Posts filed under ‘Francis Wurtz’

ON ASSASSINE UN PEUPLE ET ILS VOUDRAIENT QU’ON SE TAISE ! 

« Honte à ces pays qui se prétendent démocratiques et pour la paix, mais soutiennent Israël coupable quotidiennement de crimes de guerre ! Nous ne sommes pas des animaux ! » (Hamdan Ballal, co-réalisateur palestinien de « No other Land », documentaire oscarisé en 2024, œuvre d’un collectif palestino-israélien comme acte de résistance). « Nos enquêtes le confirment : en plus de l’entrave systématique à l’acheminement de l’aide humanitaire et des déplacements forcés des populations, l’armée israélienne détruit systématiquement tout ce qui est nécessaire à la vie: terres arables, structures d’adduction d’eau, écoles, hôpitaux »  C’est la définition même d’un crime de génocide  (Aymeric Elluin, Amnesty International) . « J’ai peur pour mes parents à Gaza. Ils étouffent. Les mots ne sortent plus. Tout ce qu’ils arrivent à dire, c’est « on est toujours en vie ». Il n’y existe plus d’humanité. Et ce silence international ! »  (Rana, une jeune Gazaouie du camp de Jabalya, réfugiée en France) . « Votre accueil montre qu’il y a encore des pays sur Terre qui sont solidaires et reconnaissent nos droits (…) Un seul mot de réconfort nous donne de l’espoir (…) Nous sommes touchés par votre courage » (Des réfugiés et réfugiées de camps palestiniens, invités à Paris). « Ce que vous pouvez faire ? Une chose simple : parlez partout de la cause palestinienne ! Nous avons besoin de votre soutien moral » (Mohamed, responsable des réfugiés palestiniens au sein de l’OLP)…

Ces paroles, parmi tant d’autres de même teneur, sont celles de participantes et de participants à une Conférence, exceptionnelle à tous égards, qui a réuni, toute une journée durant, le 17 mai dernier, à Paris, des réfugiés de camps palestiniens et d’autres acteurs concernés avec plusieurs centaines d’élus et de militantes et militants de la cause palestinienne français (1). Cette expérience, aussi émouvante qu’éclairante, est entrée en résonance avec le dernier ouvrage de Pascal Boniface, « Permis de tuer » (*) que je venais de découvrir. Le directeur de l’IRIS s’y insurge légitimement contre la trop longue invisibilisation du massacre du peuple de Gaza, tant par les « médias mainstream » que par nombre de responsables politiques français et européens. La sauvagerie de l’armée israélienne rend également insupportable « l’impunité » garantie par la plupart des dirigeants occidentaux à leur allié privilégié. Le mandat d’arrêt de la CPI est jugé normal s’il concerne  Poutine, pas s’il vise Netanyahou. Plus généralement , « Pourquoi des sanctions contre la Russie et la poursuite de livraisons d’armes à Israël ? » Les institutions internationales habituellement louées tout comme de grandes ONG généralement tenues en haute estime sont subitement ignorées ou critiquées lorsqu’elles multiplient les alertes sur les exactions israéliennes dans les territoires palestiniens. Pire: des politiciens français sont prêts à instrumentaliser  l’antisémitisme pour « diaboliser ceux qui critiquent le gouvernement israélien ». L’auteur ne se contente pas d’affirmer ses convictions. Comme à son habitude, il énumère faits et citations, souvent très pertinentes, telle celle, qui fait froid dans le dos, de Netanyahu, il y a un an, sur une chaîne française : « Notre victoire, c’est votre victoire! C’est la victoire de la civilisation judéo-chrétienne contre la barbarie. C’est la victoire de la France! » (2) L’un des mérites du livre est l’hommage rendu aux « Israéliens (qui) ont conservé leur humanité ». Laissons l’un d’eux conclure : « Pour nous, Israël n’a pas d’avenir sûr à moins d’être étroitement lié à un avenir sûr pour les Palestiniens dans un État indépendant et séparé » (3).

——-

(*) Pascal Boniface, « Permis de tuer », chez Max Milo, 2025.

(1) Conférence à l’initiative de l’Association pour le jumelage entre des villes françaises et des camps de réfugiés palestiniens (AJPF), théâtre Traversière, Paris 12.

(2) LCI, mai 2024

(3) Ilran Baruch, ancien ambassadeur d’Israël en Afrique du Sud et ancien secrétaire général de ministère israélien des Affaires étrangères.

22 Mai 2025 at 9:11 Laisser un commentaire

CACHEZ CES ALERTES RÉPÉTÉES QUE JE NE SAURAIS VOIR…

En l’espace de quelques jours, dans des pays connaissant des situations politiques apparemment  aussi différentes que l’Allemagne du très réactionnaire Chancelier Merz, la Grande-Bretagne du travailliste Starmer et la Roumanie du conservateur Iohannis (à la présidence) et du social-démocrate Ciolacu (au gouvernement), se sont successivement produits des chocs politiques inédits, sur lesquels il est opportun de revenir. 

5 mai, coup de théâtre au Parlement d’Allemagne : pour la première fois depuis la fondation de la République fédérale d’Allemagne, un Chancelier désigné, bénéficiant officiellement d’une majorité de députés, ne réussit pas à se faire élire au 1er tour. 18 membres issus de sa coalition ont décidé de transformer une pure formalité en camouflet politique retentissant. Pourquoi ?Rappelons que le contrat de législature conclu entre la CDU (droite) et le SPD (sociaux-démocrates) avait suscité un profond malaise chez une partie de ces derniers -notamment les jeunes- en raison de son orientation profondément inégalitaire, de sa fuite en avant militariste et de ses clins d’œil à l’extrême-droite en matière d’immigration. Certains de leurs représentants ont voulu agir en lanceurs d’alerte : réveillez-vous ! Il ne suffit pas de classer l’AfD « groupe extrémiste de droite avéré » pour enrayer la peste brune !

2 mai, séisme politique en Grande-Bretagne : les premières élections (partielles) depuis le retour au pouvoir des travaillistes, en juillet dernier, se sont soldées par un raz-de-marée d’extrême-droite, le parti « Reform UK » de Farage raflant la majorité des postes de conseillers locaux en jeu, s’emparant d’une agglomération de plus d’un million d’habitants et arrachant au Labour un poste de député  malgré un mode de scrutin très favorable aux grands partis. Les raisons de cette désillusion manifeste de l’électorat populaire vis-à-vis du pouvoir ne sont que trop évidentes. Après 14 ans de politique conservatrice impitoyable, il attendait autre chose des travaillistes que des coupes budgétaires massives dans les aides aux plus vulnérables, compensées par « la plus forte augmentation du budget militaire depuis le fin de la guerre froide » (Starmer) ! Au feu ! 

4 mai, panique en Roumanie : cinq mois après l’annulation du premier tour de l’élection présidentielle et de l’interdiction faite au candidat, d’extrême-droite, arrivé en tête, de se présenter à nouveau, un autre candidat d’extrême-droite triomphe à sa place. Pourtant, sur les points mis en avant par la plupart des responsables politiques roumains et européens pour expliquer ce vote, les deux nationalistes ne tiennent pas le même discours : le premier admirait Poutine, le second l’a qualifié de « criminel de guerre »; l’un combattait l’OTAN et l’UE, l’autre dit « ne pas voir l’avenir de (son) pays en dehors de cette alliance militaire » et ses élus européens siègent aux côtés de la « pro-européenne » Meloni…C’est qu’en fait, c’est avant tout la politique subie par la population roumaine qui fournit aux démagogues leurs arguments les plus convaincants. Avec un salaire moyen de 500 euros et des services publics plus que défaillants, « le risque de pauvreté et d’exclusion (est, en Roumanie) le plus important d’Europe » (Eurostat), tandis que l’ultra-militarisation du pays ( un bataillon multinational sous commandement français y est déployé  ) lasse les habitants qui aspirent à vivre en paix. L’absence d’un vrai débat politique fait le reste. Gare au second tour, le 18 mai ! 

Puissent les forces de gauche permettre à notre propre pays d’échapper à ce funeste destin, en faisant enfin la démonstration qu’elles ont pris la mesure de l’enjeu. 

19 Mai 2025 at 10:55 Laisser un commentaire

LES GAGNANTS ET LES PERDANTS DU « RÉARMEMENT » DE L’EUROPE

2370 milliards d’euros, soit plus de 7 fois le budget 2024 de la France, ou bien 11 fois le montant de l’aide publique mondiale au développement, ou encore…36 fois le budget de tout le système des Nations Unies et de ses 43 entités (OMS, FAO, UNESCO, UNICEF, OIT…) : tel est le montant délirant des dépenses militaires mondiales durant l’année écoulée(1). En augmentation constante depuis 10 ans, elles viennent d’enregistrer la plus forte progression depuis la fin de la guerre froide. 

Le cas de l’Union européenne mérite une attention particulière, le plan de « réarmement » de 800 milliards d’euros (d’ici 2030), adopté le 6 mars dernier par les Chefs d’Etat ou de gouvernement, devant se traduire par une nouvelle explosion, encore plus insensée, des dépenses militaires au fil des cinq prochaines années. À cet égard, plusieurs projets en cours doivent nous alerter. Concernant la France, tout d’abord: Emmanuel Macron a annoncé son intention de s’inscrire dans cette fuite en avant, en évoquant une augmentation progressive de…50% de la part des richesses produites consacrée à cette gabegie ! (2) L’Allemagne ensuite : le nouveau Chancelier, Friedrich Merz, entend affirmer le leadership européen de son pays en ambitionnant de porter ses dépenses militaires de quelque 80 milliards d’euros en 2025 (déjà en augmentation de 28% en un an !) à un niveau-record se situant entre…200 et 400 milliards d’euros d’ici 2035 ! (3). La Grande-Bretagne, enfin : un « Sommet UE-Royaume uni » doit se tenir le 19 mai prochain, à Londres, censé aboutir à un « partenariat stratégique », officiellement fondé sur « la prospérité de tous les citoyens du Royaume uni et de l’UE » ! Sauf qu’au cœur de ce « New Deal » post-Brexit figure un projet de « Pacte de défense et de sécurité » qui permettrait aux entreprises britanniques de défense d’accéder au pactole de 150 milliards d’euros que l’Union européenne a décidé de consacrer au financement des investissements de défense…

Si les marchands d’armes sont, sans surprise, les grands gagnants de cette folle course aux engins de mort, qu’en est-il des perdants ? Il y a, naturellement, en tout premier lieu, les travailleurs, qui ont tout à craindre de « l’économie de guerre » dont rêvent d’irresponsables politiciens et dont se gargarisent des commentateurs à l’abri du besoin. Comme le souligne sans gêne le Secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, il faudra bien utiliser « une petite fraction » des dépenses sociales pour augmenter les dépenses de défense…Mais ce n’est pas tout. D’autres priorités vont pâtir de cette militarisation à outrance. Ainsi des objectifs du « Pacte vert » européen en matière de lutte contre le dérèglement climatique, appelés à être en partie sacrifiés : « Nous serons plus flexibles et pragmatiques pour les atteindre » vient d’annoncer la Présidente de la Commission, Von der Leyen, provoquant une vive réaction d’Ana Toni, directrice générale de la prochaine Conférence sur le climat de l’ONU, qui a qualifié ce recul européen d’ « extrêmement décevant ». Autre abandon inacceptable : on évoque une baisse à venir de…35% de l’aide européenne au développement dans le cadre du budget pluriannuel 2028-2034, en cours de discussion ! La démocratie elle-même, subit des attaques significatives dans ce contexte : le matraquage évince le débat et la dramatisation étouffe l’analyse responsable. Le social, l’humanisme, l’esprit de responsabilité : tout nous commande de refuser cette dérive toxique ! 

——–

(1) Rapport de l’Institut international de recherche sur la paix (SIPRI)

(2) Figaro, 2/3/2025

(3) Site « Toute l’Europe » (28/4/2025)

6 Mai 2025 at 5:23 Laisser un commentaire

Older Posts Newer Posts


Entrer votre adresse e-mail pour vous inscrire à ce blog et recevoir les notifications des nouveaux articles par courriel.

Rejoignez les 5 297 autres abonnés

Chronique européenne dans l’Humanité Dimanche

Intervention au Parlement européen (vidéo)

GUE/NGL : vidéo

septembre 2026
L M M J V S D
 123456
78910111213
14151617181920
21222324252627
282930  

Archives

Catégories

Pages

Pages