Posts filed under ‘Franciswurtz.net’

VERS UNE GRANDE INITIATIVE EUROPEENNE

Le jeune « Parti de la  Gauche européenne » (PGE), qui réunit une trentaine de partis progressistes dont le PCF – et depuis peu les deux autres formations du Front de Gauche, le PG et la Gauche unitaire – vient, à l’occasion de son 3ème Congrès, à Paris, de décider le prochain lancement d’une grande initiative, sans équivalent, à ce jour, dans la gauche européenne.  Il s’agit de se saisir de l’instrument dit « initiative citoyenne », prévu par les traités européens: autrement dit de tenter de collecter jusqu’à un million de signatures sur une pétition adressée à la Commission européenne afin d’obtenir l’ouverture d’un débat public sur un sujet donné.

          Le sujet choisi en l’occurrence est la demande du PGE que soit créé – à l’opposé de l’actuel « Fonds européen de stabilisation financière » qui est une machine de guerre contre les peuples grec et irlandais (et d’autres demain…) et plus généralement, des plans d’austérité généralisés dans toute l’Europe, – un « FONDS EUROPEEN DE DEVELOPPEMENT SOCIAL ».  Ce fonds viserait à financer des investissements publics créateurs d’emplois, développant la formation et la recherche, consolidant et élargissant les services publics ou contribuant à la réalisation d’infrastructures utiles, par exemple dans le domaine de l’environnement. 

          Naturellement, le recours à une procédure prévue par le traité de Lisbonne ne signifie en aucun cas que le PGE approuve ce traité!  Le but recherché est, au contraire, de favoriser des mobilisations de citoyennes et de citoyens contre la soumission aux marchés financiers, autrement dit contre la logique des actuels traités européens.  C’est d’ailleurs la raison pour laquelle il a été convenu, au congrès du PGE, que ce Fonds de développement social ne devait surtout pas dépendre, pour son financement, des marchés financiers.  

          Plusieurs sources de financement alternatives ont été envisagées.  La taxation des mouvements de capitaux d’une part.  Elle s’impose mais ne suffit pas.  Et la Banque centrale européenne (BCE) d’autre part.  Comment cela?  La BCE a le pouvoir – illimité – de créer de la monnaie et de prêter cet argent à un taux et selon des critères qui relèvent de la volonté politique qui guide ces opérations.  Contrainte par la crise à aider des Etats en grande difficulté, elle achète, par exemple, en ce moment des titres publics pour des dizaines de milliards d’euros, afin de sauver la zone euro de l’éclatement.  C’est formellement interdit par les traités actuels – opposés à toute forme de solidarité financière dans la zone euro! –  La BCE se voit donc contrainte par les circonstances de violer les traités!  

          Eh bien, poussons cette logique jusqu’au bout mais dans une toute autre optique: que la BCE accorde durablement, par le biais de ce « Fonds de développement social », des prêts à taux très bas, voire nuls aux Etats membres, des lors qu’il s’agit d’investissements répondant aux critères évoqués plus haut – c’est à dire créant de la valeur au lieu d’alimenter les spéculations.  Voilà une campagne qui, bien préparée, argumentée et organisée à l’échelle européenne en liaison avec les luttes en cours, peut permettre enfin à la gauche de se hisser à la hauteur de ses responsabilités actuelles.  Bravo et plein succès au PGE!

11 décembre 2010 at 3:20 1 commentaire

GRECE, IRLANDE… URGENCE – SOLIDARITE !

L’Union européenne a « pour but de promouvoir le bien être de ses peuples (et) d’établir entre eux une union sans cesse plus étroite »: cette phrase des traités européens illustre bien le fossé qui ne cesse de se creuser entre les images d’Epinal dérisoires censées décrire l’actuel modèle européen et les sombres réalités des politiques effectivement mises en œuvre au nom de l’ « Europe». Le calvaire imposé au peuple irlandais, après celui déjà infligé au peuple grec, est, à cet égard, un scandale qui ne doit pas rester sans réaction! Pour mesurer ce que représente le fardeau du plan dit de « sauvetage » pour cette population d’à peine plus de 4 millions d’habitants, il faut rappeler ce que cela signifierait, en proportion de la population respective de chacun des deux pays, pour la France.15 milliards d’ « économies » en l’espace de quatre ans, c’est l’équivalent de 200 milliards d’euros pour notre pays ! C’est à dire pas loin  du budget annuel de l’Etat.25 000 emplois supprimés dans la fonction publique reviendrait à rayer de la carte quelque 330 000 postes publics en France. Etc…Et ce plan d’austérité est le troisième en trois ans. »War on the poor » (guerre aux pauvres) titrait fort justement un quotidien de Dublin.

Mais le plus incroyable, c’est qu’il se soit trouvé des dirigeants européens qui, à l’instar de M. Trichet, le patron de la Banque centrale européenne, avaient prédi que le peuple irlandais accepterait sans coup férir cette provocation sociale doublée d’une humiliation nationale. Les fortes mobilisations des Grecs avaient été mises sur le compte de l’atavisme protestataire des Méditerranéens. Mais les traditions du Tigre celtique se révèleraient tout autres, empreintes de pragmatisme et de capacités à s’adapter et à rebondir…La seule chose dont il y avait lieu de se préoccuper était de « rassurer les marchés». La règle à calcul aidant, cela voulait dire faire passer les déficits publics de 32% (!!) des richesses nationales (du fait du renflouement de banques privées en faillite)aux mythiques 3% en quatre ans.  De la folie furieuse qui ne peut émerger que d’esprits pour lesquels les personnes, la vie humaine sont des variables d’ajustement. Seules sont incontournables les « inquiétudes » des « marchés ».

Mais les Irlandais ne l’ont pas entendu ainsi. Il sont descendus dans la rue aussi massivement, en proportion, que les Français. Ils ont sévèrement bousculé leur gouvernement qui avait accepté de se plier aux honteuses injonctions des dirigeants européens et du FMI. Ils ont engagé un courageux bras de fer avec les puissants, dont l’issue n’est pas écrite. Sur place, ils peuvent compter sur les syndicats et sur des forces politiques de gauche au premier rang desquelles figurent avec beaucoup de dignité nos amis du Sinn Fein. Mais cela ne suffira pas. Leur combat est celui de tous les peuples européens. N’a-t-on pas entendu la Directeur général du FMI, Dominique Strauss-Kahn, préconiser, pour gérer la crise européenne, la création d’ « une autorité budgétaire centralisée, avec une indépendance comparable à celle de la Banque centrale européenne »?!N’attendons pas que la liste des pays-martyrs s’allonge et se rapproche pour réagir. La solidarité avec les peuples grec et irlandais est un devoir vis à vis d’eux et un besoin pour nous – mêmes.

2 décembre 2010 at 8:46 Laisser un commentaire

QUAND L’EUROPE EST SANS…BUDGET!

Décidément, rien ne va plus.  Des économistes décrivaient déjà l’Union européenne comme « l’homme malade de la planète » parce qu’elle affiche une croissance deux fois inférieure à la moyenne mondiale et trois fois moindre que celle des pays émergents.  Puis l’on a entendu son président, Van Rompuy, annoncer que « la zone euro lutte pour sa survie ».  Voilà que Conseil (les gouvernements) et Parlement viennent d’échouer dans leur recherche d’un accord sur le budget 2011!  Seuls les Chefs d’Etat et de gouvernement peuvent encore éviter le pire lors de leur prochaine rencontre, les 16 et 17 décembre prochains, à condition de trouver entre eux – et à l’unanimité – un compromis acceptable pour la majorité des députés européens.  Ce qui est loin d’être évident. 

         Cette situation n’a rien d’anecdotique.  elle ne s’est produite, à ma connaissance, que deux fois en plus d’un demi-siècle, dans les années 80.  Elle signifie que les institutions européennes ne disposeraient, pour fonctionner et investir, que d’un douzième du budget précédent (2010) par mois, jusqu’à ce qu’un accord intervienne sur un nouveau budget.  Par voie de conséquence, aucune des dépenses nouvelles prévues pour l’an prochain ne pourrait être engagée.  Ainsi, les agences de supervision des banques, des assurances et des marchés financiers dont la création devait annoncer une nouvelle « régulation » – au demeurant fort éloignée des exigences de ruptures avec la financiarisation à outrance de l’économie européenne – ne pourraient pas fonctionner; le chantier du futur réacteur expérimental de fusion nucléaire qui vient d’être lancé à Cadarache, dans les Bouches du Rhône, serait privé de 940 millions d’euros (Bonjour, la crédibilité de l’Union européenne vis à vis de ses partenaires pour ce projet: la Chine, l’Inde, la Corée, la Russie, les Etats-Unis…); les fonds structurels d’aide aux régions seraient amputés de 14% de leurs montants prévus; 24 milliards d’euros d’aides directes aux agriculteurs devraient être avancés par les Etats membres.  Cerise sur le gâteau: le « service européen d’action extérieure » présenté comme la grande innovation du traité de Lisbonne (sorte de « quai d’Orsay » européen) ne pourrait pas voir le jour. 

         Comment en est-on arrivé là?  L’adoption du budget suppose que Conseil et Parlement se mettent d’accord sur le même projet.  Ce fut presque le cas, à la mi-novembre, la majorité des députés ne remettant en cause ni les orientations ni les limitations drastiques des dépenses: 126 milliards d’euros, soit 1,01% du revenu national brut des 27 pays membres…  Le clash a pour origine l’intransigeance des gouvernements britannique, nordiques et néerlandais qui ont refusé de prendre l’engagement exigé par les parlementaires, en échange de leur extrême « modération » en matière de dépenses publiques européennes, de les associer à la réflexion prévue sur le financement futur de l’Union européenne (impôt européen? taxe sur les mouvements de capitaux? suppression de la ristourne substantielle accordée à la Grande Bretagne depuis le forcing victorieux de l’ex – « Dame de Fer », Margaret Thatcher?…) et à l’élaboration des perspectives financières pour les années à venir (2014-2020). 

         Rendez-vous le 16 décembre…  Mais quelle que soit l’issue de cette ultime négociation, une double conclusion s’impose: d’abord, la question,  hautement politique, des recettes comme des dépenses de l’Union européenne est à suivre de près dans la période à venir.  Ensuite, cette nouvelle illustration des contradictions qui traversent l’actuelle construction européenne confirme la justesse d’une ambition que nous ne cessons d’affirmer: celle d’une véritable refondation d’une « Union » qui, décidément, prend l’eau de toutes parts.

26 novembre 2010 at 11:20 Laisser un commentaire

Older Posts Newer Posts


Entrer votre adresse e-mail pour vous inscrire à ce blog et recevoir les notifications des nouveaux articles par courriel.

Rejoignez les 5 297 autres abonnés

Chronique européenne dans l’Humanité Dimanche

Intervention au Parlement européen (vidéo)

GUE/NGL : vidéo

mars 2026
L M M J V S D
 1
2345678
9101112131415
16171819202122
23242526272829
3031  

Archives

Catégories

Pages

Pages