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PALESTINE : L’EUROPE AU PIED DU MUR !
Contre toute attente, la cause palestinienne vient d’être propulsée au rang des priorités sur l’agenda diplomatique international ! Le vote de la résolution 2334 du Conseil de Sécurité de l’ONU, le 23 décembre dernier, exigeant d’Israël d’arrêter « immédiatement et complètement » la colonisation des territoires palestiniens, est, dans le contexte abominable où se situe aujourd’hui le conflit du Proche-Orient, une chance inespérée : celle de pouvoir s’appuyer sur le droit international, désormais gravé dans le marbre, pour agir. Le fait que Washington ait enfin renoncé à opposer son veto à la condamnation officielle de la colonisation , rompant ainsi avec une pratique vieille de près de quarante ans, met plus que jamais en pleine lumière l’isolement international de Tel Aviv dans son torpillage systématique de toute perspective de création d’un Etat palestinien viable et acceptable. Dans cette situation inédite, toute initiative pour une paix juste au Proche-Orient acquiert une dimension nouvelle : c’est le cas de la Conférence internationale sur le conflit israélo-palestinien qui se tiendra à Paris à la mi-janvier avec la participation de quelque 70 pays. A plus forte raison s’il s’en suivait un nouveau vote consensuel au Conseil de Sécurité sur un plan de paix global conforme au droit international.
Certes, en elle-même, une résolution ne règle rien. Certes, le fait que le Président Obama ait attendu la veille de son départ de la Maison Blanche pour prendre une position que l’on attendait de lui dès le début de son premier mandat retire une grande partie de son effet à ce type de texte. Certes, Israël a aujourd’hui le gouvernement le plus ultra de son histoire et le plus hostile à des négociations sérieuses. Lourde est, à cet égard, la responsabilité de tous ceux qui -de part et d’autre de l’Atlantique- ont encouragé cette dérive désastreuse : malgré l’annexion de Jérusalem-Est, l’installation progressive de 590 000 colons (1) dans les territoires palestiniens occupés, la construction du mur , les massacres de Gaza, les arrestations de résistants ou les assassinats ciblés…, ils ont garanti l’impunité aux dirigeants israéliens successifs et accordé des aides colossales, y compris militaires, à leur gouvernement, fût-il peuplé de racistes assumés et de va-t-en guerre d’extrême droite . Leur réveil est assurément tardif alors qu’un dangereux aventurier s’apprête à prendre les rênes du pouvoir dans la première puissance mondiale !
Raison de plus pour mettre coûte que coûte à profit le consensus arraché in extremis au plus haut niveau des Nations-Unies afin favoriser un sursaut devant l’abîme ! En particulier l’Union européenne -comme telle ainsi qu’à travers chacun de ses gouvernements- doit être mise devant ses responsabilités ! (2) Nul ne lui demande de se montrer anti-israélienne ( le « camp de la paix » en Israël soutient d’ailleurs la résolution de l’ONU ) ni pro-palestinienne : il s’agit simplement de se mettre au service du droit international qui vient d’être solennellement réaffirmé et qu’il n’est au pouvoir de personne, pas même de Donald Trump, d’effacer ! Si l’équipe de M. Nétanyahou continue de témoigner son mépris à l’égard des exigences du droit international, réaffirmées comme jamais, la seule issue sera que d’innombrables voix s’élèvent pour demander que soit appliqué au régime d’occupation israélien la même mesure d’exception qui finit jadis par être imposée -avec succès !- au régime d’apartheid sud-africain : des sanctions économiques , cette mesure ultime, ainsi qu’une saisine du Tribunal pénal international ! L’Union européenne cherche à jouer un rôle dans le monde ? La voici au pied du mur.
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(1) Chiffre cité par l’ambassadrice des Etats-Unis à l’ONU elle-même !
(2) L’UE est le 1er partenaire commercial d’Israël. Elle finance en outre nombre de programmes israéliens comme la recherche-développement dans les hautes technologies.
EUROPE : LES DOSSIERS CHAUDS DE LA RENTRÉE
La sidération et les traumatismes provoqués par les attentats sur notre société ont tendance à occulter aux yeux de nos concitoyens des enjeux politiques que nous ne saurions pourtant négliger. C’est le cas de nombre de « dossiers » européens qui vont se rappeler à nous sans tarder. Bref état des lieux à la veille d’une rentrée chargée.
Premier exemple : la crise agricole. Le 2 septembre prochain se tiendra à Chambord un sommet européen des 28 ministres de l’agriculture . Ce sera le moment de faire le bilan des effets désastreux des réformes libérales successives de la politique agricole commune , telle la suppression des aides à la production ou celle des quotas laitiers.
Autre exemple de dossiers brûlants à ne pas laisser avancer sans bruit dans le sens que l’on imagine : Le TAFTA ( Grand marché UE-USA ) tout comme le marchepied vers celui-ci , le CETA ( Grand marché UE-Canada, pays lui-même étroitement lié par un accord de libre-échange aux Etats-Unis ) . Or, si les négociations sur le TAFTA sont loin d’avoir abouti à ce jour, celles sur le CETA sont, en revanche, achevées : les pressions en faveur de la signature officielle du traité UE-Canada , voire de son « application provisoire » ( avant même sa ratification par les différents parlements nationaux ) sont de plus en plus fortes, notamment du côté des milieux d’affaires. Une date est même avancée pour ce coup de force : le 26 octobre prochain, lors d’un sommet UE-Canada. C’est dire qu’il n’y a pas de temps à perdre pour relancer l’action !
Et puis, il y a les problèmes prétendument réglés, mais susceptibles d’éclater de plus belle à tout moment, au premier rang desquels celui de l’accueil des réfugiés ! L’accord calamiteux avec la Turquie est en suspens et offre à Erdogan un moyen de chantage rêvé sur l’UE. Plus de cent réfugiés venus de Turquie accostent chaque jour en Grèce, s’ajoutant aux quelque 60 000 bloqués dans le pays le plus éprouvé de l’UE . À partir d’octobre, tout devient possible, la plupart des autres gouvernements restant sourds aux appels à la responsabilité collective.
- Reste le Brexit… Mais , aux dernières nouvelles, Londres se hâte de plus en plus lentement dans la réalisation de son projet. Désormais, on parle de…2019. Le combat pour une autre Europe, lui, ne peut pas attendre.




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