Manuel BARROSO passe du lyrisme…aux aveux

6 octobre 2011 at 1:27 2 commentaires

Le Président de la Commission européenne, M. Barroso, n’a pas la réputation d’être un grand poète.  Il s’est pourtant essayé au lyrisme, le 28 septembre dernier, au Parlement de Strasbourg, en prononçant son désormais rituel « Discours sur l’Etat de l’Union ».  J’ai ainsi compté pas moins de sept références à la dernière des valeurs auxquelles on pense en ce moment à propos de l’Union européenne: la fierté!  « La fierté d’être Européen, ce n’est pas seulement notre grande culture, notre grande civilisation, tout ce que nous avons créé dans le monde » s’est écrié ce champion de l’Europe des marchands et de la finance, avec la modestie d’une grenouille voulant se faire aussi grosse que le bœuf.  « Ce n’est pas seulement la fierté du passé.  C’est la fierté de notre avenir » a-t-il poursuivi.  « C’est cette confiance-là qu’il nous faut récréer entre nous. »

             Pourquoi, subitement, cet exercice un peu laborieux de méthode Coué?  C’est qu’en haut lieu, on est à présent conscient de la profondeur de la « crise de confiance », reconnait M. Barroso, « tant à l’égard de nos dirigeants en général, de l’Europe elle-même, que de notre capacité à trouver des solutions. »  On peut le dire, en effet!  « Nos concitoyens (sic) nous observent et se demandent: sommes-nous vraiment une Union? » confesse même le président de la Commission, en tirant de ce sévère constat la conclusion qu’il faut « un renouveau européen ».  Diable!  La grâce aurait-elle touché l’exécutif bruxellois?  Trois fois hélas, la suite fut plus prosaïque et moins inattendue dans sa bouche.  D’abord, il s’est félicité du soutien majoritaire des parlementaires européens à son projet de réforme du pacte de stabilité, renforçant la « discipline » budgétaire et étendant la « surveillance » aux politiques économiques des gouvernements.  Ensuite, il a annoncé que « nous devons aller plus loin » dans le sens d’une « intégration » permettant de « réaliser pleinement les objectifs convenus à Maastricht » – une intégration que « pas seulement les fédéralistes réclament, mais aussi les marchés. »  C’est donc cela, le « renouveau »!

            Sans attendre, M. Barroso situe les urgences notamment dans « une véritable libéralisation des services en Europe » ainsi que dans « les réformes à mettre en œuvre sur nos marchés du travail, dans nos finances publiques et nos régimes de retraite » – réformes dont il ne doute pas qu’elles « appellent des efforts considérables de chaque composante de la société ».  Et n’allez pas dire que la Commission est indifférente au fait qu’ « un jeune sur cinq ne trouve pas de travail ».  La preuve: M. Barroso « appelle nos entreprises (à) leur offrir des stages ou des possibilités d’apprentissage »…

            C’est dans ce contexte, à l’évidence explosif, que M. Barroso, après Nicolas Sarkozy et Angela Merkel, s’est senti obligé de lâcher du lest sur une revendication emblématique de la gauche (pourtant réputée « utopique », car, nous répétait-on depuis une bonne décennie, « totalement irréalisable autrement qu’à l’échelle du monde ») en se disant « très fier (encore) d’annoncer que la Commission a (ce jour même) adopté une proposition…de taxe sur les transactions financières. »  Voilà un aveu involontaire de taille: dans le contexte actuel, des idées alternatives, dès lors qu’elles sont massivement portées par les citoyens et les mouvements sociaux, peuvent devenir incontournables.  Une leçon à méditer!  Nelson Mandela (que M. Barroso s’est sur un autre sujet, aventuré à citer) a décidément raison: « It always seems impossible, until it is done.  Let’s do it ».[1]


[1] Cela parait toujours impossible jusqu’à ce que cela se réalise.  Alors, faisons-le!

 

Publicités

Entry filed under: Chroniques de l' "Humanité-Dimanche, Francis Wurtz, Francis Wurtz Le Blog, Franciswurtz.net.

PALESTINE: LA NOUVELLE DONNE MENACES SUR CHYPRE

2 commentaires Add your own

  • 1. CORDIER Patrick  |  19 octobre 2011 à 1:27

    A quoi sert il Monsieur Barroso?
    Ou est la solidarité européenne ?
    On s’est bien fait avoir pour le passage à l’euro, et nos votes pour le « NON » n’a servit a rien !!!
    les politiques que de guignols a la botte du consortium financier.

    Réponse
  • 2. vbjcdkjsckjsbkd  |  21 octobre 2011 à 2:26

    Signez l’Appel des 1 000 : Un référendum pour sortir le traité de Lisbonne de la Constitution française
    Si la gauche était majoritaire, le M’PEP appelle à l’organisation d’un référendum pour sortir le Traité de Lisbonne de la Constitution, afin de restaurer la souveraineté populaire et de pouvoir enfin mener de véritables politiques de gauche. Ce référendum devrait intervenir immédiatement après l’élection d’une majorité de gauche. La question posée aux Français serait : « Souhaitez-vous réviser la Constitution française pour en ôter le titre XV (‘‘De l’Union européenne’’) ? ».

    APPEL DES 1 000 : UN RÉFÉRENDUM POUR SORTIR LE TRAITÉ DE LISBONNE DE LA CONSTITUTION FRANÇAISE
    Par le Mouvement politique d’éducation populaire (M’PEP).
    Le 4 octobre 2011.

    Ce sont près de 1 000 citoyens qui viennent de lancer un « Appel à référendum pour sortir le traité de Lisbonne de la Constitution française ».
    Pour voir les premiers signataires cliquez ici.

    SORTONS LE TRAITÉ DE LISBONNE DE LA CONSTITUTION FRANÇAISE
    Signez l’Appel à référendum lancé par le M’PEP !

    Le 29 mai 2005, lors d’un référendum, le peuple français rejetait à 54,68% le projet de traité constitutionnel européen. Ce traité visait à graver dans le marbre du droit européen la doctrine néolibérale : priorité absolue à la « concurrence libre et non faussée » ; libéralisation des services publics pour les privatiser ; libéralisation du commerce international pour faire du libre-échange un système de mise en concurrence entre les nations, les systèmes sociaux, les peuples et les travailleurs ; libéralisation du « marché » du travail pour organiser la précarité et la soumission du salariat ; libéralisation des marchés financiers pour placer les finances publiques sous la domination de la finance ; monnaie unique placée sous le contrôle d’une Banque centrale européenne « indépendante », retirée des prérogatives de la puissance publique.
    Le 4 février 2008, le Congrès réuni à Versailles (députés et sénateurs) votait à la majorité des trois cinquièmes des suffrages exprimés une révision de la Constitution française, grâce à la plupart des parlementaires socialistes et verts qui ont soutenu la droite. Le titre XV de la Constitution était modifié et stipulait, notamment : « La République […] participe à l’Union européenne dans les conditions prévues par le traité de Lisbonne… ».

    Voir le texte du titre XV de la Constitution sur le site de l’Assemblée Nationale, ici …

    Ce traité avait été signé à Lisbonne le 13 décembre 2007 entre les vingt-sept États membres de l’Union européenne et entrait en vigueur le 1er décembre 2009. Le traité de Lisbonne a modifié les deux traités fondamentaux de l’Union européenne : le traité instituant la Communauté européenne (traité de Rome, 1957, qui est rebaptisé traité sur le fonctionnement de l’Union européenne), et le traité sur l’Union européenne (traité de Maastricht, 1992).
    En réalité, le traité de Lisbonne n’est qu’un résumé du projet de traité constitutionnel européen. Toutes les tares qui avaient été dénoncées au moment du référendum de 2005 se retrouvent dans le traité de Lisbonne. Dans ces conditions, ce traité interdit toute politique de gauche. En effet, un gouvernement de gauche qui voudrait s’opposer, par exemple, à des directives européennes de libéralisation en pratiquant la désobéissance européenne, ne le pourrait pas. La droite saisirait immédiatement le Conseil constitutionnel au motif que refuser d’appliquer une directive européenne n’est pas conforme à la Constitution puisque celle-ci, désormais, a intégré le traité de Lisbonne. Il ne fait aucun doute que le Conseil constitutionnel annulerait de telles décisions prises par une majorité de gauche.
    Pour mener des politiques de gauche, il faut donc sortir de l’Union européenne ou pratiquer ce que le M’PEP nomme la « désobéissance européenne » en ôtant de la Constitution française toute référence au droit européen en général et au traité de Lisbonne en particulier.
    C’est la raison pour laquelle, si la gauche était majoritaire, le M’PEP appelle à l’organisation d’un référendum pour sortir le Traité de Lisbonne de la Constitution, afin de restaurer la souveraineté populaire et de pouvoir enfin mener de véritables politiques de gauche. Ce référendum devrait intervenir immédiatement après l’élection d’une majorité de gauche. La question posée aux Français serait : « Souhaitez-vous réviser la Constitution française pour en ôter le titre XV (‘‘De l’Union européenne’’) ? ».

    Pour aller sur le site du M’PEP signer l’Appel à référendum … …

    Réponse

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Trackback this post  |  Subscribe to the comments via RSS Feed


Entrer votre adresse e-mail pour vous inscrire à ce blog et recevoir les notifications des nouveaux articles par courriel.

Rejoignez 5 171 autres abonnés

Chronique européenne dans l’Humanité Dimanche

Intervention au Parlement européen (vidéo)

GUE/NGL : vidéo

octobre 2011
L M M J V S D
« Sep   Nov »
 12
3456789
10111213141516
17181920212223
24252627282930
31  

Articles les plus consultés

Catégories

Pages

Pages


%d blogueurs aiment cette page :