Posts filed under ‘Francis Wurtz’

PALESTINE : C’EST L’HEURE DU SURSAUT !

NETANYAHOU avait-il anticipé la levée de boucliers, d’une ampleur sans précédent depuis des décennies,  provoquée par son projet d’annexion de 30% de la Cisjordanie ?

En Israël même, il n’y a pas que les forces de paix -communistes en tête- à manifester leur rejet du plan d’annexion. La liste est longue, jusque dans le camp opposé, des voix qui s’élèvent pour s’inquiéter de savoir « Comment le monde va réagir ? » Tel cet ex-ministre des finances de Nétanyahou, passé à l’opposition, Yair Lapid, qui dit craindre les « grands dommages » pour l’Etat d’Israël et les « réactions sévères » de la part des Palestiniens, des Jordaniens, de l’éventuel successeur démocrate de Trump et « bien sûr des Européens » que susciterait la réalisation du coup de force annoncé. Ou cet ex-haut responsable du Mossad, Ephraïm Halévy, qui attire l’attention publique sur « la colère des Européens » de l’UE, « premier partenaire commercial d’Israël » . Selon lui, « les dommages économiques qu’ Israël subira dépassent de loin tout ce qu’on peut imaginer aujourd’hui, même si les Européens mettent simplement en suspens les accords » (bilatéraux). Ou bien, le chef de l’Institut israélien pour les politiques étrangères régionales, Nimrod Goren, pour qui « Israël doit s’attendre à un recul important de pays comme la France, l’Allemagne et la Jordanie » (l’un des rares pays arabes ayant signé un Traité de paix avec Israël en 1994). Ou encore cet ancien porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères, Ygal Palmor, qui rappelle aux dirigeants de son pays qu’ « ignorer les avertissements n’est pas une bonne politique » et qu’au contraire, « ces signes publics de ressentiment doivent (…) être soigneusement pesés contre toute mesure prévue ».

Et voilà que se surajoute aux critiques arabes ou européennes une lettre-ouverte signée par 189 Représentants démocrates, parmi les plus pro-israéliens du Congrès américain, demandant au gouvernement de renoncer à « l’annexion unilatérale (qui) pourrait créer de sérieux problèmes pour Israël avec ses amis européens et d’autres partenaires dans le monde » !

De fait, jour après  jour, les réactions pleuvent comme jamais : la commission des Affaires étrangères du Parlement belge demande à son gouvernement de reconnaître l’Etat palestinien et de « prendre des initiatives aux niveaux européen et multilatéral afin de prévenir l’annexion par Israël de territoires palestiniens » . Plus de 1000 parlementaires de pays européens appellent à « une action décisive » contre l’annexion. 50 anciens ministres, Premiers Ministres ou Commissaires européens -et non des moindres-appellent l’UE à « contrer la menace d’annexion » en allant jusqu’à parler d’ « apartheid » (une « première à ce niveau) ! Paris note (prudemment) que « l’annexion aura un coût pour Israël » et Berlin évoque une « ligne rouge »…Reste , au-delà des mises en gardes verbales, à passer, cette-fois, à l’acte . Chacun est devant ses responsabilités. C’est l’heure du sursaut.

2 juillet 2020 at 10:29 1 commentaire

« LORSQU’ UNE IDÉE S’EMPARE DES MASSES… »

Marx avait raison :« Lorsqu’une idée s’empare des masses, elle devient une force matérielle ». C’est ce qui s’est produit en France avec l’exigence, devenue incontournable, d’une rupture avec les politiques de rationnement des dépenses publiques pour sortir de la crise où ont été plongés les hôpitaux et le système de santé. Sur le plan européen, c’est l’absence totale d’anticipation d’une crise sanitaire, malgré les mises en garde répétées de l’Organisation mondiale de la santé, qui a soulevé la colère de millions de citoyennes et de citoyens, sidérés par le manque criant de coordination puis le déni de solidarité entre Etats membres de l’UE au plus fort de la crise, et enfin par la concurrence sauvage entre « partenaires » européens dans la course aux masques ! 
C’est dans ce contexte qu’il faut situer l’initiative conjointe d’Emmanuel Macron et Angela Merkel, mais aussi, cette fois, de l’Espagnol Pedro Sanchez, de la Belge Sophie Wilmes, de la Danoise Mette Frederiksen et même du Polonais Mateusz Morawiecki , le 9 juin dernier. Dans une lettre à la Commission européenne, ils soulignent… les nombreux manquements de l’UE face à la pandémie du Covid-19 et avancent une série de propositions pour y remédier à l’avenir. C’est que, désormais, sur ce terrain crucial, les Chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE se savent surveillés par leurs concitoyens. C’est le moment de se manifester : battons le fer tant qu’il est chaud ! 

Comment ne pas retirer de cette expérience la conviction que  la même implication massive et déterminée des citoyens sur d’autres grands enjeux européen pourrait produire les mêmes effets ! L’un d’entre eux va se poser dès le 19 juin prochain. Ce jour-là , un Sommet des « 27 » aura à trancher le vif débat en cours sur la façon de concevoir le projet de « Plan de relance » de 750 milliards d’euros avancé par la nouvelle Présidente de la Commission européenne. 
On connaît les dilemmes qui divisent profondément à ce propos les dirigeants des pays membres : quelle en sera la part de dons et la part de prêts ? 2/3 -1/3, comme prévu ? Ou l’inverse, voire pire ? Quels en seront les principaux bénéficiaires ? Les pays les plus en difficulté ou chacun selon son PIB, ce qui reviendrait à favoriser les plus riches ? Ces crédits seront-ils conditionnés par la mise en œuvre des « réformes structurelles », véritable repoussoir pour les pays du Sud de l’Europe qui les ont déjà subies durant la crise des années 2010-2015 ? Quant au remboursement de ce méga-emprunt , sera-t-il à la charge des Etats, au prorata de leur richesse ou se fera-t-il  par l’instauration de taxes : sur les entreprises du numérique, sur les multinationales, sur les émissions de CO 2 , comme on l’entend dire ? Et surtout : à quel type d’investissements iront ces sommes colossales et quel sera leur impact sur l’emploi, les systèmes de santé, les services publics, l’aide aux collectivités et au monde associatif, l’environnement ? Peut-on encore longtemps accepter que des décisions de cette importance se prennent en dehors de toute délibération préalable avec les citoyens et leurs élus ? N’oublions pas la leçon de Marx…

18 juin 2020 at 5:44 Laisser un commentaire

L’EUROPE FACE À TRUMP : QUELLE PUSILLANIMITÉ !

Face à l’indignation mondiale causée par la mort de George Floyd dans les circonstances que l’on sait, les « 27 » se sont contentés jusqu’ici de dénoncer un « usage excessif de la force » et un « abus de pouvoir », de condamner « tout acte de violence et de racisme » et d’appeler « à la désescalade des tensions ».

Rien dans ces mots, qui traduisent le faible  consensus entre les États membres, ne prend la mesure du double tournant que nous sommes en train de vivre. D’abord, aux Etats-Unis mêmes, avec un mouvement de protestation d’une ampleur qui rappelle celle de la grande lutte pour les droits civiques des années 60. Ensuite, en Europe, avec un impressionnant courant de solidarité contre les discriminations et l’humiliation du racisme qui en dit long sur les frustrations et la colère qui grondent au cœur de nos sociétés. Les jours et les semaines à venir nous renseigneront sur la capacité de nos  gouvernements à entendre enfin ces appels à des changements radicaux en matière de justice, d’égalité et de dignité.

Quant aux relations entre l’UE et son « allié historique » nord-américain, n’est-il pas plus que temps d’envisager d’en redéfinir la nature et les ambitions ? N’y-a-t-il rien à dire d’un système prétendant servir au monde entier de phare de la démocratie, quand 40 millions de citoyens, parce qu’ils sont  Africains-Américains, y sont  à la fois les plus pauvres et les plus précarisés du pays; les premières victimes d’emprisonnements abusifs, la communauté la plus durement touchée par le coronavirus et, en prime, celle qui court 2,5 fois plus le risque de se faire tuer par les « forces de l’ordre » que leurs concitoyens blancs ? L’ « Europe » peut-elle banaliser le recours d’un Président américain -qui prétend au leadership mondial « ad vitam aeternam »- aux slogans des pires suprémacistes blancs et à la menace d’en appeler à l’armée contre son peuple ? Jusqu’à quelle extrémité le « Chef du monde libre » doit-il en arriver pour que, de ce côté-ci de l’Atlantique, l’on se résigne à appeler un chat un chat et le locataire de la Maison-Blanche un danger pour son pays et pour le monde ? Si encore Trump se contentait de traiter l’UE d’ « ennemi », de se réjouir de la perspective d’un « Brexit » sans accord; d’exercer un chantage économique permanent à l’égard de nos pays ; de fermer les frontières des Etats-Unis aux ressortissants de l’UE; d’apporter son soutien aux leaders nationalistes européens etc…, on pourrait le traiter en simple adversaire ou en concurrent malveillant. Mais, en retirant son pays de l’accord international sur le climat, en torpillant celui sur le nucléaire iranien, en jetant -et de la pire des manières- de l’huile sur le feu au Proche-Orient, en exacerbant toujours plus la guerre économique mondiale, en cessant de financer des agences vitales de l’ONU ou en sortant les USA de trois traités sur le désarmement, ce n’est pas seulement l’Europe que Trump veut disloquer, c’est le monde qu’il déstabilise ! Face à tant de périls, l’on ne peut rester neutre. Si l’Union européenne veut se montrer utile à l’humanité et reconquérir ainsi  de la crédibilité et une raison d’être, voilà un défi stratégique à relever. Mais en est-elle seulement encore capable ?

11 juin 2020 at 6:22 Laisser un commentaire

Older Posts Newer Posts


Entrer votre adresse e-mail pour vous inscrire à ce blog et recevoir les notifications des nouveaux articles par courriel.

Rejoignez les 5 297 autres abonnés

Chronique européenne dans l’Humanité Dimanche

Intervention au Parlement européen (vidéo)

GUE/NGL : vidéo

septembre 2026
L M M J V S D
 123456
78910111213
14151617181920
21222324252627
282930  

Archives

Catégories

Pages

Pages