trump et encense les champions de la démocratie comme le Brésilien Bolsonaro, l’Argentin Milei, le Hongrois Orban et le parti d’extrême-droite espagnol Vox…

On sait où commence le choix d’un droit international à géométrie variable. On ne sait pas toujours où il peut finir.

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