ELECTRICITÉ + 5,9% : LE COÛT DE L’EUROPE LIBÉRALE

Depuis le 1er juin dernier, le tarif de l’électricité pour les particuliers que nous sommes -le « tarif bleu »d’EDF- a, comme on sait, augmenté de 5,9%, sur décision du gouvernement. Plus de 25 millions de foyers verront donc leur pouvoir d’achat rogné d’autant. C’est l’occasion de revenir sur l’une des dispositions les plus cyniques et scandaleuses des traités européens, notamment depuis l’Acte unique européen (1986) et Maastricht (1992) : l’obligation d’ouvrir à la concurrence tous les « monopoles publics » (comprenez : les entreprises publiques de service public : ferroviaire, postal, de l’énergie, etc…) . La France s’était d’autant plus exécutée qu’elle était co-rédactrice de ces traités. Restait le problème épineux des centrales nucléaires: difficile de céder au privé une partie d’un secteur aussi stratégique et aussi sensible ! Or, celui-ci fit des jaloux parmi les concurrents d’EDF car, les centrales étant amorties, les coûts de production y étaient particulièrement compétitifs, notamment à partir de 2005. Le principe sacro-saint de l’Europe libérale -« la concurrence libre et non faussée »- supposait donc que soit assuré urgemment l’accès des concurrents d’EDF à l’électricité bon marché de l’opérateur historique.

Sous leur pression, la Commission européenne finit par poursuivre la France en 2008 pour transposition insuffisante des directives concernées. C’est ainsi que, pour se mettre en règle, les autorités françaises adoptèrent en 2010 la loi NOME (Nouvelle organisation des marchés de l’énergie). Celle-ci oblige EDF à vendre le quart de sa production à ses concurrents à un prix fixé à l’avance et calculé pour être, sauf accident, sensiblement inférieur aux tarifs du marché, ce qui permet à des firmes comme Direct-Energie ou Total…de prendre plus facilement des clients à EDF tout en augmentant, eux aussi, leurs tarifs ! On marche sur la tête.

Les partisans de cette logique justifiaient cette mesure par le souci de satisfaire les services « à moindre coût » en évitant les « abus de position dominante » des fameux « monopoles publics »…On attend toujours leur commentaire sur la nouvelle augmentation que la « libre concurrence » (…faussée) vient de provoquer. Muets sur ce point, ils sont, en revanche, prolixes quand il s’agit de demander la prolongation au-delà de 2025 (date-butoir inscrite dans la loi de 2010) du mécanisme dit de « l’Accès Régulé à l’Electricité Nucléaire Historique », et même de plaider en faveur de l’augmentation de la part de la production d’électricité d’EDF (au-delà des 25% prévus dans la loi actuelle) mise à la disposition de ses concurrents. C’est dire si le moment se prête comme jamais à un réexamen complet de ce système pervers et contreproductif pour les usagers comme pour l’entreprise EDF.

6 juin 2019 at 2:28 Laisser un commentaire

EUROPE: ET MAINTENANT ?

Inutile de se le cacher : les résultats de ces élections européennes sont les plus préoccupants enregistrés depuis 40 ans que le Parlement de Strasbourg et de Bruxelles est élu au suffrage universel. Le premier problème est naturellement le poids sans précédent des partis d’extrême-droite qui se traduira par un escalade dans la démagogie nationaliste, sécuritaire et anti-migrants. Une deuxième source d’inquiétude est liée à l’affaiblissement et à la division des forces qui se réclamaient jusqu’ici de la gauche. Quelle sera la proportion de membres du groupe de « l’Alliance des socialistes et démocrates » (ex-groupe socialiste et social-démocrate) prête à s’engager sur de vraies options progressistes ? Comment évoluera le groupe des « Verts » désormais dominé par un parti allemand n’hésitant pas à s’allier à la droite dans certains « Länder » et comprenant des élus, notamment français, qui se disent « ni de droite ni de gauche » ? Et puis, il y a le crève-cœur de l’absence de tout parlementaire communiste ou apparenté français dans le groupe que le PCF a contribué à fonder et qu’il a présidé pendant dix ans ! Dans le contexte actuel, cette absence est dramatique. Il faudra réfléchir sereinement et sans apriori aux raisons multiples qui ont conduit à cette situation, mais cette chronique n’est pas le lieu pour cela.

Une chose apparaît sûre, cependant : les enjeux européens actuels et prévisibles exigent qu’une formation politique comme le PCF -qu’aucune autre force ne remplacera à gauche- se donne les moyens d’une triple reconquête. Celle de ses positions dans le Parlement européen -une institution bien plus importante que beaucoup ne le pensent. Celle d’une popularisation approfondie de sa vision actualisée du combat pour changer l’Europe. Celle, enfin, d’une capacité à contribuer au rassemblement des forces de gauche pour arracher des succès concrets sur les enjeux européens.

Pour ce faire, nous ne partirons pas de zéro, loin s’en faut ! Par sa clarté, sa modernité et sa dignité, l’excellente campagne de Ian Brossat a grandement favorisé l’écoute de nos idées sur l’Europe . Le bilan et l’expérience de nos anciens députés et députées au Parlement européen, la constance de leur positionnement « pour une Europe des gens, pas de l’argent » sont également de précieux atouts à valoriser. L’apport de nos candidates et candidats, reconnus pour être au diapason du monde du travail dans toutes ses composantes et des luttes sociales et sociétales de notre époque , a creusé un sillon à même de porter au-delà de l’élection elle-même. Les soutiens remarquables recueillis par la liste présentée par le PCF constituent un autre atout potentiellement durable. La campagne dynamique et au plus près des gens menée par les communistes a bien plus semé que ce que leur liste a récolté dans l’immédiat. Notre coopération permanente avec nos partenaires progressistes européens au sein de notre groupe GUE-NGL, du Parti de la Gauche Européenne (PGE) et au-delà, est un bien précieux, à préserver coûte que coûte . Sans oublier les acquis d’une expérience exemplaire de démocratie citoyenne appliquée aux questions européennes dont les communistes furent les initiateurs et le fer de lance, et qui reste, à mes yeux -au prix, naturellement, des mises à jours nécessaires- une référence toujours actuelle en la matière : la campagne pour le « NON de gauche » au projet de traité constitutionnel européen de 2005. L’après-26 mai commence maintenant !

31 Mai 2019 at 4:41 Laisser un commentaire

LETTRE OUVERTE À QUI APPRÉCIE IAN BROSSAT

« LE PCF vise la barre des 5% , le score minimum pour envoyer des députés à Strasbourg. Une mission pas impossible » : pour la première fois, le 17 mai dernier, le journal « Libération » reconnaissait que l’élection de Ian Brossat et des trois autres candidats et candidates placés en tête de la liste présentée par le Parti communiste français -Marie-Hélène Bourlard, Patrick Le Hyaric et Marie-Pierre Vieu- était envisageable. Pourquoi maintenant enfin ? « Parfois, en politique -explique le journal de Laurent Joffrin- certaines histoires s’emballent à grande vitesse. Un détail et tout s’accélère. Par exemple, Ian Brossat. Après un débat télévisé convaincant, la tête de liste du PCF aux européennes est une tendance qui ne cesse d’être en hausse » (1). Rendant compte du grand meeting réussi de la veille, à Paris, le quotidien « Le Monde » évoque, à son tour, « les bonnes ondes » qui « redonnent de l’espoir au parti de la place du Colonel Fabien ». (2) Pour « Le Parisien », Ian Brossat, « c’est l’une des révélations de cette campagne », qui « préfère la démonstration à la polémique, le débat à l’anathème » (3). Même son de cloche sur les réseaux sociaux et dans les conversations avec des gens de toutes les familles de la gauche, sans exception.

Pour avoir beaucoup côtoyé la tête de liste du PCF dans cette campagne, je vois bien la place que prendra très vite ce futur jeune député tant au sein de l’hémicycle de Strasbourg et de Bruxelles que sur le terrain, parmi les gens. Une chose est sûre : dans ces institutions si particulières, sa capacité à se montrer à la fois ferme et courtois, politique et concret, fort de son expérience sociale mais étranger à toute prétention,  fera merveille. Il saura se faire respecter, y compris de nos adversaires et de la Commission européenne. Il aura tôt fait de nouer des liens avec les autres composantes de notre groupe de la « Gauche unitaire européenne-Gauche verte nordique » , et au-delà, avec tous les alliés potentiels sur tel ou tel sujet d’importance. Il y sera un porte-parole créatif et moderne de notre peuple, pour toutes les avancées sociales, écologiques et de solidarité qu’il a développées tout au long de sa brillante campagne. Dans les institutions comme dans les territoires, il contribuera à redonner des lettres de noblesse aux idéaux et aux meilleures traditions de la gauche, dont il souhaite avec raison qu’elle « retrouve le chemin du rassemblement ». Nous serons nombreuses et nombreux à être fiers de lui et de ses camarades parlementaires.

Mais cette perspective si proche et si enthousiasmante ne deviendra réalité qu’à une double condition . D’abord, que chacune et chacun qui apprécie Ian Brossat et ses co-listières et co-listiers concrétise, dimanche prochain, cette légitime sympathie par son vote ! Et, dans le même temps, que nous utilisions toutes et tous les heures décisives qui nous séparent du verdict des urnes pour nous demander qui, dans notre entourage ou nos relations, gagnerait à partager notre conviction et notre acte électoral. Ne prenons pas le risque de regretter dimanche soir de ne pas avoir apporté notre pierre à l’édifice : ouvrir la porte du Parlement européen à Ian Brossat, Marie-Hélène Bourlard, Patrick Le Hyaric et Marie-Pierre Vieu !

———-
(1) Libération (17 mai 2019)
(2) Le Monde (17 mai 2019)
(3) Le Parisien (7 mai 2019)

23 Mai 2019 at 6:31 Laisser un commentaire

Older Posts Newer Posts


Entrer votre adresse e-mail pour vous inscrire à ce blog et recevoir les notifications des nouveaux articles par courriel.

Rejoignez les 5 297 autres abonnés

Chronique européenne dans l’Humanité Dimanche

Intervention au Parlement européen (vidéo)

GUE/NGL : vidéo

Mai 2026
L M M J V S D
 123
45678910
11121314151617
18192021222324
25262728293031

Archives

Catégories

Pages

Pages