Posts filed under ‘Europe’

LE PGE, COMME SI VOUS Y ETIEZ !

Le week-end dernier s’est tenue à Budapest une importante réunion du « Bureau exécutif » du Parti de la Gauche Européenne (PGE). Depuis son congrès de décembre 2010,qui avait porté à sa présidence le secrétaire national du Parti communiste français, Pierre Laurent, c’était la deuxième fois que se rencontraient ainsi les représentantes et représentants de la trentaine de partis progressistes, communistes ou « rouge-vert » qui composent, comme membres ou observateurs, cette organisation confédérale. Comment se déroule cette coopération originale? De quoi est-il question durant ces journées de travail? Quelles suites sont-elles décidées ?Visite au cœur du PGE…

D’abord, tout le monde se retrouve le premier jour à 14 heures dans une 
salle, équipée pour l’occasion de cabines d’interprétation. L’ambiance 
est cordiale. On est heureux de se retrouver et de travailler 
ensemble. Cette fois, c’est au tour de nos amis hongrois -dont le pays 
préside l’Union européenne durant le premier semestre 2011- de jouer 
le rôle d’ « amphytrion ».Ils animent une formation politique modeste 
mais courageuse, dans un contexte marqué par un profond désarroi de la 
population (déçue par le bilan calamiteux de l’ex-gouvernement PS) et 
la victoire d’une droite extrémiste, qui vient de changer la 
Constitution du pays pour la placer dorénavant sous le signe de Dieu 
et de la « Sainte Couronne » et y supprimer toute référence…à la 
République! D’emblée est convenu un double acte de solidarité du PGE 
à l’égard de son partenaire hongrois -une conférence de presse 
commune ainsi que la participation à une cérémonie en hommage aux 
victimes du régime fasciste qui a dirigé le pays jusqu’en 1944- tant 
l’actualité confirme que « le ventre est encore fécond d’où est 
sortie la bête immonde »…

Puis Pierre Laurent ouvre les travaux par un rapport circonstancié sur 
la situation en Europe et dans le monde: le « Pacte pour l’Euro »; le 
défi énergétique que nous lance la catastrophe de Fukushima; les 
bouleversements en cours dans le monde arabe; les impasses des 
interventions militaires en Libye et en Côte d’Ivoire. Et les tâches 
du PGE dans ce contexte. En particulier celle de contribuer à une 
véritable « contre-offensive » pour faire échec au « pacte » Merkel-
Sarkozy et de faire grandir une triple exigence: une réorientation 
complète des politiques européennes – à savoir, priorité au 
développement social-; des mesures mettant en cause la toute-puissance 
des marchés financiers; enfin la démocratie, l’implication des 
peuples, des citoyens ,des acteurs sociaux dans 
l’élaboration, l’évaluation et le contrôle des politiques 
européennes. La discussion s’engage à partir des expériences de 
chacun -à commencer par celle du peuple grec dont le Président du 
parti Synaspismos, Alexis Tsipras, vice-président du PGE traite avec 
gravité. Une déclaration substantielle est unanimement adoptée le 
lendemain pour faire connaitre les analyses et propositions communes 
du PGE sur ces enjeux.

Cette jeune organisation (créée en 2004) commence enfin à se rendre 
visible: depuis le début de l’année, es réunions publiques se 
succèdent: Porto, Athènes, Milan, Paris (le 3 mai prochain),puis 
Sophia, Madrid, Prague, Berlin…Le PGE a été présent au Forum social 
mondial de Dakar. Des rendez-vous sont pris avec les syndicats 
européens. Une nouvelle « Université d’été » se tiendra en Italie en 
juillet. Une dynamique s’engage. Deux jours durant, les accents 
d’Alexis, Elsa, Yannis, Marisa, Claudia, Jean- François , Waltraut, Christine , Attila, Maïté,
Margarita,Rénato,Helmut,Natassa,Céline,Diether,Grigore,Jiri,Tony…se 
sont mêlés en faisant vivre une idée de l’Europe comme on l’aime. 
Bonne continuation au PGE!

22 avril 2011 at 7:30 Laisser un commentaire

EUROPE: QUE FERAIT LA GAUCHE?

Aujourd’hui, nous nous opposons frontalement à Nicolas Sarkozy sur sa politique européenne en général et son « pacte » diabolique avec Angela Merkel en particulier.  « Mais que ferait la gauche à ce sujet si elle était élue en 2012? » nous interroge-t-on parfois ces temps-ci?  Voilà, en effet, une grande question à mettre en débat parmi nos concitoyens et concitoyennes, en plaçant tous les partis et acteurs concernés face à leurs responsabilités.

Je ne vise pas, disant cela, une petite polémique politicienne facile, pour « marquer un point » (virtuel) contre un concurrent électoral.  Non: la question est beaucoup plus sérieuse!  On le sait: sous la houlette des plus puissants d’entre eux, les dirigeants européens ont mis sur les rails un programme d’hyper austérité, de régression sociale et d’atteinte grave à la souveraineté populaire, appelé « pacte pour l’euro » ou « gouvernance économique ».   Il faut absolument le mettre en échec!  La question est dès lors: comment faire pour que les échéances – présidentielle et législatives – de 2012 soient utiles pour atteindre cet objectif?  Ce défi interpelle TOUTES les forces de gauche.

C’est le cas du PS, puisque tous les partis socialistes au pouvoir en Europe acceptent jusqu’ici les politiques d’austérité comme un choix inéluctable.  Mais au-delà du PS, le problème essentiel posé à toute la gauche est qu’une majorité d’Européens – pourtant profondément hostiles à ces mesures – ne voient pas comment faire pour faire changer de cap à cette satanée Union européenne.  Voilà le premier obstacle à lever.  Et c’est possible.  Dans le contexte actuel – huit grèves générales en Grèce; mobilisations sans précédent depuis l’instauration de la démocratie au Portugal; défaite historique de l’ex-gouvernement « modèle » en Irlande; manifestation monstre à Londres, inconnue depuis l’ère Thatcher; reconnaissance officielle, à la Commission européenne, que « jamais le marché unique n’a été aussi impopulaire »; annonce inimaginable jusqu’ici, que la Confédération européenne des syndicats ne soutiendrait pas un traité européen intégrant cette « gouvernance européenne » qu’elle compare à une politique « coloniale »; publication d’un Manifeste signé par 3000 économistes français se déclarant « atterrés » par l’actuelle politique européenne… – imaginons l’effet qu’aurait dans nombre de pays l’initiative d’une gauche française victorieuse d’ouvrir le débat de fond sur ce qui ne peut plus durer en Europe et sur les changements à promouvoir!  Que les bouches s’ouvrent d’Athènes à Dublin et de Paris à Berlin!

Pourquoi ne pas tenter de faire grandir l’idée – jusqu’à la rendre très difficile à récuser y compris par la partie la plus timorée de la gauche – de la tenue d’une sorte d’ « Etats généraux du renouveau européen »  auxquels seraient conviés organisations syndicales, mouvement associatif, représentants d’élus et de réseaux citoyens de toute l’Union européenne -le tout préparé, relayé et popularisé par l’internet et les réseaux sociaux?  Créer, en pleine crise de confiance vis à vis de l’actuelle « Europe », les conditions d’un « tous ensemble » européen, à partir des puissantes luttes en cours et des multiples recherches de réponses progressistes aux problèmes de notre époque: une idée à creuser, à gauche!

 

9 avril 2011 at 8:56 Laisser un commentaire

EUROPE: POUR UNE CONTRE-OFFENSIVE DE GAUCHE!

La gravité de la situation internationale a quelque peu occulté le sommet des Chefs d’État et de gouvernement de l’Union européenne des 24 et 25 mars derniers.  Il serait pourtant irresponsable de banaliser le « changement profond du projet européen » qu’il a entériné.  Philippe Ashkenazi, économiste de renom, à qui j’emprunte cette appréciation, n’hésite pas à établir un parallèle qui ne manque pas de pertinence, en affirmant qu’il est « étrange de retenir pour l’Europe la même priorité économique que le régime de Ben Ali, qui s’enorgueillissait tant d’avoir fait de la Tunisie, à coups d’injustices sociales et de chômage massif des jeunes, le pays le plus compétitif du continent africain, si l’on en croit le classement du Forum de Davos, tout aussi « inspiré » que la diplomatie française. »  De fait, si l’Union européenne n’a jamais manifesté de passion pour le progrès social, c’est la première fois qu’elle installe explicitement – et dans une optique durable – un régime structuré et centralisé de régression sociale au nom de l’impératif de la « compétitivité », au sens le plus étroit du terme.  Les nouvelles valeurs européennes s’appellent : »surveillance des politiques budgétaires »; « renforcement de la discipline »; « durcissement du pacte de stabilité »; « pacte pour l’euro »; « maitrise des coûts salariaux »; « diminution des dépenses publiques »; « relèvement de l’âge de la retraite »; « incitation à la flexicurité »…  Son mécanisme d' »aide » aux pays en difficultés est si généreux que le Premier Ministre portugais – qui a pourtant imposé trois plans d’austérité insoutenables à son peuple en moins d’un an – a préféré démissionner plutôt que d’endosser la responsabilité d’y avoir recours.

Cette « réforme de la gouvernance économique », fièrement portée par Angela Merkel et Nicolas Sarkozy, puis saluée avec lyrisme par le Président de la Commission à Bruxelles, M. Barroso, comme « le plus grand changement accompli par l’Union européenne depuis des lustres », constitue un acte d’allégeance aux marchés financiers qu’il est vital de mettre en échec.  Il faut se réjouir de la riposte syndicale à cette déclaration de guerre, tant dans chacun des pays les plus directement frappés qu’à l’échelle européenne.

Mais c’est au niveau politique que la contre-offensive reste à construire!  C’est, en effet, un problème de nature politique que pose l’acceptation des Etats membres de s’engager, comme ils le font dans la pacte Merkel-Sarkozy, à soumettre, chacun à ses pairs – c’est à dire, en fait, au plus puissants d’entre eux – une fois par an, les « réformes » qu’il a accomplies en matière de finances publiques, de système social, de marché du travail, de politique fiscale! Où serait la différence entre un gouvernement de droite et de gauche si celui-ci devait, en tout état de cause, accepter de « surveiller le coût du travail unitaire pour vérifier que sa hausse ne conduise pas à une érosion de la compétitivité » – comme on peut le lire dans le fameux « Pacte »? A quoi servirait-il de s’alarmer de la montée en puissance des courants populistes et des démagogues d’extrême droite dans toute l’Europe si, dans le même temps, la gauche européenne s’avérait incapable de prendre le taureau par les cornes pour opposer à cette descente aux enfers un front résolu et rassembleur, porteur d’un projet européen axé sur le développement social, une politique monétaire permettant de nous libérer progressivement de la toute-puissance des marchés financiers, et une authentique démocratie citoyenne.  Ce débat est lancé au sein des forces du Parti de la Gauche européenne.  Il gagnerait à entrer dans la vie.

1 avril 2011 at 8:46 Laisser un commentaire

Older Posts Newer Posts


Entrer votre adresse e-mail pour vous inscrire à ce blog et recevoir les notifications des nouveaux articles par courriel.

Rejoignez les 5 297 autres abonnés

Chronique européenne dans l’Humanité Dimanche

Intervention au Parlement européen (vidéo)

GUE/NGL : vidéo

septembre 2026
L M M J V S D
 123456
78910111213
14151617181920
21222324252627
282930  

Archives

Catégories

Pages

Pages