Posts filed under ‘Angela Merkel’

CHANGER L’EUROPE, C’EST UN COMBAT

« La méthode dont nous sommes convenus consiste à mettre toutes les idées,toutes les propositions sur la table et à voir ensuite quelles sont les traductions juridiques pour les mettre en forme » a déclaré François Hollande à l’issue de son premier entretien avec Angela Merkel.En attendant, on fait quoi?Disons-le tout de go: sans un sacré bouger du rapport des forces d’ici au Conseil européen de la fin juin,il n’y a aucune chance que l’on débouche sur la « réorientation » des politiques européennes dont le nouveau Président a suscité l’espoir en France comme chez nos voisins, notamment du Sud de l’Europe. Et ce pour au moins trois raisons.

D’abord,pour positives que soient plusieurs des idées reprises par François Hollande pour stimuler la « croissance », celles-ci ne sont pas du tout à la hauteur des transformations qu’exige la crise de loin la plus grave que l’UE ait jamais connue ( 25 millions de chômeurs, 115 millions de pauvres, la zone euro en récession, des pays pris à la gorge par les marchés financiers…)

Ensuite,parmi « toutes les propositions sur la table » figurent celles de 12 chefs de gouvernement connus pour leur obsession libérale. Pour eux, les chemins vers la « croissance » passent par « l’assouplissement du marché du travail »(faciliter les licenciements); »l’ouverture des marchés »(davantage de concurrence);ou la « simplification des lois »(moins de contraintes pour les employeurs)… Aller dans leur sens ne conduirait pas vers une « réorientation » des politiques européennes mais vers leur accentuation .

Enfin,François Hollande ,rappelons-le, ne remet pas en cause le « Pacte budgétaire »lui-même,pas plus que les directives et règlements exprimant la même logique (« sixpack »).

Alors,que faire d’ici fin juin pour contribuer à ce que les décisions du Conseil européen soient prises dans un rapport des forces plus favorable aux transformations nécessaires? Pour le nouveau Premier Ministre,Jean-Marc Ayrault, »plus l’appui des citoyens sera fort aux législatives,plus nous pourrons agir ».Mais » l’appui « à quoi? A la non-remise en cause du Pacte budgétaire, simplement « complété » par des mesures notablement insuffisantes et qui risquent d’être mâtinées d’autres,franchement libérales?
 Non. Il faut être clair: changer l’Europe est un combat! Les elections législatives doivent permettre de progresser dans ce combat. Elles doivent exprimer des exigences réellement transformatrices dont le Président pourra -devra- être le porteur dans les négociations impitoyables à venir! En particulier les exigences qui touchent aux missions et aux statuts de la Banque centrale européenne,seul levier nous permettant de nous libérer de la toute-puissance malfaisante des marchés financiers. Ces élections doivent aussi exprimer une franche solidarité avec les forces sociales et politiques qui résistent en Europe à la politique que nous voulons enrayer puis inverser.Je pense en premier lieu à la Grèce, aujourd’hui menacée d’exclusion de la zone euro et d’abandon si ses citoyens donnaient , le 17 juin prochain, la majorité à une gauche favorable à l’euro mais opposée à l’austérité et à la descente aux enfers du pays.

Sur ce double plan,dans les positions actuelles de François Hollande, le compte n’y est pas! C’est au Front de Gauche qu’il appartient , sur ce plan aussi, de faire réussir la gauche!

25 Mai 2012 at 8:38 1 commentaire

LA GAUCHE FACE A LA DÉ-CONSTRUCTION EUROPEENNE


La zone euro peut supporter une sortie de la Grèce. Voilà,en substance,le message lancé le 11 mai dernier par Wolfgang Schauble, ministre allemand des finances. »Nous avons beaucoup appris ces deux dernières années et construit des mécanismes de protection » a précisé le possible futur président de l’Eurogroupe. Il faisait allusion à la fois au traité de discipline budgétaire et au Mécanisme européen de stabilité (MES) destiné à emprunter des fonds sur le marché financier ( à la place des Etats membres qui en sont de fait exclus ) moyennant des plans d’austérité draconiens,des « réformes structurelles » ultralibérales,et une quasi-mise sous tutelle des institutions des pays « assistés ».

La veille,un député allemand du parti libéral, au nom prédestiné,Otto Fricke,avait fait le même constat en termes encore plus cyniques: »un défaut désordonné de la Grèce ne fait plus peur à personne,car les États de la zone euro n’ont rien fait d’autre ,ces derniers mois,que de prendre des précautions pour une telle éventualité. » Bref, peu nous importe le sort de 10 millions de Grecs ( puis d’autres, le cas échéant)dès lors que le « noyau dur » de la zone euro (l’expression est de Monsieur Schauble en 1994 !) est préservé…

Cette dé-construction européenne appelle une vive réaction de la gauche européenne.Certes, les promesses lyriques du traité de Lisbonne, annonçant dès son article 1 notre entrée dans « une nouvelle étape du processus créant une union sans cesse plus étroite entre les peuples d’Europe » ne nous avaient jamais arraché de larmes d’émotion, tant elles manquent de crédibilité. Madame Merkel n’avait-elle pas lancé,dès mars 2010,un pavé dans la marre ,au tout début de la crise grecque, en affirmant tout de go: » Une manifestation de solidarité rapide ne peut pas être la bonne réponse » A ses yeux, la priorité était de « mettre de l’ordre dans tout cela », estimant (déjà) qu’il fallait pouvoir exclure « en dernier recours » un pays de la zone euro. Le véritable état d’esprit de la classe dirigeante allemande (et partiellement européenne) nous était donc connu depuis belle lurette.

Ce qui est nouveau dans les dernières déclarations allemandes, c’est qu’en haut lieu on considère que ce qui était un souhait de la Chancelière en 2010 est devenu réalité en 2012, grâce aux « mécanismes » élaborés  entretemps: le traité Merkozy et le MES. Quelles conséquences la gauche  européenne tire-t-elle de cet aveu aussi scandaleux qu’irresponsable?

Cela devrait être de témoigner de façon visible et claire toute sa  solidarité avec le peuple grec . Accepter de voir imposer à un pays membre de telles régressions, soumissions,humiliations et finalement une expulsion de la zone euro reviendrait à  signer l’arrêt de mort de l’idée même d’ « Union » européenne. Honte à ceux qui osent faire l’amalgame à cet égard entre nos amis de Syrisa qui sont au coeur d’une insurrection démocratique et salutaire et les nazillons héritiers des colonels!

Toute la gauche gagnerait à mesurer l’urgence à s’engager dans une action sans précédent par son ambition et son ampleur pour une refondation de la construction européenne autrement plus exigeante qu’un protocole additionnel au traité Merkozy ! Au centre des négociations, mais aussi des luttes, des débats …et des votes, la transformation des missions de la Banque centrale européenne doit en particulier trouver toute sa place . Avec un objectif désormais vital: donner aux Européens les moyens de se libérer de la dictature des marchés financiers pour pouvoir donner souverainement à leur Union un nouveau cap: l’ « humain d’abord ».

17 Mai 2012 at 1:38 2 commentaires

L’UNION EUROPEENNE APRES LE 6 MAI

On l’imagine:l’élection de François Hollande suscite beaucoup d’espoirs parmi les peuples européens,particulièrement ceux qui n’en peuvent plus de subir la descente aux enfers que leur inflige la coalition des croisés de l’austérité: feu Merkozy; Draghi (BCE) ;  Barroso (Commission). Ne pas les décevoir devra être une obsession de la « France de gauche ».  Changer l’Europe doit être notre objectif commun.

Mais qu’en est-il des gouvernements,très majoritairement conservateurs,avec lesquels vont commencer dès juin de rudes négociations? Apparemment,certains d’entre eux ne voient pas d’un mauvais oeil l’idée de François Hollande d’ajouter un « volet croissance » au traité sur la discipline budgétaire.Ils en attendent, face au risque d’explosion sociale,un effet d’amortisseur de nature à faire passer le noyau dur du traité. Ce débat ne date pas d’aujourd’hui.

Cela fait des semaines qu’un certain nombre de dirigeants européens tentent de déssérer l’étau qui les paralyse en cherchant à concilier deux exigences contradictoires des marchés financiers:désendetter à marche forcée les Etats membres sans asphyxiet l’économie. Même le très orthodoxe M. Barroso a poussé l’audace jusqu’à déclarer que « ce n’est pas suffisant de se concentrer sur la stabilité financière ».(Une -petite- pierre dans le jardin de la Chancelière allemande.) En février dernier,ce ne sont pas moins de 12 Chefs de gouvernement, dont ceux d’Italie,d’Espagne,de Grande-Bretagne,des Pays-Bas,de Suède…-en fait les plus libéraux !- qui ont adressé une lettre ouverte au Président du Conseil européen pour exiger des mesures à même de doper la croissance.

Lesquelles? Plus de libéralisation des services;plus d’ « assouplissement » du marché du travail;plus de concurrence…Est-il besoin de le dire: on attend de la gauche française une tout autre ambition! François Hollande a formulé quatre demandes en faveur de la croissance.La première -des obligations européennes permettant à l’UE de financer par l’emprunt des infrastructures de transports ou d’énergie- est un « classique ». D’ailleurs la Commission y travaille…en prévoyant des « partenariats public-privé » chers aux Anglo-saxons.Cela ne va pas nous libérer de l’emprise des marchés sur l’économie,mais au contraire nourrir leur appétit. Les trois autres propositions ne posent pas de problème: augmentation du capital de la Banque européenne d’investissement (sauf que ses statuts actuels l’obligent elle aussi à emprunter sur les marchés et non auprès de la BCE !);utilisation des fonds structurels non encore alloués;création d’une taxe sur les transactions financières « d’un certain niveau ». En principe, tout le monde est aujourd’hui d’accord là dessus. Même Angela Merkel! Un coup de pouce français pour passer des paroles aux actes est donc bienvenu et salutaire. Cependant, attention à ne pas laisser noyer ces mesures dans un « paquet-croissance » incluant l’avalanche de « réformes » ultralibérales mises sur la table par les « 12 » au premier rang desquels l’Italien Monti,l’Espagnol Rajoy,le Britannique Camerone ou la Commission Barroso ! Et surtout ,tout cela laisse intact le traité lui-même,ses disciplines,ses contrôles,ses sanctions et ses propres « réformes structurelles »! On nous dira que,le rapport des forces étant ce qu’il est dans l’UE…Mais il y a un bon moyen de changer la donne à cet égard: laisser entrer le peuple dans la négociation en organisant un référendum! Il n’est pas trop tard pour le décider.

10 Mai 2012 at 9:15 Laisser un commentaire

Older Posts Newer Posts


Entrer votre adresse e-mail pour vous inscrire à ce blog et recevoir les notifications des nouveaux articles par courriel.

Rejoignez les 5 297 autres abonnés

Chronique européenne dans l’Humanité Dimanche

Intervention au Parlement européen (vidéo)

GUE/NGL : vidéo

mars 2026
L M M J V S D
 1
2345678
9101112131415
16171819202122
23242526272829
3031  

Archives

Catégories

Pages

Pages