Posts filed under ‘Francis Wurtz’

ZOHRAN MAMDANI : ÉCHEC AUX CALOMNIATEURS !

Que Donald Trump voie rouge après l’élection -à la majorité absolue !- de Zohrane Mamdani dans la ville la plus emblématique des Etats-Unis , cela se comprend aisément. Malgré son vibrant appel à faire barrage à ce « communiste cinglé »;  malgré sa menace de couper les vivres à la « Big Apple » en cas de succès de cet « immigré en situation irrégulière »; malgré sa sortie raciste qualifiant de « stupide (…) toute personne juive qui vote pour Zohran Mamdani », c’est l’antithèse de l’Amérique chère à l’actuel locataire de la Maison Blanche qui a triomphé ! « Le peuple organisé bat l’argent organisé » selon la belle formule du nouvel élu. Et comme l’a souligné la chaîne NBC, Mamdani est arrivé en tête dans tous les groupes : Blancs, Africains-Américains, Latinos et Asiatiques, le « New York Times » rapportant de son côté qu’un certain nombre de dirigeants juifs de la métropole ont salué, chez le nouveau Maire, un message d’ouverture et de réconciliation, à l’opposé de l’amalgame indigne, repris par Trump, assimilant la dénonciation du génocide perpétré par le pouvoir de Netanyahu contre le peuple palestinien à Gaza à de l’antisémitisme. 

Mais si l’on s’explique facilement la haine viscérale de Trump envers l’intrus  -qui ose se présenter comme « musulman, socialiste démocrate (et qui) refuse de (s’) excuser pour tout cela »- lorsqu’il le voit ovationné dans la ville qui l’a vu naître, pourquoi diable tant d’  « observateurs » de la vie politique, de ce côté-ci de l’Atlantique,  manifestent-ils la même aversion et la même malveillance que le milliardaire raciste américain pour ce jeune progressiste qui fait renaître l’espoir d’un sursaut démocratique dans ce grand pays ?

 Que l’extrême-droite s’en prenne à ce « représentant du communautarisme radical musulman affiché comme antisémite » (Gilbert  Collard) ne nous surprend pas, pas plus que d’entendre Bernard-Henri Lévy parler du jour de la victoire de Mamdani comme d’ « une date noire pour les juifs de New York ». Mais la chasse aux sorcières ne s’arrête pas là. À la question de Radio J: « Sa victoire serait-elle un signal d’alerte pour les juifs new yorkais ? » , Christophe Barbier, ancienne figure de l’ Express et de BFM-TV, répondit du tac au tac : «  Bien sûr, bien sûr ». Franz-Olivier Giesbert, quant à lui, n’en revenait pas qu’il y eût « 16% des juifs de  New York (qui) s’apprêtaient selon les sondages, à voter pour Zohran Mamdani, candidat -insista-t-il- quasi ouvertement antisémite à la mairie de la ville ». Il n’hésita pas à insulter ces brebis égarés, lâchant à leur propos : « Si ce n’est pas de l’inconscience ou de la haine de soi, c’est de la bêtise ». Au risque de décevoir l’éditorialiste du Point, signalons que, finalement, ce ne sont pas 16% des électeurs juifs à avoir voté pour Mamdani, mais 33%, d’après la chaîne TV israélienne i24NEWS…

Comment interpréter ce chapelet de calomnies à l’égard d’un homme qui ne sépare pourtant pas sa ferme condamnation du pouvoir israélien de sa détermination à combattre l’antisémitisme ? Manifestement, pour ses impitoyables  censeurs,   Zohran Mamdani a tous les défauts d’un authentique homme de gauche, mais son anomalie rédhibitoire est, outre d’être musulman, celle d’exprimer sans détour sa solidarité avec le peuple palestinien. Bon vent, Zohran Mamdani !

13 novembre 2025 at 7:09 Laisser un commentaire

IRLANDE, LES « SECRETS » DE LA VICTOIRE DE LA GAUCHE

Il n’est pas superflu de revenir sur un événement qui mérite mieux qu’un furtif coup de chapeau, surtout dans une période davantage marquée par les poussées d’extrême-droite que par les succès progressistes : l’élection, le 24 octobre dernier, de la candidate commune à toute la gauche, Catherine Connolly, à la présidence de la République d’Irlande. Cette fonction n’est, certes, pas comparable en Irlande à ce qu’elle est en France, mais les « secrets » de la victoire de la gauche -une première dans l’histoire de ce pays proche- ne peuvent nous laisser indifférents. 

Comment une femme, issue d’une famille modeste, n’appartenant à aucun parti depuis qu’elle a quitté le Labour (parti travailliste) pour désaccord en 2006, élue locale puis députée indépendante mais n’ayant pas, jusqu’alors, joué de rôle politique de premier plan, a-t-elle pu réussir à infliger une défaite cinglante (63,4% !) à une « classe politique » conservatrice dont les deux principaux partis monopolisent, alternativement ou en coalition, le pouvoir depuis des décennies ! Trois atouts de la candidate expliquent largement son résultat proprement historique : sa personnalité, ses orientations et le rassemblement sur son nom de toutes les forces de gauche.

Sa personnalité ? A l’opposée des politiciens dont les postures lassent les citoyens et citoyennes, elle a mené « une campagne authentique et humaine »,  montrant qu’« elle comprenait les épreuves que subissent les travailleurs et leur famille » -en matière de pouvoir d’achat, de logement, de services publics…-, souligne Declan Kearney, président national du Sinn Féin, résumant la tonalité de nombre de témoignages parus dans la presse irlandaise. Ses orientations ? Outre les priorités sociales, « la menace existentielle que constitue le changement climatique », et naturellement la réunification de l’île, il y a sa solidarité sans faille avec le peuple palestinien et, plus généralement, ses positions fortes sur le plan international, qu’elle expose sans mâcher ses mots ! « C’est ce qui a rendu sa campagne si rafraîchissante pour ses supporters et si menaçante pour l’establishment » note, admiratif, Daniel Finn, de la « New Left Review » de Londres, comme lorsqu’elle lance : « J’ai honte d’être Européenne quand je vois Von der Leyen (Présidente de la Commission) épaule contre épaule avec un criminel de guerre ! », ou qu’elle fustige le démantèlement de « l’Etat-providence » pour financer la militarisation du pays. Totalement hostile à cette dérive, elle se veut « une voix pour la paix ». Aussi condamne-t-elle avec force « l’horrible agression russe » de l’Ukraine, sans taire la lourde responsabilité de l’OTAN qui « a joué un rôle méprisable en avançant jusqu’à la frontière et en se livrant à des actes de guerre ».  

C’est sur ces bases que les 5 partis de gauche et verts, le mouvement syndical et les organisations de défense des droits,  ainsi que des personnalités progressistes indépendantes, ont su forger un rassemblement qui les a conduits à la victoire. Pour les prochaines élections législatives, « si la gauche agit avec la même maturité stratégique, l’Irlande peut avoir un gouvernement populaire », juge Seán Mac Brádaigh, écrivain et ancien conseiller de Gerry Adams, figure historique du Sinn Féin. C’est tout ce que nous souhaitons à nos amis irlandais…et à nous mêmes.

6 novembre 2025 at 1:01 Laisser un commentaire

« LA PAIX PAR LA FORCE » (TRUMP) OU PAR LE DROIT (ONU) ?

Ce 24 octobre, cela fait 80 ans qu’a été ratifiée la Charte des Nations unies instituant l’ONU. Les premiers mots de ce texte historique rédigé en 1945 illustrent à eux seuls son actualité : « Nous, peuples des Nations unies, résolus à préserver les générations futures du fléau de la guerre (…), à proclamer notre foi dans les droits fondamentaux de l’homme, dans la dignité et la valeur de la personne humaine, dans l’égalité de droits des hommes et des femmes ainsi que des nations, grandes ou petites »…C’est, en réalité, dès octobre 1943, dans le fracas des bombes, que les Alliés américains, britanniques et soviétiques avaient prévu, à la Conférence de Moscou, de fonder, après la victoire sur le nazisme et le fascisme, une organisation universelle « pour la sauvegarde de la paix ». Aujourd’hui, alors que nous vivons une période de vives tensions internationales et de nouvelle course aux armements, que les violations des principes de la Charte sont légion, et que tend à s’imposer, de Washington à Moscou, en passant par Tel-Aviv, l’implacable loi du plus fort, il est grand temps d’ouvrir un débat de fond sur la place et le rôle des Nations unies.

Il est, en effet, de bon ton d’épiloguer sur l’ « impuissance » et « l’inefficacité » de l’ONU qui serait « décalée » par rapport au monde réel de notre temps… Gardons-nous de jouer, à notre corps défendant, le jeu des adversaires de tout multilatéralisme, tel un Trump qui se targue de ne jamais céder la souveraineté des Etats-Unis « à une bureaucratie mondiale non élue », et qui, en conséquence, asphyxie financièrement l’ONU et quitte l’Organisation mondiale de la santé, tout comme l’UNESCO ! Si le Conseil de sécurité n’empêche effectivement plus certaines guerres, c’est que ses États membres les plus puissants se chargent eux-mêmes de le paralyser. C’est sur eux que doivent s’exercer les pressions, non sur la seule institution universelle, dont la Charte est une référence mondiale, dont l’Assemblée générale est seule à réunir, à égalité, toutes « les nations, grandes et petites » et dont les nombreuses agences spécialisées apportent une aide vitale à des centaines de millions d’humains dans tous les domaines de la vie (alimentation, santé, climat, éducation et culture…) !

Ce rappel s’impose d’autant plus que Trump tente manifestement d’utiliser le cessez-le-feu obtenu à Gaza pour légitimer sa devise « la paix par la force » comme une sorte d’alternative au principe onusien de la paix par le droit. Il est, dès lors, crucial, de rappeler les conditions dans lesquelles ce (faux) « plan de paix » a connu un (vrai) succès dans l’immédiat. D’abord, ce n’est que lorsque l’isolement mondial du gouvernement Netanyahou rendait intenable la poursuite du soutien politique et militaire inconditionnel à son allié privilégié -au point que l’opinion américaine, électeurs trumpistes compris, a majoritairement condamné le pouvoir israélien- que Trump s’est résolu à lui dire Stop, rendant ainsi possible la libération des otages. Pour la suite, son plan est d’une telle ambiguïté que tout est possible, y compris le pire : la reprise de la guerre. Enfin, le rôle personnel inouï que s’attribue Trump dans l’organisation de l’avenir du peuple palestinien  disqualifie définitivement sa conception de « la paix par la force ». L’ONU, le droit international et le droit des peuples à choisir leur destin sont décidément irremplaçables.

24 octobre 2025 at 9:59 Laisser un commentaire

Older Posts Newer Posts


Entrer votre adresse e-mail pour vous inscrire à ce blog et recevoir les notifications des nouveaux articles par courriel.

Rejoignez les 5 297 autres abonnés

Chronique européenne dans l’Humanité Dimanche

Intervention au Parlement européen (vidéo)

GUE/NGL : vidéo

septembre 2026
L M M J V S D
 123456
78910111213
14151617181920
21222324252627
282930  

Archives

Catégories

Pages

Pages