Posts filed under ‘Francis Wurtz Le Blog’

Rencontre publique PGE – Synaspismos Athènes (12/03/2011)

Voici le texte intégral de mon intervention:

Avant toute chose, je crois pouvoir exprimer en notre nom à toutes et à tous notre profonde sympathie au peuple japonais face à la tragédie humaine et au désastre matériel qui le frappent.

J’en viens à notre sujet, pour, tout d’abord, remercier Synaspismos et tous les organisateurs de cette rencontre de me donner l’occasion de présenter l’initiative prise par le PGE lors de son dernier congrès, en décembre 2010.

Nous avons décidé, d’abord, de lancer sans attendre, immédiatement, une campagne de grande envergure, à l’échelle de l’Europe, en faveur de la création d’un Fonds européen de développement social et de solidarité.  J’y reviendrai dans un instant.

Et nous avons décidé d’utiliser, le moment venu, à cette fin, un nouvel instrument européen qui n’entrera malheureusement en vigueur que dans un an environ, mais qui permettra, si nous réussissons à collecter 1 million de signatures en faveur de notre proposition, d’obtenir l’ouverture officielle d’un débat public pouvant déboucher sur des mesures concrètes répondant à notre demande.

Je voudrais m’arrêter, pour bien nous comprendre, successivement, sur:

  • Le contexte dans lequel sont nées cette proposition et cette initiative;
  • le contenu très concret de la proposition en question;
  • enfin, sur la mise en œuvre de cette initiative. Lire la suite

20 mars 2011 at 3:13 Laisser un commentaire

1000 A ATHENES AVEC LE PGE !

C’était la foule des grands jours, samedi dernier, à Athènes, où se tenait un meeting combatif et chaleureux du Parti de la Gauche européenne (PGE)!  Mille personnes y sont venues écouter Pierre Laurent, nouveau président du PGE; Oskar Lafontaine, figure emblématique de la Linke d’Allemagne et Alexis Zipras, le jeune leader du parti Synaspismos de Grèce!  En soi, cela représentait déjà un magnifique succès.  Mais il ne s’agissait là que du « clou » final d’une Conférence internationale de deux jours organisée en coopération avec la Fondation « Transform » sur le thème de la dette publique, des politiques d’austérité en Europe et des réponses de la Gauche européenne.  Deux jours durant lesquels plus de cinquante orateurs se sont succédé à la tribune: syndicalistes, économistes, sociologues, représentants d’ATTAC, personnalités progressistes de Grèce, d’Espagne, du Portugal, d’Italie, d’Allemagne, d’Irlande, de Grande Bretagne, d’Autriche, de Belgique, de France.  Et même d’Amérique latine, avec notre ami Pedro Páez, ancien ministre des finances de l’Equateur, aujourd’hui engagé dans la mise sur pied d’une « Banque du Sud » et d’une monnaie commune aux nouvelles démocraties de la région.

La raison cet intérêt du public grec pour la réflexion et l’action sur les enjeux explosifs liés à la dette publique est aisé à comprendre.  La Grèce est dans l’œil du cyclone des marchés financiers et elle est le premier pays à être passé sous les fourches candides du « Fonds européen de stabilité financière » piloté d’une main de fer par L’UE, la Banque centrale européenne et le Fonds Monétaire International.  Mais l’actualité est venue rappeler à qui l’aurait oublié que ce sont tous les pays de la zone euro qui sont concernés par cette machine de guerre: cette conférence se tenait, en effet, alors même qu’à Bruxelles, Angela Merkel, Nicolas Sarkozy et leurs pairs, mettaient au point leur « pacte de compétitivité », rebaptisé « pacte pour l’euro », et qui mériterait plutôt le titre de « pacte pour les marchés », puisque le but de cette offensive de régression sociale et de négation de la souveraineté populaire est de « rassurer » les « investisseurs », grâce au blocage des salaires, au report de l’âge de la retraite, à l’augmentation des impôts sur la consommation, à l’ouverture des secteurs protégés, à l’inscription de cette politique de « stabilité financière » dans chaque Constitution nationale et à l’obligation faite à chaque gouvernement de soumettre chaque année les « réformes » accomplies à l’agrément du Conseil européen – autrement dit de la Chancelière qui tient les cordons de la bourse…

La bonne nouvelle, c’est que  les peuples relèvent la tête.  La Grèce en est à sa huitième grève générale; le Portugal connait ses plus gigantesques manifestations depuis le retour de la démocratie; l’Irlande vient de balayer du pouvoir les partis coresponsables de cette politique.  Et on annonce des actions en France, en Allemagne et un rassemblement géant à Bruxelles quand les dirigeants de l’UE se réuniront, le 24 mars prochain, pour mettre la dernière main à leur « pacte ».  Quant au PGE, après Porto et Athènes, il annonce de prochains meetings européens à Milan, à Paris, à Madrid, à Prague, à Sofia…  La contre-offensive a commencé.  Même si, au vu des enjeux, il en faudra davantage!

18 mars 2011 at 10:39 Laisser un commentaire

LE CAPITAL OU LE SOCIAL: LE CHOIX CRUCIAL

S’il avait encore fallu une preuve qu’il est décidément urgent de se donner les moyens de rompre avec la toute-puissance des marchés financiers en Europe, la lecture d’un éditorial de la presse économique de vendredi dernier nous l’aurait fournie.  Tel Philippulus le Prophète qui, dans Tintin et l’ « Etoile mystérieuse », annonce à grand bruit que la fin du monde est proche, un chroniqueur-vedette nous prévient sans détour: si, par malheur, le 11 mars, les Chefs d’Etat et de gouvernement de la zone euro n’entérinent pas le projet de « pacte de compétitivité » tel que le veulent Madame Merkel et Nicolas Sarkozy, « des milliards de bombes spéculatives vont s’abattre sur le Portugal, l’Irlande, la Grèce.  L’Espagne se retrouvera en première ligne », et derrière ce « verrou de l’euro », c’est tout le « continent de l’euro » qui risque Trafalgar! [1]

Pourquoi ce vent de panique et que se passe-t-il donc de si décisif le 11 mars prochain? Ce jour-là, les dirigeants de la zone euro doivent harmoniser leur position sur le projet démentiel du pacte Merkel-Sarkozy visant – prétention sans précédent dans toute l’histoire de la construction européenne – à mettre en place une police des salaires et un alignement sur le modèle allemand en matière de retraite (allongement progressif de l’âge de départ jusqu’à 67 ans), de fiscalité (pas d’ISF et hausse des impôts indirects sur la consommation), de « flexicurité »…  Tout cet arsenal coercitif de répression sociale devant s’ajouter aux autres mesures déjà en préparation: la « consolidation budgétaire » (réduction des déficits publics, allègement de la dette…) et la « réforme de la gouvernance économique » (renforcement des sanctions du Pacte de Stabilité, soumission de chaque projet de budget annuel à Bruxelles avant son examen au parlement national; inscription dans la Constitution de l’obligation de limiter les déficits publics…).  Les « marchés », donc, attendent des leaders de la zone euro qu’ils leur envoient le 11 mars, un « signal » clair montrant leur détermination à faire passer ces mesures sans les « édulcorer ».  Sinon…

Or, cette « solution globale à la crise » – c’est la terminologie officielle – ne passe vraiment pas!  Les syndicats européens la rejettent avec pertes et fracas.  Y compris la Confédération européenne des syndicats au plus haut niveau.  Des gouvernements s’indignent eux-mêmes.  L’Autriche refuse carrément.  Voilà pourquoi les serviteurs des marchés financiers s’étranglent et menacent!  Ce chantage au chaos devrait à lui seul convaincre les hésitants  qu’il devient absolument essentiel  – parallèlement à l’opposition vents debout à ce « pacte » diabolique – de hisser la bataille jusqu’au niveau de la transformation des structures européennes elles-mêmes.

Rappelons que la Banque centrale européenne  a le pouvoir de financer des projets à taux très bas voire nuls en créant elle-même la monnaie nécessaire sans le moindre emprunt sur les marchés de capitaux.  Que ne fait-on bénéficier de ces crédits bon marché les investissements publics créateurs  d’emploi, orientés vers le développement social, l’environnement, le service publics?  Court-circuiter les marchés financiers: c’est inacceptable pour le capital, mais c’est indispensable pour le social.  Voilà le choix stratégique n°1 à faire en Europe aujourd’hui.  Il faut ouvrir à ce sujet un grand débat citoyen.

 


[1] « Zone euro: le calme avant Trafalgar »: Eric Le Boucher,  » Les Echos » (4/3/2011)

11 mars 2011 at 5:39 Laisser un commentaire

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