« L’AQUARIUS » MÉRITE LE PRIX NOBEL DE LA PAIX !

Ces jours-ci sera annoncé le nom du lauréat ou de la lauréate du Prix Nobel de la Paix 2018. L’an dernier, cette éminente distinction fut décernée à la Coalition internationale pour l’abolition des armes nucléaires (ICAN), mouvement dont la magnifique campagne avait été à l’origine de l’adoption -historique !- d’un traité d’interdiction de l’arme atomique par 122 Etats, à l’Assemblée générale des Nations Unies. Le Comité Nobel s’honorerait à nouveau en attribuant cette année son prestigieux Prix à « l’Aquarius » et à la très méritoire association « SOS Méditerranée », qui affrète depuis 2016 ce bateau de sauvetage grâce auquel  plusieurs dizaines de milliers de vies humaines ont pu être sauvées.

Un tel acte hautement symbolique serait d’autant mieux venu que la décision du Panama, sous la pression du gouvernement d’extrême-droite italien, de retirer son pavillon au navire humanitaire, compromet gravement la poursuite de ses missions si aucun pays ne se résout à l’immatriculer. Gageons que l’hommage du Prix  Nobel de la Paix donnerait à ces héros des temps modernes un poids décuplé face aux Etats européens, aujourd’hui plus prompts à livrer les migrants aux pseudo « gardes-côtes » -et vrais criminels-  libyens qu’à aider à organiser le secours à leurs victimes !

Plus généralement, un tel choix du Comité Nobel allégerait la chape de plomb du discours anti-migrant -tantôt ouvertement xénophobe, tantôt vicieusement ambigüe- qui s’abat depuis des mois sur une opinion publique en plein désarroi. Il aiderait, par exemple, cette majorité absolue de Françaises et de Français, troublés par la campagne ambiante , mais qui conservent une bonne opinion des ONG qui aident les migrants (1) ,  à reprendre confiance dans les valeurs humaines et à s’engager plus hardiment dans l’action pour les faire vivre au quotidien. « L’Aquarius est un symbole politique -note avec perspicacité un observateur averti de la société française- (…) Il rappelle d’autres bateaux célèbres, comme « l’Exodus »,  qui transporta en 1947 des juifs rescapés de la Shoah, ou encore « l’Ile de lumière », navire affrété en 1979 pour secourir les boat people en mer de Chine » (2). On pourrait ajouter le cas, odieux et tragique, du « Saint-Louis » , transportant 938 juifs fuyant l’Allemagne en 1939 à destination de l’Amérique, où ils furent refoulés pour être finalement accueillis, après une longue errance,  en Hollande, en France et en Grande-Bretagne. Un tiers de ces réfugiés finira dans les camps de la mort…

Vivement un sursaut ! Sinon, nos descendants risquent de nous voir un jour avec le même regard incrédule mêlé de honte que celui que nous portons aujourd’hui sur les « zoos humains » exhibant jusqu’à la seconde guerre mondiale des hommes, des femmes et des enfants « primitifs » ou « sauvages », arrachés à leur terre africaine, sud-américaine ou australienne pour divertir les  visiteurs des pays « civilisés ».
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(1) Voir sondage ODOXA (27/9/2018)
(2) Jérôme Fourquet, Directeur du département Opinion de l’IFOP (Le Figaro, 26/9/2018)

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JE SALUE AVEC JOIE LA LIBÉRATION DE SALAH HAMOURI, VICTOIRE DE LA MOBILISATION POUR LA  JUSTICE SUR L’ARBITRAIRE ET LE DESPOTISME !

4 octobre 2018 at 4:47 Laisser un commentaire

ARIANE : UN AUTRE VISAGE DE L’EUROPE.

A l’occasion du 100 ème tir d’une fusée  Ariane 5, le 25 septembre dernier, arrêtons-nous sur une dimension très particulière de « l’Europe » : l’ Agence spatiale européenne (ESA), indépendante de l’UE, mais co-élaborant avec elle la politique spatiale . Celle-ci est intéressante à plusieurs égards. D’abord, pour les nombreux services qu’elle est capable de générer. Certains sont connus, comme ceux concernant les télécommunications, l’accès à internet, la météorologie ou la navigation-localisation. D’autres le sont moins, tels l’observation de la Terre pour la protection de l’environnement, la gestion des ressources naturelles (agriculture, eau…) à l’échelle de la planète, ou l’évaluation de l’efficacité des mesures prises contre le réchauffement climatique. Sans oublier ses importantes retombées en matière de développement scientifique et technologique, de création de nouveaux métiers et de nouvelles filières industrielles.

L’Europe spatiale mérite également notre attention du point de vue de son mode de fonctionnement, très différent des règles en vigueur au sein de l’Union européenne . Fondée sur une coopération intergouvernementale, l’ESA est dirigée par un Conseil où chacun de ses 22  Etats membres dispose d’une voix, quelle que soient sa taille et son poids financier (1). Le budget de l’Agence est composé d’une partie fixe et obligatoire (20% du total) -à laquelle chacun contribue en fonction de sa production de richesses (PIB)- et d’une partie variable et facultative (80%) alimentée par chaque pays à la hauteur… de son choix. Mais, en retour, à la proportion de sa contribution financière correspondra celle des commandes confiées par l’Agence à ce pays. Celui qui décidera de verser 10% du budget facultatif bénéficiera de 10% des travaux de recherches ou de production d’engins spatiaux. C’est ce qu’on appelle le principe du « retour géographique » , par opposition à celui de la mise en concurrence, pratiquée dans l’UE à travers les appels d’offres. Ajoutons que  l’excès de centralisation est, ici, clairement évité : si le siège de l’Agence est à Paris et le centre de tir en Guyane, le « Centre européen de technologie spatiale » chargé de concevoir la plupart des véhicules spatiaux est situé aux Pays-Bas; le Centre de formation des astronautes en Allemagne ;  l’Institut européen de recherches spatiales en Italie; le Centre européen de l’astronomie spatiale (qui traite les données issues des missions) en Espagne…Quant au personnel, il provient de tous les Etats membres.
Enfin, l’ambition de l’ESA est d’assurer l’indépendance technologique et la « préférence européenne », tout en coopérant activement avec les autres grandes agences mondiales -Etats-Unis, Russie, Chine, Inde…- Ce modèle original resistera-t-il aux pressions en faveur de « l’ouverture des marchés à la concurrence » ? « Space X », le lanceur « low-cost » américain, sous contrat avec la NASA, aura-t-il raison des acquis remarquables d’Ariane et de l’ESA ? Comment réagir ? Ce type de défi a, lui aussi, toute sa place, dans le débat sur l’avenir du projet européen.
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(1) Sur les 22 Etats membres de l’ESA, 20 sont dans l’UE, auxquels s’ajoutent la Norvège et la Suisse.

27 septembre 2018 at 6:08 Laisser un commentaire

LA FRATERNITÉ EXISTE : JE L’AI RENCONTRÉE !

Si vous voulez mesurer les attentes du « peuple de gauche », allez à la Fête de l’Humanité ! Le dernière édition de ce rendez-vous mythique de la Rentrée a été, de ce point de vue, un excellent baromètre . Si tous les goûts se sont, comme toujours, retrouvés dans la Fête -débats politiques, événements culturels et littéraires, concerts, plaisirs de la table…-, un trait commun a, une fois de plus et même plus nettement encore que d’habitude, uni ce public incomparable : l’envie de fraternité !

Ce fut, naturellement, d’autant plus perceptible au « village du monde » que celui-ci regroupa les représentants des forces de résistance des cinq continents, en butte à une contre-offensive d’une brutalité sans nom des tenants d’un ordre rétrograde et obscurantiste, prêts à tout pour prendre leur revanche sur les avancées progressistes ou les espoirs de paix du dernier quart de siècle. A cet égard, quoi de plus parlant que la chaleur de l’accueil réservé à la jeune Palestinienne Ahed Tamimi, dont le courage spontané face à l’armée d’occupation avait soulevé l’enthousiasme sur toute la planète ! Ou bien l’émotion suscitée par l’évocation de militants très proches, qui subissent la prison et dont le sort doit devenir notre affaire à tous et à toutes : Sélahattin Demirtas, l’emblématique leader du HDP de Turquie; Marwan Barghouti, figure très respectée du mouvement palestinien ; Salah Amouri, notre ami franco-palestinien incarcéré depuis plus d’un an sans jugement..! Ou encore le tonnerre d’applaudissements qui ponctua toutes les interventions fustigeant les attitudes indignes et criminelles des dirigeants européens s’abaissant à refouler les migrants comme s’il s’agissait de sous-hommes !

Mais le même message d’humanité -ce « mot qui fait vivre » et qui orne si bien la couverture du journal communiste- parcourait, plus généralement, toutes les allées de la Fête. Un seul exemple : nous ne sommes pas prêts d’oublier le sentiment de fierté devant l’accomplissement, enfin, d’une exigence exprimée depuis plus de soixante ans par plusieurs générations de militants et de militantes anti-colonialistes, avec la reconnaissance officielle du crime d’Etat commis contre le jeune mathématicien communiste Maurice Audin, mort sous la torture pour sa solidarité avec le peuple algérien contre les colonialistes français. Dans une période où renaissent à travers toute l’Europe -à commencer par notre propre pays- les poisons nationalistes, cette victoire historique fut appréciée comme il se doit en République !

Cette évocation serait incomplète si n’était mentionnée l’impressionnante kyrielle de débats, sur les thèmes les plus divers, qui s’échelonnèrent sur trois jours et dont le fil rouge ramenait toujours peu ou prou aux mêmes valeurs : la justice pour les humains, l’esprit de responsabilité pour le climat et les ressources de la planète et une paix juste et durable dans toutes les régions du monde. D’ailleurs, s’agissant de ce dernier enjeu, veuillez noter : partout en France, samedi 22 septembre, dans le cadre de la Journée Internationale pour la Paix, « Marchons pour la Paix » !

20 septembre 2018 at 7:19 Laisser un commentaire

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