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HARO SUR LA GRÈCE ! TROP, C’EST TROP !
Mais où va s’arrêter le harcèlement du peuple grec et de son gouvernement ! Depuis une quinzaine de jours, cet indécent hallali atteint des sommets insupportables ! Il y eut d’abord le clash du 18 janvier dernier : les représentants des créanciers décident de reporter le déblocage d’une nouvelle tranche des prêts promis en juillet 2015 et, à plus forte raison, l’ouverture de négociations pour l’allègement de la dette . En cause : l’amputation de 15% des pensions pour les futurs retraités ne suffit pas aux usuriers. Ils veulent que cette coupe drastique s’applique aussi aux retraités actuels ( qui touchent en moyenne 750 € par mois ). Une fois de plus, les dirigeants grecs sont sommés de « négocier » le couteau sous la gorge: ils doivent rembourser 1,5 milliard d’euros en février et 2,5 autres un mois plus tard. Ils ont donc besoin de l’argent promis, y compris pour boucler le budget courant. Et, comme l’a récemment rappelé le ministre grec du travail, Giorgos Katrougalos, à propos de la douloureuse décision prise le 13 juillet de céder au diktat de l’eurogroupe : « Quand nos créanciers ont organisé la fermeture des banques, nous avons bien recherché des appuis ailleurs (…) mais il n’y avait pas de financement alternatif à celui de l’Union européenne. C’était l’impasse ». La situation n’a pas changé à cet égard…
CE QUE RÉVÈLE LA TENSION ENTRE ROME ET BRUXELLES
Est-ce l’amorce d’une nouvelle crise au sein de la « famille » européenne ? « Il est fini, le temps où quelqu’un pouvait imaginer télécommander l’Italie depuis Bruxelles. Nous ne pouvons plus continuer à vivre dans une position subalterne vis à vis de l’Europe et de l’Allemagne (…) L’Europe est en crise d’identité et plus rien ne lui réussit. Elle doit changer ». Ces récriminations ne sont pas , cette fois, le fait d’un représentant du pouvoir ultra-conservateur polonais, nouveau venu dans le « club » et congénitalement europhobe . Elles émanent de Mattéo Renzi, Premier Ministre d’Italie, autrement dit d’un centriste qui dirige l’un des six Etats fondateurs de la Communauté européenne. Qui plus est, ces propos valent à leur auteur le soutien des deux tiers de la population d’un pays connu depuis plus d’un demi-siècle pour son attachement profond à « l’Europe » !
Ce n’est pas banal qu’un dirigeant du « premier cercle » se permette d’exiger de ses interlocuteurs bruxellois qu’ils descendent de leur piédestal quand ils traitent avec un gouvernement issu du suffrage universel ! Ainsi, quand le vice-président de la Commission européenne , Jyrki Katainen, s’était adressé au ministre français des finances en ces termes -dignes d’ un maître d’école face à un mauvais élève-: « Tout porte à croire que l’ébauche de programme budgétaire pour 2015 prévoit de manquer aux obligations budgétaires qui découlent des recommandations du Conseil sous la procédure de déficit public excessif (…) J’attends donc de connaître votre position dès que vous le pourrez, et si possible d’ici le 24 octobre« , il n’avait reçu en retour nulle mise au point de fond sur la nature des relations de coopération qu’ un pays souverain peut accepter dans le cadre d’une « Union ». Michel Sapin s’était contenté de noter qu’ « il n’y a rien de neuf »… Aussi, en toute logique, aujourd’hui, son ex-collègue du gouvernement devenu Commissaire européen, Pierre Moscovici, a-t-il estimé « injustes » les remontrances de Renzi à la Commission.
2016 : UNE ANNÉE QUI VA COMPTER POUR L’EUROPE !
L’ année qui débute interpelle fortement le « peuple de gauche » dans toute l’Europe ! Nombre de défis vont s’exacerber dans les prochains mois . Petit rappel de l’état des lieux.
A tout seigneur tout honneur : commençons par la bonne surprise que nous ont réservée les forces démocratiques du Portugal et de l’Espagne ! Dans le premier cas, une chance existe que l’alliance inattendue entre le Parti socialiste, le Parti communiste et le Bloc de gauche enraye la logique « austéritaire » dont ce pays était l’un des laboratoires européens. Dans le second, l’irruption de Podémos dans le paysage politique est la preuve que le coup de force européen contre la Grèce n’a pas tué la volonté de changement dans les pays voisins. L’Europe du sud fait renaître l’espoir !
Il n’en va pas de même de l’autre défi majeur de la prochaine période : celui de l’accueil des réfugiés, chassés de leur pays par la misère, l’oppression et les ravages de la guerre. Tandis qu’un peu partout, les frontières se referment et des murs s’érigent ( Adieu Schengen ?) les dirigeants européens recherchent le salut dans le marché indigne passé avec le dictateur turc et massacreur du peuple kurde : argent et caution politique contre rétention des réfugiés ! De dures batailles en perspective !
Par ailleurs, la question de l’euro et de son utilisation restera au cœur du débat européen. La Banque centrale européenne (BCE) a beau créer de toutes pièces 60 milliards d’euros par mois (!) et prêter ces sommes colossales aux banques quasi gratuitement ( à…0,05% ! ), cela ne relance ni l’économie ni l’emploi, mais nourrit au contraire les opérations financières. Même des observateurs peu axés sur la critique des politiques européennes sont conduits à le reconnaître : « Les liquidités injectées par la BCE alimentent la hausse des Bourses et des marchés financiers » (1) Et pour cause : l’idéologie libérale qui guide l’euro depuis sa création s’oppose radicalement à ce que l’argent crée par la BCE aille aux Etats pour les libérer des pressions des marchés de capitaux et que ses taux quasi-nuls soient strictement réservés à des investissements créateurs d’emplois de qualité et de richesses utiles à la société -en particulier des services publics. Faire de ce type de transformation un objectif de luttes populaires massives : voilà qui ouvrirait des perspectives !
Mais il y a encore nombre d’autres questions d’envergure qui vont se poser avec force et qui appellent des débats de fond et des interventions citoyennes. Ainsi : gare aux concessions de Bruxelles à l’ultra-conservateur Cameron pour tenter de retenir les Britanniques dans l’UE ! Attention à la dérive à la fois sécuritaire et militariste en cours en Europe -France en tête- au nom de la « guerre au terrorisme »! Quelles suites vont-elles être réservées à la COP 21pour concrétiser les ambitions affichées à Paris ? N’oublions pas le TAFTA , dont les négociations entrent dans une phase cruciale . Et que dire de ce cri d’alarme pas banal : plusieurs Commissaires européens évoquent depuis peu le risque de « désintégration » de l’UE (2) ! De fait, la libre circulation des personnes est remise en cause; les pays d’Europe centrale et orientale se replient sur eux-mêmes; les courants d’extrême droite progressent partout…Quelles leçons tirer de cette crise existentielle de l’actuel modèle européen ? Quant aux relations de l’UE avec ses voisins, outre le pacte diabolique passé avec l’actuel pouvoir turc, la prolongation des sanctions économiques contre la Russie , sans régler aucun problème, bride les indispensables coopérations politiques avec ce partenaire incontournable. Or, fin juin prochain se redécidera la politique des dites sanctions. 2016 : une année qui va compter !
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(1) Le Monde (3/12/2015)
(2) Federica Mogherini, Günther Öttinger ainsi que l’ex-Commissaire Michel Barnier. Le Président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker a tenu des propos semblables.




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