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« L’EUROPE NE PEUT RESTER « ASSOCIEE » A UN GOUVERNEMENT HORS-LA-LOI »
« L’Europe ne peut rester « associée » à un gouvernement hors-la-loi » a déclaré ce samedi, à Strasbourg, Francis WURTZ, Président du groupe de la Gauche Unitaire Européenne au Parlement européen. Participant à une manifestation de solidarité avec le peuple palestinien, une heure à peine après son retour d’un bref séjour à Jérusalem et à Ramallah, le parlementaire européen du PCF a précisé le sens de son voyage au Proche Orient avec un petit groupe de députés européens dont Alain Krivine (LCR) et Alima Boumediene (Verts).
« Après le terrible week-end pascal, qui nous a livré les images insoutenables de la réoccupation des villes palestiniennes par les chars israéliens, et celle du siège du Président Arafat, j’ai décidé, avec l’accord unanime de mon groupe parlementaire, de me rendre sur les lieux de la tragédie, à la fois pour exprimer notre solidarité au peuple palestinien et témoigner à mon retour des réalités vécues sur le terrain » a souligné Francis WURTZ, insistant sur le fait que « chacun peut faire quelque chose pour isoler le gouvernement Sharon et contribuer à rendre sa situation politiquement intenable ».
Ayant réussi, avec l’aide d’amis palestiniens, à pénétrer par des chemins détournés dans la ville de Ramallah – déclarée « zone militaire fermée » par les autorités israéliennes, qui y retiennent dans des conditions « scandaleuses » le Chef de l’Autorité palestinienne, – le groupe de députés a découvert une ville où les traces de l’offensive militaire des derniers jours sont partout présentes : chars aux carrefours, voitures écrasées, canalisations éclatées, rues jonchées de débris et d’immondices. Profitant de la levée, l’espace de quelques heures, du couvre-feu, les habitants sont sortis en grand nombre. « J’ai été très ému par les innombrables témoignages d’amitié et de reconnaissance que nous a manifestés la population, très digne, nullement abattue et heureuse de sentir le mouvement de soutien à leur cause grandir de jour en jour » a ajouté le député européen.
Puis évoquant la session du Parlement européen qui doit se tenir à Strasbourg à partir de ce lundi, il a conclu : « L’Union européenne est à présent au pied du mur. Le gouvernement Sharon ignore ses demandes, nargue ses dirigeants, refuse à ses représentants de rencontrer le Président Arafat. Il bafoue toutes les règles du droit international dont « l’Europe se veut, par ailleurs, le garant. Comment maintenir, dans ces conditions, un « accord d’association » tel que celui qui existe, entre l’Europe et Israël ? L’Europe ne peut rester « associée » à un gouvernement hors-la-loi. Nous allons demander avec force la suspension de cet accord ainsi que l’application sans délai des résolutions du Conseil de Sécurité des Nations-Unies exigeant le retrait des troupes des territoires palestiniens ».
Conférence des Présidents ouverte au sujet des attentats terroristes aux Etats-Unis : ma déclaration
Madame la Présidente,
Monsieur le Président au Conseil
Monsieur le Président de la Commission,
Les mots nous manquent à tous pour exprimer les sentiments que suscite l’agression terroriste d’une barbarie sans précédent, qui vient de frapper les Etats-Unis. Le peuple américain va devoir surmonter un profond traumatisme, qui risque encore de s’exacerber à mesure qu’ apparaîtra l’étendue du désastre qu’il vient de subir. Dans cette épreuve inimaginable, il doit pouvoir compter sur notre solidarité sans réserve. J’ajoute que, si ces monstres sans visage ont ciblé, hier, les Etats-Unis, ils peuvent, demain, semer la terreur et la mort dans n’importe quelle région du monde, y compris naturellement le continent européen. Mon groupe se retrouve donc pleinement, Madame la Présidente, dans les déclarations et les démarches que vous avez faites en notre nom.
Ces attentats consternants constituent un défi à la communauté humaine tout entière. Un défi que nous allons devoir à présent apprendre à relever. Je dis « apprendre ». Car, si nous sommes tous d’accord pour dire qu’il faut en rechercher les coupables et les châtier, force est de reconnaître que, pour tout le reste les interrogations nées de la tragédie de ce 11 septembre 2001 sont plus nombreuses que les certitudes. Or, rien ne serait plus inadéquat, voire plus dangereux, à mes yeux, que de réagir face à ce phénomène radicalement nouveau avec des conceptions anciennes qui viennent de montrer cruellement leurs limites.
Ainsi, la tentation peut être grande après un pareil outrage, d’appeler de ses vœux une riposte foudroyante, mais aux conséquences incalculables. Par ailleurs, le risque n’est pas négligeable, en ces circonstances tragiques, de voir renaître la thèse redoutable du « conflit de civilisation ». Qui, M. Pottering, vous avez raison :ce ne serait pas rendre service à la paix que de laisser amalgamer des criminels fanatisés avec des peuples entiers dont certains représentants viennent précisément, par fois avec beaucoup de dignité et d’esprit de responsabilité, d’exprimer une condamnation radicale des terroristes et leur solidarité avec le peuple américain. Enfin, et plus généralement, personne ne doit plus jamais oublier que nous faisons tous partie du même monde. La plus puissante des nations n’est pas invulnérable. La communauté internationale tout entière est condamnée à voir ensemble les grands problèmes de la planète en face à ces fossés qui se creusent, ces dialogues rompus, ces océans de frustrations et à coopérer de plus en plus étroitement pour les résoudre durablement.
Telle est, sans doute, la contribution décisive que l’Europe peut apporter au monde pour relever ensemble de défi de civilisation qui nous est
10ème anniversaire de la chute du mur de Berlin
Dix ans constituent une période suffisante pour permettre que la passion cède la place à la raison. Qui peut considérer aujourd’hui n’avoir rien à apprendre des années qui viennent de s’écouler ? Notre conviction est que nous avons tous et toutes à tirer enseignement de cette expérience, avec modestie, courage et esprit de responsabilité devant l’avenir.
Le mur de berlin est, à nos yeux, sans conteste, un symbole dramatiquement parlant de l’esprit de guerre froide et de toute la logique coercitive et manichéenne qui l’ont caracterisé. Aucune force démocratique ne peut, à notre sens, faire l’économie d’une critique radicale du modèle de societé que ce mur a incarné.
A plus forte raison, ceux pour qui le capitalisme n’est pas la fin de l’histoire et qui ont à coeur d’explorer les voies de son dépassement doivent-ils faire le deuil des conceptions que l’échec du système édifié à l’abri du mur de Berlin a rendu définitivement caduques.
Inversément, ceux qui ont cru voir, dans l’impressionante liesse populaire qu’a suscitée il y a dix ans ce grand moment de libération humaine que fut l’ouverture du Mur, une consécration de leurs convictions libérales, ne peuvent manquer aujourd’hui de s’interroger eux aussi.
Les citoyens de l’ex-RDA, dont la mobilisation avait crée les conditions de l’ébranlement du régime est-allemand, ne réclamaient pas la toute-puissance du marché, mais un socialisme dans la liberté. Beaucoup de leurs espoirs se sont entretemps mués en désillusions. Nombreux sont celles et ceux qui estiment, en particulier, insuffisament reconnus leur identité spécifique et leur propre apport à l’Allemagne unifiée. D’autres jugent que la tentative de régler des problèmes politiques par la voie judiciaire est sans issue. Nous partageons ce sentiment et tenons à l’exprimer alors que viennent d’être prononcées les condamnations de trois anciens dirigeants de l’ex-RDA.
D’une façon générale, à l’heure où s’ouvre pour l’Union européenne le grand chantier de l’élargissement, les enseignements à tirer de ces dix années nous concernent toutes et tous. Saint Exupéry regrettait que « les hommes édifient trop de murs et ne construisent pas assez de ponts ». Un mur est tombé il ya 10 ans. Attachons nous à présent à construire des ponts.




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