BREXIT, POPULISMES, CATALOGNE… OÙ VA L’EUROPE ?

2 novembre 2017 at 10:19 2 commentaires

Certains s’en réjouissent. Personnellement, je le déplore. Toujours est-il que les faits sont là : la construction européenne tend à se désintégrer sous nos yeux. Pour avoir, de longue date, fustigé des politiques et un mode de fonctionnement responsables de l’approfondissement continu de la crise politique en Europe, nous sommes un certain nombre à ne pas être surpris de la très dangereuse descente aux enfers à laquelle nous assistons depuis quelques temps. L’impression qui domine aujourd’hui est qu’un seuil critique est en train d’être franchi. On n’a jamais autant entendu parler dans l’Union européenne de faits « sans précédent » que ces derniers mois : le « Brexit »? Une sécession sans précédent depuis la création de l’UE ! L’entrée en masse de députés d’extrême droite au Bundestag allemand ? Une tache brune sans précédent depuis la victoire sur le nazisme ! Une région autonome de l’Espagne qui déclare unilatéralement son indépendance et qui est mise sous tutelle par l’Etat central ? Une épreuve de force sans précédent depuis le rétablissement de la démocratie dans ce pays ! Dans ce contexte dramatique, le risque est grand de voir se renforcer partout les tendances au repli et un recul général de l’esprit de solidarité et même du simple « vivre ensemble ». (1)

Certes, si l’on en croit les sondages, seule une minorité d’Européennes et d’Européens souhaite voir leur pays respectif quitter l’Union européenne. Ils ne seraient pas plus de 35% dans ce cas en Grèce malgré l’insoutenable calvaire que fait à ce peuple subir le quarteron de maîtres de la finance européenne. Ce chiffre tomberait à 22% en France et même à 11% en Pologne ou en Hongrie, dont les gouvernements sont pourtant en conflit ouvert avec Bruxelles. Sans doute les incertitudes économiques, les menaces sociales et le désarroi politique qui règnent chaque jour un peu plus en Grande-Bretagne depuis le vote en faveur de la « sortie » de l’UE ont-elles contribué à décrédibiliser les arguments simplistes des adeptes du « il n’y a qu’à quitter » comme solution alternative au dur combat pour changer le cours de cette « Europe ».

Encore faut-il que ce combat se renforce et s’élargisse suffisamment pour aboutir à des succès tangibles. C’est possible, comme l’illustre le regain de mobilisations dans bien des pays européens sur la révision de la directive sur le détachement des travailleurs ; l’interdiction du Glyphosate ou la remise en cause du traité CETA (libre-échange UE-Canada) qui met les dirigeants européens clairement sur la défensive. Pour les forces de progrès en Europe, c’est donc le moment où jamais de renforcer leurs actions communes pour des avancées sociales et écologiques concrètes. Pour commencer à bousculer les rapports de force. Et pour défendre l’esprit de solidarité sans lequel il n’est pas d’avenir.

——–
(1) Je ne cacherai pas ma stupéfaction de constater que Jean-Luc Mélenchon choisisse ce moment pour reprendre à son compte le mot d’ordre de Margaret Thatcher : « I want my money back ! » (« Rendez-moi mon argent ») , autrement dit pour remettre en cause le principe élémentaire de solidarité qui veut que les pays membres les plus riches financent notamment les fonds d’aide aux pays les plus en difficultés. (« Revue de la semaine » 27/10/2017)

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2 commentaires Add your own

  • 1. L'Ornitho  |  2 novembre 2017 à 6:07

    Je croirai vraiment en une Europe (que je rêve sociale, et donc de gauche (?) ), quand des pays comme la Hongrie et la Pologne seront purement et simplement exclus pour leurs dérives politiques « totalitaires » et surtout populistes. Il est inadmissible, et c’est valable pour l’Autriche et les Pays-bas, que des nations qui ont dans leurs gouvernements des membres de l’extrême droite ne soient pas purement et simplement exclues.

    Mais on peut croire, pour la Pologne et la Hongrie dans une moindre mesure, que s’ils sont dans l’Europe c’est juste pour permettre la présence de l’Otan sur leurs territoires, car ils n’apportent ni progrès social et vivent du dumping au mépris des mains qui les nourrissent.

    … Quand au Brexit, bon débarras, les pires valets du capitalisme rampant. J’espère une Ecosse indépendante. Dans une Europe des régions, aussi, il serait plus simple de se débarrasser des c(h)ancres aux idéologies puantes.

    Réponse
  • 2. Jean-claude Harry  |  3 novembre 2017 à 8:22

    Ce qui est choquant c’est que la commission de Bruxelles nous enjoint de réduire notre déficit alors que,dans le même temps nous abondons d’un excédent de 6 milliards au budget européen, somme qui nous permettrait de réduire notre déficit.

    Réponse

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