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EN HOMMAGE À JULIEN LAUPRÊTRE SOUTIEN AUX PLUS DÉMUNIS DANS L’UE !

« Nous sommes inquiets pour l’avenir du Fonds Européen d’Aide aux plus Démunis (FEAD), alors que les Etats membres vont commencer à négocier le budget de l’Union européenne pour les années 2021-2027 » alertait il y a un an Julien Lauprêtre, au nom du Secours populaire français (SPF) et des organisations-partenaires telles que la Croix-Rouge, les Banques alimentaires ou les Restos du cœur . Préserver coûte que coûte cette aide d’urgence, hélas indispensable pour permettre aux organisations humanitaires de soulager les plus déshérités, faisait l’objet , ces dernières années, d’une intense mobilisation de l’emblématique Président du « Secours ».

En effet, l’un des grands échecs du modèle économique libéral en vigueur dans l’actuelle Union européenne est son incapacité persistante dans l’ensemble des pays membres, y compris les plus riches, d’éliminer la pauvreté . Même si l’on se réfère aux statistiques officielles de la Commission, les chiffres sont accablants : en 2015, un Européen ou une Européenne sur six, soit 87 millions de personnes, y vivait sous le seuil de pauvreté ! Encore ce chiffre sous-estimait-il amplement l’étendue de ce désastre d’après les acteurs de terrain contre l’exclusion , qui situaient  plutôt le nombre des victimes de cette plaie intolérable à plus de 120 millions !

En France -6ème économie du monde- , entre quatre et cinq millions d’hommes, de femmes et d’enfants dépendent en partie de cette aide alimentaire européenne. Et surtout, les contacts ainsi créés permettent à une organisation comme le SPF d’accompagner ces personnes dans leur insertion sociale et la défense de leurs droits comme de leur dignité. Or, la pérennité de ce Fonds fut, à plusieurs reprises, menacé par ceux-là même dont l’obsession du profit financier et la politique restrictive et inégalitaire le rendent si nécessaire. C’est ainsi qu’en 2011, ce programme faillit être supprimé sous prétexte qu’il s’agissait d’une forme d’aide sociale , juridiquement du ressort des Etats membres et non de l’UE. Il a fallu l’engagement décisif de parlementaires européens -au premier rang desquels figura Patrick Le Hyaric-  pour sauver et le Fonds et son montant de…3,2 milliards d’euros entre 2014 et 2020 !

Le problème est désormais d’arracher la prorogation et l’augmentation de ce montant dans le prochain budget pluriannuel 2021-2027, sur lequel le Parlement européen qui sortira des urnes le 26 mai prochain aura à se prononcer. La négociation de ce « cadre financier » est actuellement en cours entre les 27 gouvernements et elle s’annonce ardue : entre le coût du « Brexit » et celui des « nouvelles dépenses » (« protection des frontières » et défense européenne…), les pressions en vue de diminuer nombre de prestations (crédits aux agriculteurs, fonds de cohésion pour les pays les plus pauvres…) sont très fortes. Raison de plus pour apporter -parallèlement à notre action en faveur de la nécessaire éradication de la pauvreté dans toute l’UE- notre total soutien  à l’Appel commun des Associations européennes  lancé le 20 mars dernier pour , dans l’immédiat, « renforcer l’aide alimentaire européenne ». Ce faisant, nous rendrons l’hommage mérité au grand humaniste que fût notre ami et camarade Julien Lauprêtre.

2 mai 2019 at 9:44 Laisser un commentaire

PALESTINE: L’UE FACE À UNE RESPONSABILITÉ HISTORIQUE

Quoi de plus « parlant » sur la situation au bord de l’explosion en Palestine que le silence poignant et la colère rentrée des dizaines de jeunes secouristes en veste du « Croissant rouge » venus rendre un dernier hommage à leur camarade tombé sous les balles d’un soldat israélien en venant soigner un blessé dans le camp de réfugiés de Dheisheh , près de Béthléem (où l’armée d’occupation n’a, en principe, aucun droit de pénétrer) ! On en apprend plus sur la Palestine durant une visite de cinq jours sur le terrain avec l’AJPF (1) qu’à travers tous les reportages sur le sujet dans les grands médias français et européens . Comme nous l’a dit un couple de touristes devant le mausolée du Président Arafat : « On est venu pour comprendre. On a vu et on a compris… » A plus forte raison lorsqu’on a la possibilité d’échanger avec les réfugiés de quelques uns des 59 camps où vivent les plus pauvres d’entre eux , de génération en génération depuis 1948…

Évoquant la situation à Gaza, bien pire encore que celle de Cisjordanie, l’un de nos interlocuteurs fit ce constat terrifiant : « À 12 ans, un enfant y a déjà vécu trois guerres : les enfants grandissent ici dans la violence et le ressentiment. » Aussi les enfants bénéficient-ils de la part des familles en Palestine d’une attention toute particulière : « Pourriez-vous demander aux responsables de l’UNRWA (2) , que vous allez rencontrer, si les écoles ouvriront encore leurs portes à partir de 2020 ? » nous interrogea avec une angoisse clairement perceptible le responsable d’un camp. C’est que cet organisme des Nations-Unies, entièrement dédié aux cinq millions de réfugiés palestiniens, traverse une crise financière sans précédent depuis sa création en 1949 , suite à la décision de Donald Trump de faire passer la contribution financière des Etats-Unis à cet Office de 360 millions à…60 millions de dollars par an ! Le « chef du monde libre » brandit en outre la menace de pousser à une révision du statut de réfugié pour ne faire bénéficier de l’aide internationale que les 50 000 survivants directs de l’exil forcé de 1948 tout en refusant toute idée de « droit au retour » ou de compensation financière de l’Etat responsable de l’interminable exil forcé de tous leurs descendants ! Tous attendent de l’UE qu’elle prenne le contre-pied de Washington et qu’elle renforce son aide humanitaire aux réfugiés -ce qui est loin d’être gagné.

Et comme si toutes ces souffrances et ces humiliations quotidiennes ne suffisaient pas, voilà que monte dans les milieux dirigeants européens eux-mêmes l’idée irresponsable selon laquelle, face à la multiplication des obstacles à l’existence d’un État palestinien -prolifération des colonies, crise économique dans les territoires occupés , divisions entre Palestiniens- , la question d’un renoncement progressif des États européens à cet objectif stratégique se posait ! Notre mobilisation s’impose plus que jamais!
———
(1) L’Association pour la promotion des jumelages entre des villes françaises et des camps palestiniens (fondée par le regretté Fernand Tuil) vient d’organiser un séjour de découverte et de coopération pour une quarantaine d’élues et d’élus à Jérusalem et en Cisjordanie (28/3-2/4).
(2) Office des Nations-Unies pour le secours et les travaux pour les réfugiés au Proche-Orient

11 avril 2019 at 9:43 Laisser un commentaire

LA « RENAISSANCE EUROPÉENNE » , C’ EST NOTRE PROJET ! RETOUR SUR LA TRIBUNE DE MACRON SUR L’EUROPE

Comme tous les discours d’Emmanuel Macron sur l’Europe, sa récente tribune dans nombre de grands journaux européens était bien écrite, partait de certaines vérités et apportait quelques bonnes idées. Le problème, c’est que cette belle écriture, ces constats pertinents et ces propositions alléchantes sont, sous sa plume, des instruments au service d’une véritable manipulation politique : surfer sur des aspirations progressistes pour les dévoyer vers des « solutions » conservatrices sinon franchement réactionnaires. Décryptage.

Notons tout d’abord que le Président de la République -c’est original pour un Chef de l’Etat de l’UE- s’adresse directement aux citoyennes et aux citoyens de toute l’Union européenne, en passant, de fait, par-dessus les gouvernements en place. Intéressant ! Et, qui plus est, il suggère de réunir une « Conférence pour l’Europe afin de proposer tous les changements nécessaires à notre projet politique, sans tabou, pas même les révisions des traités ». Bigre ! Tout cela ressemble furieusement -à première vue…- à une idée emblématique du Parti communiste français développée depuis 2012 : « La France prendra l’initiative d’Etats généraux de la refondation européenne en faisant appel à toutes les forces politiques et sociales disponibles en Europe » écrivions-nous dans le programme du Front de gauche, « L’humain d’abord », en vue de l’élection présidentielle. À l’occasion de la Convention du PCF sur l’Europe, en 2013, Patrick Le Hyaric précisait cette idée-clé en ces termes : « C’est pour impulser un débat citoyen, (…) pour favoriser l’élaboration commune avec les forces progressistes, organisations syndicales, associations et ONG, associations d’élus, réseaux citoyens, agissant pour transformer l’Europe, que nous avons proposé avec le Front de gauche, de lancer (cette) grande initiative politique pour dégager des convergences sur ce qui ne peut plus durer et sur quelques grands changements à promouvoir ».

Emmanuel Macron inscrirait-il donc ses pas dans les traces de ceux des communistes ? Pas vraiment…Quels sont, en effet, les « changements » qu’il préconise ? « La liberté, la protection et le progrès » écrit-il. Quelle liberté ? Celle de « choisir nos gouvernants » , liberté paraît-il menacée par « des puissances étrangères ». (Flatter la fraction de l’opinion obsédée par les menaces que feraient peser Moscou, voire Pékin, sur « l’Occident » peut toujours rapporter des suffrages.)Le vrai changement serait, en l’occurrence, de pouvoir choisir librement, non pas seulement ses gouvernants, mais sa politique alors que les règles européennes actuelles imposent l’ordre néo-libéral quelle que soit la majorité au pouvoir ! Quant à la « protection » , s’agit-il de celle de l’emploi ou de celle des droits sociaux ? Hélas, non, mais de celle des « frontières », à l’aide d’une « police commune », d’ « obligations strictes de contrôle » -grâce à la « remise à plat de l’espace Schengen »- ainsi que d’une « augmentation des dépenses militaires ». (Voilà qui fleure bon le racolage de voix de droite tentées par le lepénisme ! ) Enfin, l’hôte de l’Elysée prône « le progrès » en Europe, en insistant sur sa volonté de « porter un projet de convergence plus que de concurrence » et d’instaurer « un bouclier social » ! (Ça c’est pour pêcher des voix à gauche…) Sauf que le très libéral « Président des riches » rencontre là un petit problème de crédibilité. La « Renaissance européenne », décidément, ce n’est pas le projet de Macron, c’est le nôtre.

14 mars 2019 at 8:24 Laisser un commentaire

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