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POUR UNE CONFERENCE D’HELSINKI 2

wurtz-l-humanite-dimancheL’accord inattendu, sinon inespéré, intervenu à Genève le 17 avril dernier entre les Etats-Unis, l’Union européenne, le gouvernement intérimaire ukrainien et la Russie est déjà passé par pertes et profits par nombre d’observateurs, voire de dirigeants politiques..  A croire qu’ils font passer leurs sympathies partisanes avant l’espoir d’une solution à l’une des plus graves crises de l’après-guerre froide sur le sol européen, depuis la guerre de Yougoslavie.

Il est beaucoup trop tôt pour apprécier la portée réelle et durable de la « Déclaration commune » de Genève. La gestion déplorable de la crise ukrainienne depuis les événements de Maïdan a , de part et d’autre, si violemment exacerbé les différences et les différends entre les populations de la partie occidentale et celles des régions orientales du pays -chauffant à blanc les esprits, attisant les extrémismes, cultivant les paranoïas- qu’il est illusoire d’espérer voir retomber la fièvre dans l’immédiat. L’absence à la table des négociations de tout représentant des opposants aux autorités provisoires de Kiev n’était, en outre, pas de nature à faciliter la délicate mise en application à l’Est, des mesures prévues, comme « le désarmement de tous les groupes armés illégaux » et « l’évacuation des rues et places publiques illégalement occupée en Ukraine », surtout si, dans le même temps, le pouvoir en place à Kiev ne s’avère pas en mesure de faire entendre raison aux groupes paramilitaires également visés par les engagements de l’accord de Genève.

Malgré toutes ces limites et ces incertitudes, l’on ne peut que se réjouir que l’accord du 17 avril ait vu le jour. D’abord parce qu’il permet de briser le dangereux engrenage qui a conduit l’Ukraine au bord de la guerre civile, en convenant d’ « étapes initiales concrètes pour désamorcer les tensions ». Ensuite, parce qu’il quitte le registre de la confrontation pour celui de la coopération entre l’ « Occident » et la Russie en annonçant une mission de l’OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe) comprenant des observateurs de l’Union européenne, des Etats-Unis et de la Russie, en vue d’ « aider les autorités ukrainiennes et les collectivités locales dans la mise en oeuvre des mesures de désescalade ». Irresponsables seraient , dès lors,ceux qui, cédant aux pressions des ultras de leur camp, se laisseraient entrainer dans des postures ou des actes conduisant à décrédibiliser l’accord qu’ils ont signé au lieu de produire les efforts nécessaires à sa concrétisation sur le terrain! Cela vaut pour Washington ou Bruxelles et leur rhétorique sur les « sanctions »; pour Moscou et sa menace voilée d’un recours à la force armée; comme pour Kiev et sa lecture unilatérale des obligations découlant des engagements communs.

Et maintenant? L’Union européenne saura-t-elle dépasser son statut de « Junior partner » du grand frère américain en prenant ses responsabilités dans l’organisation de la coopération et de la sécurité du continent? Rappelons qu’en 2008, elle est restée muette et inerte face à la proposition formelle du Président russe d’alors, M.Medvedev, de négocier un « Traité paneuropéen de sécurité » incluant tous les contentieux existant entre les différentes parties en présence! Six années perdues plus tard, alors qu’approche, en 2015, le 40ème anniversaire de « l’Acte final d’Helsinki », la sagesse commanderait de réfléchir sérieusement à ce que pourrait apporter dans le contexte d’aujourd’hui une sorte d' »Helsinki 2″. Les dirigeants européens actuels ayant malheureusement la fâcheuse tendance à calquer leur « vision »des relations avec l’ « autre » puissance du continent sur celle de la Maison Blanche et de ses thuriféraires baltes ou polonais, il serait bon que le débat citoyen s’empare de cet enjeu dont dépendent en partie la sécurité et la paix en Europe dans un futur proche. La campagne pour les élections du 25 mai en offre l’occasion.

24 avril 2014 at 7:27 2 commentaires

HALTE AU POISON NATIONALISTE!

Faute d’une issue positive à la crise qui secoue jusqu’aux fondements même de l’actuelle construction européenne, on assiste à la montée de la pire des échappatoires: le nationalisme.  Il se manifeste sous différentes formes, mais toutes doivent nous alerter. 

            C’est parmi les nouveaux pays membres que se font jour les phénomènes les plus virulents.  Le cas de la Hongrie – appelée à présider l’Union européenne durant le premier semestre de l’année prochaine – est symptomatique de ce qui couve en Europe centrale et orientale.  La population y est plongée dans la précarité et la misère.  Les désillusions et le désarroi viennent d’y envoyer une droite dure au gouvernement et d’y grossir les rangs de l’extrême droite.  Aussitôt des mesures provocatrices – l’attribution d’un passeport hongrois aux citoyens des pays voisins ayant « des ancêtres hongrois » et parlant le Hongrois – ont visé à relancer le culte de la nostalgie des « anciennes provinces perdues » au lendemain de la première guerre mondiale (Traité de Trianon, 4 juin 1920).  Déjà, la tension monte avec la Slovaquie et risque de se propager à la Roumanie, à la Croatie, voire à l’Autriche, pour ne citer que les pays membres ou candidats à l’adhésion à l’Union européenne, comptant des minorités hongroises – qui représentent plus de trois millions de personnes, au total ! 

            Mais ce poison n’est pas l’apanage de cette région d’Europe!  On sait ce qu’il en est en France:  la stigmatisation des « étrangers » est encouragée en haut lieu, poussant à la banalisation d’un discours agressif et dangereux, prétendant offrir des moyens simples pour en finir avec le calvaire insupportable qu’est devenue la vie pour des millions de gens, mais aboutissant en fait  à dresser les unes contre les autres les victimes du système.  On se souvient également de la flambée de slogans antigrecs – « cueilleurs d’olives », fainéants, fraudeurs…- et anti méditerranéens en général – « club med », laxiste et dépensier – relancés par les milieux conservateurs d’outre-Rhin à l’occasion de la seconde étape de la crise financière. 

            L’évolution de la classe dirigeante allemande constitue, du reste, de manière générale, un problème qui, s’il ne relève pas du nationalisme traditionnel, commence à  en épouser certains traits.  Notamment cette propension à vouloir imposer son modèle à tous ses « partenaires », au nom de ce que Berlin considère comme ses intérêts de puissance dominante de « l’Union ».  La Chancelière Merkel ne vient-elle pas d’illustrer cette orientation stratégique tout au long  de ces derniers mois?  Et que dit-elle d’autre, en affirmant, la semaine dernière: « je veux être très claire: l’Allemagne, en tant que grande force exportatrice et première économie de l’Union européenne, a très largement profité de l’euro par le passé.  C’est pourquoi nous défendrons un euro fort de toutes nos forces »?  On sait, en effet, ce que, dans sa bouche, « euro fort » veut dire: discipline et « culture de la stabilité » pour tous; mise sous tutelle des plus fragiles; exclusion des récalcitrants. 

            Toutes ces dérives doivent, en temps de crise, être prises au sérieux.  Puissent ces alertes convaincre des hésitants à rejoindre les luttes solidaires pour un changement véritable et une autre Europe.  Souvenons-nous, il y a 5 ans: au plus fort de la mobilisation citoyenne contre le projet de traité constitutionnel et pour une alternative sociale, on n’entendait guère les aboiements nationalistes.  Les forces de progrès donnaient le ton.  Il est temps qu’elles reprennent la main.

3 juin 2010 at 6:59 Laisser un commentaire

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