Posts tagged ‘chroniques de l’ « Humanité-Dimanche’

EN EUROPE AUSSI IL SE PASSE QUELQUE CHOSE

« Le 15 janvier dernier,nous décidions,au Parti de la Gauche Européenne (PGE),de tenir ce « Sommet européen alternatif ». Pour atteindre cet objectif ambitieux,dix semaines,c’est peu de temps. Or,c’est une réussite.Elle en dit long sur l’espace qui s’ouvre aujourd’hui pour travailler à des convergences et à des actions communes. »En concluant par ces mots,samedi dernier à Bruxelles,onze heures d’intenses débats entre quelque 200 représentants de forces de gauche -politiques,syndicales ou associatives- de 23 pays européens,Pierre Laurent,actuel président du PGE, traduisait un sentiment général.La diversité des participants,et donc des approches,n’a fait que mettre en lumière l’avancée que représente une telle rencontre (tout à fait inédite) et les potentialités qu’elle révèle pour faire face à l’offensive de la coalition des puissants et poser ensemble les jalons d’une alternative.

Réunir partis et syndicats relevait encore il y a peu de la prouesse.Là,on a vu et entendu,fût-ce comme observateurs, des amis de la CGT, de la FSU, de Solidaires,de la DGB allemande,des Commissions ouvrières espagnoles, de la FGTB belge,des syndicats grecs,de la CGIL italienne…au côté du Front de Gauche,de Synaspismos de Grèce,de la Linke d’Allemagne,de la Gauche Unie d’Espagne,de la Fédération de la Gauche d’Italie,du Bloc de Gauche du Portugal…On se souvient également de la méfiance qu’inspirait naguère à certains mouvements sociaux, notamment altermondialistes,tout interlocuteur politique.Ce hiatus dommageable appartient également pour une large part au passé.En témoignent les interventions,lors de ce « sommet alternatif »,de personnalités aussi représentatives du mouvement associatif engagé que Gus Massiah,du Conseil international du Forum social,de Raffaela Bollini,figure emblématique de la grande ONG italienne ARCI ou du représentant de la  » Joint Social Conference « ,collectif de 40 organisations syndicales,écologistes,féministes,visiblement à l’aise au milieu de cette assemblée pluraliste,respectueuse de l’identité de chaque participant,réunie à l’initiative du PGE avec la précieuse coopération de la Fondation « Transform ».

Quant au choc des cultures et des sensibilités politiques qui a longtemps suscité tant de blocages entre différentes forces de transformation sociale en Europe,il semble lui aussi en passe d’être surmonté. Une éminente représentante du « Transnational Institute », la Néerlandaise Brid Brennan, a bien résumé cette évolution prometteuse: »Nos passés ne sont pas les mêmes » -a-t-elle déclaré à la tribune de la rencontre de Bruxelles- « Nous avons tous notre histoire. Face aux défis énormes auxquels nous sommes confrontés aujourd’hui,des choses ont été mises au placard »,avant de qualifier de « bon signal » une initiative comme celle de ce sommet alternatif,et de conclure sous les applaudissements: »On y va,on avance! »

Les combats qui s’annoncent ne seront,certes,pas un long fleuve tranquille. Nul  ne peut pour autant être indifférent au chemin parcouru qui nous permet de faire le constat de convergences sur des priorités telles que « le refus absolu du nouveau traité Merkel-Sarkozy » (Horst Schmitthenner, IG-Metall); la volonté de « chasser la troika,cette nouvelle trinité, de son piédestal » ( Brid Brennan, Transnational Institute),ou l’appel à s’unir dans l’action pour prévenir « l’implosion démocratique de l’Europe »(Rinaldi Gianni, de la FIOM,syndicat italien de la métallurgie ). Laissons le mot de la fin à Raffaela Bollini: »Aujourd’hui,le vent est en train de tourner. »

5 avril 2012 at 1:17 1 commentaire

EUROPE-PALESTINE : UNE EMBELLIE ?

Le très dynamique et très politique premier ministre de Palestine, Salam Fayyad, vient d’effectuer à Bruxelles, le 13 juillet dernier, une visite officielle réussie. L’accueil reçu, après plusieurs autres initiatives européennes récentes, peut laisser espérer une embellie dans l’engagement – longtemps décevant – des 27 en faveur d’une solution juste du problème palestinien.

La visite du chef du gouvernement palestinien avait un triple objet. D’abord obtenir un soutien européen plus appuyé à son plan : « Mettre fin à l’occupation ; construire l’État palestinien », lancé il y a un an. Il s’agit, selon Salam Fayyad, de « créer (en deux ans) l’infrastructure appropriée à l’État palestinien et (de) nous préparer à l’acquisition de ce statut. » Y compris en posant les jalons d’un État de droit, en assumant ses responsabilités sur le plan sécuritaire et surtout en favorisant l’appropriation de ce processus préétatique par la population. Il apparaît ainsi que la seule condition à remplir pour la création de l’État est le déblocage du processus politique visant l’arrêt de l’occupation des territoires palestiniens par Israël. Sur le terrain, là où ce plan a pu être mis en œuvre, les premiers résultats sont très encourageants. Le soutien international est, à ce stade, déterminant.

Le deuxième objectif de la visite de Salam Fayyad était de presser ses interlocuteurs d’agir pour la levée du blocus de Gaza. Enfin, l’autorité palestinienne a un besoin impérieux d’obtenir de chaque acteur du « Quartet » (États-Unis, Union européenne, Russie, ONU) qu’il use de son influence sur Israël en faveur de négociations dignes de ce nom.

Les réactions européennes se sont avérées plus positives qu’à l’accoutumée ! Y compris de la part du président de la Commission européenne. Ainsi M. Barroso a-t-il rendu un hommage public et appuyé au travail du premier ministre palestinien qui est, à ses yeux, « d’une incroyable importance », et débloqué  une aide substantielle « en soutien direct à la construction de l’État ». Puis, au sujet de Gaza, il a souligné que l’Europe n’attendait pas d’Israël qu’il « laisse simplement passer l’aide ». Ce qu’il faut, a-t-il rappelé, c’est le développement du territoire et donc « l’ouverture de passages frontaliers l’infrastructure, les hôpitaux et les écoles puissent être reconstruites, que les matières premières puissent entrer et les exportations sortir. « Enfin, évoquant la colonisation à Jérusalem-Est et les récentes démolitions de maisons palestiniennes, le chef de l’exécutif bruxellois a qualifié ces politiques israéliennes de « contre-productives », « illégales », et d’« obstacle à la paix ».

Ce ton nouveau du président de la Commission s’inscrit dans un ensemble de faits encourageants de la dernière période, de la part de toutes les institutions européennes, et même du Conseil (qui représente les 27 gouvernements). En son nom, la nouvelle haute représentante pour la politique étrangère et la sécurité, Mme Catherine Ashton, ne vient-elle pas de se rendre pour la seconde fois en Palestine, y compris à Gaza, appelant à « un changement urgent et fondamental » de la politique d’Israël vis-à-vis de ce territoire ? » Tout comme le premier ministre (palestinien) Fayyad, a-t-elle précisé à ce propos, « je pense que le mouvement des personnes et des biens entre Gaza et la Cisjordanie doit devenir un des objectifs clés. » L’exaspération de millions d’Européens devant l’impunité accordée jusqu’ici aux dirigeants israéliens commencerait-elle à produire son effet ? On veut l’espérer. Tout en amplifiant les actions pour une issue juste et durable au drame palestinien

22 juillet 2010 at 9:44 Laisser un commentaire

L’EUROPE DE l’AUSTERITE ET L’ALIBI GREC

François Fillon a annoncé son plan d’austérité pour les trois prochaines années dans la foulée de la « crise grecque » et du psychodrame qui a suivi,avec Madame Merkel ,le Président de la Banque centrale européenne, M. Trichet,et le Conseil européen.On nous a fait comprendre que, si,après le Portugal,l’Espagne,voire l’Italie, nous ne voulons pas attirer,à notre tour,les foudres des marchés financiers,nous devons,au plus vite,rassurer les « investisseurs » et leurs agences de notations,en nous attelant à l’assainissement de nos comptes publics.Le même scénario servit dans d’autres pays européens.

En vérité,le drame de la Grèce a servi d’alibi pour « faire passer » un programme concocté de longue date avec les autorités de Bruxelles.La Commission Barroso,soucieuse de ramener au plus vite tous les pays dans « les clous »du Pacte de stabilité après les déficits publics sans précédent creusés par le sauvetage des banques en perdition,en 2008-2009,a adressé au gouvernement français – dès le 28 Avril…2009 – des « recommandations » solennelles la sommant notamment d’ « accélérer les efforts d’assainissement budgétaire (…) en respectant ses objectifs (…) de croissance zéro des dépenses publiques.Cet effort devrait aller de pair – avait dûment précisé Bruxelles – avec une nouvelle amélioration (!) des systèmes de retraite afin d’assurer la viabilité à long terme des finances publiques. » (Traduction:les pensions doivent coûter moins cher à la Sécurité sociale…)Nicolas Sarkozy accepta d’emblée de se plier à ces injonctions (dont il avait lui-même contribué à élaborer les principes),mais tenta,dans un premier temps – calendrier électoral oblige – d’étaler sur quatre ans au lieu de trois le retour aux sacro-saints 3% de déficits publics.La Commission refusa net et demanda – dès Octobre dernier – que la France,ainsi que…19 autres pays membres sur 27,soient placés en procédure de « déficits excessifs » (1).

La France s’engagea alors à diminuer en trois ans (2011,2012,2013) de 100 milliards d’Euros les déficits de l’Etat,mais aussi des collectivités territoriales et de la Sécurité sociale.Cet engagement fut consigné par écrit en Janvier 2010.Ce « paquet »représente pas moins de 5% de l’ensemble des richesses produites en France en une année – un degré de « rigueur » jamais atteint jusqu’ici dans notre pays en temps de paix -.Il toucherait jusqu’aux catégories les plus modestes ou les plus vulnérables de la société : aide au logement;allocation adulte handicapé; prestations sociales des communes,des départements et des régions;dépenses de santé et, bien sûr,retraites.Pourtant,ces derniers jours,le Commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires,M.Ohly Rehn,a émis des doutes sur le fait que les mesures prévues – y compris la suppression de 100 000 postes supplémentaires de fonctionnaires et d’agents publics sur trois ans – suffiraient,en l’absence de croissance,à atteindre les 100 milliards d’Euros en question.Il n’est donc pas exclu que le gouvernement prépare,dans l’ombre,des « économies » additionnelles…

Cette cogestion de l’austérité entre Bruxelles et Paris va d’ailleurs connaitre sous peu un moment fort qui doit attirer notre attention : à la mi-Juin,la Commission fera connaitre son jugement définitif sur la viabilité des « efforts » de la France.Quelle sera la réaction du gouvernement ? Et celle de nos concitoyens et concitoyennes?Ce combat ne fait décidément que commencer.

—(1)—
J’avais explicité ces faits à l’époque dans deux chroniques de l’ « Humanité-Dimanche (28/5/2009 et 22/10/2009)

10 juin 2010 at 10:07 Laisser un commentaire


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