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LA « RENAISSANCE EUROPÉENNE » , C’ EST NOTRE PROJET ! RETOUR SUR LA TRIBUNE DE MACRON SUR L’EUROPE

Comme tous les discours d’Emmanuel Macron sur l’Europe, sa récente tribune dans nombre de grands journaux européens était bien écrite, partait de certaines vérités et apportait quelques bonnes idées. Le problème, c’est que cette belle écriture, ces constats pertinents et ces propositions alléchantes sont, sous sa plume, des instruments au service d’une véritable manipulation politique : surfer sur des aspirations progressistes pour les dévoyer vers des « solutions » conservatrices sinon franchement réactionnaires. Décryptage.

Notons tout d’abord que le Président de la République -c’est original pour un Chef de l’Etat de l’UE- s’adresse directement aux citoyennes et aux citoyens de toute l’Union européenne, en passant, de fait, par-dessus les gouvernements en place. Intéressant ! Et, qui plus est, il suggère de réunir une « Conférence pour l’Europe afin de proposer tous les changements nécessaires à notre projet politique, sans tabou, pas même les révisions des traités ». Bigre ! Tout cela ressemble furieusement -à première vue…- à une idée emblématique du Parti communiste français développée depuis 2012 : « La France prendra l’initiative d’Etats généraux de la refondation européenne en faisant appel à toutes les forces politiques et sociales disponibles en Europe » écrivions-nous dans le programme du Front de gauche, « L’humain d’abord », en vue de l’élection présidentielle. À l’occasion de la Convention du PCF sur l’Europe, en 2013, Patrick Le Hyaric précisait cette idée-clé en ces termes : « C’est pour impulser un débat citoyen, (…) pour favoriser l’élaboration commune avec les forces progressistes, organisations syndicales, associations et ONG, associations d’élus, réseaux citoyens, agissant pour transformer l’Europe, que nous avons proposé avec le Front de gauche, de lancer (cette) grande initiative politique pour dégager des convergences sur ce qui ne peut plus durer et sur quelques grands changements à promouvoir ».

Emmanuel Macron inscrirait-il donc ses pas dans les traces de ceux des communistes ? Pas vraiment…Quels sont, en effet, les « changements » qu’il préconise ? « La liberté, la protection et le progrès » écrit-il. Quelle liberté ? Celle de « choisir nos gouvernants » , liberté paraît-il menacée par « des puissances étrangères ». (Flatter la fraction de l’opinion obsédée par les menaces que feraient peser Moscou, voire Pékin, sur « l’Occident » peut toujours rapporter des suffrages.)Le vrai changement serait, en l’occurrence, de pouvoir choisir librement, non pas seulement ses gouvernants, mais sa politique alors que les règles européennes actuelles imposent l’ordre néo-libéral quelle que soit la majorité au pouvoir ! Quant à la « protection » , s’agit-il de celle de l’emploi ou de celle des droits sociaux ? Hélas, non, mais de celle des « frontières », à l’aide d’une « police commune », d’ « obligations strictes de contrôle » -grâce à la « remise à plat de l’espace Schengen »- ainsi que d’une « augmentation des dépenses militaires ». (Voilà qui fleure bon le racolage de voix de droite tentées par le lepénisme ! ) Enfin, l’hôte de l’Elysée prône « le progrès » en Europe, en insistant sur sa volonté de « porter un projet de convergence plus que de concurrence » et d’instaurer « un bouclier social » ! (Ça c’est pour pêcher des voix à gauche…) Sauf que le très libéral « Président des riches » rencontre là un petit problème de crédibilité. La « Renaissance européenne », décidément, ce n’est pas le projet de Macron, c’est le nôtre.

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14 mars 2019 at 8:24 Laisser un commentaire

EUROPE : FAIRE APPEL À L’INTELLIGENCE DES CITOYENS

Comment conduire de façon efficace et responsable le débat sur les enjeux européens avec nos concitoyens et concitoyennes ? La question mérite d’autant plus d’être posée que nous sommes en pré-campagne électorale et que tendent à se banaliser, y compris à gauche, les propos outranciers sur « l’Europe » ne débouchant sur aucune action constructive. Bien que très critique, de longue date, sur l’actuelle UE, je ne me reconnais absolument pas dans tout ce qui caricature le débat politique sur les enjeux européens . Pour une raison simple : diaboliser l’UE, c’est s’interdire de réfléchir à ses contradictions; c’est s’empêcher de chercher à ouvrir des brèches positives dans cette construction en crise profonde; c’est fermer toute perspective de transformation.

Certes, en surfant sur l’exaspération (légitime) des gens vis-à-vis de « Bruxelles », on peut espérer, du moins à court terme, engranger quelques bénéfices électoraux. Mais on ne fait qu’enfoncer nos interlocuteurs dans l’impasse du ressentiment. A l’inverse, faire appel à l’intelligence de chacune et de chacun , sans concession sur les réalités de cette « Europe », mais sans en cacher les contradictions, afin d’agir sur elles, c’ est un exercice sans doute plus exigeant . Mais il est, pour nos interlocuteurs comme pour le climat démocratique, d’un tout autre apport !

La référence en la matière reste l’expérience exemplaire de démocratie citoyenne sur les enjeux européens que fut la campagne pour un « Non de gauche » au projet de traité constitutionnel de 2005 (« NON à l’Europe libérale; OUI à une Europe sociale »). Une campagne dont les communistes s’honorent d’avoir été les initiateurs et le fer de lance. Le fait que Sarkozy et ses pairs européens aient réussi, dans le rapport de force de l’époque, à voler sa victoire à notre peuple, n’enlève rien au caractère emblématique de cet affrontement politique de très haut niveau qui a, pour la première fois, ébranlé la « forteresse » européenne.

Quelles leçons peut-on en tirer pour le débat actuel sur les questions européennes ? D’abord, me semble-t-il, il n’est pas bon de ne miser que sur la seule « expression de la colère populaire », comme on l’entend souvent dire. Cette colère est totalement justifiée ; elle doit s’exprimer. Mais une gauche digne de ce nom a le devoir d’apporter une « valeur ajoutée » à cet état de fait. Sa responsabilité n’est-elle pas de permettre aux gens de dépasser cette réaction de défense ? De favoriser leur participation à des luttes collectives larges et inscrites dans la durée ? D’y susciter leur créativité politique, car c’est le seul moyen d’ arracher progressivement les changements et les ruptures nécessaires ? Par ailleurs, et dans le même esprit, prenons conscience que « tout ce qui est excessif est insignifiant » . Présenter les réalités européennes comme uniformément catastrophiques est foncièrement contre-productif . Non seulement, ce faisant, on est inaudible pour quiconque a vécu une expérience européenne ressentie comme positive (ex : les bourses Erasmus pour le étudiants), mais on dévalorise de fait les points marqués par les luttes ou sous la pression des opinions publiques (ex: les 13 milliards d’euros récemment exigés -et obtenus- d’ Apple pour avoir bénéficié de cadeaux fiscaux illégaux). Ouvrir un débat serein sur ces questions me paraîtrait particulièrement opportun dans la période qui vient.

1 novembre 2018 at 10:08 Laisser un commentaire

LES « MARCHÉS », ARBITRES DU BRAS DE FER ROME-BRUXELLES

La Commission européenne est en train d’offrir aux démagogues d’extrême-droite au pouvoir en Italie le cadeau royal qu’ils espéraient. En exigeant une réduction des dépenses inscrites au budget prévu par Rome pour 2019, et en menaçant de rejeter celui-ci si le gouvernement persistait dans ses projets, l’exécutif bruxellois jette littéralement des millions de citoyens transalpins dans les bras de la coalition politique la plus dangereuse de l’histoire italienne depuis la défaite de Mussolini. Et pour cause : non seulement il s’agit d’une flagrante remise en cause de la souveraineté populaire -l’adoption du budget étant la prérogative centrale de tout parlement national-, mais, en prime, les coupes demandées conduiraient, de fait, à annuler les deux mesures sociales phares du programme -trompeur- de Salvini et Di Maio : le retour à la retraite à 62 ans au lieu de 65, et, plus tard, l’établissement d’un « revenu de citoyenneté » (une aide accordée aux plus défavorisés sous condition d’acceptation des emplois proposés). Grâce à cette opération de « Com » offerte par Bruxelles à Rome, d’autres mesures du gouvernement italien resteront, elles, dans l’ombre, telles l’amnistie fiscale, l’instauration d’une « flat tax » – impôt au même taux pour les riches que pour les pauvres-, les privatisations…Bravo la Commission !

La démonstration est faite, une fois de plus, que cette intrusion des instances européennes dans des décisions qui ne peuvent relever que des autorités élues de chaque pays, est inacceptable et doit être abrogée. Rappelons à ce propos que ce processus pervers -appelé « semestre européen »- a été introduit en 2010 par les Etats membres (sur insistance d’Angela Merkel) et approuvé par une majorité de parlementaires européens ! Ce sont eux qui ont chargé la Commission de jouer au notaire tatillon vis-à-vis des politiques budgétaire et économique de chaque gouvernement ! Certes, si une majorité d’Etats s’oppose à ces mesures de la Commission, celles-ci sont annulées, mais ils se gardent bien d’entraver l’action de cette vigie de l’orthodoxie libérale pour une raison simple : c’est leur politique ! La preuve : lorsque, au dernier Conseil européen du 18 octobre, la Commission a interrogé les Chefs d’Etat et de gouvernement sur la conduite à tenir envers l’Italie, ceux-ci ont botté en touche, arguant qu’il fallait s’en « remettre au jugement de la Commission »…

Tous comptent en réalité sur les « forces du marché » pour discipliner les récalcitrants. De fait, les taux d’intérêts italiens appliqués aux emprunts de l’Etat sur dix ans ont déjà grimpé à 3,6% , soit environ quatre fois plus que les taux français et sept fois plus que les taux allemands ! Pour espérer sortir au plus vite de ce type de situation -dans quelque pays que ce soit- il est grand temps de faire grandir le débat de fond sur les transformations à opérer dans les missions de la Banque centrale européenne, à la fois pour ne plus dépendre totalement des « marchés » pour financer l’économie et les politiques publiques, et pour conditionner les futurs prêts à un usage favorable à l’emploi, aux services publics, au développement social, à la transition écologique et à la solidarité.

25 octobre 2018 at 9:00 Laisser un commentaire

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