LE « NOBEL DE LA PAIX »

30 novembre 2012 at 3:24 1 commentaire

En septembre 2011,le Président Mahmoud Abbas annonça sa décision de demander l’adhésion « à part entière » de la Palestine à l’ONU,en pleine conformité avec le droit international.Aussitôt,les Etats-Unis et l’Union européenne dépêchèrent des émissaires à Ramallah pour dissuader le leader palestinien de concrétiser son projet. Les premiers menacèrent d’user de leur droit de veto au Conseil de sécurité, si nécessaire ,pour bloquer la réalisation de la requête en question. La seconde argua de l’opposition de plusieurs de ses Etats membres -l’Italie,les Pays-Bas,la République tchèque,la Pologne…- et des lourdes hésitations de nombre d’autres,dont l’Allemagne et la France (qui,finalement,se ravisa) face à ce qui apparaitrait comme un grave camouflet diplomatique à l’encontre du gouvernement israélien pour arracher le renoncement du Président palestinien à sa démarche. Ce dernier ne céda pas.Les puissants champions des droits de l’homme repoussèrent donc majoritairement sa demande au Conseil de sécurité.

Un an -et une nouvelle offensive militaire meurtrière contre Gaza,un nouvel assassinat ciblé ainsi qu’une nouvelle poussée de la colonisation de la Cisjordanie et de Jérusalem Est- plus tard,Mahmoud Abbas relance son projet,mais en visant cette fois le statut d’ « Etat non membre » (dont dispose par exemple le Vatican) qui ne nécessite pas l’accord des 15 membres du Conseil de sécurité mais celui de la majorité des 193 Etats de l’Assemblée générale de l’ONU.Cette fois,pas de veto des « grands » possible.C’est toute la « communauté internationale » qui a le dernier mot.Certes,en cas de succès,l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP) n’aura pas de droit de vote dans cette enceinte,mais elle pourra demander à siéger dans les nombreuses agences des Nations Unies (pour la santé,l’enfance,l’alimentation,le développement,la culture…).Elle aura même ,si elle le souhaite, la faculté de porter plainte contre des dirigeants de l’Etat occupant auprès de la Cour pénale internationale.La perspective de ce sérieux coup de canif dans le régime d’impunité absolue, dont bénéficie jusqu’à aujourd’hui tout responsable israélien de la part des Etats-Unis comme de l’Union européenne, alimente un vent de panique dans nombre de chancelleries occidentales.On imagine déjà les pressions préventives en cours sur l’Autorité palestinienne!

L’attitude des pays européens lors de ce vote et de ses suites est donc lourde de signification politique.Ce 29 novembre coïncide avec le 65ème anniversaire d’une décision historique des Nations Unies: l’adoption,en 1947, du Plan de partage de la Palestine en deux Etats,celui d’Israël,proclamé dans la foulée,et celui de Palestine…qui attend toujours de voir le jour,sur un territoire représentant 22% de la Palestine historique.

L’Union européenne a,pendant toute cette période d’intenses tractations, brillé par sa discrétion sur le sujet.Pourtant,dès le 24 octobre dernier,le très extremiste ministre israélien des Affaires étrangères,Lieberman,avait,lors d’une rencontre avec la « Haute Représentante de l’Union européennes pour les Affaires étrangères et la sécurité »,Catherine Ashton,prévenu que si la Palestine obtenait ce statut à l’ONU,Israël « ferait en sorte que l’Autorité palestinienne s’effondre ».Ces propos,aussi irresponsables qu’inadmissibles,il a fallu que les media israéliens les révèlent pour en avoir connaissance.Bruxelles n’y a pas réagi,encore moins assuré l’institution palestinienne de la pérénité de son soutien.Ce 29 novembre,journée internationale de solidarité avec le peuple palestinien,offre à l’Union européenne une occasion de mériter un tant soit peu son « Prix Nobel de la Paix »,ou de perdre toute légitimité de s’en prévaloir.

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CHANTAGE IGNOBLE SUR CHYPRE L’EUROPE SE MEURT,VIVE L’ (AUTRE) EUROPE !

Un commentaire Add your own

  • 1. vbjcdkjsckjsbkd  |  8 décembre 2012 à 10:14

    La position du PCF sur la question européenne est proprement tragique. Pour ce parti, qui avait joué un rôle essentiel dans la lutte contre « l’Europe des monopoles » au moment du Marché commun, puis en 1992 lors du référendum sur le traité de Maastricht et encore en 2005 pour le référendum sur le traité constitutionnel européen, l’effondrement est vertigineux. Aujourd’hui, le PCF pense que la « finalité même de la construction européenne doit être redéfinie ». Comme si cette « finalité » avait été un jour conforme aux intérêts des peuples, qu’elle aurait ensuite dévié et qu’il faudrait la remettre sur les rails. Comme s’il était souhaitable et possible de « redéfinir » le capitalisme à l’européenne ! Comme si cette « construction » avait eu un jour le moindre objectif social ou démocratique !

    Pour le PCF, « l’Europe doit devenir un grand projet humain ». Qu’est-ce que cela veut dire ? Quel est ce charabia ?

    Est-ce aux communistes qu’il faut rappeler que le processus de « construction » européenne a été initié par les États-Unis au lendemain de la Seconde Guerre mondiale pour faire pièce au communisme extérieur (l’URSS) et intérieur (essentiellement le PCF et le PCI) ? C’est un système mis en place par le capitalisme, pour le capitalisme, aucun socialisme n’est possible dans le cadre de ce système dont il faut s’émanciper. L’Union européenne est un des piliers de l’ordre néolibéral, au même titre que l’OTAN, le FMI, le Banque mondiale, l’OMC. C’est ce que refuse d’admettre la direction du PCF.

    Celle-ci est alors conduite à faire des propositions invraisemblables comme « mettre fin à l’indépendance de la Banque centrale européenne qui doit être placée sous contrôle démocratique et citoyen ». C’est très bien de vouloir mettre fin à l’indépendance de la BCE, et sur ce point nous sommes d’accord. Mais la suite logique de cette prise de position est la reconquête de la souveraineté monétaire nationale. Car un gouvernement de gauche, en France ou ailleurs, aura besoin de la puissance de sa banque centrale nationale pour briser les marchés financiers et financer les investissements publics. Hélas, ce n’est pas du tout le chemin que prend le PCF. Ce dernier préfère le fédéralisme monétaire en parlant de « contrôle démocratique et citoyen » – une formule particulièrement creuse – à l’échelle de l’UE. Sans jamais préciser de que signifie concrètement ce « contrôle démocratique et citoyen ».

    On atteint un sommet avec la position du PCF sur l’euro. Le parti qui avait fait campagne contre la monnaie unique au moment du traité de Maastricht a fait une conversion complète : « Là où des forces actent l’impuissance à changer l’Europe, prônant une dissolution de la zone euro qui renverrait d’une autre manière chaque peuple à la même guerre économique, nous pensons indispensable de lutter contre les divisions et les nationalistes ».

    Répondons au PCF qu’il ne s’agit pas « d’impuissance » à changer l’UE (et non à changer « l’Europe », le PCF ne faisant manifestement pas la distinction entre le système politique qui rassemble 27 pays et qui s’appelle l’Union européenne, et le continent européen qui rassemble 49 pays). Il s’agit d’un choix politique de démanteler l’un des piliers de l’ordre néolibéral mondial dont la construction s’est faite sur des bases qui ne peuvent pas être améliorées de l’intérieur, sauf lorsque tous les pays de l’UE se donneront des majorités de gauche. La vraie !

    Sur un autre plan, il est pathétique de voir le PCF reprendre les slogans anxiogènes déversés par les adorateurs de l’euro. Non, ce n’est pas parce que les pays de la zone euro retourneraient à leurs monnaies nationales qu’ils se mèneraient une « guerre économique ». Tenir un tel raisonnement, c’est ne rien comprendre aux effets destructeurs de l’euro. Car avec l’euro, par construction, c’est l’austérité, la pression sur les salaires, les délocalisations, le chômage de masse permanent. C’est pourquoi rien n’est plus urgent que de lutter pour la sortie de l’euro, c’est-à-dire la sortie de l’ordre monétaire néolibéral afin de respecter l’indépendance des nations et leur permettre de coopérer librement.

    Quant à l’assimilation – l’insulte – faite par le PCF de la sortie de l’euro avec du nationalisme, elle est scandaleuse et inacceptable. Le PCF lui-même, pendant des années, était contre la monnaie unique. Il existe un très puissant courant de gauche favorable à la sortie de l’euro. D’autres forces veulent sortir de l’euro, sans être nationalistes pour autant. C’est le PCF qui divise en proférant de telles invectives !

    Réponse

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