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DE L’INTÉRÊT DE BIEN CHOISIR SES ELU(E)S EUROPÉENS

wurtz-l-humanite-dimanche  Les votes émis le 26 février dernier par la majorité des députés au Parlement européen devraient faire réfléchir quiconque hésite encore sur le choix à faire lors des élections du25 mai prochain! La question posée ce jour-là concernait un service public de premier plan: les transports ferroviaires.

Depuis 1991,soit près d’un quart de siècle, les forces libérales à l’œuvre à la Commission européenne et au Parlement de Strasbourg s’acharnent à casser ce qu’elles appellent le « monopole public » du rail dans chaque État membre. Se heurtant à de fortes résistances,notamment de la part des organisations syndicales de cheminots, mais aussi de certains États,sensibles aux conséquences en matière économique et d’aménagement du territoire d’un démantèlement de leur opérateur national,les obsédés de l’ouverture à la concurrence se sont résignés à procéder par étapes, « paquet » de directives par « paquet » de directives.

Le premier d’entre eux, en 2001,puis le deuxième, en 2004,s’attaquèrent à « l’accès au réseau de fret »: l’ouverture à la concurrence ne concernait que les trains de marchandises. Le troisième,en 2007, cibla, quant à lui, « l’ouverture du marché »  pour le transport de voyageurs , mais seulement sur les lignes internationales. Enfin, le quatrième de ces « paquets » de directives et de règlements, qui vient donc d’être soumis aux parlementaires européens la semaine dernière (avant de l’être,prochainement, au Conseil, c’est à dire aux gouvernements), concernait l’ouverture totale des transports ferroviaires (internationaux et nationaux) à la concurrence d’ici 2019, ainsi que la séparation effective entre la gestion du réseau (les rails) et la prestation des services (les trains).

Plusieurs milliers de cheminots, venus de toute l’Union européenne à l’appel de la Fédération européenne des travailleurs des transports (FET-CES), s’étaient donné rendez-vous pour l’occasion dans la capitale alsacienne. Cette mobilisation , après bien d’autres, n’a pas empêché 386 députés (contre 206 et 78 abstentions) d’avaliser ce très mauvais coup contre le service public. Le texte adopté impose par exemple la présence d’au moins trois opérateurs concurrents dans un pays comme la France, avec tout le cortège de conséquences , tant en matière sociale que sur le plan du service rendu, liées à la course à la « compétitivité » qui s’ensuivrait. Or, la vérité obligé à le souligner: parmi les 386 coupables figuraient « naturellement » les élus UMP, mais aussi, hélas,l’essentiel des parlementaires socialistes, à l’exception de représentants de « l’aile gauche », qui se sont abstenus.

Quelles leçons tirer de cette énième expérience désolante , à quelque 80 jours du renouvellement de l’assemblée de Strasbourg? La première, c’est que « oublier » d’aller voter le 25 mai prochain, c’est offrir une prime à tous les obsédés de l’Europe libérale. Car, retenons cela : contrairement à une idée reçue selon laquelle « le Parlement européen n’a aucun pouvoir », si 50%  des députés +1 s’opposaient à une directive du type de celles dont nous parlons, celles-ci seraient caduques! Si les électrices et les électeurs votaient en fonction de leurs attentes, cette majorité serait atteinte et même dépassée! Certes , cela ne suffit pas pour refonder l’Europe. Il n’en demeure pas moins que se priver de ce levier relève de l’autoflagellation !

Le second enseignement à retenir de la journée noire de ce 26 février, c’est qu’il vaut mieux y regarder à deux fois avant de choisir le bulletin à glisser dans l’urne,le 25 mai prochain… Qui peut contester, à cet égard, qu’il y a, au Parlement européen, un groupe politique qui n’a, de toute son existence, jamais dévié de son orientation résolument sociale: la « Gauche unitaire européenne », représenté en France par le Parti communiste ,et plus généralement le Front de gauche, et soutenu dans toute l’UE par le Parti de la Gauche Européenne (PGE) et son candidat à la présidence de la Commission, notre ami grec, leader du parti Syrisa, Alexis Tsipras. Ce groupe est donné en nette progression dans les enquêtes d’opinion. Reste à concrétiser cet espoir.

NB:RECTIFICATIF !  Rendons à César…
Un malencontreux pataquès dans le quatrième paragraphe a changé le contenu du texte ! Il fallait lire:
« Parmi les 386 coupables figuraient conjointement le groupe du PPE (droite) et le groupe des « Socialistes et Démocrates » (à la notable exception des parlementaires allemands et français, qui se sont prononcé contre ou n’ont pas pris part au vote.) L’autre rapport emblématique -qui portait sur la séparation entre gestion du réseau et prestation des services- n’a, lui, pas reproduit ce schéma, puisque s’y sont reconnus , parmi le Français, à de rares individualités près, « naturellement » les élus UMP, mais aussi, hélas,l’essentiel des parlementaires socialistes, à l’exception de représentants de « l’aile gauche », qui se sont abstenus. »
Toutes mes excuses!

6 mars 2014 at 11:29 1 commentaire

VERDUN ET « L’ IMPERATIF DE LA PAIX »

wurtz-l-humanite-dimancheLe weekend-end dernier se tenait à Verdun un intéressant séminaire international sur « l’impératif de la paix ». Se situant dans le cadre des manifestations du Centenaire de la première guerre mondiale, cette initiative des mouvements pacifistes allemands et français visait à « tirer les leçons de l’Histoire ». Le choix de Verdun pour cette rencontre était particulièrement approprié. Rappelons que c’est là qu’a eu lieu la plus titanesque bataille du premier conflit mondial : 300 jours -et nuits- de barbarie entre février et décembre 1916 s’y sont soldés par l’hécatombe monstrueuse de 300 000 morts et plus encore de blessés! Pas moins de 60 millions d’obus se sont abattus sur les « poilus » français et les « feldgrau » allemands ( une bombe par centimètre carré de terrain, en moyenne ) -dont quatre millions en l’espace de six heures, le 21 février, au premier jour de l’offensive allemande ! Sur l’imposant « Monument à la Victoire » érigé à l’époque est apposée une plaque, avec une inscription célébrant la gloire des combattants ,signée…Philippe Pétain , dans la droite ligne de la conception des rapports entre puissances qui engendra cette guerre: « Les Allemands attaqueront sans doute encore. Que chacun travaille et veille pour obtenir le même succès qu’hier. Courage : on les aura ! »

À l’opposé, que peut bien signifier ,aujourd’hui , commémorer le souvenir de cette guerre impérialiste aux 10 millions de victimes, si ce n’est , avant tout, faire la clarté sur les origines  profondes du déclenchement du cataclysme de 1914 : le bras de fer engagé entre la classe dirigeante française et l’Allemagne de Guillaume II pour la domination des colonies; les appétits bellicistes des marchands de canons de part et d’autre du Rhin -les Schneider de ce côté-ci contre les Krupp d’en face ou les De Wendel français versus Von Wendel allemands- ; et surtout l’engrenage fatal des « Alliances » agressives : la « Triple Entente » franco-russo-britannique contre la « Triple Alliance » germano-austro-italienne, toutes animées d’une confiance aveugle dans leur capacité à réaliser par la force des armes leurs ambitions hégémoniques contre un ennemi forcément méprisable ?

C’est bien parce qu’il avait dénoncé cette mécanique guerrière que Jean-Jaurès avait été désigné à la vindicte qui a armé le bras de son assassin. Dans son dernier discours, après l’attentat de Sarajevo contre l’Archiduc François-Ferdinand , il lança cette harangue prémonitoire: « Si l’Autriche envahit le territoire slave (…), la Russie entrera dans le conflit (et alors) l’Autriche invoquera le traité d’alliance qui l’unit à l’Allemagne ( laquelle) se solidarisera avec l’Autriche.(…) Mais alors, la Russie dira : » j’ai le droit d’invoquer le traité qui nous lie, il faut que la France vienne prendre place à mes côtés. »(…) C’est l’Europe en feu, c’est le monde en feu. »

C’est dire si quiconque est attaché à l’idée du « Plus jamais ça !  » devrait mettre en garde contre tout ce qui, dans les stratégies économiques, financières, politiques ou militaires d’aujourd’hui, encourage des tendances assimilables de près ou de loin à celles qui ont fini par plonger, il y a un siècle, l’Europe dans cette folie meurtrière! Tel ne fut malheureusement pas le choix du Président de la République dans son discours donnant le coup d’envoi des commémorations du Centenaire de 1914 : « La Grande Guerre fut celle de l’unité nationale. Lorsque la mobilisation générale fut proclamée, il n’y eut plus qu’un seul pays, une seule Nation, une seule armée (…) Dans ce combat-là, il n’y avait qu’une France: celle qui défendait son intégrité et ses valeurs. »(sic) « La Grande Guerre nous rappelle l’impérieuse nécessité de faire bloc si nous voulons gagner les batailles qui, aujourd’hui, ne sont plus militaires mais économiques, et qui mettent en jeu notre destin et notre place dans le monde. »
Décidément, je préfère Jaurès.

30 janvier 2014 at 7:31 1 commentaire

EUROPE: VOIR AU-DELÀ DU « COUP DE BALAI »

    wurtz-l-humanite-dimanche    La légitime exaspération que suscite la politique de l’Union européenne toutes ces dernières années nourrit ici ou là l’idée qu’il faudrait un « coup de balai » pour nous débarrasser de toute cette pseudo « élite » de Bruxelles, et par là-même de toutes les calamités qu’elle incarne aux yeux du plus grand nombre. Méfions-nous: ce type de slogan peut paraître radical, mais il est en réalité à courte vue. Il n’encourage pas les citoyennes et les citoyens à s’approprier les enjeux européens ( Par exemple, le choix de classe qui oppose ceux qui aspirent à faire de la promotion des capacités humaines la priorité de la future politique européenne aux obsédés de la course à la compétitivité par la baisse du « coût du travail » et des dépenses publiques) . Or, seuls celles et ceux qui voient clair sur ces choix sont en mesure d’agir sur eux . La gauche n’a rien à gagner à cantonner le peuple dans une posture purement protestataire, à privilégier le réflexe sur la réflexion et la surenchère verbale sur l’intervention de fond.

Ironie du sort, cette année, c’est ,du reste, l’Union européenne elle-même qui va, en quelque sorte, en raison d’échéances qui se télescopent, donner un « coup de balai » dans les hautes sphères du pouvoir « bruxellois »!Qu’on en juge: le Président de la Commission européenne, M. Barroso? Il quitte définitivement son poste le 1er novembre prochain. Le Président du Conseil européen, M. Van Rompuy? Il se retire impérativement un mois plus tard. La Haute Représentante de l’UE pour les Affaires Étrangères et la politique de sécurité, la Baronne Catherine Ashton? Elle va retrouver la Chambre des Lords cet automne. Si on ajoute à la liste le Président du Parlement européen, M.Schulz, qui rend son tablier en mai, on le constate: bien des ténors de l’actuelle « nomenklatura » européenne  vont devoir céder la place en 2014. Et pourtant, ce seul fait ne conduira évidemment pas aux changements attendus par la majorité de nos concitoyens !

Pour que puisse s’ouvrir avec succès un processus de « refondation » de la construction européenne , il faut qu’un ou , si possible, plusieurs pays prennent l’initiative de rompre avec les dogmes libéraux actuels,  mais il faut aussi que cette rupture soit massivement comprise et soutenue par les citoyens du plus grand nombre de pays possible. Pour créer les conditions de ces convergences, les slogans gauchistes ne sont d’aucun secours. C’est l’aiguisement de la bataille des idées alternatives à celles des libéraux de tous genres qui est décisive. Et c’est le rassemblement le plus large autour de ces idées de changements qui est déterminant. L’élection européenne est un moment-clé pour concrétiser ces nouveaux rapports de force grâce à une bonne représentation au Parlement de Strasbourg.

Saisissons à pleines mains, dans cet esprit, le levier du scrutin du 25 mai prochain! En France-même , nous savons comment faire appel à l’intelligence de nos concitoyens : l’expérience de la bataille contre le traité constitutionnel de 2005 est gravée dans la mémoire collective. Quant à notre campagne à l’échelle européenne , le soutien massif de la gauche critique européenne (celle du Parti de la Gauche Européenne que préside Pierre Laurent) à la candidature de notre ami Alexis Tsipras -le leader de Syrisa, aujourd’hui première force politique de Grèce!- à la présidence de la Commission va nous offrir une opportunité sans précédent de défendre ,ensemble, nos idées jusque sur la scène européenne . C’est tout cela, le défi à relever aujourd’hui.

16 janvier 2014 at 7:40 Laisser un commentaire

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